Posts Tagged ‘paradoxe de Peto’

Gardien du génome

dimanche, avril 20th, 2025

Que sont les gardiens de la galaxie sinon les protecteurs indéfectibles d’un monde en danger dans un espace temps dynamique où les terriens ne sont pas nécessairement des contemporains. Par analogie et au regard d’un autre monde, mais lui bien réel, les chercheurs en oncologie on proposé le terme de « gardien du génome » pour une protéine douée d’un pouvoir protecteur à ne pas négliger comme on le verra plus loin. Au tout début du raisonnement il faut s’intéresser à deux facteurs : l’un concerne la taille des espèces vivantes, l’autre le pourcentage de survenue de néoplasies au regard des dites tailles. On sait qu’un processus néoplasique se manifeste par le biais de mutations oncogènes donc a priori, plus un organisme vivant est volumineux, plus il a de cellules, donc a fortiori, plus il a de cellules, plus il devrait être concerné par ces mutations oncogènes. C’est là où intervient le paradoxe de Peto « observation selon laquelle, d’une espèce à l’autre, il n’existe pas de forte corrélation entre le risque de cancer et la taille corporelle« . D’où la question : pourquoi ? Cette question est d’importance dans la mesure où s’il existe un système de protection dont bénéficient les individus de grande taille tels les éléphants ou les baleines bleues, on se plait à penser qu’il pourrait être profitable à l’homme. C’est tout l’objet de l’article Peto’s Paradox: How Gigantic Species Evolved to Beat Cancer, et le grand gagnant est un suppresseur tumoral essentiel, la protéine p53 découverte en 1979. Celle-ci existe sous forme de copies supplémentaires (non identiques) chez les animaux sus cités. A l’instar de ces animaux, serait-il possible d’utiliser des copies de telle sorte qu’elles jouent leur rôle de protection dans la survenue des processus néoplasiques chez l’homme ? Aujourd’hui on pourrait avoir besoin d’un plus gros que soi !

Un paradoxe à moitié résolu est-il encore un paradoxe ?

mercredi, mai 4th, 2022
L'horloge moléculaire, qu'est-ce que c'est ?

Le paradoxe dit encore plus familièrement « casse tête » était déjà à l’honneur cinq siècles av. J.-C comme en témoigne l’habile dialecticien pré socratique, Zénon d’Elée qui, à son actif, en a proposé un certain nombre dont le plus connu peut-être est celui d’Achille et de la tortue. Le paradoxe dont il est question ici est du à un certain Richard PETO, statisticien et épidémiologiste anglais contemporain. Selon ce paradoxe l’incidence du cancer ne paraît pas être en corrélation avec le nombre de cellules de l’organisme. En effet il est logique de penser que premièrement : plus un organisme est de grande taille plus les cellules qui le constituent sont nombreuses, que deuxièmement : plus les cellules sont nombreuses, plus nombreuses seront les mutations responsables de cancers, que troisièmement : plus la durée de vie de l’organisme sera grand, plus les mutations auront de possibilités de se produire. Ce qui n’étant pas le cas est le paradoxe dont traite l’article, Ticking time bombs of DNA mutation may dictate when animals die. D’où il apert qu’Il ne peut donc être question « seulement » de la quantité des cellules de l’organisme considéré. Si les animaux de grande taille ont une durée de vie largement supérieure à celle des animaux de petite taille, et que le taux de mutations est le même c’est qu’il doit exister un rythme de survenue des dites mutations : à croissance lente, rythme lent, à croissance rapide, rythme rapide. D’où il s’en suit que la baleine n’aura pas plus de mutations génétiques que l’homme ! Il existerait donc une nouvelle horloge biologique qualifiée d’horloge mutationnelle. Les mutations se font à un rythme constant chez un individu mais à un autre rythme, tout aussi constant, chez un autre et pour tous leur taux diminue tout au long de la vie. Pas encore de conclusion à ce stade car trop peu de cellules ont à ce jour pu être étudiées, mais quid du déclenchement de l’horloge mutationnelle, quid du rapport entre mutations et vieillissement avec en supplément l’idée, plus ou moins cachée mais très ancienne, d’une action possible sur ce « naufrage ». Comme quoi un paradoxe à moitié résolu en posant de nouvelles questions garde toute sa jeunesse surtout quand il débouche sur une nouvelle échelle de temps des organismes vivants !