Posts Tagged ‘chronobiologie’

Il préside aux choses du temps ….

samedi, juillet 2nd, 2022
Une alimentation à mesurer à l'aune de l'horloge biologique

“Mais c’est un dieu fort inquiétant” dont, quoique l’on en dise, on pourrait se servir sans pour autant l’asservir ! En 2017 le prix Nobel de Médecine fut attribuer à deux chercheurs américains pour leurs travaux portant sur les mécanismes moléculaires régulant les rythmes circadiens, communément appelés horloge biologique. Il existe une horloge maitresse qui régule des horloges secondaires. “Les lauréats ont isolé un gène qui contrôle le rythme biologique quotidien. Ils ont montré que ce gène, qu’ils ont appelé « period », code pour une protéine (PER) qui s’accumule dans le noyau de la cellule pendant la nuit, puis se dégrade pendant le jour. Ils ont ensuite montré, en précisant l’intervention d’autres gènes et d’autres protéines, que la protéine PER bloque l’activité du gène Period au moyen d’une boucle de rétroaction inhibitrice et régule ainsi sa propre synthèse dans un rythme continu et cyclique“. Déjà connue antérieurement la biologie dite circadienne a pris un essor considérable à partir de cette date et la publication Cancer cells wake up when people sleep en est un exemple particulièrement intéressant. Non seulement la démonstration explique des erreurs qui ont pu/du se produire mais elle constitue le point de départ de thérapeutiques ciblées. Passer du prêt à porter en thérapeutique à du sur mesure a tout été le graal de la médecine curative, la médecine préventive en étant l’autre versant !

Un paradoxe à moitié résolu est-il encore un paradoxe ?

mercredi, mai 4th, 2022
L'horloge moléculaire, qu'est-ce que c'est ?

Le paradoxe dit encore plus familièrement “casse tête” était déjà à l’honneur cinq siècles av. J.-C comme en témoigne l’habile dialecticien pré socratique, Zénon d’Elée qui, à son actif, en a proposé un certain nombre dont le plus connu peut-être est celui d’Achille et de la tortue. Le paradoxe dont il est question ici est du à un certain Richard PETO, statisticien et épidémiologiste anglais contemporain. Selon ce paradoxe l’incidence du cancer ne paraît pas être en corrélation avec le nombre de cellules de l’organisme. En effet il est logique de penser que premièrement : plus un organisme est de grande taille plus les cellules qui le constituent sont nombreuses, que deuxièmement : plus les cellules sont nombreuses, plus nombreuses seront les mutations responsables de cancers, que troisièmement : plus la durée de vie de l’organisme sera grand, plus les mutations auront de possibilités de se produire. Ce qui n’étant pas le cas est le paradoxe dont traite l’article, Ticking time bombs of DNA mutation may dictate when animals die. D’où il apert qu’Il ne peut donc être question “seulement” de la quantité des cellules de l’organisme considéré. Si les animaux de grande taille ont une durée de vie largement supérieure à celle des animaux de petite taille, et que le taux de mutations est le même c’est qu’il doit exister un rythme de survenue des dites mutations : à croissance lente, rythme lent, à croissance rapide, rythme rapide. D’où il s’en suit que la baleine n’aura pas plus de mutations génétiques que l’homme ! Il existerait donc une nouvelle horloge biologique qualifiée d’horloge mutationnelle. Les mutations se font à un rythme constant chez un individu mais à un autre rythme, tout aussi constant, chez un autre et pour tous leur taux diminue tout au long de la vie. Pas encore de conclusion à ce stade car trop peu de cellules ont à ce jour pu être étudiées, mais quid du déclenchement de l’horloge mutationnelle, quid du rapport entre mutations et vieillissement avec en supplément l’idée, plus ou moins cachée mais très ancienne, d’une action possible sur ce “naufrage”. Comme quoi un paradoxe à moitié résolu en posant de nouvelles questions garde toute sa jeunesse surtout quand il débouche sur une nouvelle échelle de temps des organismes vivants !

Midi, sept heure, l’heure du Berger !

vendredi, novembre 23rd, 2012

Il n’y a pas à se tromper la publicité l’avait bien compris :   “Quand c’est l’heure, c’est l’heure : avant l’heure c’est pas l’heure, après l’heure c’est plus l’heure ! Ainsi en est-il de la prise d’aliments  It’s Not Just What You Eat, But When You Eat It: Penn Study Shows Link Between Fat Cell and Brain Clock Molecules. Si la chronobiologie, relativement ancienne,  a progressivement conquis la biologie, elle rend aussi de plus en plus difficile la définition d’une horloge biologique unique. Le Système nerveux Central semble bien y perdre ses prérogatives. De kapellmeister  incontesté, il semble bien que de simples tissus périphériques puissent le reléguer à un rôle subalterne où il obéirait sans faire entendre la moindre contestation ! Quels pourraient donc être les responsables d’une telle atteinte à la suprématie de celui que l’on a pris longtemps pour le chef d’orchestre : les gènes toujours les gènes, encore les gènes ! On a toujours besoin d’un plus petit que soi !

Le rat des villes et le rat des champs

vendredi, avril 6th, 2012

Comment n’y a-t-on pas pensé plus tôt !  Pour l’animal de laboratoire la fluence du temps ne serait pas la même que pour un animal en liberté. Autrement dit, nos chercheurs viennent de trouver la “chronobiologie”. On reste admiratif devant cette découverte d’importance. Pauvre drosophila melanogaster qui ne s’y retrouverait pas dans son laboratoire, empêchée qu’elle est de suivre son horloge naturelle. En somme, perturbée, souffrant d’un véritable “jet lag”, elle ne nous aurait pas correctement renseignés (Lab Studies Lie about the Clock, http://the-scientist.com/2012/04/04/lab-studies-lie-about-the-clock/). Par contre, bonne nouvelle, elle deviendrait, de ce fait, encore plus proche de l’homme qu’on ne l’aurait cru. Donc, gardons la mouche dans son bocal, elle gagne en ressemblance avec l’homme !!