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Définir ?

vendredi, mai 21st, 2021
Peintures, Fou rire, Page 1041, Art Moderne et Contemporain

Quel est le propre de l’homme ? A question ancienne, multiples réponses. Et l’on pourrait proposer un certain nombre de citations dans le but de les attribuer à leurs auteurs. “Animal politique”, ” Roseau pensant”, “Substance qui pense et raisonne uniquement”, “Intuition comme mode de connaissance” ….. La définition étant une délimitation et l’homme étant en perpétuel construction aucune définition ne peut, ne pourra jamais lui être attribuée. De plus toutes celles qui ont été proposées prenaient comme unité de référence l’espèce animale, les caractéristiques de l’une devant manquer à l’autre. Mais on le sait aujourd’hui, l’homme n’est pas le seul à vivre en société, à échanger, à attribuer une finalité à un objet, à se reconnaître dans un miroir, et le comble pourrait bien avoir été atteint puisque le rire ne lui appartiendrait plus en propre (Do animals laugh?). Si selon H. Bergson, “le rire est le placage de la mécanique sur du vivant”, quel serait alors le rire de l’animal ? Les études menées sur des primates, des mammifères, des oiseaux, montrent que les vocalises assimilées au rire ne sont émises qu’en situation ludique et qu’en terme d’expression sonore elles n’atteignent jamais ce qui a été qualifié de “rire homérique” chez l’homme. Enfin aucune situation ne semblerait correspondre à un rire ayant pour origine l’humour, un savoir rire de soi-même. Il existe peut-être encore quelques différences entre l’homme et l’animal mais il est de fait que les antispécistes gagnent du terrain !

Le propre de l’homme

mardi, septembre 29th, 2020
Description de cette image, également commentée ci-après

Animal politique, pour Aristote, capable de rire, pour Rabelais, roseau pensant, pour Pascal, machine, pour La Mettrie. Mais un homme- machine qui n’est pas l’aboutissement de l’animal-machine cartésien puisqu’il en a négligé cette substance pensante que Descartes avait attribué à l’homme. Ainsi la frontière entre l’homme et l’animal a-t-elle toujours été l’objet de polémiques qui ont pris une nouvelle ampleur dès l’arrivée des antispécistes. Depuis quelques années déjà, des études scientifiques ciblant les performances animales ont alourdi le poids du plateau de la balance en faveur de la gent animale, mais a-t-on encore le droit de s’exprimer ainsi ? Les réussites sont nombreuses et les domaines variés : mémorisation, comptage, utilisation d’outils, reconnaissance de son image … Aujourd’hui, c’est le corbeau qui est à l’honneur : Why birds are so smart (A neural correlate of sensory consciousness in a corvid bird, https://science.sciencemag.org/content/369/6511/1626, -A cortex-like canonical circuit in the avian forebrain, https://science.sciencemag.org/content/369/6511/eabc5534). Les résultats des dernières études invitent à penser que l’activité neuronale décelée lors de réponses aux stimulus serait le témoin comme chez l’homme d’un “marqueur de conscience” et que par ailleurs, le pallium reproduit une architecture en couches proche de celle du néocortex humain. Il y a donc conjonction de deux critères , structure histologique et l’activité électrique qui permettent de rendre compte d’un certain “parallélisme” entre les performances de l’homme et du corvidé ! Le corbeau est largement représenté dans la culture. Il n’a pas toujours été noir, il fut même blanc avant que d’être puni ce qui prouve qu’il a su jouer un rôle auprès de l’homme grâce à ses capacités même si elles n’ont pas toujours été appréciées à leur juste valeur !

Il y aurait prédation et prédation !

jeudi, juillet 27th, 2017

Pourquoi la peur serait-elle mauvaise conseillère ? Il pourrait, aujourd’hui, y avoir  une réponse apportée par l’article  How fear alone can cause animal extinction (https://www.sciencedaily.com/releases/2017/07/170725122224.htm). La disparition des espèces est un sujet à l’ordre du jour, tout particulièrement en raison de l’implication dans ce processus, de celui qui est qualifié de prédateur suprême, à savoir l’homme. Certains d’entre eux, peut-être de façon un peu excessive, n’hésitant pas à promouvoir la chasse à l’homme pour redonner à la nature la place qui lui revient de droit. Quoiqu’il en soit, avant d’en arriver à cette extrémité, l’étude de l’impact de l’odeur de la mante religieuse sur la drosophila melanogaster, dont on sait par ailleurs que la première est un des prédateurs le plus craint de la seconde, est parlante. En effet on assiste rapidement à la disparition de la population des mouches qui “du fait de leur vigilance ne se nourrissent plus” d’où une chute de la reproduction. Mais c’est aussi ce que l’on  nomme l’effet Allee, du nom du zoologiste américain qui décrivit le premier (1931) ce phénomène. On ne sourira pas du cheminement intellectuel suivit par les auteurs, l’effet Allee dont il est question, est on ne peut plus intéressant. Il s’agit en effet d’une rupture avec les modèles de croissance de populations que l’on utilisait jusqu’à cette date, le modèle malthusien (croissance exponentielle) et son opposé,  le modèle de Verhulst (croissance logistique). L’effet Allee se distingue en effet du second par le fait que lorsque les populations sont de petites tailles, elles ont tendance à décroître ce qui constitue un concept opposé à celui de Verhulst. Ainsi les auteurs démontrent-ils l’existence d’un effet prédateur non pas direct, la mante se nourrissant de la mouche, mais indirect, à partir de la peur induite par son odeur. Ne pas sous estimer ce modus operandi, où le prédateur n’a même plus besoin de s’emparer de sa proie !