Paradoxal,dilemme ou simple question ?

mai 25th, 2019

Ennoncée par Fermi en 1950, la phrase suivante « S’il y avait des civilisations extraterrestres, leurs représentants devraient être déjà chez nous. Où sont-ils donc ? » continue presque soixante dix années plus tard d’attendre sa réponse tout en faisant débat sur sa signification : paradoxe, dilemme ou simple question. Selon le dictionnaire Larousse, on pourrait parler de paradoxe si la phrase exprimait un défi à la logique en raison de contradictions. On pourrait parler de dilemme s’il s’agissait d’un choix entre deux propositions incompatibles. C’est pourquoi il ne s’agit peut être que d’une simple question que se pose l’humanité depuis la la nuit des temps. Le ciel avant d’être techniquement accessible a émerveillé ceux qui l’observaient en invitant à y chercher d’autres vies. Oumuamua découvert en 2017, relance le débat en 2019 : étrange astéroïde ou vaisseau spatial d’origine extraterrestre là est bien la question. « Savoir quoi, ce n’est pas l’affaire » comme l’a si bien dit MR de La Fontaine et même si Avi Loeb, l’auteur-astrophysicien semble plutôt appartenir au club des auteurs de Fantasy (Oumuamua : « Si j’ai raison, c’est l’une des plus grandes découvertes de l’Histoire », https://www.parismatch.com/Actu/Sciences/Oumuamua-Si-j-ai-raison-c-est-l-une-des-plus-grandes-decouvertes-de-l-Histoire-1600466 ) les aliens ont cette vertu de permettre à l’homme de remettre les pieds sur terre (Could Dead Aliens Help Save Humanity?, https://www.livescience.com/65561-dead-intelligent-aliens-save-humanity.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190524-ls ). Leur existence tout autant putative que leur disparition doivent être regardées comme matière d’enseignement pour la gente humaine.

Une autre archéologie

mai 18th, 2019

Si les arbres phylogénétiques se sont construits par analogie avec l’arbre de Porphyre, ils en différent considérablement dans la mesure où dès Lamarck il s’agit bel et bien d’établir une filiation des êtres vivants pour aboutir avec Darwin à L’Origine des espèces, publiée le 29 novembre 1859. En 1937, E. Chatton propose les termes de procaryote et eucaryote, le dernier se distinguant du premier par la présence d’un noyau défini. Aujourd’hui l’arbre phylogénétique du vivant fait appel au séquençage des gènes d’ARN ribosomique des organismes étudiés ce qui a amené à scinder le règne des procaryotes en deux domaines distincts les bactéries et les archées. Les études les plus récentes ne vont pas conduire le monde scientifique vers un accord complet en ce qui concerne ce mystérieux groupe des archéas (The trickster microbes that are shaking up the tree of life,
https://www.nature.com/articles/d41586-019-01496-w?utm_source=Nature+Briefing&utm_campaign=9f8bbd0a81-briefing-dy-20190515&utm_medium=email&utm_term=0_c9dfd39373-9f8bbd0a81-43241421 ) et ce d’autant moins que le chamboulement peut aller jusqu’à l’origine de l’humain. Mais le combat n’est pas récent puisqu’il avait débuté dès la distinction entre les porteurs de noyaux et ceux qui en sont dépourvus. L’eucaryote (et donc l’origine de la vie) n’a pas fini de faire parler de lui d’autant plus que l’impression de revenir en arrière s’impose avec en particulier la question de la mitochondrie résultant ou non d’une endosymbiose entre archées et bactéries. En réalité ce qui manque cruellement c’est une machine à voyager dans le temps et on imagine que l’épistémologie serait la première à vouloir s’en servir.

C’était il y a soixante quinze ans …

mai 11th, 2019

En 1944, Erwin Schrödinger, qui depuis dix ans s’amusait déjà beaucoup avec son chat, commet un ouvrage de vulgarisation dans lequel il pose une question essentielle : Qu’est-ce que la vie ? La question semble tout aussi difficile à résoudre que la question de la définition du temps à laquelle Saint Augustin avait apporté la réponse suivante : « Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne m’interroge, je le sais ; si je veux répondre à cette demande, je l’ignore « . Et c’est un peu en le paraphrasant que François Jacob avait répondu sans répondre  » ..chacun de nous sait ce qu’est la vie ». C’est avec plus d’acuité encore que se pose de nouveau la question au regard des robots et autres dérivés de l’Intelligence Artificielle (Opinion: How to Define Life, https://www.the-scientist.com/news-opinion/opinion–how-to-define-life-65831 ), cette dernière n’arrêtant pas de s’améliorer. La question est d’autant plus prégnante que l’industrie en cause se mobilise pour définir à son profit des lois à propos de la robotique, autres que celles d’Isaac Asimov ! (Don’t let industry write the rules for AI,
https://www.nature.com/articles/d41586-019-01413-1?WT.ec_id=NATURE-20190509 ). Un robot ne s’est-il pas vu attribué une nationalité ? Parmi tous les critères proposés, il en est certains auxquels répondent les produits de l’IA et on pourrait poser comme indispensable qu’ils répondent à tous. Il en est pourtant deux qui jusqu’à aujourd’hui sont encore spécifiquement humains : l’évolution darwinienne mais aussi la connaissance qu’a l’homme de sa finitude. Mais il ne peut s’agir là que d’une réponse à l’aune des connaissances actuelles. L’expression « Demain est un autre jour » reste on ne peu plus pertinente !

A l’intérieur par l’intérieur

mai 6th, 2019

Boîte plus si noire que ça, le cerveau de l’homme comme celui de l’animal était resté un mystère malgré les avancées de la technique. Cette condition est en train de changer comme le démontrent les publications ci-dessous et le chemin emprunté a peu de chances de revenir en arrière ! Que l’on y réfléchisse(Cerebral Inception,
https://www.the-scientist.com/editorial/cerebral-inception-65757), que l’on expérimente (Building a Silicon Brain,
https://www.the-scientist.com/features/building-a-silicon-brain-65738 ), que l’on conceptualise (Infographic: Brain-Like Computers Provide More Computer Power,
https://www.the-scientist.com/infographics/infographic–brain-like-computers-provide-more-computer-power-65799 ) tout porte à prédire longue vie à la puce neuromorphique. Il faut avoir conscience que l’on vit probablement aujourd’hui une révolution scientifique comparable à celle que Claude Bernard a conceptualisée en 1865 dans l’Introduction à l’étude de la médecine expérimentale. La démarche scientifique qui a déjà vu le passage du in vitro au in vivo,  remplace aujourd’hui la puce informatique par la puce neuromorphique dont une des caractéristiques concerne les pics d’énergie qui sont l’équivalent des PA (potentiel d’action) des neurones biologiques. Les espoirs sont immenses concernant des mécanismes physiologies cérébraux comme l’apprentissage ou la mémorisation. Contrairement à l’affirmation selon laquelle on ne peut pas se regarder marcher dans la rue, on va pouvoir se voir penser !

Passé/Présent/Avenir

mai 4th, 2019

Voici trois questions essentielles auxquelles les réponses actuelles sont pour la majorité de l’humanité assez peu évidentes : Pourquoi la terre tourne-t-elle (Why Does the Earth Rotate?
https://www.livescience.com/63408-why-does-earth-rotate.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190427-ls )? Quelle fin pour l’univers ( How Will the Universe End?, https://www.livescience.com/65299-how-will-the-universe-end.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190424-ls ) ? Et pour ajouter à la confusion entre ces deux extrêmes : La terre tournerait trop rapidement (The Universe Is Moving Too Fast and Nobody Knows Why, https://www.livescience.com/65332-hubble-wrong-speed.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190428-ls ) Le commencement et la fin, deux périodes privilégiées pour lesquelles l’homme n’a toujours que peu d’indices mais qui lui tiennent particulièrement à cœur puisqu’elles se calquent sur sa destinée et ce mouvement   dans lequel il vit mais qui lui échappe pourtant. Pour les Anciens le Cosmos était ordre et beauté et l’homme en faisait partie. Aujourd’hui la science propose des hypothèses parfois opposées quand il existait déjà une certaine chronologie chez Hésiode : Chaos, Gaïa, Chronos … Parmi les hypothèses envisagées aujourd’hui, le Big Crunch symétrique du Big Bang aurait plu, la rotation inverse de Vénus (Aphrodite) s’inscrirait assez bien dans ses capacités à faire tourner les têtes comme celle de Paris (en particulier). Enfin Atlas fatigué, comme l’avait constaté Héraclès, préférerait certainement ne plus avoir à s’occuper de la Terre. La naïveté des anciens s’est scientifisée mais les réponses tardent.

Mythe universel ?

avril 23rd, 2019

L’origine des mythes est un domaine largement exploité et qui fait appel à de nombreuses approches devenues au fil des temps plus scientifiques que romantiques. Parmi les questions soulevées il en est une qui concerne l’universalité de certains d’entre eux devenus symboles et dont l’expression pour d’autres encore, pourrait même remonter au paléolithique supérieur par le moyen de couleurs dont la signification reste encore un mystère. Parmi les figures universelles, il en est une qui a traversé les âges et coule plus que jamais des jours heureux, il s’agit du dragon (Dragons: A Brief History of the Mythical, Fire-Breathing Beasts, https://www.livescience.com/25559-dragons.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190414-ls). De tous les temps et adoptant toutes les formes « imaginables », il se caractérise néanmoins pas une ambiguïté majeure pour une unicité d’action. Bon et gardien ou méchant et grand prédateur, il ne sait faire qu’une seule chose, se battre. Reste sa qualité de cracheur de feu (Can Any Animal Breathe Fire Like the Mythical Dragon? https://www.livescience.com/65227-can-animals-breathe-fire-like-dragons.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190421-ls) peu vraisemblable. Pourtant l’idée d’extrapoler n’est pas loin  quand on connait des animaux qui projettent par certains de leurs orifices des substances nocives pour leurs adversaires. Voici deux donc deux articles récents centrés sur des animaux certes imaginaires mais dont l’actualité témoigne de l’intérêt qu’ils suscitent. Il est vrai que le bien, le mal, les combats ne rentrent certainement pas dans le cadre de l’obsolescence programmée !

Des épines dynamiques !

avril 15th, 2019

En 1906, Golgi et Cajal eurent l’insigne honneur de partager le prix Nobel de physiologie ou médecine. L’association de leurs deux noms n’allaient pourtant pas de soi de prime abord puisque le premier, défenseur de la théorie réticulaire permis (par sa coloration éponyme) au second de développer la théorie neuronale ! Tous les deux signaient ainsi le début d’une grande aventure dans laquelle les acquisitions techniques tenaient le premier rôle. Les dendrites et ses épines à l’image de la membrane cellulaire et sa structure se mirent à occuper une place de choix quand les descriptions statiques furent remplacées par la connaissance de leur « dynamisme » . Ainsi la membrane simplement bicouche lipidique devint-elle mosaïque fluide et de simples excroissances cellulaires montrèrent-elles leur capacité à changer de forme et à se renouveler. Cette dernière capacité est étudiée comme témoin de modifications physiologiques ou du rôle de substances chimiques. C’est le sujet de l’article How the Brain Changes on Ketamine: A Live Animal Study (
https://www.the-scientist.com/news-opinion/how-the-brain-changes-on-ketamine–a-live-animal-study-65727 ) Tout changea quand la biologie transforma des structures figées en structures dynamiques. De même que la toute récente photographie du trou noir a pu mettre une image sur ce qui n’avait jamais été vu, de même il a pu être mis en image l’état de stress par ses modifications structurelles. L’image est partout, elle a rôle de preuve indiscutable tandis que dans le même temps elle n’a jamais été aussi fragile. Aujourd’hui l’éternelle jeunesse du portrait de Dorian Gray n’est qu’affaire de logiciel.

Climatologie et société : exemple

avril 8th, 2019

Ce n’est pas nécessairement être climatosceptique que de chercher à explorer les variations climatologiques que la terre a eu à supporter au cours des temps passés. Ces recherches sont d’autant plus appropriées qu’elles ne peuvent être appréhendées que par les conséquences devenues preuves de leur impact. Ainsi en est-il en particulier de cette période dite « petite âge glaciaire » pas si éloignée de l’ère moderne par rapport à l’époque de la disparition des dinosaures (The Day the Dinosaurs Died,
https://www.newyorker.com/magazine/2019/04/08/the-day-the-dinosaurs-died?utm_source=Nature+Briefing&utm_campaign=60c7885996-briefing-dy-20190403&utm_medium=email&utm_term=0_c9dfd39373-60c7885996-43241421 ) qui serait survenue il y aurait quand même soixante six millions d’années ! Beaucoup plus près donc, se situe un changement climatique dont l’intérêt réside dans son implication sociétale (How the Little Ice Age Changed History,
https://www.newyorker.com/magazine/2019/04/01/how-the-little-ice-age-changed-history?utm_source=Nature+Briefing&utm_campaign=150bb441b6-briefing-dy-20190404&utm_medium=email&utm_term=0_c9dfd39373-150bb441b6-43241421 ). Mais l’article est intéressant en ce qu’il fait de l’homme un acteur permanent et relativise de ce fait son rôle aujourd’hui. S’il est impliqué dans le réchauffement, il ne le fut pas moins dans le refroidissement ! Responsable aujourd’hui comme hier ne l’excuse pas mais ne fait pas non plus de lui cet être démoniaque tel que montré du doigt. En fait il reste pareil à lui même !

Surprise !

mars 31st, 2019

Le cerveau n’est pas le seul organe à voir le nombre de ses cellules diminuer avec l’âge de son propriétaire. Pourtant il est celui dont on parle le plus volontiers comme si le stock de neurones était plus important que celui d’autres populations cellulaires, comme les gamètes femelles par exemple. A quoi tient donc la noblesse d’un organe ? Au fait que que la vie n’est pas possible en son absence ou bien à une hiérarchisation des fonctions ! Quoiqu’il en soit, la diminution inexorable des neurones, depuis disait-on un âge encore très juvénile, semblait correspondre à une erreur de la nature tant le renouvellement cellulaire quelque en soit le rythme était presque une constante. De plus comment cette boîte noire qui réfléchit pouvait-elle être soumise à un tel déclin quand on sait par ailleurs ce dont elle est capable comme dans l’apprentissage d’une langue maternelle (Your Brain Needs 1.5 MB of Storage to Master Your Native Language, https://www.livescience.com/65108-brain-megabyte-storage-for-language.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190330-ls) ? On touche là au problème de la neurogenèse chez l’homme adulte. Apporter la preuve de ce renouvellement n’est pas chose simple en raison même du tissu à explorer ce qui explique probablement en partie les controverses à ce sujet.(https://lejournal.cnrs.fr/nos-blogs/aux-frontieres-du-cerveau/le-cerveau-humain-adulte-ne-produirait-pas-de-nouveaux-neurones). Mais l’article Debate about birth of new neurons in adult brains extends to Alzheimer’s disease (https://www.nature.com/articles/d41586-019-00891-7?WT.ec_id=NATURE-20190328&utm_source=nature_etoc&utm_medium=email&utm_campaign=20190328&sap-outbound-id=761766AF7C0D013F2A9D102FD9BD20FA7357A649) pourrait enrichir le débat en quittant le cadre exclusif du normal. En abordant les modifications en rapport avec la maladie d’Alzheimer des comparaisons deviennent alors possibles. Cette étude pourrait donc avoir deux conséquences : éclairer le débat sur la neurogenèse adulte et ouvrir une fenêtre sur l’avenir thérapeutique de la dite maladie. A suivre ? (addendum : A Common Embryonic Origin of Stem Cells Drives Developmental and Adult Neurogenesis, https://www.cell.com/action/showPdf?pii=S0092-8674%2819%2930159-X)

Significativité

mars 25th, 2019

Au commencement fut la définition de la normalité et ce pourrait être « ce qui correspond au plus grand nombre » ! Il s’agit en réalité d’un domaine dont on est en droit de dire qu’il est aussi vieux que le monde et a du commencer pour les anciens par la recherche d’un ordre primitif dans le cosmos. Dans le but de régler au mieux pour lui même ce problème et après avoir avec difficulté abandonné le principe de l’anthropocentrisme, l’homme mit en place un système de lois que l’univers fut prié de suivre. On peut être d’accord avec Poincaré pour reconnaître que les lois sont le passage entre le fait scientifique premier et le savant qui en devient donc l’interprète en utilisant pour ce faire un langage qui permet que la réalité devienne objective. C’est dans cet ordre d’idée que le terme probabilité acquit progressivement son sens de vraisemblable. Ainsi rechercher la probabilité de survenue d’un événement devint-elle la quête du Graal scientifique. Mais la roche tarpéienne étant toujours aussi peu loin du capitole, la méfiance vient de s’installer( Significant debate, https://www.nature.com/magazine-assets/d41586-019-00874-8/d41586-019-00874-8.pdf, repris in It’s time to talk about ditching statistical significance, https://www.nature.com/articles/d41586-019-00874-8?WT.ec_id=NATURE-20190321&utm_source=nature_etoc&utm_medium=email&utm_campaign=20190321&sap-outbound-id=0539831AB92F9FBBFF38B417A0A78CEA2AD7B588 ) et il devient utile de repenser la toute puissance de la significativité statistique de p ! Mais ne faut-il pas plutôt que de parler de disparition voir une valorisation puisque le scepticisme devient motif de réflexion !