L’eau et la vie

octobre 17th, 2022

Toujours posée jamais résolue est l’origine de la vie sur terre. Jamais, peut-être pas, puisque un chemin semble se dessiner depuis l’idée de “la soupe primordiale” publiée par Alexandre Oparine en 1924. Selon ce biochimiste, il y aurait eu “… synthèse prébiotique d’acides mainés, de bases azotées des acides nucléiques, de sucres et d’acides gras à partir des éléments présents dans l’atmosphère de cette époque, susceptibles de former des coacervats. Ce qui, aujourd’hui attire l’attention, c’est ce peu connu “coacervat“. Oparine avait fait l’hypothèse de l’existence “d’une petite gouttelette sphéroïdale de particules colloïdales en suspension, dont la cohérence par rapport au liquide environnant est assurée par les forces hydrophobes du contenu“. Or s’il est maintenant établi que la vie a pris naissance dans le milieu liquide, il est aussi connu que la synthèse des protéines nécessite la perte d’une molécule d’eau ( https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/chimie-101156/). Il convenait donc de résoudre ce qui pourrait s’appeler l’aporie de la gouttelette d’eau sans eau ! Solution en vue grâce aux recherches menées par une équipe de l’Université de Purdue selon laquelle “The fountain of life: Water droplets hold the secret ingredient for building life” (https://www.purdue.edu/newsroom/releases/2022/Q4/the-fountain-of-life-water-droplets-hold-the-secret-ingredient-for-building-life.html?) : l’eau ne serait pas mouillée partout ! Il existe aux marges de la gouttelette d’eau une zone différente où les réactions de synthèse se font à une vitesse accélérée selon un processus qui ne nécessite pas de catalyseurs. Cette nouvelle approche de la synthèse des protéines ouvre plusieurs fenêtres de recherche parmi lesquelles l’apparition de la vie sur d’autres planètes mais aussi plus proches de l’homme la possibilité de synthétiser de nouvelles molécules thérapeutiques. L’origine de la vie sur Terre, c’est aussi l’amélioration de la vie sur Terre.

De quelle mémoire s’agit-il ?

octobre 9th, 2022

Il y a le mémoire, les mémoires, la mémoire …, c’est un terme qui devrait plaire à la société d’aujourd’hui puisque son genre est variable, masculin ou féminin de même que le nombre qui s’y rattache, singulier ou pluriel. Par ailleurs ce substantif, est d’autant plus singulier que même uniquement au féminin, il peut s’agir de différents types de mémoire. Le premier qui vient à l’esprit est celui qui concerne cette merveilleuse faculté de réminiscence, elle même riche de toutes les ressources sensorielles visuelle, tactile etc.. qui peuvent à leur tour être agréables ou désagréables. On pourrait presque à l’infini multiplier ce que l’homme peut mémoriser d’autant plus que cette capacité s’inscrit dans le temps, et que la mémoire est dite à court ou long terme. Il n’est donc pas étonnant qu’il s’agisse d’un sujet que l’on n’est pas près de connaître dans sa totalité. L’article dont il est question s’interroge sur un versant particulier de la mémoire : Is it possible to avoid unwanted thoughts? Les pensées dont on dit qu’elles traversent l’esprit sont en fait des instantanés d’évènements antérieurs qui ont laissé leurs traces, bonnes ou mauvaises et qui réapparaissent à l’occasion d’une situation ayant sens. Serait-il possible d’effacer celles d’entre elles qui impactent l’émotivité de celui qui la subit ? Un tel effacement se traduirait en fait par un renforcement de la pensée indésirable qui deviendrait alors “très indésirable” ! La conclusion s’impose : il faut savoir gérer consciemment ces pensées inconscientes !

La botanique dans tous ses états !

octobre 2nd, 2022

C’est environ depuis six mille ans que les humains utilisent le peyotl pour son alcaloïde, la mescaline. Son absorption induisait des phénomènes hallucinatoires que les chamans des tribus indigènes du Mexique utilisaient en différences circonstances parmi lesquelles des cérémonies religieuses ou divinatoires. Ses effets psychotropes permettait en effet à l’officiant d’assurer son pouvoir d’intercesseur auprès des dieux. Mais cet usage n’était pas le seul, car d’autres propriétés étaient déjà reconnues au Lophophora williamsii en particulier celle d’antidote à certains venins de serpents. Quant au silphium, ombellifère du genre férula, il aurait été donné aux hommes par Aristée, fils d’Apollon et de Cyrène ce qui témoigne, à tout le moins d’une certaine ancienneté. Avant d’être utilisé par les romains comme condiment, ses propriétés antalgiques avaient été utilisées par les médecins grecs. Si le petit cactus n’a pas disparu, la mescaline a été synthétisée quant au silphium, c’est probablement la férula drudeana qui le remplace. Or dans les deux cas, (Mescaline as medicine, Is this the Romans’ favourite spice?) la pharmacopée actuelle retient du règne végétal deux de ces “enfants” que les anciens connaissaient déjà. Ce ne sont pas les seuls, loin de là, la nouveauté ne concerne pas tant les effets que leur exacte composition. Mais on conduit bien une voiture sans connaître avec précision ses composants …

Tout s’explique, enfin !

septembre 23rd, 2022

La mère et son foetus, que n’a-t-il pas été dit sur cette symbiose à la fois si naturelle et si surnaturelle. La science vient, est-on endroit de parler ainsi, de faire un pas sur le chemin qui explore les liens que tisse ce couple si particulier. Quarante et une semaine de cohabitation d’une extrême proximité, des liens anatomiques et physiologiques, mais aussi des liens sensoriels qui se développent créant un jeu d’interdépendance difficile à décrypter. La maturation progressive du système nerveux permet à l’embryon puis au foetus d’acquérir progressivement des connaissances qui s’exprimeront à la naissance par certaines capacités qu’à le nouveau né, comme celle de reconnaître la voix de sa mère. Il est évident que les recherches faites dans ce domaine sont venues nourrir le débat concernant l’inné et l’acquis dont Piaget et Chomsky, par exemple, ont débattu avec ardeur en 1975 à propos du langage. L’article “Taste of kale makes unborn babies grimace, finds research” (https://www.theguardian.com/science/2022/sep/22/taste-of-kale-makes-unborn-babies-grimace-finds-research), peut sembler “horriblement” prosaïque. Il n’en reste pas moins vrai qu’il pourra aider, plus tard, celui qui affirme son refus d’un met particulier. Si le foetus grimace de déplaisir quand sa mère absorbe du chou frisé mais qu’il sourit lorsqu’elle absorbe des carottes, il est à parier que plus tard il ne se précipitera pas sur le premier des deux ! Il ne peut être question de réaliser autant d’échographies 4D qu’il existe d’aliments de goût différent, mais il est évident que bébé peut déjà avoir des goûts bien arrêtés et le faire savoir !

Le monde hypothétique

septembre 18th, 2022

Pourquoi ne parle-t-on que de monde virtuel et jamais de monde hypothétique ? Le premier est “un monde artificiel crée par un logiciel informatique” que plusieurs utilisateurs peuvent partager. Les lois qui le régissent peuvent être celles du monde ordinaire mais aussi s’en émanciper totalement. Le second est la propriété exclusive de chacun “il inclut tout ce que nous savons ou pensons savoir. Cela inclut notre interprétation du passé et nos attentes pour l’avenir, nos projets et nos préjugés.” (https://traumatheory.com/the-assumptive-world-theory-of-trauma/). Or si le premier n’a normalement que peu d’impact sur la vie quotidienne, le second en a au contraire beaucoup car il est constitutif des relations para-sociales. Aujourd’hui le décès d’une souveraine connue dans le monde entier est la cause d’un chagrin qui s’exprime publiquement “urbi et orbi” (Why are people grieving for a queen they never met?) riche en signes d’une affliction réelle. Bien qu’il s’agisse d’une personnalité hors d’atteinte pour le commun des mortels, ceux-ci ressentent un véritable sentiment de deuil, de perte comparable à la perte d’un proche. Ainsi ce deuil d’une souveraine est-il la partie émergée de de ce monde hypothétique avec lequel chacun vit sans le savoir. Inconnu de chacun il constitue pourtant une bulle de vie qui se manifeste par sa rupture quand survient un évènement qui brise les hypothèses sur lesquelles il s’est construit. Ce monde hypothétique serait alors l’équivalent de barrières protégeant l’individu d’une liberté absolue et terrifiante selon Kierkegaard (https://traumatheory.com/the-assumptive-world-theory-of-trauma/). Ce qui retient l’attention dans le concept de traumatisme, c’est que perte de sens est synonyme de disparition du monde hypothétique ! A-t-on vraiment besoin d’explorer des mondes virtuels ?

C’est quoi le mieux ?

septembre 9th, 2022

Deux nouvelles possibilités à expérimenter si l’on veut vivre plus dangereusement mais sans pour autant adopter un masque de réalité virtuelle. Si l’on veut “doper” ses capacités mémorielles, on peut dors et déjà faire appel à l’utilisation du courant électrique (Electrically Zapping Specific Brain Regions Can Boost Memory). Cette technique pourrait à certains, parmi les plus anciens, rappeler de mauvais souvenirs (sans jeu de mot) car ils ne peuvent avoir oublié la technique de l’électro choc pratiquée dans certaines circonstances en psychiatrie. Méthode “barbare” dont on ne connaissait pas le mode d’action et dont les résultats peuvent toujours être considérés comme variables ! La différence avec la méthode utilisée est le choix de la zone stimulée et la fréquence parfaitement définie. Mais si contrairement à la sismothérapie, les résultats sont convaincants on ne sait rien du/des processus responsable(s). On peut également jouer à se faire peur (How Fear Restructures the Mouse Brain) et là, ô miracle, la capacité de stockage des informations augmentent, mais attention, il ne s’agit encore que de la souris ! Quoiqu’il en soit, a condition de préciser exactement de quelle mémoire il s’agit, ce qui est indispensable, il existerait deux techniques pour agir sur les capacités mémorielles : une stimulation électrique, mais pas n’importe laquelle ou bien une mise en situation de peur, mais peut-être pas non plus n’importe laquelle ! Le choix va s’avérer cornélien !

Rencontre avec son double !

septembre 2nd, 2022

Bien que, ou peut-être parce que justement une telle rencontre est peu fréquente, la vulgate assumait qu’il était particulièrement peu recommandé de rencontrer son sosie, sous peine d’une mort imminente. Quand il s’agit de jumeaux, l’avenir est moins noir, encore que la gémellité chez les anciens s’accompagne souvent d’avenirs brisés, dont le plus connu est peut-être celui de Romulus et Remus, mais dont Clytemnestre et Castor sont également des représentants malheureux. Dans l’étude “Look-alike humans identified by facial recognition algorithms show genetic similarities” (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2211124722010750), aucun mauvais présage à redouter mais une information, peut-être pas si inattendue que cela. Aujourd’hui, le thème est à la mode puisque la recherche de ses ancêtres se double de celle de ses sosies, à partir de sites dédiés. Mais existe-t-il “une explication génétique de ces étonnantes paires d’individus semblables” ? L’étude repose sur l’utilisation de logiciels de reconnaissance faciale à partir desquels a été pratiquée une analyse génétique comparative. Les résultats ont montré que plus les morphotypes de deux individus sont proches, plus ils partagent de similitudes génétiques. Heureusement, ces individus étudiés n’avaient pas d’ancêtres communs. L’échantillonnage est encore petit, néanmoins, il semble bien que les différences relèvent des processus de méthylation de l’ADN, ainsi que du microbiome de chacun , deux données qui s’inscrivent dans le domaine de l’épigénétique. Sans entrer dans l’étude d’autres propriétés que celle qui s’intéresse à la construction corporelle, voilà une nouvelle façon d’aborder la problématique de l’inné et de l’acquis !

Quand manquent les mots !

août 27th, 2022

On ne le dira jamais assez, l’homme ne voit le monde qu’à travers SON image, incapable qu’il est d’avoir trouver des mots appropriés à d’autres règnes que le sien ! Ainsi en est-il du vocabulaire employé dans l’article Prokaryotes Are Capable of Learning to Recognize Phages. Et donc, des organismes unicellulaires, dépourvus de noyau, on la faculté d’apprendre à reconnaître des virus spécifiques de bactéries. On parcourt un monde du petit, et même s’il ne s’agit pas de l’infiniment petit, le procaryote dépourvu des organites spécifiques de l’eucaryote, est pourvu de la capacité d’identifier. Mais il ne faut pas se méprendre, le système qui lui apporte cette fonction, repose sur des récepteurs de reconnaissance. Il existe différents types de récepteurs mais de façon très générale, un récepteur, peut être assimilé à une serrure sur laquelle fonctionne une clef. : la bonne clef initie un message spécifique. Ce message sera suivi d’effet(s) selon une suite de réactions en cascades. Comme l’aurait dit un célèbre fabuliste ” … savoir quoi ce n’est pas l’affaire, Ni de quel juge l’on convint …” ce n’est pas tant l’étude des similitudes des protéines structurelles des systèmes de défense des procaryotes et des eucaryotes qui interroge, encore que pour les scientifiques l’intérêt soit réel (!), mais la pauvreté des mots adaptés et donc disponibles dans le domaine scientifique. On pourrait se poser la question suivante ” Utiliser le langage courant aide-t-il à comprendre ce qui n’est pas courant ? ” Mais il est plutôt vraisemblable que fidèle à lui-même depuis la nuit des temps, l’homme soit resté autocentré : s’il sait que la terre n’est pas le centre du monde, il est resté celui autour duquel tout tourne, d’où un langage anthropocentré !

ONIROLOGUE : un métier d’avenir

août 19th, 2022
Peinture onirique : le rêve dans l'art - Magazine Artsper

Il existait plusieurs mots en grec ancien pour le mot français “rêve”. C’est le plus ancien “ὄναρ” lui-même à l’origine de “ὄνειρος” , qui est a donné naissance aux mots de la famille du terme “onirique”. En fait “ὄναρ“, c’est le songe nocturne, celui que les dieux offrent à l’homme comme outil de médiation, c’est un message divin. L” “ὄνειρος” est animé, c’est la personnification de l'”ὄναρ“. Comme on peut le constater, dès l’antiquité le rêve n’est pas une entité simple puisqu’il se rapporte à un message personnifié. Mais qu’il ne soit pas simple peut être considéré comme normal, puisqu’il reproduit de façon plus ou moins altérée ce que vit l’homme lorsqu’il est éveillé. Le sommeil n’a-t-il pas été qualifié de “petite mort”, ce qui est par ailleurs tout a à fait logique quand on se souvient qu’Hypnos, dieu du sommeil était frère jumeau de Thanatos, dieu de la mort. Quoiqu’il en soit, il fallait bien que le sommeil et ses rêves servent à quelque chose et c’est une des raisons pour lesquelles il fut le sujet d’études dans bien des domaines dont le domaine scientifique en particulier par le biais des enregistrements électro-encéphalographiques dont les chats furent les premiers “bénéficiaires” dès 1958. N’en déplaise, une fois encore à Descartes et son animal machine, il se pourrait bien que le sommeil des animaux partage beaucoup de caractères communs avec celui de l’homme. Si personne ne s’étonne que le chat ait servi de modèle dans l’étude du sommeil chez l’homme, c’est maintenant le chemin inverse qui s’écrit quand c’est le sommeil des animaux qui interroge sur leur faculté de rêver (When Animals Dream/https://irishtechnews.ie/when-animals-dream-by-david-m-pena-guzman/, Sweet dreams, spidey: Arachnids experience REM sleep, and may even dream) à l’instar de cette capacité humaine qui ne lui serait donc pas réservée en propre !

Elle sait prendre son temps !

août 4th, 2022
Mythologie grecque : Gaia

Un pingouin qui a des ailes pour voler (Over 60 million years ago, penguins abandoned flight for swimming. Here’s how) et un requin qui marche dur terre (‘Walking sharks’ caught on video, astound scientists) ! La nature n’en finira pas d’étonner celui de ses habitants qui parle le plus fort, l’homme. C’est lui, le créateur de l’anthropocène, cette nouvelle ère incluse dans le cénozoïque et qui, si les prédicateurs de l’apocalypse ont raison, pourrait aussi être celui qui y mettra un terme. Pourtant si l’on en croit les études sus citées, il y a soixante millions d’années, les pingouins volaient tandis qu’aujourd’hui les requins Hemiscyllium ocellatum, peuvent grimper sur des récifs et regagner l’élément liquide quand la profondeur en redevient suffisante. Autre merveille, inspirante, l’immortalité possible de la Turritopsis dohrnii qui a la possibilité de redevenir polype avant de reprendre sa forme de méduse (The longest-living animals on Earth). Mais les découvertes n’ont pas encore dit leur dernier mot ! Une méga faune marine vient en effet d’être découverte au fond de l’océan pacifique dont des espèces parfaitement inconnues (‘Gummy squirrel’ found in deep-sea abyss looks like a stretchy half-peeled banana). Ne serait-on donc pas en droit de se poser la question de savoir si toutes ces projections défaitistes ne sont défaitistes que parce qu’elles ne tiennent pas compte (mais le peuvent-elles ?) des échelles de temps consubstantielles aux systèmes évolutifs. Si des extinctions biologiques ont bel et bien eu lieu, à l’évidence aucune d’entre elle n’a été définitive ! La théorie selon laquelle la Terre se comporte comme une entité autorégulatrice (Gaia Theorist James Lovelock Dies at 103) pourrait ne pas être totalement absurde !