Quand la fin de vie devient une interrogation sociétale, il peut en être de même de la vie finie. Quand la première n’est pas exclusivement autocentrée, la seconde l’est totalement. Se préparer au départ ne prépare pas celui qui reste et l’expression « faire son deuil » a une réalité, car l’absence a sa consistance et c’est elle qui se fait entendre. À ce que l’on peut qualifier de trouble psychiatrique par sa durée, et la souffrance qui s’y associe, il existe pourtant une base anatomique constituée de circuits neuronaux dont le fonctionnement est altéré (A neurobiological perspective on prolonged grief disorder). Les zones impliquées appartiennent au système de récompense, celle-ci étant assimilée dans ce cas particulier « au fort désir de retrouver le défunt « . Ces résultats ne seraient que préliminaires, l’échantillonnage étant peu représentatif de part sa taille. Il n’en reste pas moins vrai que la douleur est réelle et qu’une solution pourrait se profiler à l’horizon (AI griefbots could change how we mourn — but there are serious risks ahead), mais avec la question suivante : « la fin justifie-t-elle les moyens » ? Car il ne s’agit ni plus ni moins que d’une résurrection numérique, encore que le vocable de « résurrection » convienne assez peu tant est grande la possibilité de faire de cet avatar une copie non conforme à la réalité. II serait en effet tentant de modifier dans un sens comme dans un autre, un parent pour expliciter le déroulé de sa vie : Folcoche contre Madame Rosa ! Quant aux motivations, si celles du demandeur sont dépourvues de toute finalité mercantile il n’en est pas de même concernant celles du concepteur de ce « bot de la mort » ! Ce qui interroge sur la démarche …
