Il pourrait sembler parfaitement logique qu’une navigation nocturne s’appuie sur la lecture du ciel, c’est effectivement ce que l’homme pratique depuis des millénaires. Ulysse en était d’autant plus conscient que ses marins lui répétaient souvent : « Tu connais les dangers de la navigation nocturne« . L’astronomie est en effet un domaine particulièrement important pour les peuples et peut-être encore plus pour leurs dirigeants. En effet l’observation du mouvement des astres donnait lieu à un double calendrier, cultuel et agricole comme en témoignent Les tables Sultaniennes écrites en Perse en 1437. Mais aujourd’hui, il n’est pas question de vertébrés supérieurs mais de vertébrés inférieurs, des insectes, dont on vient de s’apercevoir qu’il se dirigeaient « nuitamment » grâce aux étoiles : A moth’s path is written in the stars. Il s’agit d’un papillon de nuit, le Bogong, capable d’effectuer des vols de plusieurs centaines de kilomètres, probablement parce qu’il possède des neurones visuels intracérébraux et qu’il peut utiliser les champs magnétiques. L’article se conclut sur la surprise des chercheurs : mais ce qui surprend c’est cette surprise ! Comment à l’époque où l’homme miniaturise peut-il s’étonner que la nature sache le faire aussi bien que lui, depuis plus longtemps ?
Le papillon et les étoiles
juin 22nd, 2025Nature fondamentale de la réalité
juin 15th, 2025Un article en forme de question « existentielle » : Do our observations make reality happen? La réalité est-elle en dehors du sensible ou appartient-elle au sensible ? Est-ce l’observateur et ses mesures qui définissent la réalité ou le sensible n’est-il qu’un des chemins de la réalité ? La faute en incombe à la physique quantique. Selon la physique classique la position, la vitesse, le devenir d’un objet peuvent être connus. Selon la physique quantique qui s’intéresse à l’infiniment petit, c’est impossible ! Le problème réside dans la probalistique des valeurs données aux mesures du système considéré. De ce fait, la réalité impose l’interaction observateur/objet, mais pour cette raison met en place UNE réalité celle qui s’attache au dit observateur ! D’où l’idée d’un chemin à travers LA RÉALITÉ. Si l’on est en droit de s’interroger sur la multitude des réalités qui seraient alors possible d’envisager il est plus important de s’intéresser au rôle de l’observateur. Ainsi la réalité serait bien celle que l’homme expérimente quotidiennement, un sensible à son échelle. Une comparaison pourrait être faite avec la prise de décision, qui n’est jamais qu’un chemin parmi tous ceux qui se présentent au moment t. Le philosophe pas plus que le physicien n’est à même de définir ce qu’est la réalité fondamentale, néanmoins ils peuvent s’accorder sur le rôle de l’observateur, indispensable puisqu’il est celui qui mesure et vit la dite réalité.
Intelligence artificielle générale
juin 12th, 2025« Une intelligence artificielle générale est une intelligence artificielle capable d’effectuer ou d’apprendre pratiquement n’importe quelle tâche cognitive au moins aussi bien que l’humain« . Le mot peut-être le plus important dans cette définition trouvée sur le web, est le qualificatif humain. Qu’il soit capable du pire, même si c’est une vérité, ce n’est pas le propos. Ce qui doit retenir l’attention, c’est qu’il est aussi capable du meilleur et dans le domaine des tâches cognitives il est (très) vraisemblablement le meilleur du monde vivant et sa nouvelle création, dont on ne peut pas dire qu’elle appartienne au même monde que lui, serait en passe de poser question. Cette nouvelle création qu’est l’IA prend au fil des mois une place d’autant plus effrayante pour certains que le futur la présente comme capable de remplacer rien de moins que l’humain lui même, puisqu’elle apprend. D’où l’idée (le cauchemar) que ses maitres d’aujourd’hui pourraient devenir ses vassaux de demain. En effet, certains n’ont-ils pas émis l’hypothèse que l’IA pourrait acquérir une conscience et que dans ces conditions il serait utile de la protéger légalement. Mais quelle est l’exacte définition de ce que l’on nomme conscience ? Quoiqu’il en soit aujourd’hui, le débat concerne bel et bien les prouesses dont serait capable l’IA générale. Heureusement tout n’est pas aussi rose en son royaume : AI reasoning models aren’t as smart as they were cracked up to be, Apple study claims. Il existe encore des domaines si complexes que seul l’humain est apte à les résoudre quand la machine « s’effondre« . Soupir de soulagement : les conjectures statistiques ne peuvent être assimilées au processus humain de la compréhension. Il existe donc un seuil critique, un plafond de verre que la machine ne peut atteindre même si ses concepteurs en repousse la limite. Machine, tu resteras, l’homme est ton maitre.
Progrès et disruptivité !
mai 27th, 2025Un article à garder de toute urgence pour le déguster lors des prochaines longues soirées d’hiver, If ‘disruptive’ science is waning, what next?. Les questions soulevées y sont multiples et comme les réponses n’en font pas partie, le lecteur peut y trouver matière à discussion. L’auteur n’hésite pas à aborder un concept fondamental celui de la « disruptivité » dans la recherche ce qui ouvre un immense champ d’interrogations. D’abord, concernant la recherche, terme général, terme cache-misère, qui aurait fait dire au General de Gaulle « « Des chercheurs qui cherchent, on en trouve ; des chercheurs qui trouvent, on en cherche ! Terme volontiers associé à celui de progrès qui, comme chacun le sait, va de paire depuis le XIXème siècle avec celui de maitrise du futur dans quelque domaine que ce soit. Mais qu’est-ce que la disruptivité et donc comment la reconnaitre ? La progression de la technologie a été telle qu’il en a résulté une accélération de l’acquisition des connaissances au fil des siècles qui dessine une courbe en S selon laquelle le processus, d’abord lent, s’accélère pour se ralentir dans un troisième temps. La disruptivité introduirait un saut dans la courbe, comme une « autre façon » de voir. Ce qui est à la fois vrai et faux dans la mesure où pour voir autrement il faut posséder totalement l’antériorité dont le chercheur fait son socle. Or sur une telle courbe, il n’existe pas d’accident, alors existe-t-il des outils qui permettraient de définir cette disruptivité ? Pas de réponse ! Deuxième devinette : pourquoi il y a-t-il déclin ? Là encore l’auteur évoque de nombreuses pistes parmi lesquelles l’environnement et son actualité, qui seraient un puissant frein s’exerçant à l’encontre des acteurs eux-mêmes. Peut-on être d’accord avec l’idée selon laquelle c’est la société qui sécrète ses propres entraves, mais alors c’est le choix d’une société en décroissance qui s’impose. Bienvenue dans l’aporie du XXIème siècle !
Lu et Approuvé !
mai 19th, 2025On peut dire, sans réellement se tromper, que la science est apparue dès que l’homme à porter toute son attention sur la nature ; il était en effet indispensable à sa survie qu’il en comprît tous les ressorts. La philosophie des sciences est postérieure à l’épistémologie qui, elle, concerne plus particulièrement la théorie de la connaissance : la première en effet est contemporaine de l’apparition des sciences dites modernes qui pourraient être nées dès le XVIème siècle en Europe. C’est plus récemment que s’est posée la question de la validité des « méthodes scientifiques », avec en particulier ce problème crucial de l’erreur. C’est à ce propos qu’en 1973, K. Popper, influencé par Th. Kuhn, proposait le « principe de réfutabilité« , selon lequel : »une théorie n’est scientifique que si elle est « falsifiable » » ou encore « la théorie a une possibilité de rentrer en contradiction avec l’expérience ». Or il s’agit d’un principe d’une redoutable complexité dans la mesure où à de multiples reprises si contradiction il y avait, elle n’était qu’apparente. Et selon la méthode syllogistique : en l’absence de contradiction, la théorie ne peut être que non scientifique ! C’est l’application pure et dure de ce principe qui est traitée dans Bad philosophy is hobbling physics. Ce que l’on pourrait résumer (de façon peut-être excessive) par trop c’est trop ! Outre les exemples cités, rappelons l’apport de Louis de Broglie sur le dualisme onde-corpuscule. L’idée géniale de celui qui obtint le Prix Nobel de Physique à 37 ans fut de dépasser mais en les associant la théorie ondulatoire et la théorie corpusculaire de la lumière. Prise séparément aucune n’était ni fausse, ni vraie, ensemble elles confirmaient les résultats expérimentaux. La rupture épistémologique de G. Bachelard n’est pas synonyme d’inventions échevelées, elle est simplement la vision différente de connaissances antérieures sur lesquelles il est indispensable de toujours s’appuyer et donc de les conserver.
Qui a peur du grand méchant loup ?
mai 15th, 2025The Minority report est une nouvelle de Philip K. Dick, publiée en 1956, adaptée au cinéma en 2002, date à laquelle des prouesses techniques, réelles et virtuelles lui apportèrent un relief particulier. Il s’agit d’une dystopie, genre particulièrement apprécié de la science fiction, qui imagine plus volontiers un avenir sombre que rayonnant. Il est de fait que l’idée selon laquelle le progrès chemine obligatoirement de paire avec le bonheur n’est pas totalement validée. Quoiqu’il en soit, une fois encore, il s’avère que la fiction n’a précédé la réalité que d’une courte tête. En témoigne l’article ‘Murder prediction’ algorithms echo some of Stalin’s most horrific policies — governments are treading a very dangerous line in pursuing them. On ne peut qu’être effrayé d’apprendre qu’il pourrait être possible que la fiction devienne réalité quelques décennies après avoir fait l’objet d’une nouvelle écrite par un auteur reconnu pour ses problèmes psychiques et comportementaux ! Le projet britannique dont il est question ressemble comme deux gouttes d’eau au sujet abordé dans la nouvelle suscitée. Il ne s’agit ni plus ni moins que du ciblage des individus répondant au type de dangerosité définie par des algorithmes dédiés. Tout l’intérêt de lire cet écrit réside dans les questions que pose le sujet traité et l’impossibilité qu’il y aurait à ne pas y réfléchir !
Étonnante un jour, étonnante toujours !
mai 1st, 2025Il est un organite intracellulaire qui n’en finira pas d’étonner la communauté scientifique. Mise en évidence par des colorations « appropriées » à la fin du XIXème siècle, la mitochondrie présente dans toutes les cellules (exception faite des érythrocytes et de quelques parasites), s’est vue attribuer le rôle de centrale énergétique. Parce qu’elle est conforme à un organisme procaryote, on a fait l’hypothèse qu’elle représentait un phénomène d’endocytose survenu il y a plusieurs milliards d’années. Il est vrai qu’elle a toutes les caractéristiques d’un procaryote : double membrane phospholipidique, ADN, division par scissiparité. Et aujourd’hui elle vient d’acquérir une mobilité, mais pas une mobilité intracellulaire, une mobilité extracellulaire. Elle se promène (Why do mitochondria move between cells?), un véritable « transfert mitochondrial » ! Est-ce leur origine qui explique leurs incroyables propriétés ? Si l’on peut répondre à la question du « comment » parce que trois voies possibles de cheminement ont été montrées, il n’en reste pas moins vrai que la question essentielle concerne le « pourquoi » de cette mobilité : besoin d’une aide extérieure, ou au contraire effet délétère ? Il est donc indispensable d’étudier ce transfert chez l’homme, ce qui s’avère être encore du domaine de la prouesse technique. Mais comme « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. »
Autour d’un verre
avril 28th, 2025Le festin de Mékoné ou partage de Mékoné est connu pour être un grand moment de perfidie élaboré de toute pièce par Prométhée à l’encontre de Zeus. Avant d’aller plus loin, il n’est pas inutile de rappeler que les deux protagonistes se ressemblent dans la mesure où l’un comme l’autre a une parfaite connaissance de l’avenir : Zeus parce qu’il a avalé sa première épouse Métis qui est sagesse, ruse et intelligence, Prométhée parce qu’il est celui qui voit avant. On peut donc se poser la question de savoir ce que l’un et l’autre connaissaient des avantages qu’ils allaient retirer du dit banquet. Quoiqu’il en soit un banquet reste un banquet, c’est à dire une réunion festive, en général pour célébrer un évènement. Et il se pourrait que les hommes ne soient pas les seuls à ripailler puisque des chimpanzés ont été vus rassemblés, dégustant de concert des fruits contenant de l’alcool, certes en petite quantité, mais quand même (Chimps get together to enjoy a fruity tipple) ! Or donc, des chimpanzés ont été filmés « partageant du fruit à pain africain fermenté« . Un raisonnement analogique permet de voir dans cet acte à double composante, la réunion et la dégustation, une image comparable à celle que l’homme a développée, à savoir banqueter. D’où la question de l’origine de cette conduite sociétale qui pourrait ne pas être le propre de l’homme mais le fruit de l’évolution.
Gardien du génome
avril 20th, 2025Que sont les gardiens de la galaxie sinon les protecteurs indéfectibles d’un monde en danger dans un espace temps dynamique où les terriens ne sont pas nécessairement des contemporains. Par analogie et au regard d’un autre monde, mais lui bien réel, les chercheurs en oncologie on proposé le terme de « gardien du génome » pour une protéine douée d’un pouvoir protecteur à ne pas négliger comme on le verra plus loin. Au tout début du raisonnement il faut s’intéresser à deux facteurs : l’un concerne la taille des espèces vivantes, l’autre le pourcentage de survenue de néoplasies au regard des dites tailles. On sait qu’un processus néoplasique se manifeste par le biais de mutations oncogènes donc a priori, plus un organisme vivant est volumineux, plus il a de cellules, donc a fortiori, plus il a de cellules, plus il devrait être concerné par ces mutations oncogènes. C’est là où intervient le paradoxe de Peto « observation selon laquelle, d’une espèce à l’autre, il n’existe pas de forte corrélation entre le risque de cancer et la taille corporelle« . D’où la question : pourquoi ? Cette question est d’importance dans la mesure où s’il existe un système de protection dont bénéficient les individus de grande taille tels les éléphants ou les baleines bleues, on se plait à penser qu’il pourrait être profitable à l’homme. C’est tout l’objet de l’article Peto’s Paradox: How Gigantic Species Evolved to Beat Cancer, et le grand gagnant est un suppresseur tumoral essentiel, la protéine p53 découverte en 1979. Celle-ci existe sous forme de copies supplémentaires (non identiques) chez les animaux sus cités. A l’instar de ces animaux, serait-il possible d’utiliser des copies de telle sorte qu’elles jouent leur rôle de protection dans la survenue des processus néoplasiques chez l’homme ? Aujourd’hui on pourrait avoir besoin d’un plus gros que soi !
Rien ne sert de courir !
avril 5th, 2025Quel pourrait être le but de l’article » Your brain starts eating itself during a marathon, study finds » ? On n’imagine pas son intention de décourager d’hypothétiques marathoniens ! Car à en croire les auteurs plutôt que de conforter l’aphorisme, « mens sana in corpore sano« , la course extrême, comme celle pratiquée lors d’un marathon peut affecter défavorablement différents organes de celui qui pratique ce sport, et en particulier son cerveau. Il faut néanmoins rappeler que « Philippidès, qui aurait parcouru la distance de Marathon à Athènes pour annoncer la victoire des Grecs contre les Perses en 490 av. J. -C » serait mort en arrivant ! Un fait qui aurait du mettre la puce à l’oreille des sportifs. Le bon sens comprend facilement que tout travail demandé à une machine nécessite du carburant, et c’est ce qui se passe lorsque le corps est sollicité par un effort extrême. Lorsque le glucose, premier des carburants à être utilisé, fait défaut, le second à intervenir, la réserve en quelque sorte, est le stock des graisses, dont le cerveau est particulièrement riche. D’où son implication comme secours immédiat. Mais il est également logique de comprendre que cette « ponction » dans le tissu du système nerveux ne peut être que préjudiciable à celui-ci, puisque c’est son matériau constitutif en propre qui va diminuer portant atteinte au fonctionnement de ce dernier. Tout n’est pourtant pas définitif, la myéline, puisque c’est d’elle dont il s’agit peut se reconstituer, ce qu’elle fait déjà normalement sans interruption. Néanmoins peut-être les efforts doivent-ils être mesurés, au moins pour certains individus. La vertu aristotélicienne réside dans le juste mileu.








