Ne pas parler d’un sujet ne le fait pas pour autant disparaitre, comme il en est de la poussière sous le tapis. Il est de fait que l’histoire des sciences, l’épistémologie, est rarement enseignée si ce n’est dans une branche de la philosophie, la philosophie des sciences. Or peut-être ne serait-il pas inopportun d’avoir un regard sur la démarche scientifique car un déroulé au long cours en apprend plus que chaque étape vue à l’aune de la contemporanéité (How much history should there be in science education?). Par ailleurs cette vision aurait également l’intérêt de montrer que l’erreur est inhérente à la démarche et hautement didactique (We need to talk about failure in science). En fait il est évident que l’histoire marche de paire avec l’erreur ! Replacer chaque marche de l’ascension vers le but, celui de la Vérité, dans son contexte est indispensable à la compréhension et efface ce qui des siècles plus tard serait taxé d’erreur. Il n’en reste pas moins vrai que des erreurs ont existé, existent et existeront et qu’il est indispensable de les reconnaître pour rétablir le droit chemin. Deux auteurs ont été et restent particulièrement impliqués dans cette vision dynamique des sciences. C’est le cas de Claude Bernard (Introduction à l’étude de la médecine expérimentale) et de Gaston Bachelard (concept de rupture épistémologique). Au premier revient le rôle d’avoir codifié (pour toujours ? ) la vérification de l’hypothèse par l’expérience quelque soit le degré de technicité. Au second, revient l’acceptation du changement radical de paradigme. L’un ne va pas sans l’autre : expérimenter rigoureusement sans s’interdire le saut dans l’ailleurs !









