Défectuosité

juillet 7th, 2021
Illusion d'optique ... pour vérifier l'activité du cerveau !

Pour atteindre la paix de l’âme, jusqu’à « l’ataraxie » des anciens, plusieurs chemins ont été empruntés et le sont encore. Le septique compare et questionne, le stoïcien accepte le moment comme il se présente et l’épicurien satisfait ses désirs naturels, à condition qu’ils soient nécessaires. Thomas le didyme appartient à une autre famille, celle qui ne croit que ce qu’elle voit et c’est là que réside le problème. Faire confiance à l’un de ses cinq sens et se priver de l’apport du moindre raisonnement peut être lourd de conséquences. Ainsi la vision est-elle une grande pourvoyeuse d’erreurs quand c’est le cerveau lui-même qui ne répond pas présent pour rétablir la vérité. Que celui qui n’a pas « vu » les rayons lumineux du soleil traversant les nuages se fasse connaître (A new type of optical illusion tricks the brain into seeing dazzling rays). L’image de l’objet regardé lorsqu’elle se forme sur la rétine, est une image inversée, mais le cerveau la redresse. Il existe pourtant des situations où c’est bien lui qui induit en erreur le spectateur. Si les rayons du soleil traversant les nuages forment bel et bien des faisceaux lumineux, l’étoile scintillante elle, est bel et bien une illusion d’optique dont le cerveau est le responsable. Comme l’écrit l’auteur de l’article, le cerveau reconstruit le monde ! Sur quelles données s’appuie-t-il pour établir des lignes en reliant des points ? Cette capacité est-elle innée ou bien s’acquiert-elle avec la confrontation entre la perception visuelle et la connaissance puis la reconnaissance des objets du monde ? En d’autres termes, que sont les illusions sinon des constructions du cerveau non pas ex nihilo, mais bien « ex aliquo« . Parce que le cerveau cherche à mettre du sens, parce qu’il n’accepte pas l’absence de sens, il va toujours tenter de redonner sens. Il existerait dés lors une possibilité de le tromper que l’on pourrait peut être utiliser pour remédier à certaines anomalies de perception.

La sociabilité passe par les mains

juin 26th, 2021
Codex Magica 8 : Secrets de la poignée de main des illuminati - Ordo Ab Chao

La poignée de main chez l’homme est porteuse de significations différentes selon la manière dont elle est réalisée. Mais aujourd’hui les conditions sanitaires l’on reléguée au rang des gestes prohibés parce que potentiellement dangereuse. On peut désormais se taper le coude, le pied ou peut-être plus élégant pratiquer la salutation, dite Namasté. Les chimpanzés non encore avertis de ce changement de comportement chez les humains (!), continuent de pratiquer la dite poignée de main mais il ne s’agit pas d’un geste unique répété à l’identique : en effet certains se pratiquent paume contre paume chez les femelles alors que les mâles se serrent plus volontiers les poignets (Chimp Groups Have Their Own Distinct “Handshakes”) Il existe également des agrippements, des applaudissements et des manifestations lors du toilettage. Et justement parce que ces contacts manuels non seulement ne sont pas uniques mais encore sont permanents on est tenté de les voir porteurs de significations appropriées et l’on est même tenté de chercher à établir des comparaisons avec la pratique humaine, même s’il ne s’agit pas d’une manifestation culturelle universelle. Ce type de contact privilégié fait partie d’un code de sociabilité probablement simple, où dans le groupe l’un reconnaît l’autre comme autre que lui avec comme corollaire l’indication une supériorité de l’un sur l’autre. L’homme ne traite pas différemment cette gestuelle et donc existe-t-il des rapports avec la société des chimpanzés ? Est-il raisonnable d’envisager une évolution convergente ?

« Le nouvel esprit scientifique »

juin 10th, 2021
Chours | Albums illustrés et romans Jeunesse

En 1934, paraît Le nouvel esprit scientifique de l’épistémologiste, Gaston Bachelard, texte que l’on pourrait être en droit de qualifier d' »iconoclaste » tant sa vision du processus scientifique révolutionne ce qu’il était alors, habituel de penser. Il est vrai que le positivisme d’A. Comte était passé par là, même s’il n’avait eu qu’un temps et un poids limités. Un nouvel exemple de l’importance de la rupture épistémologique aborde un sujet qui a déjà beaucoup fait parlé de lui tout au long des siècles avec quelques « climax » et l’article Hippocampal Cell Communication Is Bidirectional: Study pourrait en faire partie. Le neurone, primitivement accolé à l’expression « cellule noble » a au fil du temps perdu de son aura. Néanmoins c’est une cellule qui a déclenché des passions. Ayant du attendre l’idée géniale de Golgi en 1873, que Cajal allait améliorée (ce qui leur permis d’obtenir le prix Nobel en 1906), la contiguïté neuronale prit la place de la continuité ce qui permis à la zone de contact entre deux neurones, la synapse, de prendre toute son importance. Elle est le plus souvent de type chimique et autorise le passage d’une information dans un sens : élément pré synaptique, fente synaptique, élément post synaptique. Il y a donc une cellule émettrice et une cellule réceptrice que régit le dogme suivant  » le passage se fait de la première à la seconde ». Dans l’article sus cité, il s’agit des cellules granulaires de l’hippocampe qui ont été particulièrement bien étudiées du fait de leurs caractéristiques morphologiques. Or il semble bien qu’elles ne soient pas si bien connues que cela puisqu’on vient à leur propos de découvrir une propriété tout à fait inattendue : il leur est possible de délivrer des informations de façon rétrograde d’où leur capacité à réguler la cellule présynaptique ! Que le calcium soit impliqué dans ce processus n’est peut-être pas le point le plus surprenant. Ce qu’il va falloir revoir, ce sont les résultats obtenus précédemment et interprétés selon la doxa en cours et revoir les effets du calcium post synaptique sur l’élément présynaptique. Il faut s’attendre à de nouvelles révélations dans un domaine qui en a connues déjà beaucoup !

Canulars célèbres !

juin 5th, 2021
Bienvenue aux extraterrestres ! - 1jour1actu.com - L'actualité à hauteur  d'enfants !

Ce n’est un secret pour personne, l’homme aime les secrets ! Lorsqu’il est confronté à l’un d’entre eux, il fait tout pour le percer, et s’il pense avoir découvert ceux que la nature lui cache, il aime à en créer. Le premier à être célèbre fut une femme du nom de Pandora qui ne put résister à l’attrait d’ouvrir une boîte éponyme. Quand on est malveillant on parle de curiosité, quand on est Aristote, on parle de passion du savoir. On peut aussi vouloir être celui par qui nait le secret et là les motivations peuvent adopter deux directions opposées : volonté de reconnaissance doublée d’une certaine duplicité, ou simple malice sans implication de malignité. Quoiqu’il en soit il existe de part le monde un certain nombre de ces nouvelles à ce point curieuses qu’elles excitent l’imagination jusqu’à mettre la raison en péril. Parmi les plus récentes et traitant d’un sujet à la fois universel et intemporel, celui des extra terrestres, La guerre des Mondes d’après le livre H.G. Wells, écrite et interprétée par Orson Welles en 1938 et le film de l’autopsie d’un extraterrestre qui aurait eu lieu en 1947, présentée en 1995. L’émission radiophonique de 1938 a rapidement été reconnue comme une prestation théâtrale. Par contre, la panique qui aurait saisi les auditeurs aurait été montée de toute pièce par ceux qui craignaient déjà la trop grande place accordée aux médias. A l’inverse, l’affaire Roswell a continué de faire parler d’elle, malgré différents témoignage voire jusqu’à ce dernier datant de 2017. Pourtant le sujet n’est peut-être pas épuisé, et il se pourrait que le mystère Roswell poursuive sa survie au delà des soixante dix ans (1947 ‘alien autopsy’ film frame is up for auction as an NFT). On n’insistera jamais trop sur l’exactitude de la formule créée par Jean Cau dans les années 1960, « Le choc des mots, le poids des photos » !

Chaînon manquant ?

mai 31st, 2021
Prométhée et la Condition humaine – billetsmythologiquesdotcom

Comment l’écriture est-elle née est une question intéressante et pour y répondre, les nombreuses études s’appuient essentiellement sur des artéfacts humains au nombre desquels les peintures pariétales tiennent un grand rôle. Comment le langage est-il né est une question tout aussi importante mais sa réponse repose sur le vent : comme le dit la vulgate populaire « verba volant, scripta manent » ! Au commencement que l’on choisisse le polythéisme ou le monothéisme, l’humanité a préféré faire le choix d’une langue unique : celle des créatures de Prométhée, celle des descendants d’Adam. Puis après ce temps de la compréhension universelle, un accroc dans le déroulement de l’humanité vint mettre un terme à cette époque bienheureuse et s’installa le temps de l’incompréhension universelle. Les mythes et les écritures se rejoignent pour évoquer ce temps d’un langage commun et c’est justement ces débuts de l’oralité que la science cherche à explorer (Scientists find ‘missing link’ behind first human languages). Si depuis quelques temps déjà on évoque l’influence possible du passage à la bipédie pour que l’homo abilis ait été en mesure de parler vers la fin du paléolithique, il n’existe que des hypothèses concernant les débuts du langage articulé. Or il existe déjà bel et bien des langages inarticulés porteurs de signification comme par exemple les vocalises des oiseaux, mais il ne s’agit là que d’un exemple parmi tant d’autres. Et donc, pourquoi ne pas imaginer qu’avant une expression orale articulée ait pu existée des vocalises humaines. : quand on mime un ronflement, celui qui l’écoute n’aura aucun doute sur l’interprétation du son ! Par contre, il n’est peut-être pas justifié d’envisager la vocalise débarrassée d’une gestuelle d’accompagnement, puisqu’il faut toujours joindre le geste à la parole !

Définir ?

mai 21st, 2021
Peintures, Fou rire, Page 1041, Art Moderne et Contemporain

Quel est le propre de l’homme ? A question ancienne, multiples réponses. Et l’on pourrait proposer un certain nombre de citations dans le but de les attribuer à leurs auteurs. « Animal politique »,  » Roseau pensant », « Substance qui pense et raisonne uniquement », « Intuition comme mode de connaissance » ….. La définition étant une délimitation et l’homme étant en perpétuel construction aucune définition ne peut, ne pourra jamais lui être attribuée. De plus toutes celles qui ont été proposées prenaient comme unité de référence l’espèce animale, les caractéristiques de l’une devant manquer à l’autre. Mais on le sait aujourd’hui, l’homme n’est pas le seul à vivre en société, à échanger, à attribuer une finalité à un objet, à se reconnaître dans un miroir, et le comble pourrait bien avoir été atteint puisque le rire ne lui appartiendrait plus en propre (Do animals laugh?). Si selon H. Bergson, « le rire est le placage de la mécanique sur du vivant », quel serait alors le rire de l’animal ? Les études menées sur des primates, des mammifères, des oiseaux, montrent que les vocalises assimilées au rire ne sont émises qu’en situation ludique et qu’en terme d’expression sonore elles n’atteignent jamais ce qui a été qualifié de « rire homérique » chez l’homme. Enfin aucune situation ne semblerait correspondre à un rire ayant pour origine l’humour, un savoir rire de soi-même. Il existe peut-être encore quelques différences entre l’homme et l’animal mais il est de fait que les antispécistes gagnent du terrain !

Vérité historique

mai 16th, 2021
Guerre de Troie — Wikipédia

L’histoire est née avec l’écriture. La date en est et restera imprécise puisqu’elle ne peut être établie que sur la découverte d’artéfacts c’est à dire d’objets dus à la technique humaine et qui ont traversé le temps pour être interprétés. Le support doit donc avoir défié les agressions multiples et variées auquel il aura été soumis. Par ailleurs l’homme n’a pas mis au point ce système partout en même temps. Par contre, ce qui est vraisemblable c’est que sa naissance correspond à des besoins économiques et certainement pas à des besoins littéraires. Ainsi les récits « historiques » ne constituent ils pas les premiers textes écrits. Quoiqu’il en soit, si l’on excepte les récits mythologiques comme la Théogonie d’Hésiode qui parle d’un temps hors du temps, Homère serait le premier à avoir parlé d’une guerre « La guerre de Troie » que l’on situerait aux alentours du XIIème siècle av. J.-C. Hérodote et Thucydide, à peu près contemporains (Vème/IVème siècle av J.-C) sont considérés comme les premiers historiens. Néanmoins l’avantage dans ce domaine est accordé à Thucydide pour sa façon nouvelle de traiter son matériau. Il est en effet chroniqueur des faits auxquels il assiste mais il leur accorde une valeur universelle ce qui lui permet de les comparer à des récits antérieurs ce que ne fait pas Hérodote (https://www.persee.fr/doc/rbph_0035-0818_2007_num_85_1_5070). Et voilà que la confirmation qui se faisait attendre vient enfin d’éclater : Hérodote aurait menti , Thucydide est bien le meilleur (Herodotus lied about famous Greek battle against Carthage, new study finds). Mais s’il a menti, c’était pour la bonne cause , la fierté grecque ! Les siècles se ressemblent dans leur façon de traiter les sujets selon qu’ils y trouvent ou non leur intérêt : L’histoire est une suite de mensonges sur lesquels on est d’accord.

Ecologie et évolution

mai 8th, 2021
Licorne — Wikipédia

Où il est question d’un nouveau facteur de l’évolution qui peut être mis en rapport avec des modifications écologiques. En 1859, Charles Darwin publie « De l’origine des espèces » dont émergent deux grandes idées : l’unité et la diversité du vivant s’expliquent par l’évolution, et le moteur de l’évolution adaptative est la sélection naturelle. En 1866, Gregor Mendel publie les bases théoriques de la génétique et de l’hérédité, « Recherches sur des hybrides végétaux ». En 1869, Friedrich Miescher, décrit une nouvelle protéine nucléaire. En 1888, Wilhelm Waldeyer donne le nom de chromosomes à de petits filaments réfringents disposés dans le noyau cellulaire au cours de sa division. En cinquante ans à la fin du XIXème siècle, tout est en place pour que cent ans plus tard, en 1953, la découverte de la structure en double hélice de l’ADN vienne compléter le tableau. Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes, à condition d’ignorer les anti évolutionnistes. Et aujourd’hui on se pose la question de savoir ce que vont penser ces derniers à la lecture de l’article Hybrid Animals Are Not Nature’s Misfits. Non seulement des animaux d’espèces différentes peuvent avoir des descendants mais ceux-ci peuvent être fertiles. Lorsque le produit de ce croisement était stérile comme dans le cas du bardot ou du mulet, tout était conforme aux désirs de la nature puisque celle-ci ne pouvait pas accepter que ces croisements « inadaptés » puissent à leur tour procréer. Mais quand ils le peuvent, c’est le monde à l’envers, et ce d’autant plus qu’il s’agit probablement d’une possibilité que cette diablesse d’évolution avant dans sa manche et dont on ne tenait pas compte pas plus que des écosystèmes dont les modifications jouent aussi leur partition. Quand on croit avoir en main tous les outils , on s’aperçoit que la nature en a gardé en réserve !

Qu’est ce qu’une horloge ?

mai 4th, 2021
https://file1.science-et-vie.com/var/scienceetvie/storage/images/1/0/8/108373/a-recherche-temps-cache.jpg?alias=exact1024x768_l

L’horloge parle du temps, c’est la raison pour laquelle elle s’appelle horloge et l’homme tente depuis déjà un certain temps de mesurer cette dimension ! Clepsydre ou sablier, même rôle qu’il s’agisse d’eau ou de sable : mesure d’une portion de temps dans le temps, comme les trois minutes du sablier indiquent quand l’oeuf à la coque est bien à la coque. Pour connaître les heures du jour, ce qui est nettement plus facile que les heures de la nuit, c’est le cadran solaire que les grecs du IVème siècle ont emprunté, en l’améliorant, aux égyptiens. Du temps de l’oralité, du temps de la préhistoire dans le monde grec, la mesure du temps s’inscrit dans un autre temps ! Le temps est cyclique, se reproduit selon un schéma immuable, c’est donc un temps qui n’est pas le temps de l’histoire. Ce dernier n’apparaitra qu’avec le temps devenu linéaire selon la Bible. Mais ce temps de l’extériorité s’est vu complété d’un temps de l’intériorité, ô combien complexe ! Celui que vit l’individu et celui qui régit l’individu. C’est de ce dernier dont il est question dans l’article Tiny timekeepers in our cells. L’horloge biologique dont il est question n’est qu’une des multiples facettes du domaine de la chronobiologie. A l’évidence le mot « temps » pourrait bien servir de paradigme au concept de polysémie tant il est vrai que ses définitions se multiplient parallèlement aux acquisitions de la technique humaine. Ainsi ces micro horloges biologiques n’appartiennent-elles pas à un temps commun puisqu’elles sont spécifiques de chaque vivant. Prise séparément chacune de ces horloges mesure un temps absolu mais pour l’espèce considérée, ce qui le relativise. Alors doit-on chercher et peut-on trouver un  PPCM, quand on sait que ce dernier est le produit du PGCD par le reste des facteurs non communs ?

Mise à niveau

avril 26th, 2021
Darwin : penser le vivant autrement - Saison 2015-2016 - Saisons -  Conférences en ligne - Ressources - Cité des sciences et de l'industrie

Deux articles récents interrogent sur un sujet particulièrement actuel, le vivant et deux de ses espèces constituantes : l’homme et l’animal. Depuis plus de deux millions d’années leur coexistence n’a pas été sans poser un certain nombre de problèmes résolus ou non. Parmi ceux qui attendent toujours une solution : définir l’homme par rapport à l’animal. Depuis Prométhée, nombreux sont ceux qui se sont sentis intéressés quelque soit leur domaine, anatomistes tout autant que physiologistes et philosophes. L’homme comme animal social n’est plus défendable, pas plus que ne l’est l’animal comme machine ! D’où les deux questions posées par ces deux articles récents : Qu’est-ce que la dignité de l’homme Opinion: Facing Assumptions About the Duality of Human and Animal, et quand on mélange l’homme et l’animal, en quittant le domaine du centaure, ou celui de la sirène, quel monde habitera-t-on : Monkey–human embryos reignite debate. Alors lorsque l’homme réussi à cultiver des embryons de singe contenant des cellules humaines, les questions sont multiples : qu’en est-il de la dualité homme/animal, l’homme assume-t-il sa dignité en se livrant à cette expérience, dans quel camp se situe la dignité ? Esprit et matière, vie en tant que moyen ou fin en soi n’ont rien perdu de leur actualité. Les questions restent les mêmes que celles que se sont posés les anciens ; les avancées techniques ne sont là que pour les actualiser.