Comme tout objet mystérieux, cette boite noire qu’est le cerveau, reste au plus haut point attractive, et les suppositions vont bon train la concernant depuis …. En effet que n’est-il pas capable d’effectuer, de résoudre, d’imaginer, et sa capacité d’abriter pour restaurer n’est pas la moindre de ses qualités. Pour démêler ce merveilleux écheveau le plus simple était d’attribuer à chacune de ses fonctions un site précis selon une cartographie. Mais au fur et à mesure des avancées de la physiologie, les frontières devinrent moins précises, des chevauchements se firent jour et le temps vint de changer l’échelle d’observation : la macroscopie laissa place à la microscopie avec le rôle prépondérant des synapses mais celles-ci a leur tour s’effacèrent devant la molécule. Et que croyez vous qu’il advint ? La génétique dut s’accommoder de partager son champ de responsabilité avec l’épigénétique. C’est ce qui semble avoir été mis en évidence chez l’escargot de mer. Les gastéropodes, dont ils font partie, sont largement représentés (quatre vingt mille espèces) ; comme de nombreux mollusques ils possèdent des neurones géants et ce sont eux qui sont impliqués dans l’étude que rapporte l’article, RNA Moves a Memory From One Snail to Another (https://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/54565/title/RNA-Moves-a-Memory-From-One-Snail-to-Another/&utm_campaign=TS_OTC_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=62922981&_hsenc=p2ANqtz-_wZt4Q7o38w_Q7lcmlPAmAD6VlKjAk0y1VbhemuhFqmczDm9lgRH1cQk2IuU4enfUcZwNnMsQdMHIdqaE–UuLCugbBQ&_hsmi=62922981). Si selon le traité de Rome en Europe, il est interdit de faire souffrir l’animal, en Californie on peut apprendre à l’escargot à conserver une attitude défense au regard de chocs électriques qui lui ont été appliqués antérieurement. L’ARN extrait des neurones des escargots stimulés injecté à des congénères non stimulés entraine ces derniers à se conduire comme les premiers ! Et c’est la méthylation de l’ADN, principale modification épigénétique réversible qui serait indispensable à ce transfert de mémoire sans implication synaptique. Augmenter le nombre de ses synapses ne semble plus aussi impératif, il suffira de se faire injecter un cocktail de mémoires choisies parmi les meilleures. Reste néanmoins à préciser de quel ARN il s’agit et être sûr que ça marche !
A propos de l’IA les articles se suivent et se succèdent à un rythme tel qu’une intelligence non artificielle peine pour se maintenir à niveau. Et pour atteindre le niveau supérieur de l’intelligence artificielle, celui dit de l’ apprentissage profond, le chemin semble plus escarpé encore. Mais il existe aussi un autre obstacle (probablement pas le dernier) à franchir celui du sujet lui même que l’on aimerait bien décrypter. Aujourd’hui, il ne s’agit ni plus ni moins que de celui qui fut récompensé par le Prix Nobel de physiologie ou médecine attribué en 2014 à Edvard Moser, May-Britt Moser et John O’Keefe : soit sous une forme extrêmement simplifiée, le comment du positionnement dans l’espace. A ce propos, deux articles analysent une lettre parue dans Nature (pour les plus avertis),
Si l’on ne désire pas se lancer dans la technique d’étude basée sur l’organoïde pour choisir ce que l’on pense être plus proche de la réalité on peut faire mieux voire mieux faire comme le détaille l’article, Researchers Succeed in Keeping Disembodied Pig Brains Alive (
Un organoïde est une structure tri dimensionnelle (multicellulaire) qui peut-être schématiquement assimilée à un micro organe à partir duquel il est devenu possible d’étudier des propriétés spécifiques de son homologue dans des conditions qui se rapprochent de la normale. Cette technique a pris son essor depuis une quinzaine d’années et supplante largement les cultures cellulaires en couche qui l’avaient précédée. Les organes ainsi « mimés » sont nombreux et l’un en particulier, en raison de son statut d’organe « noble » s’il en fut, est devenu sujet et non objet de questionnements. Il s’agit de l’organoïde cérébral obtenu à partir de cellules souches pluripotentes qui vont former de petites sphérules pouvant reproduire différentes zones cérébrales en fonction ou non de l’ajout de facteurs exogènes (Obtenir des ébauches de cerveau en laboratoire : les organoïdes,
Selon la théogonie d’Hésiode, le Chaos aurait précédé l’origine du monde et/ou aurait donné naissance aux dieux primordiaux dont Gaïa, la terre. Mais qu’il s’agisse d’Hésiode ou d’Ovide, il n’en existe pas de définition précise tant il est vrai que si l’on cherche, par besoin, un commencement celui ci ne peut être qu’imaginé comme informe justement pour permettre une différenciation ultérieure dans laquelle l’homme pourra se reconnaître. Par ailleurs s’il existe un chaos primordial il pourrait tout autant exister un chaos final tant il est tout autant vrai qu’une fin devrait exister sans que symétriquement les conditions puissent en être connues. Commencement comme fin restent mystérieux et sujets à débats enflammés. Et entre les deux, l’homme a placé la « théorie du chaos ou effet papillon » soit la question suivante : « Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? » (Pour ceux qui sont « vraiment » intéressés: Effet papillon et théorie du chaos,
MR Fabre n’est pas un film (1951) dont les jeunes cinéphiles peuvent avoir encore connaissance, et dans un sens c’est un peu dommage puisqu’il inaugure un genre et rappelle qu’un début existe à tout. Il ne s’agissait pas que de porter à l’écran la biographie romancée de Jean Henri Fabre (1823-1915) mais de montrer pour une des premières fois un monde que les cinéastes animaliers se plaisent depuis à explorer. Avec lui naissait aussi l’éthologie, domaine revendiqué par plus d’un et exploré de façon régulière apportant son lot de découvertes admirables « mirabile visu« . Jean Henri Fabre fut au XIX° siècle avec les moyens dont il disposait , un observateur génial d’un monde de petits, les insectes, peut-être encouragé en cela par l’environnement dans lequel il évoluait. Quoiqu’il en soit les hyménoptères, bembex, scolies et coléoptères n’avaient plus de secret pour lui et il est à parier qu’il aurait bien aimé être l’auteur des deux articles suivants : Exploding Ants Kill Foes, and Themselves, with a Blast of Toxic Goo (
Un changement de finalité et un compte fil montre que l’eau des fleurs que Leeuwenhoek examinait n’était pas aussi limpide qu’elle aurait dû l’être. Que l’œil ne voit pas tout était une évidence, le drapier le savait puisqu’il avait besoin d’une loupe pour vérifier des détails qu’il avait des difficultés à percevoir. Mais il existe une différence entre la vérification et la découverte : dans le premier cas, l’objet existe, dans le second il se dévoile et jusqu’à aujourd’hui ce dévoilement n’a pas atteint sa fin. Pour ne rien oublier, pour comparer, pour comprendre, pour transmettre ce nouvel objet doit trouver sa place pour servir au prochain et les preuves doivent défier le temps. Mais l’observation in vivo a ses limites, l’observation in vitro en a d’autres, et la mémoire humaine aussi comme on le sait depuis longtemps. Il est devenu possible de remédier à ces trois défauts simultanément grâce encore( ?) et pour toujours (?) à l’IA. Il pourrait sembler inapproprié d’évoquer le programme AlphaGo qui, en 2015, a vaincu le champion européen Fan Hui par 5 parties à 0 puis en 2016 le champion du monde Lee Sedol par 4 parties à 1 mais ce programme répond à la définition de l’apprentissage profond (Deep Learning) celui là même auquel est rattaché le programme d’analyse des cellules cérébrales, développé par Margaret Sutherland du National Institute of Neurological Disorders and Stroke (Scientists teach computers how to analyze brain cells,
Pourquoi le mystère s’épaissit-il ? Rien de plus simple : il ne s’agit ni plus ni moins que de matière et d’anti matière. La physique des particules est une notion ancienne dont la philosophie fit son sujet avec la théorie atomiste : univers discontinu composé de matière et de vide. C’est de cette intuition exceptionnelle de la discontinuité de la matière que put naitre la physique des particules qui s’intéresse aux constituants élémentaires de la matière et en étudie les interactions. Qui dit particule dit mesure et en particulier mesure de masse. L’atome qui se devait d’être indivisible d’où son nom, devint au fil des ans et des progrès techniques de plus en plus « complexe » en terme de particules subatomiques. Sans aucunement négliger ces connaissances acquises progressivement depuis le XIX° siècle, pourquoi ne pas imaginer pouvoir appliquer à la matière l’intuition d’une antimatière selon la notion du couple symétrie/asymétrie (
» Souviens-toi de m’écrire ces mots ; je veux les faire graver en lettres d’or sur la cheminée de ma salle à manger » De quels mots convient -il de se souvenir au point de les inscrire pour ne les point oublier ? Une devise éternelle « Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger » que les hommes ont proférer depuis Molière mais aussi bien avant lui, Socrate. En fait ils sont légion ceux qui proposent à l’homme de se restreindre pour vivre une vie meilleure. Il est tout à fait vraisemblable que ce précepte s’inscrivait par ailleurs parfaitement dans la vision aristotélicienne des vertus morales que l’homme se devait de rechercher pour les pratiquer. A coup sur la tempérance alimentaire en fait partie et les scientifiques se sont attelés à la tâche de le démontrer. Ainsi aujourd’hui est -il non seulement bien de se nourrir avec retenue mais encore est-il mieux de le faire puisque l’on pourrait ainsi augmenter sa durée de vie et ce en de meilleures conditions. Les effets délétères en rapport avec l’obésité ont conduit l’ US National Institutes of Health a sponsoriser pour partie une enquête multicentrique appelée CALERIE, Comprehensive Assessment of Long term Effects of Reducing Intake of Energy, qui a entre autres effets, étudié l’impact d’une réduction calorique sur les conditions du vieillissement humain (Reduced-calorie diet shows signs of slowing ageing in people,
Pour continuer de poser/de se poser des questions à propos de l’IA, en voici une, parmi tant d’autres non encore formulées. Il s’agit d’une activité humaine qui a été, est et sera à jamais, sujet de réflexion, de discussion, de philosophie pour MR Jourdain. Depuis des décennies, quand on demandait de définir l’ART, les réponses étaient légion d’autant plus variées que le mot est particulièrement polysémique. On pouvait néanmoins s’entendre sur le fait qu’il s’agissait d’une activité humaine pouvant être dépourvue d’intérêt pratique, mais parée d’un appel aux sens. En sera-t-il de même demain : When computers make art ? (