Posts Tagged ‘démarche scientifique’

Juger la valeur d’un résultat

jeudi, août 13th, 2026

Définie par le physiologiste français Claude Bernard dans son ouvrage majeur Introduction à l’étude de la médecine expérimentale (1865), la méthode expérimentale repose sur un va-et-vient constant entre la raison et les faits. Elle s’articule autour de quatre étapes fondamentales : l’observation, l’hypothèse, l’expérience et la contre-épreuve. L’étude des résultats vient conclure la démarche. L’observation première a toujours été fondatrice puisqu’elle questionne, c’est ensuite qu’il est indispensable de définir un chemin qui évite ornières et culs de sac à celui qui cherche à comprendre. L’hypothèse explore les causes putatives et l’expérience en reproduisant les possibilités transforme le virtuel en réel. Mais une catastrophe n’est jamais à exclure : la réalité n’est pas inscrite au programme et l’hypothèse tombe à l’eau ! Que faire quand le résultat, car il y a toujours un résultat, n’est pas celui attendu :Does Publishing Negative Data Matter?. Si l’on pose la question de savoir s’il faut publier les résultats négatifs, il ne faudrait pas négliger celle qui explore le concept de résultat négatif. Car le résultat négatif n’est pas absence de résultat, mais simplement une infirmation dont on ne peut négliger qu’elle ait toute son importance. On peut même affirmer sans réserve que la publication de résultats « dits » négatifs s’inscrit dans une démarche altruiste, une démarche éminemment scientifique. Ainsi donc, le terme de résultat négatif doit-il être banni à tout jamais !

PISA : Program for International Student Assessment

lundi, décembre 21st, 2015

254px-Pensee_UniqueMis en place dans les années 2000 par l’OCDE, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves donne régulièrement des nouvelles du « système éducatif  » au sein de soixante cinq pays en s’attachant « aux compétences  des élèves de 15 ans dans le cadre de leur scolarité obligatoire « ( http://www.education.gouv.fr/cid75515/communication-en-conseil-des-ministres-les-resultats-de-l-enquete-pisa.html). Si ce rapport préoccupe, c’est parce qu’il pointe du doigt le recul des élèves français principalement dans le domaine des mathématiques, mais il serait également bon de se préoccuper du sens accordé au terme « compétence » utilisé comme mètre étalon de l’étude. C’est une des raisons pour lesquelles on lira avec intérêt l’article Critical thinking is needed throughout life, not just in science (https://www.newscientist.com/article/mg22830513-600-critical-thinking-is-needed-throughout-life-not-just-in-science/?cmpid=NLC|NSNS|2015-1712-GLOBAL&utm_medium=NLC&utm_source=NSNS). Il n’est en effet jamais inutile de vérifier que tout discours doit s’appuyer sur une question bien posée, s’inscrire dans la rationalité et l’objectivité,  fuir (comme la peste) le dogmatisme. Ce sont quelques unes des vertus reconnues comme indispensables à la pratique de l’esprit critique qu’il serait bon de toujours mettre en oeuvre lorsque l’on aborde un sujet quelconque en expliquant pourquoi, de telle sorte qu’aucun élève ne puisse plus jamais dire « A quoi cela me servira-t-il plus tard ? » C’est pourquoi également l’approche épidémiologique est-elle aussi importante. Elle seule est capable de montrer le cheminement d’une idée, son va et vient d’erreurs en succès, puis de succès en erreurs,  marches sans lesquelles il n’y a pas de progression vers la vérité. Pourquoi donc invoque-t-on la démarche scientifique comme un outil performant dans la vie en général ? Parce que même le domaine de l’intuition y est soumis à des tests rigoureux, que l’irréfutabilité a conquis son droit à exister. Dans cette optique il n’est pas inutile de rappeler au moins trois grandes noms de la démarche scientifique objective : Claude Bernard (La médecine expérimentale) Gaston Bachelard (Le nouvel esprit scientifique) et Karl Popper (Théorie de la vérité/correspondance).