Elle sait prendre son temps !

août 4th, 2022
Mythologie grecque : Gaia

Un pingouin qui a des ailes pour voler (Over 60 million years ago, penguins abandoned flight for swimming. Here’s how) et un requin qui marche dur terre (‘Walking sharks’ caught on video, astound scientists) ! La nature n’en finira pas d’étonner celui de ses habitants qui parle le plus fort, l’homme. C’est lui, le créateur de l’anthropocène, cette nouvelle ère incluse dans le cénozoïque et qui, si les prédicateurs de l’apocalypse ont raison, pourrait aussi être celui qui y mettra un terme. Pourtant si l’on en croit les études sus citées, il y a soixante millions d’années, les pingouins volaient tandis qu’aujourd’hui les requins Hemiscyllium ocellatum, peuvent grimper sur des récifs et regagner l’élément liquide quand la profondeur en redevient suffisante. Autre merveille, inspirante, l’immortalité possible de la Turritopsis dohrnii qui a la possibilité de redevenir polype avant de reprendre sa forme de méduse (The longest-living animals on Earth). Mais les découvertes n’ont pas encore dit leur dernier mot ! Une méga faune marine vient en effet d’être découverte au fond de l’océan pacifique dont des espèces parfaitement inconnues (‘Gummy squirrel’ found in deep-sea abyss looks like a stretchy half-peeled banana). Ne serait-on donc pas en droit de se poser la question de savoir si toutes ces projections défaitistes ne sont défaitistes que parce qu’elles ne tiennent pas compte (mais le peuvent-elles ?) des échelles de temps consubstantielles aux systèmes évolutifs. Si des extinctions biologiques ont bel et bien eu lieu, à l’évidence aucune d’entre elle n’a été définitive ! La théorie selon laquelle la Terre se comporte comme une entité autorégulatrice (Gaia Theorist James Lovelock Dies at 103) pourrait ne pas être totalement absurde !

Bis repetita placent .., vraiment ?

juillet 25th, 2022
Dessin d'une personne vêtue d'une robe, d'un masque à bec, d'un chapeau haut de forme et de lunettes portant un bâton maigre

C’est ce qui devrait se produire, malheureusement ce n’est que rarement le cas et il arrive bel et bien que l’exemple ne devienne pas matière d’expérience. Que l’on en juge (Masking Up, 1619 to present). Charles de Lorme, fils du médecin de Catherine de Médicis et lui-même médecin de plusieurs membres de la famille royale fut à l’origine du costume des médecins “de la peste” au XVIIème siècle :”le costume comprenait un bec rempli de parfums et un chapeau et des vêtements en cuir levantin, tous destinés à empêcher un médecin de tomber malade de la peste bubonique lors de la visite de patients malades en quarantaine“. Peu seyant certes il jouait probablement un certain rôle dans la protection d’autant que le porteur du masque était également tenu à observer une certaine distanciation par rapport à son malade. Il est intéressant de noter que déjà en ce siècle des critiques s’élevèrent contre ceux qui adoptaient la dite tenue. Les germes n’étaient pas connus et donc si responsable il y avait c’était le médecin que l’on moquait pour son goût du lucre ! Avec la connaissance des germes et de quelques uns des modes de contamination, le masque devait acquérir une certaine légitimité mais dans des limites identiques à celles qui se sont fait jour avec la survenue de la pandémie de Covid 19 (novembre 2019, Wuhan). A la suspicion d’inefficacité de ce moyen de protection est venue s’ajouter la théorie d’un complot mondial que la vaccination mise sur la marché “trop rapidement” n’a fait qu’amplifier. Les processus cognitifs de l’humanité dont les biais sont une plaie pour son amélioration ne changent pas. Pire, ils se servent des progrès de la technique pour les amplifier et ne sont donc pas prêts de disparaitre !

Responsable mais pas coupable

juillet 19th, 2022
https://leparisien.fr/resizer/EyMhYJsWZQEMbOCh2VgO_98QCC0=/1200x675/arc-anglerfish-eu-central-1-prod-leparisien.s3.amazonaws.com/public/UJJQV2ALE6ORD4Z3WIUVOPN3QM.jpg

Bien sûr, cinq cent trente ans représentent une durée suffisamment longue pour que les responsables aient disparu et que par ricochet leur culpabilité se soit effacée d’elle même ! Et pourtant il n’en est rien, puisque l’on apprend toujours que ce furent Christophe Colomb et les occupants de ses trois navires après son premier voyage en 1492, qui eurent l’insigne honneur de rapporter en Europe un mal inconnu mais porteur d’un bel avenir. Il est donc temps de remettre les pendules à l’heure. L’Europe connaissait déjà le mal, qui aurait donc été précolombien (Manuscripts and Art Support Archaeological Evidence that Syphilis Was in Europe Long Before Explorers Could Have Brought It Home From the Americas). Dans la mesure où il existe des lésions anatomiques, macroscopiques, leur constatation permet d’établir un diagnostic a posteriori, merveille des documents. Que ce soit l’étude de modifications squelettiques, que ce soient des modifications artéfactuelles que sont les oeuvres d’art, toute preuve est bonne à prendre. Si l’article cité n’évoque aucunement l’origine géographique du mal, il est intéressant de s’arrêter sur ce que l’auteur considère comme une preuve de que ce mal ne peut être confondu avec deux autres maladies comparables mais non sexuellement transmissibles. Que l’on considère donc dans ce tableau datant de 1400, les deux tortionnaires de Jésus. Ceux-ci sont affublés d’un “nez en selle” caractéristique d’une syphilis congénitale. Et donc si l’on reprend le raisonnement suivi par l’auteur : 1) les hommes ayant torturé le Christ sont “forcément” des pêcheurs, 2) ils ont un “nez en selle”, 3) ils ont forcément une syphilis congénitale ce qui sous-entend sexuellement transmise DONC la syphilis existait en Europe avant 1492. CQFD. Le lecteur est-il en droit d’en conclure que l’auteur est un chrétien intégriste .. Heureusement pour lui, il existe aussi des signes de syphilis osseuse sur des squelettes datant du XIIIème siècle ce qui est peut-être plus scientifique que le raisonnement émis à propos du tableau !

La mauvaise réputation

juillet 4th, 2022
La Mer

Parmi les monstres marins, le kraken est une créature terrifiante pouvant saisir la coque d’un navire, noyant les marins parfois même allant jusqu’à les dévorer. Beaucoup plus tôt, les grecs avaient frappé monnaie, le tétradrachme avec une pieuvre pour emblème. Mais loin du kraken, l’effigie choisie par les Erétriens des VI et Véme siècle av. J.-C symbolisait leur indépendance insulaire par leur choix d’un animal marin auquel ils reconnaissaient une réelle intelligence. Entre ruse et férocité, les résultats des études s’acheminent vers l’octroi à ce céphalopode, de la famille des octopodidae, d’un réelle intelligence, Octopuses may be so terrifyingly smart because they share humans’ genes for intelligence. Parler d’intelligence n’est pas faire preuve d’anthropomorphisme dans la mesure où le terme repose sur l’existence d’une famille de gènes que partage l’homme et le poulpe : les gènes sauteurs ou transposons. L’homme et la pieuvre ne sont pas seuls à se partager ces “courtes séquences d’ADN” qui peuvent se déplacer, se copier d’un endroit à un autre sur les chromosomes : on les retrouve dans nombre d’espèces, de bactéries, de végétaux. Ils sont impliqués dans le processus de l’évolution, ils peuvent être bénéfiques tout autant que délétères, en sommeil ou actifs. Ainsi certains transposons de la famille LINE ont-ils été retrouvés à la fois dans le génome de la pieuvre et de l’homme. Or “ces gènes sauteurs LINE pourraient avoir une forte implication dans des processus d’apprentissage et de la mémoire“, ils sont particulièrement actifs dans des zones impliqués dans l’apprentissage, au niveau de l’hippocampe chez l’homme et le lobe vertical chez le poulpe. Donc on peut vraiment dire de la pieuvre qu’elle partage avec l’homme certaines des qualités qui permettent de parler d’une forme d’intelligence. Mais on peut aussi réfléchir sur le phénomène de l’évolution convergente qui stipule que des organismes différents acquièrent des caractères similaires en dehors d’un ancêtre commun. L’inexplicable parvient une fois encore à être expliqué !

Il préside aux choses du temps ….

juillet 2nd, 2022
Une alimentation à mesurer à l'aune de l'horloge biologique

“Mais c’est un dieu fort inquiétant” dont, quoique l’on en dise, on pourrait se servir sans pour autant l’asservir ! En 2017 le prix Nobel de Médecine fut attribuer à deux chercheurs américains pour leurs travaux portant sur les mécanismes moléculaires régulant les rythmes circadiens, communément appelés horloge biologique. Il existe une horloge maitresse qui régule des horloges secondaires. “Les lauréats ont isolé un gène qui contrôle le rythme biologique quotidien. Ils ont montré que ce gène, qu’ils ont appelé « period », code pour une protéine (PER) qui s’accumule dans le noyau de la cellule pendant la nuit, puis se dégrade pendant le jour. Ils ont ensuite montré, en précisant l’intervention d’autres gènes et d’autres protéines, que la protéine PER bloque l’activité du gène Period au moyen d’une boucle de rétroaction inhibitrice et régule ainsi sa propre synthèse dans un rythme continu et cyclique“. Déjà connue antérieurement la biologie dite circadienne a pris un essor considérable à partir de cette date et la publication Cancer cells wake up when people sleep en est un exemple particulièrement intéressant. Non seulement la démonstration explique des erreurs qui ont pu/du se produire mais elle constitue le point de départ de thérapeutiques ciblées. Passer du prêt à porter en thérapeutique à du sur mesure a tout été le graal de la médecine curative, la médecine préventive en étant l’autre versant !

Mourir et/ou vieillir ?

juin 28th, 2022
La peinture et la vieillesse. | Le vieillissement: une fatalité?

Spontanément en dehors de toute référence à sa date de naissance la tortue géante des Galapagos, dont il ne reste que quelques exemplaires retrouvés récemment (https://www.geo.fr/environnement/galapagos-des-tortues-geantes-que-lon-pensait-eteintes-redecouvertes-dans-larchipel-equatorien-199746) alors qu’on la pensait éteinte à l’état sauvage, ne semble pas être de prime jeunesse ! Mais comme elle peut vivre plus de cent ans, rien que de très normal. Ce qui l’est moins et qui a donné matière à étude c’est précisément son rythme de vieillissement dont on pensait logiquement qu’il était plus lent que celui d’un animal à sang chaud, puisqu’elle est un animal à sang froid. Partant du raisonnement simple selon lequel il faut plus d’énergie pour assurer le métabolisme d’un animal qui tient grand compte de sa température interne que d’un animal dont ce n’est pas le propos. Il semble bien qu’il n’y ait aucune logique dans le cas présent (How Slow Can You Go?), il n’est en effet pas écrit dans le marbre que le synonyme de logique soit exactitude quand un processus biologique est multifactoriel à moins que de ne prendre en compte les facteurs incriminés : ainsi est-il indispensable de tenir compte de la taille de l’individu étudié. Mais ce qui est surtout très intéressant c’est le bas niveau du taux de vieillissement qui serait même tellement bas qu’il en serait presque négligeable d’où la question : la tortue flirte-t-elle avec l’immortalité ? Malheureusement taux de vieillissement ne signifie pas années vécues ! Quoiqu’il en soit, le vieillissement de ces individus mérite d’être étudié dans l’espoir de trouver des raisons/des facteurs qui pourraient être impliqués dans le vieillissement humain.

Mon petit doigt m’a dit

juin 17th, 2022
Automation = Time Savior: Using Hubot as a Deployment Assistant | iRonin.IT

En fait plus qu’Agatha Christie, c’est à William Shakespeare qu’il faut penser. En effet c’est bien de sorcellerie dont il est question dans le texte de Macbeth, quand s’exprime la deuxième sorcière “By the pricking of my thumbs,” (Acte IV, Scène 1), mais également d’un type plus moderne de sorcellerie dans l’article Robot Finger’s Living Skin Stretches, Heals Like the Real Thing. L’illustration choisie par le Scientist Daily est à la fois explicite et terrifiante par son ambiguïté. Un doigt dont l’aspect est suffisamment proche de la réalité MAIS qui baigne dans ce qui ressemble au liquide nutritif d’une boîte de Pétri. L’image est d’autant plus irréelle que s’ajoutent à l’opposé de ce qui ressemble fort à un ongle, plusieurs fils branchés sur le dit doigt. Diverses manipulations ont permis de réaliser un revêtement cutané sur un doigt artificiel, revêtement doué de plusieurs propriétés caractéristiques de la peau humaine dont l’élasticité et la réparation après une blessure. Il ne manque à ce “doigt” que la sensation du toucher. Cette fonction, le tact, a déjà été obtenue sous la forme d’une “peau” électronique qui permet au robot qui en est revêtu de détecter un contact lorsqu’il se saisit d’un objet, ne restant que le problème de l’interprétation ! L’expression science fiction a-t-elle encore du sens quand les “hubots” de la série Real Humans n’ont jamais été aussi proches !

Intéressant …

juin 12th, 2022
Pourquoi les animaux préhistoriques étaient-ils si grands (à la fois sur  terre comme dans l'eau) ? Pourquoi ont-ils évolué de cette manière ?  Pourquoi n'existe-t-il actuellement plus d'animaux sur Terre de cette

Longtemps le problème de la disparition des dinosaures a interrogé la communauté scientifique tout autant que les enfants admirateurs inconditionnels de cette faune préhistorique. Aujourd’hui l’accord est à peu près fait sur le phénomène en cause : chutes plus que probables de météorites associées à des éruptions volcaniques entrainant une réduction significative de l’énergie solaire nécessaire à la photosynthèse. Par un effet boule de neige bien compréhensible il s’en est suivi une extinction des espèces végétales, des herbivores qui n’avaient plus rien à brouter et des carnivores qui n’avaient plus rien à dévorer ! Exeunt les dinosaures. Mais pourquoi donc n’ont-ils pas été remplacés par des animaux de taille identique ? Quelques cétacés de grande taille et quelques mammouths laineux ont bien peuplé océans et terre mais aujourd’hui rien qui ressemble aux dinosaures d’antan ! Voici quelques éléments de réponse Why don’t we have many giant animals anymore? Comme le précise l’article, les causes en sont multiples et on ne connaît pas le “poids” relatif de chacun d’entre eux : la physiologie beaucoup plus dynamique de ces animaux au cours de leur vie, la structure de leur squelette, leur température et sa régulation, les ressources en nourriture, le taux d’oxygène et le “temps” lui-même. Mais il est un facteur encore plus intéressant c’est celui qui concerne le développement probable d’une vie en société pour ces espèces de mammifères qui se sont “unis” pour chasser en groupe. Selon la vulgate populaire “l’union fait la force” .. L’individu a laissé la place au groupe. Mais si aujourd’hui l’individu prend la place du groupe est-il voué à disparaître ?

Il y a monogamie et monogamie !

juin 7th, 2022
https://www.science-et-vie.com/wp-content/uploads/scienceetvie/2020/10/monogamie-juste-une-affaire-hormones.jpg

Monogamie animale : État des animaux qui forment un couple exclusif, au moins pendant la période du rut. Le récent article, Time for divorce (https://www.the-scientist.com/features/animal-divorce-when-and-why-pairs-break-up-70035) apporte un éclairage tout autant nouveau qu’inattendu sur les ménages aviaires dont il était néanmoins connu qu’ils étaient globalement monogames en comparaison des mammifères globalement polygames. Mais qu’en est-il de la monogamie aviaire, est-elle intemporelle et si ce n’est pas le cas à quels critères ce non respect répond-il ? Quand le mâle choisit l’appartement, c’est l’accord du couple qui confirme le choix, mais en cas de conflit, la quête reprend. S’il n’y a pas de possibilité pour une garde partagée en cas de progéniture, la séparation devient inévitable. Mais ce qui est peut-être plus intéressant c’est la distinction que les auteurs font quand ils identifient une monogamie génétique et une monogamie sociale ! Ainsi confirme-t-on le rôle et le poids de l’environnement sur la stabilité du couple. D’une façon générale, la polygamie assure un meilleur brassage génétique que la monogamie. Il n’est donc pas impossible de voir dans la diminution des performances reproductrices, pour causes extérieures entre autres, l’explication de certains des divorces constatés. A l’évidence il est d’autres facteurs plus ou moins faciles à déterminer mais on ne peut nier qu’il existe des airs de ressemblance entre les diverses sociétés dans le règne animal dont l’homme fait partie !

Petri n’aurait plus la cote

juin 1st, 2022
Une nouvelle technique d'ingénierie tissulaire fait croître des cellules  dans l'épaule d'un robot

En 1887, Julius Richard Petri met au point un petit dispositif promu à un grand avenir, la boite éponyme. A cette époque les milieux de culture souffrent de leur manque de solidité : ils se liquéfient trop facilement. Il faut donc les solidifier ce qui devient possible grâce à une recette de cuisine. En utilisant de l’agar agar il est possible de conserver la forme de certaines préparations culinaires comme le pudding. Fiat lux, il n’en fallait pas plus pour mettre au point la trop fameuse boite, qui de verre devient en plastique mais renferme toujours une préparation de gélose adaptée. La culture est longtemps celle de germes, mais aujourd’hui il existe des domaines totalement différents comme en particulier celui des bioréacteurs dévolus à l’ingénierie tissulaire. Dans l’exemple donné par l’article Humanoid robots to mechanically stress human cells grown in soft bioreactors (https://www.nature.com/articles/s44172-022-00004-9?utm_source=Nature+Briefing&utm_campaign=e7c09a3d22-briefing-dy-20220530&utm_medium=email&utm_term=0_c9dfd39373-e7c09a3d22-43241421, et https://www.youtube.com/watch?v=wd4YPsIh7h0), il ne s’agit ni plus ni moins que de cultiver des cellules qui dans la “vraie vie” sont soumises de façon subintrante à des pressions, tractions, étirements en tous genres. Les cultiver dans l’équivalent d’une boite de Pétri serait peu porteuse d’informations pertinentes et donc pourquoi ne pas les mettre en conditions réelles ? Aucun problème, le cyborg est là pour ça et c’est Roboy 2.0, projet de l’Université Technique de Munich, qui est l’heureux élu (https://redshift.autodesk.fr/robot-humanoide/). Ce fut successivement, la machine et l’homme, puis la machine pour l’homme et maintenant la machine humaine ? Mais il ne faut pas voir que le mauvais côté des choses !