La question est d’autant plus importante qu’il semble bien exister plusieurs réponses et ce en fonction de la personne à laquelle la question est posée. Selon l’Académie Française elle » … désigne la faculté de l’esprit de conserver et de rappeler des idées, des situations, des personnes, etc. ». Pourtant un psychologue aura tendance à prolonger cette capacité de l’être vivant par son implication dans son adaptabilité. Ainsi la mémoire d’une situation antérieure permet-elle d’ajuster au mieux un comportement ultérieur. Un neurophysiologiste envisagera différentes mémoires parmi lesquelles la mémoire à court terme, et la mémoire à long terme. Quant aux littérateurs et philosophes, il n’est que lire Marcel Proust ou Henri Bergson. Mais ce ne sont là que quelques exemples qui concernent la mémoire envisagée comme potentialité du cerveau, c’est à dire d’un tissu cellulaire, d’un ensemble de cellules qui travaillent en réseau dans une communauté de finalité. La question posée par l’article ‘What does a cell know of itself?’, interroge une cellule, quand il ne s’agit pas d’une cellule du système nerveux. Qu’une cellule réagisse à un stimulus, est une évidence, de même qu’elle est capable d’adapter sa réponse au dit stimulus. Mais une seule cellule garde -t-elle en mémoire un stimulus et sa réponse pour devenir l’expérience dont elle tirera profit ultérieurement ? De nombreuses études menées sur des être unicellulaires montrent à l’évidence que leur conduite traduit l’existence d’un phénomène de mémorisation ; la question étant de distinguer une réponse de nature réflexe à une réponse élaborée. Néanmoins, il est conceptuellement possible d’imaginer qu’une faculté de mémorisation chez un être unicellulaire ancestral ait anticipé une complexification ultérieure tout en préservant cette faculté pour chaque cellule « ordinaire » prise séparément.
Mais qu’est-ce que la mémoire ?
août 26th, 2025Tresse ou arbre ?
août 21st, 2025La tresse a ceci de particulier qu’elle est un entrelac communément de cheveux, plus généralement de fils ou de faisceaux de fils réalisant un assemblage solide. En hydrologie on parle de structure en tresse lorsque un cours d’eau coule dans certaines conditions de pente et sur certains sols. Ces cours d’eau ont la propriété d’être très instables. A l’inverse un arbre donne une impression de stabilité : il se caractérise par un tronc de taille et de hauteur variables et une ramure plus ou moins étendue. En 1859, Charles Darwin explicite sa théorie de l’évolution dans son œuvre, De l’origine des espèces. Schématiquement, » … la diversité de la vie est apparue par descendance commune à travers un modèle d’évolution ramifié » . Depuis 1940, » … il est aujourd’hui devenu le concept unificateur des sciences de la vie » . Ecrira-t-on plus tard qu’à partir de 2025, l’arbre s’est transformé en une tresse (A braided stream, not a family tree: How new evidence upends our understanding of how humans evolved) ? Dans cet article, cette nouvelle vision de l’évolution concerne l’humanité et s’appuie sur une concept d’une simplicité biblique (!) : « Partout où nous avons des hominidés au même endroit, nous devrions supposer qu’il existe un potentiel d’interaction génétique ». C’est l’hypothèse que suggère la paléoprotéomique permettant d’explorer les échanges Homo sapiens et Néandertaliens, ceux entre Dénisoviens, Néandertaliens et Homo sapiens. Or certaines de ces hybridations peuvent être bénéfiques ce qui expliquerait à la fois la diversité et l’adaptabilité des populations humaines. Ces études permettent également tel le tableau de Mendeleïev, de mettre en place des populations fantômes qui devraient avoir exister mais dont des traces objectives n’ont pas (encore) été mises à jour. Quoiqu’il en soit, la tresse est une très belle image de l’indissociabilité des représentants d’une race humaine qui remonte à ……
Peur, panique…
août 17th, 2025La peur n’évite pas le danger, certes, elle peut même être une étape préalable indispensable à la mise en place d’une stratégie de défense. Il existe néanmoins des peurs dont la cause se situe dans une temporalité antérieure mais dont l’empreinte est telle qu’elles se revivent à l’infini. La question est donc de savoir s’il est possible d’effacer cette trace. Et pour ce faire, il ne semble exister qu’une possibilité : en connaître le substratum. C’est le sujet de l’article The chemistry of fear (The chemistry of fear). Ainsi aujourd’hui distingue-t-on des neuropeptides neurotransmetteurs de faible poids moléculaire à action rapide et des neuromodulateurs, peptides de plus grande taille. Parmi ceux-ci le PACAP, dont la quantité augmente dans les neurones chez une souris en état de panique : ils sont déjà connus pour leur rôle dans l’éveil et le sommeil. Mais des études sont dans l’ensemble techniquement difficiles, du fait de leur grande diversité et des lieux de production. Plus les études avancent et plus il semblerait que la distinction entre neurotransmetteurs et neuromodulateurs soient moins tranchée qu’il n’y paraissait antérieurement. Enfin, récemment les endocannabinoïdes sont venus s’ajouter à la liste en raison de leur l’implication dans la mémoire des faits stressants. Ce qui devrait d’autant plus être étudié que les effets thérapeutiques du cannabis sont loin d’être univoques. Chimie ou alchimie de la peur, que de secrets encore non dévoilés !
Deux faces d’une même pièce !
août 7th, 2025S’en réjouir ou le déplorer, la question a-t-elle un sens quand la réponse s’appuie sur la science comme par exemple la biologie. Ainsi en est-il, quoiqu’on en dise, de l’existence de seulement deux sexes, mâle et femelle, comme en témoignent les chromosomes sexuels. Il est vrai que d’autres possibilités existent, mais elles sont rares et résultent d’anomalies. Deux conduites humaines opposées, l’altruisme et l’égoïsme, ont donné lieu à de nombreuses affirmations antinomiques comme celles défendues par Plaute et Sénèque par exemple. Des études récentes plus « scientifiques » viennent de se pencher sur le sujet qui tendraient à prouver que altruisme et individualisme sont intimement liés, telles les deux faces d’une même pièce, l’un n’allant pas sans l’autre et inversement (The brain clocks sickness from a mile off ). Les connections entre le système nerveux et le système immunitaire sont suspectées depuis la théorie transactionnelle du stress et de l’adaptation selon Lazarus & Folkman en 1984. On sait aujourd’hui que « Le système nerveux est effectivement capable de suivre l’activité du système immunitaire, par l’intermédiaire des cytokines inflammatoires libérées par les cellules de l’immunité innée et agissant sur le cerveau par l’intermédiaire des nerfs afférents« . Mais l’article suscité va plus loin que cette auto boucle : il démontre le rôle que peut avoir un facteur externe même s’il ne s’agit que de l’image virtuelle d’une affection bactérienne (comme une maladie infectieuse) « Lorsque les gens regardaient des avatars virtuels avec de la toux ou des éruptions cutanées, leur cerveau déclenchait une réponse immunitaire« . Cette réponse peut être assimilée à la perception d’un risque tel qu’il induit une réponse appropriée, mais qui précède la réalité ! Si cette capacité peut être utilisée dans le domaine de la protection vaccinale, il se pourrait qu’il s’agisse d’un facteur ayant son rôle dans la conduite humaine, elle qui oscille depuis toujours entre altruisme et égoïsme sans pouvoir se décider !
La malveillance est partout !
août 1st, 2025Isaac Asimov n’en finit pas de se retourner dans sa tombe ! Les lois de la robotique ont sombré dans un puits si profond qu’il est peu probable qu’elles refassent surface spontanément. C’est l’homme et lui seul qui pourrait y apporter remède grâce à la surveillance de tous les instants de ses créations qui sont en passe de devenir démoniaques. En cause ; la chaîne de pensée qui » guide les modèles d’IA pour qu’ils raisonnent étape par étape, ce qui les aide à résoudre des tâches complexes avec plus de précision que la simple prédiction du mot suivant ». Le problème vient, en ce qui concerne les systèmes les plus élaborés, que certaines des étapes empruntés par la machine peuvent échapper à la surveillance humaine (AI could soon think in ways we don’t even understand — evading our efforts to keep it aligned — top AI scientists warn). Dans la mesure où une IA sophistiquée est alimentée par d’innombrables données, elle peut fort bien sauter l’étape chaîne de pensée, tout autant que des étapes intermédiaires. Il ne faut pas non plus négliger le fait que en fonction de leur « alimentation », elles peuvent également générer des informations inexistantes et donc fausses, il s’en suit l’erreur de fin de course, erreur que rien n’empêche d’être préjudiciable à l’opérateur. Il est donc évident que si l’on ne peut pas avoir connaissance de toutes les étapes, il va être indispensable d’inclure dans le système lui-même un moyen de surveillance que l’IA ne sera pas en mesure de détecter ! Il ne s’agit encore que de suppositions de la part des concepteurs et des utilisateurs mais il semble bien que la vision humaine de la machine soit devenue particulièrement sombre quand il fut un temps où la technique était l’avenir de l’homme !
L’homme et l’autruche
juillet 28th, 2025L’autruche est connue et moquée pour un comportement qui lui serait spécifique, à savoir, « se mettre la tête dans le sable et prétendre qu’il n’y a pas de problème« . En fait il s’agit d’une technique qu’elle partage avec les humains, dénommée « évitement de l’information« . Et il se pourrait que les raisons qui poussent l’homme à un stratagème identique à celui de l’autruche reposent sur des bases communes à celles de l’autruche ou qui n’en seraient pas très éloignées (Why we choose not to know). Depuis toujours, en raison même de son environnement, l’homme est assailli d’informations devenues avec les progrès de la technique d’une intensité particulière en raison de leur instantanéité nécessitant des prises de décisions d’autant plus rapides et de ce fait d’autant moins réfléchies. Certaines ont de tout temps nécessité des réponses immédiates de par leur implication dans la survie de l’individu, tandis que d’autres ne s’inscrivent pas dans la même temporalité. Mais la question vient du fait qu’il existe également une attitude de refus de l’information ! En fait il s’agit là encore d’un processus inscrit dans la même démarche que celle impliquée dans le biais cognitif. On recherche en première intention ce qui conforte le présent, ce qui a pour résultat de croire à un statut de domination de la situation. En fait quelle que soit la raison, il s’agit avant tout de se protéger ce que recherche à n’en pas douter l’autruche ! Il reste néanmoins que « la peur n’évitant pas le danger » et il faut parfois préférer savoir !
Nouveautés hiéroglyphiques !
juillet 12th, 2025Le système d’écriture figurative se caractérise par l’emploi d’images représentatives. Les hiéroglyphes comportent des objets, des animaux, des personnages, des plantes et combinent des idéogrammes, des phonogrammes et des déterminatifs. En 1996, parait l’Histoire de l’écriture par L J Calvet, retraçant les différentes étapes des procédés de l’écriture humaine. On dit de l’oralité qu’elle a nécessairement précédé l’écriture, mais les peintures pariétales témoignent d’une expression écrite portant sens quand on ne peut rien savoir d’une quelconque expression orale qui lui était contemporaine. La ponctuation avait déjà introduit dans la lecture de l’écrit une facilitation à la compréhension en reproduisant l’intonation de l’oralité. L’émoji apporte encore une autre information : il est simulation d’expressions faciales. Le premier était particulièrement simple, le smiley en 1963. La complexité apparait en 1997, et l’image dépasse son but premier, puisqu’elle peut représenter la culture, l’identité ou la religion de celui qui l’utilise ou de celui auquel il est destiné. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Si 😂 était un mot, cela ferait-il des emoji une langue ? Ne s’agit-il pas d’un mode de communication ? C’est ce dont traite l’article, Are emoji language?, et les questions sont multiples car chaque langue a ses règles, sa grammaire, son écriture, son sens de lecture. Quant à la phrase, elle comporte au moins deux syntagmes : le syntagme nominal et le syntagme verbal, eux mêmes selon un ordonnancement spécifique Même s’il s’est trouvé des auteurs pour affirmer qu’il s’agissait bel et bien d’un système d’écriture, l’accord est loin d’être fait. D’autant plus que la polysémie de chaque dessin est bien supérieure à la polysémie propre à chaque mot écrit, ce qui ne rend pas la compréhension très facile. « Les caractères d’une écriture sont des symboles abstraits, et non des icônes descriptives« , ce que ne sont pas les émoji, mais ils apportent à l’écriture un certain enrichissement par l’introduction de jeux de mots de rébus qu’il convient de savoir déchiffrer. Ne pourrait-on pas les qualifier de poil à gratter d’une écriture devenue trop compassée.
La machine qui questionnait le vivant
juillet 9th, 2025Parce que le centaure de la mythologie était un animal fabuleux mi homme/mi cheval, il n’est peut être pas étonnant de l’avoir choisi comme intitulé d’un système performant d’IA. Et ce d’autant plus que le plus sage d’entre eux (mais ils ne l’étaient pas tous !) Chiron, fut l’éducateur de nombreux et célèbres personnages parmi lesquels, Achille, Heracles, Asclepios. Était-ce parce qu’il était sage parmi les sages qu’il préféra la mort a l’éternité, l’histoire ne le dit pas. Toujours est-il que ce nouveau Centaure se démarque des autres systèmes d’IA puisqu’il est en mesure de traiter plusieurs tâches simultanément, ce qui jusqu’à présent restait une prérogative de l’espèce humaine (AI knows what you’ll do before you do). Plus encore il a été capable de prédire « les choix des individus dans des tâches pour lesquelles il n’avait pas été entrainé ». Ces résultats reposent sur l’utilisation d’un nombre exceptionnel de données qui lui ont été fournies et qu’il est en mesure de traiter. Si ces résultats peuvent dans le futur être source d’une aide dans le domaine de la psychologie humaine, ils posent aussi une question de taille : jusqu’à quel point le comportement humain est-il structuré ?
Tout et son contraire
juin 27th, 2025Quel que soit le chemin que va prendre la société, il va falloir abandonner le fleuve de l’instantanéité pour regagner les berges des promenades où le temps prend le temps de mener à la réflexion. Il va falloir s’imprégner de l’idée que le biais cognitif est à formellement reconnaître pour le combattre, il va falloir de nouveau accepter de comparer, de discuter en évitant tout dogmatisme ; en somme en revenir au temps que les moins de vingt ne peuvent pas connaître. L’urgence est une réalité, comme en témoignent quatre articles parus entre le 21 et le 25 Juin : 1) Does using ChatGPT change your brain activity? Study sparks debate, 2) What we lose when we use AI, 3) New study claims AI ‘understands’ emotion better than us — especially in emotionally charged situations et pour terminer, 4) AI hallucinates more frequently as it gets more advanced — is there any way to stop it from happening, and should we even try? A noter que les deux derniers pourraient faire l’objet de films dystopiques dont le monde actuel raffole. En effet l’une insiste sur l’augmentation des « hallucinations » dont souffrent les systèmes les plus récents d’IA. Le problème étant que certaines de ces hallucinations sont vraies tandis que d’autres sont fausses et qu’il est impératif de démêler le vrai du faux ! L’autre intervient dans un autre domaine encore plus effrayant celui où l’IA devient sensible aux émotions dans certaines situations particulières ! L’univers d’Isaac Asimov était plus sain que celui de Philip K. Dick ! Quant aux deux premiers, il remettent au goût du jour l’opinion platonicienne selon laquelle il convient de se détourner des livres car leur lecture rend la mémoire inutile ! A l’appui, une expérimentation récente montrerait que l’utilisation de Chat GPT diminue la sollicitation cérébrale ! Qu’apprennent ces quatre articles, la circonspection ! Comment-est il possible raisonnablement de tirer profit d’informations contradictoires, si ce n’est en n’abandonnant pas la recherche d’autres études de façon à pouvoir comparer sans préconçus. Il n’est jamais indispensable de se faire une opinion dans la minute qui suit une lecture !









