La nature préfère la droite : c’est une évidence….C’est sans doute la raison pour laquelle les « gauchers » partageaient avec les « roux » une si mauvaise presse, lors d’une époque que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître (…). Pourtant il existe bel et bien un phénomène de latéralisation naturel : l’homme se sert plus volontiers de la main droite, les coquilles des escargots sont en majorité dextres, les molécules font dévier la lumière à droite, d’autres à gauche tandis que certaines possèdent les deux caractéristiques. En d’autres termes, la nature montre différents exemples de chiralité ce qui se traduit par le fait que l’image d’un objet dans un miroir ne se confond pas avec le dit objet. Ce phénomène de la latéralisation pose les deux questions habituelles : pourquoi et comment. Répondre à la première, aujourd’hui encore, c’est aborder le domaine nébuleux de la téléologie, la seconde, par contre, risque d’être plus féconde même si non résolue. C’est ce qui ressort de l’article Lefties, Language, and Lateralization (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/44088/title/Lefties–Language–and-Lateralization/) quand bien même seul un domaine (mais il est déjà suffisamment complexe) est abordé, celui de la latéralisation cérébrale de la zone du langage, à gauche chez quatre vingt dix pour cent des droitiers contre soixante quinze chez les gauchers ! Il n’est pas étonnant qu’en cette ère où le gène est roi, les auteurs aient axé leur recherche sur les rapports entre monogénisme, polygénisme, épigénétique et latéralité. Il semble bien que l’on se dirige vers une réponse plus complexe que ce qui avait été envisagé jusqu’à maintenant, mais le comment est en vue. La prochaine étape sera-t-elle celle du pourquoi ?
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A droite ou à gauche ?
dimanche, novembre 1st, 2015Cyborg en approche !
mardi, octobre 20th, 2015
Le cyborg, ou « cybernetic organism » était un être de science fiction, mélangeant à des degrés divers organisme vivant et parties mécaniques. Il s’est d’abord agi d’un humain amélioré, devenu progressivement robot organoïde. Quelqu’il soit il est en fait l’expression d’une interface entre l’organisme vivant et la machine par le biais de la pensée grace à laquelle l’un et l’autre peuvent échanger. Dépassées les lois de la robotique d’Isaac Asimov, l’homme machine tout autant que la machine homme converse avec un presque alter ego. Comment, là est la question : télépathie ou réseaux connectés ? Si la première de ces éventualités reste toujours en mal d’explications, il semble bien que la seconde soit en passe d’être la solution (Brain New World, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/44079/title/Brain-New-World/). Le cerveau reste cette boîte noire qui pense, et si l’on connaît (1875) et enregistre (1920) son activité électrique, la mise en rapport de l’un avec l’autre reste un sujet d’étude. On a pourtant déjà démontré la possibilité d’agir sur un membre-prothèse par l’action de la pensée à condition que vienne en complément un « ordinateur » sans lequel rien ne serait possible. Tirant partie des dernières découvertes scientifiques sur ce sujet, Avatar (incarnation) de James Cameron proposait-il une image de cette puissance exceptionnelle du cerveau. Ainsi fait-on miroiter au public un avenir au delà même de ses fantasmes les plus fous où à l’extrême le cerveau aurait acquis « la puissance totale ». Ne s’agirait-il pas de la version moderne du besoin d’un être supérieur détenteur de la toute puissance, mais auquel on pourrait attribuer aussi bien la bienveillance que la malveillance ce qui autoriserait des explications après lesquelles court toujours l’humanité ?
Différence n’est pas inégalité !
lundi, octobre 5th, 2015
Biologie et culture, sont bien deux mamelles indissociables des différences constatées entre filles et garçons sans que l’on puisse, aujourd’hui encore, prouver que l’un est plus que l’autre en cause. Les tenants historiques de la suprématie du sexe masculin, dit fort, sur le sexe féminin, dit faible, exprimaient la croyance en des différences essentielles menant aux revendications ultérieures des féministes. Différences visibles mais aussi invisibles, parmi lesquelles celles qui pourraient se rencontrer au niveau du cerveau : le cerveau mâle contre le cerveau femelle, quelle belle affiche ! Alors que, depuis longtemps, les expérimentations animales s’adressent de façon prépondérante aux individus mâles, il semble bien, aujourd’hui qu’il existe des différences entre les deux sexes au niveau du cerveau (Sex Differences in the Brain, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/44096/title/Sex-Differences-in-the-Brain/), différences qu’il conviendrait de ne pas ignorer ! Mais les facteurs en cause sont nombreux et interviennent dans des temps plus ou moins précoces du développement puis de la maturation. Premièrement, ce sur quoi il convient s’insister pour ne pas faire que des différences deviennent des inégalités, c’est que pour la majorité des fonctions la distinction n’est pas possible. Deuxièmement, c’est qu’en l’absence de certains facteurs de transcrition, la différenciation se fera dans le sens femelle mais que, lorsque la masculinisation intervient, elle se fait au niveau cellulaire en terme de nombre et de taille de neurones définis dans des localisations spécifiques. Troisièmement que l’épigénétique, à laquelle on peut difficilement attribuer un rôle simplificateur, s’inscrit également dans un nouveau temps par rapport à ce que l’on croyait. Tout porte à croire que les recherches sont loin d’être abouties mais qu’elles pourraient apporter des éléments d’explication dans des désordres psychiatriques « séxués« . Mais ce qui semble peut-être le plus intéressant serait le fait que contrairement aux autres organes, le cerveau n’est pas univoque mais qu’il reflète à des degrés divers masculinisation et féminisation selon les aires. Serait-ce l’image des deux moitiés qui se cherchent, selon le mythe de l’androgye de Platon ?
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A quoi ça tient ?
mardi, mars 31st, 2015
Il ne s’agit pas ici d’envisager l’humanité de l’homme, ni de savoir si l’on naît homme ou femme ou si on le devient, si la parité est devenue une affaire qui dépasse les frontières de l’hexagone, enfin tous ces sujets plus importants les uns que les autres, même s’ils se situent dans des registres différents. Il s’agit tout simplement (si l’on peut dire !) de la programmation des conduites sexuelles femelles au niveau cérébral. Les féministes inconditionnelles ne seront pas heureuses de savoir que féminin reste l’expression d’une absence. Ici, au niveau cérébral chez la souris, il s’agit d’une répression des gènes liés au sexe male par un processus de méthylation de l’ADN (Female Brain Maintained by Methylation, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/42555/title/Female-Brain-Maintained-by-Methylation/). Pourtant il ne s’agirait pas d’un défaut de signaux en rapport avec l’absence des hormones ovariennes, mais d’un phénomène actif de répression, ce qui est totalement différent d’un phénomène passif du à un manque. Par ailleurs cette méthylation s’avère ne pas être un processus limité dans le temps puisqu’elle doit se poursuivre pour que cet état se maintienne. Les hormones mâles indispensables interviennent à une période critique, limitée dans le temps tandis que la méthylation doit être continue chez la femelle. Il faudra également tester une autre hypothèse, à savoir que les hormones males pourraient agir en diminuant cette indispensable méthylation. Ce n’est pas encore avec ces nouvelles questions que se terminera la guerre des sexes !
Les plans sur le papier étaient fort beaux …..
vendredi, mars 27th, 2015
« Le Human Brain Project est bel et bien retenu par l’Union européenne dans son concours au milliard d’euros de subvention sur dix ans. Le projet de l’EPFL veut d’ores et déjà ratisser plus large, vers les Etats-Unis et le Moyen-Orient » dossier de presse du 7 octobre 2013 (http://www.letemps.ch/dossiers/dossiers_2012/2012_flagships/). Aujourd’hui, rien ne va plus (Rethinking the brain, http://www.nature.com/news/rethinking-the-brain-1.17168?WT.ec_id=NATURE-20150326), la rébellion s’affirme par le biais d’une lettre ouverte ((www.neurofuture.eu), forme accessible à tous et à chacun, aux spécialistes et aux non spécialistes, enfin à tous ceux qui, parce qu’ils s’intéressent au fonctionnement du cerveau, n’ont plus qu’une envie, « modéliser le cerveau à partir de super ordinateurs ». Malheureusement, les plans sur le papier étaient fort beaux, mais il semble bien que le ver soit dans le fruit, puisque tout projet requiert une tête et que celle en question, ait voulu être /ait décidé d’être la seule qui devrait dépasser de toutes les autres têtes pensantes qui avaient pu se croire associées à condition d’accepter sans discussion, voire même de ne pas tout comprendre du projet lui-même. Il se pourrait aussi que se soient fait jour des conflits d’intérêts de telle sorte que ce projet montre/démontre en première intention, combien les intentions humaines peuvent être dévoyées ! Sera-ce l’arrêt du dit projet ou va-t-il être possible de dépasser/surpasser ces mauvaises idées pour accéder à la connaisssance de cheminements neuronaux que l’on aimerait exemplaires !
Du nouveau ?
mardi, janvier 20th, 2015
Rien de définitif dans ce récent article sur ce qui pourrait être des nouveautés essentielles à propos des différences homme/femme …. (Crossed Wires, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/41919/title/Crossed-Wires/) puisque depuis des siècles on continue cette recherche essentielle de ce en quoi la gente masculine diffère de la gente féminine. L’explication selon laquelle ces deux entités figurent les deux moitiés d’une pomme, idée selon laquelle il existerait une complémentarité entre les deux sexes ne satisfait pas, à l’évidence, un grande partie des deux populations. Il est donc de bon ton de pointer ces différences, en s’appuyant entre autre sur les différences de fréquence dans la survenue d’une même maladie en fonction du sexe. Aujourd’hui, c’est un organe noble, s’il en fut, qui est sur la sellette, soit en d’autres termes : le cerveau a-t-il un sexe ? Impossible de se faire une idée précise quant à la réponse tant les avis semblent « mal » partagés, tant les conditions mêmes de l’étude semblent insuffisamment décrites ! Si l’on s’est intéressé à la taille, au poids, voire au nombre de neurones (!!!), il s’agit ici du « câblage » que l’on peut distinguer en homolatéral et controlatéral. Même s’il existe effectivement des différences entre l’homme et la femme, ce qui n’est pas évident à la lecture de l’article, on est en droit de se poser la question de savoir comment s’est fait le choix des deux échantillons dans le but de les comparer : neuf cent quarante huit individus (quatre cent vingt huit mâles et cinq cent vingt et une femelles) entre huit et vingt deux ans. Même s’il s’agit d’individus jeunes, et donc en reconnaissant que les expériences vécues sont moins nombreuse à huit ans qu’à vingt deux, il n’en est pas moins vrai que ces expériences existent, qu’elles sont fonction du milieu dans lequel elles interviennent et que les réponses apportées ne peuvent être identiques. D’où la question du primum movens, câblage vs situation : la situation modèle-t-elle le câblage, un câblage différent a-t-il modifié la réponse ? La science a ses limites. Il est heureux de se voir confirmer que l’homme n’est pas réductible à des données quantitatives seules.
Comment faire du neuf avec du vieux
dimanche, juin 23rd, 2013
Prendre un cerveau inclus en paraffine, procéder à un certain nombre de coupes, colorer, observer. Pour obtenir une information en 3D, l’important, c’est bien sûr la méthodologie appliquée à l’observation car les étapes précédentes sont presque aussi vieilles que la première utilisation du microscope ! La question est en effet de savoir comment passer du plan au volume. Couper, c’est facile, on sait le faire depuis longtemps mais empiler pour apporter une nouvelle information c’est plus difficile ! Pourtant le principe de la technique utilisée dans le cas présent n’a rien de nouveau. La seule nouveauté concerne le traitement informatique d’images numérisées qui peuvent dés lors être extrêmement nombreuses et traitées simultanément (Scientists Map a Brain Down to Its Cells, http://consumer.healthday.com/cognitive-and-neurological-health-information-26/brain-health-news-80/scientists-map-a-brain-down-to-its-cells-677581.html). Les reconstructions à partir de coupes incluses en celloïdine ont permis de visualiser l’anatomie du Système Nerveux Central, à la suite de quoi, des symptomatologies neurologiques purent être expliquées. Si l’application de nouvelles techniques permet d’accéder à la cellule individuellement, et donc de mieux appréhender ce qui pouvait encore échapper au clinicien et au pathologiste, il n’en reste pas mois vrai que la méthodologie reste la même, découper pour reconstruire.
Les jours se suivent et se ressemblent !
mardi, mars 26th, 2013
Quelques publications dont il a été question récemment :Bringing a Virtual Brain to Life, An activity map of the whole zebrafish brain , Backwards signals appear to sensitize brain cells, rat study shows. Puis maintenant : Building a Better Schizophrenic Mouse (http://news.sciencemag.org/sciencenow/2013/03/building-a-better-schizophrenic-.html ), The neuroscience of finding your lost keys (http://www.salk.edu/news/pressrelease_details.php?press_id=602) et Reward linked to image is enough to activate brain’s visual cortex (http://www.kuleuven.be/english/news/reward-linked-to-image-is-enough-to-activate-brains-visuall-cortex ) où il est respectivement question de l’activation de neurones profonds, de neurones du gyrus dentatus et enfin du cortex visuel. Après la cartographie chez le poisson Zèbre, la confection d’un cerveau virtuel, ce sont les souris et le macacus rhesus qui sont de nouveau mis à contribution. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le cerveau est une mine de projets scientifiques de recherche à la mesure des milliards de neurones qu’il renferme. Il convient également de ne pas oublier les études sur les cellules gliales. La complexité de l’organisation de cet organe, l’immensité du champ de ses possibilités, la toile de ses connexions interne et externes laissent à penser qu’il restera encore pour longtemps un champ d’investigations. En attendant il n’y a plus qu’à décrypter les résultats pour les rendre applicables aux pathologies humaines sensées bénéficier de toutes et chacune de ces études.
Un cerveau, pourquoi faire ?
vendredi, mars 22nd, 2013
Deux articles paraissant pratiquement simultanément se présentent sous un thème commun le « cerveau », Bringing a Virtual Brain to Life (http://www.nytimes.com/2013/03/19/science/bringing-a-virtual-brain-to-life.html) et An activity map of the whole zebrafish brain (http://www.guardian.co.uk/science/neurophilosophy/2013/mar/18/an-activity-map-of-the-whole-zebrafish-brain). A première vue s’il s’agit du même organe, on peut croire que les sujets en sont différents. Le premier participe d’un projet de construction du cerveau humain. le second met en place une cartographie de ce même organe chez le poisson zèbre, le chouchou des chercheurs. Et pourtant, à y regarder de plus près comment ne pas voir dans ces deux articles l’expression d’un art plastique représentatif de ce que la recherche peut offrir aujourd’hui au regard de chacun. Le noir et blanc, et l’image figée ne sont plus de mise. Grâce aux techniques modernes, il est devenu facile de colorier des structures microscopiques et de leur donner vie. Comment ne pas reconnaître la beauté d’une cartographie où les neurones s’allument et dessinent un univers ! Comment ne pas voir la beauté de circuits virtuels neuronaux simulant une tranche de parenchyme cérébral de 100 millions de neurones ! Comment ne pas imaginer la complémentarité de ces deux techniques dont les informations se somment pour améliorer la connaissance de cet organe « qui, s’il pense, ne se pense pas » !
Le cerveau en question
jeudi, juin 28th, 2012
A l’heure où les médias nous apprennent que le meilleur âge pour le cerveau se situe aux alentours de la quarantaine (pour l’homme !), arrêtons-nous un instant sur cet organe qui veut que si l’on pense avec son cerveau, il est probable que le cerveau ne se pense pas (E. Zarifian). En effet certaines conditions extrêmes sont dignes d’intérêt et les étudier peut avoir valeur d’enseignement dans des champs pas si éloignés puisqu’ils se rejoignent dans leur but exclusivement tendu vers l’avenir de l’humain. Dans un cas, c’est l’écureuil qui s’y colle (What the Supercool Arctic Ground Squirrel Teaches Us about the Brain’s Resilience/http://news.yahoo.com/supercool-arctic-ground-squirrel-teaches-us-brains-resilience-214600843.html), dans le second, c’est l’homme lui même (Size Does Matter |http://the-scientist.com/2012/06/22/size-does-matter/) ! Le cerveau de l’écureuil de l’Arctique, capable de supporter des températures inférieures à 0 degré (celsius) voit ses neurones tels des arbres en hiver. La comparaison (poétique) est d’autant plus appropriée que telles les feuilles au printemps, les synapses réapparaissent lorsque la température remonte ! Etudier cette capacité pourrait permettre de réparer certains dommages neuronaux. L’étude portée par le second article est tout aussi intéressante dans la mesure où elle explore ce qui relie, dans le processus de la vision, taille et espace. La taille perçue est-elle contingente de l’espace dans lequel se trouve l’objet ? Quel intérêt direz-vous ? Rien de moins que la robotique appliquée à l’homme quand la machine participe à sa reconstruction. Tout faire pour apprendre à aider l’homme doit rester le maître mot !