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Juger la valeur d’un résultat

jeudi, août 13th, 2026

Définie par le physiologiste français Claude Bernard dans son ouvrage majeur Introduction à l’étude de la médecine expérimentale (1865), la méthode expérimentale repose sur un va-et-vient constant entre la raison et les faits. Elle s’articule autour de quatre étapes fondamentales : l’observation, l’hypothèse, l’expérience et la contre-épreuve. L’étude des résultats vient conclure la démarche. L’observation première a toujours été fondatrice puisqu’elle questionne, c’est ensuite qu’il est indispensable de définir un chemin qui évite ornières et culs de sac à celui qui cherche à comprendre. L’hypothèse explore les causes putatives et l’expérience en reproduisant les possibilités transforme le virtuel en réel. Mais une catastrophe n’est jamais à exclure : la réalité n’est pas inscrite au programme et l’hypothèse tombe à l’eau ! Que faire quand le résultat, car il y a toujours un résultat, n’est pas celui attendu :Does Publishing Negative Data Matter?. Si l’on pose la question de savoir s’il faut publier les résultats négatifs, il ne faudrait pas négliger celle qui explore le concept de résultat négatif. Car le résultat négatif n’est pas absence de résultat, mais simplement une infirmation dont on ne peut négliger qu’elle ait toute son importance. On peut même affirmer sans réserve que la publication de résultats « dits » négatifs s’inscrit dans une démarche altruiste, une démarche éminemment scientifique. Ainsi donc, le terme de résultat négatif doit-il être banni à tout jamais !

Consensus ?

dimanche, août 28th, 2016

Golden Grad In Thinker Pose On Diploma Graduation ConceptSi tous les chercheurs cherchent, tous ne trouvent pas (cela se saurait depuis Charles de Gaulle !) mais alors ces derniers, que font-ils ? Un certain nombre d’entre eux se dévouent à une tâche, oh combien ingrate, reproduire les expériences citées pour confirmer ou infirmer les résultats obtenus par leurs prédécesseurs dans le domaine choisi. Mais avant de s’impliquer dans une reconstitution, parfois hasardeuse, il existe un lieu d’échanges privilégiés : le congrès. Le présentateur et l’auditeur peuvent en effet y deviser courtoisement et de ces rencontres peuvent émerger, à tout le moins, des idées en vue de faire progresser le sujet choisi. Mais pourquoi faudrait-il se lancer dans la reproduction plutôt que dans l’originalité d’un sujet, qualité qui a été pendant longtemps indispensable à l’acceptation d’un article ? C’est pourtant une tendance actuelle initiée dans un domaine où on ne l’attendait pas nécessairement : la psychologie. C’est ce que les anglo-saxons appellent les « registered replication reports » /RRRs (Introduction to the Registered Replication Report, http://pps.sagepub.com/content/11/1/156.full). En fait, il ne s’agit ni plus ni moins que d’arriver à se mettre parfaitement d’accord sur des résultats à partir de données qui se doivent d’être parfaitement identiques : savoir/pouvoir enfin refuser le consensus mou, celui qui ne satisfait personne et n’aide pas à la recherche de la vérité. Ainsi cet article Go forth and replicate! (http://www.nature.com/news/go-forth-and-replicate-1.20473?WT.ec_id=NATURE-20160825&spMailingID=52137465&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=984506081&spReportId=OTg0NTA2MDgxS0) prône-t-il l’utilité d’un bavardage assumé (gossip) entre les tenants et les aboutissants de projets de recherche et ce, dans quelque domaine que ce soit. Dans cette époque de mondialisation, voici au moins un champ prometteur de résultats qui se situe bien loin de ses/ces effets négatifs que l’on commence à dénoncer. Pour ne pas à avoir à y remédier, il vaudra toujours mieux prévenir que guérir !