Nouveaux trolls ?

février 2nd, 2024

En réalité il n’y a pas dans ce domaine les anciens et les nouveaux ! Un troll reste un troll, c’est à dire un personnage “malveillant”, voire même “dangereux” pour l’homme. A l’évidence le terme n’a pas été choisi au hasard puisqu’il est celui “qui cherche à créer la polémique sur un forum de discussion ou sur les réseaux sociaux“. Le souci étant qu’il avance masqué et en bandes organisées ce qui rend sa détection d’autant plus difficile. Il arrive même que se produisent des alignements de planètes tels qu’en un temps limité et de courte durée, des trolls d’origine pourtant différente se retrouvent pour former une armée animée de mauvaises intentions. C’est ce que redoute, cette année tout particulièrement, le monde scientifique (Social-media science finds a way). Année de tous les dangers, 2024 sera celle d’élections nombreuses et variées aux quatre coins du monde. Or qui dit élection dit informations préalables sur des sujets variés, qu’ils soient ou non en rapport direct avec le/les sujet(s) traité(s). Mais chaque pièce ayant deux faces, il est évident que l’information ne court pas sans être accompagnée de sa propre désinformation. Et donc se pose avec acuité la question de savoir comment il sera possible de démêler le vrai du faux. Cette problématique peut être abordée par le biais de la limitation du phénomène et c’est ce à quoi vont s’attacher les observateurs/régulateurs des réseaux sociaux. A l’heure actuelle, les méthode sont encore trop nombreuses et peu rigoureuses, entachées de subjectivité pour être efficaces et satisfaisantes et donc il n’est pas certain que l’on puisse séparer le bon grain de l’ivraie. Néanmoins il est indispensable de traiter du sujet parce qu’il existe et introduit un biais mal mesurable en ce qui concerne les résultats à venir et leurs interprétations qui seront tout sauf simples !

Collaboration contradictoire

janvier 24th, 2024

Si le cerveau a pu être qualifié de “boite noire” depuis longtemps, ce n’est pas tant, parce qu’il était inaccessible à l’imagerie, (ce qui n’est plus le cas !), mais parce qu’il était comparé à un système dont le fonctionnement interne restait parfaitement inconnu. Si le schéma behavioriste repose sur la formule stimulus—->réponse, la psychologie cognitive introduit l’analogie entre cerveau et “centrale de traitement de l’information”. Néanmoins il est devenu évident que le fonctionnement du cerveau et de l’ordinateur diffère sur plusieurs points, dont un particulièrement important à savoir que l’homme peut être à la fois sujet et objet tandis que l’ordinateur restera exclusivement objet : “Si deux humain posent le même question à un ordinateur, ils obtiendront la même réponse. Si deux humains posent la même question à un humain, ils obtiendront généralement deux réponses différentes“. C’est alors que se faufile le concept de “conscience”, à propos duquel les définitions s’entrechoquent (The consciousness wars). L’article est d’autant plus d’actualité que pour Mark Zuckerberg “L’intelligence artificielle générale – lorsque l’IA deviendra plus performante que les humains – n’est plus qu’à quelques instants” (Artificial general intelligence — when AI becomes more capable than humans — is just moments awayMeta’s Mark Zuckerberg declares). Et donc revient le temps de chercher à définir la “conscience“, quête qui s’apparente à celle du Saint Graal dans la mesure où les divisions au sein du monde scientifique sont telles qu’elles mettent un frein à une collaboration qui s’avère indispensable. C’est dans ces conditions que s’impose le concept de “collaboration contradictoire” reposant sur une indispensable écoute de l’autre ce que doit appliquer chacun des participants. Car en effet, même au sein de la communauté scientifique nombreux parmi ses membres sont ceux qui partagent cette altération du jugement qu’est le biais cognitif transformant de possibles collaborateurs en adversaires irréductibles. La difficulté du sujet s’accroit avec le fait que les écoles Française et Américaine diffèrent, égalité et autonomie pour la première et non pour la seconde ! La question devient donc la suivante : une unique solution peut-elle être apportée à un problème posé en utilisant des outils différents ?

L’IA, toujours l’IA

janvier 14th, 2024

Faut-il s’en réjouir, mais les jours se suivent et se ressemblent en ce qui concerne ce nouvel outil qu’est l’IA. Peut-être induit-elle autant d’effroi que de réconfort comme le fut la découverte du feu à la fois destructeur et protecteur. Daté d’il y a environ 800000 ans car il est difficile de distinguer un feu naturel d’un feu entretenu à moins que de déceler des artéfacts à proximité, l’homo erectus n’a peut-être pas été convaincu immédiatement de son immense utilité ! C’est la raison pour laquelle Prométhée prit l’affaire en main et fit de la technè un outil pour l’art. Néanmoins chacun est au courant du détournement qu’en fit l’homme. C’est donc en toute connaissance de cause que l’homme du XXIème siècle pressent les déviations dont il est tout à fait capable. Schématiquement l’IA repose sur la réalisation d’algorithmes “exprimés dans un langage informatique, sous la forme d’un logiciel“. Elle est capable d’apprendre via des modèles mathématiques. Pour le Parlement Européen  “l’intelligence artificielle représente tout outil utilisé par une machine afin de  reproduire des comportements liés aux humains, tels que le raisonnement, la planification et la créativité ». Et voici comment soixante quatorze ans plus tard, Video: What is ChatGPT not?, on parle avec Turing Mais aussi comment soixante quatorze ans plus tard, l’horizon s’étant éloigné, il est bon de questionner la communauté :There are holes in Europe’s AI Act — and researchers can help to fill them.

La Mort en question

janvier 9th, 2024

C’est peut-être un article un peu “trop long” (https://arxiv.org/pdf/2306.03009.pdf) dans son intégralité, ce qui est dommage car le titre en est particulièrement prometteur “Using Sequences of Life-events to Predict Human Lives” puisqu’il cache plusieurs thèmes d’actualité. Trois points de réflexion en particulier peuvent en être extraits : la Vie, la Mort et leur accointance avec l’IA. La Mort a aujourd’hui tellement perdu de sa réalité qu’elle passe de l’état de sujet à celui d’objet dont on serait en mesure de prédire la date de survenue, ce qui peut être intéressant pour un tiers mais à tout le moins point d’achoppement pour l’intéressé. La Vie quant à elle peut être assimilée le plus simplement du monde à une suite d’évènements qui du fait de leur similitude avec des séquences, autorise l’utilisation d’un algorithme puisque défini par “la description d’une suite d’étapes permettant d’obtenir un résultat à partir d’éléments fournis en entrée“. Personne n’a pourtant oublié Malraux pour qui si “La vie ne vaut rien, rien ne vaut une vie “. A l’évidence réifier la Mort comme la Vie ne posent aucun problème aux auteurs de l’étude. Et donc se pose LA question : ont-ils connaissance du mot magique, ETHIQUE et du domaine auquel il s’applique ? Alors pour en terminer, mieux vaut se référer à la conclusion “pleine d’humour” de l’article du JIM “IA : la mort est son métier”(https://www.jim.fr/medecin/jimplus/e-docs/ia_la_mort_est_son_metier_200205/document_jim_plus.phtml). A suivre ?

Si ce n’est pas lui, si ce n’est pas elle !

décembre 27th, 2023

Le sommeil, état physiologique indispensable à tous les êtres appartenant au règne animal, reste encore pour partie terra incognita. Et ce d’autant plus que si on a pu lui appliquer les qualificatifs de “petite mort” , il n’en est rien à l’évidence. L’être qui dort respire, son électroencéphalogramme est loin d’être plat, ses constantes biologiques suivent leur cycle nycthéméral normal. Une phase est tout à fait particulière, celle du sommeil paradoxal correspondant aux phases où tandis que le sujet rêve, des modifications diverses interviennent. Une des questions posées concerne le(s) responsable(s) de cet état. Furent incriminés en première ligne le Système Nerveux Central et une hormone la mélatonine sécrétée par la glande pinéale qui a eu l’honneur de porter le nom de troisième oeil ! Parce que le sommeil peut être perturbé et qu’il devient alors source de pathologies, la connaissance du responsable reste d’actualité. Sujet de l’article intitulé The Body, Not the Brain, Regulates Sleep, il existe de toutes nouvelles informations sur l’implication de trois tissus périphériques par le biais de trois gènes, sel-1, sel-11 et mars-1. Pour les deux premiers le processus en cause concerne des protéines au sein du Réticulum Endoplasmique où doivent s’équilibrer les protéines pliées et les protéines dépliées (UPR, https://www.mdpi.com/2079-7737/10/5/384), tandis que le second s’adresse à d’autres phases de la biosynthèse des protéines. Ainsi l’intervention du système neuronal se fait-il en aval de ces voies, s’il est bien sollicité c’est pour répondre à des informations venues de l’infiniment petit des organites intra cellulaires : le Réticulum Endoplasmique.

Qui est au courant ?

décembre 16th, 2023

Aujourd’hui toute vérité ne s’avère pas nécessairement bonne à dire, tant est remis en question le concept même de vérité mais sans qu’il soit discuter sereinement du sujet et même sans qu’il en soit discuté tout simplement. Aujourd’hui donc comment les différentes “communautés” vont-elles accueillir cette intrusion humaine dans le monde animal “Inside the minds of farm animals“. On sait que les néoruraux sont particulièrement attentifs à leur confort et qu’ils tiennent peu compte de l’animal qui vivait depuis des siècles (des millénaires) dans cet environnement qu’ils se sont accaparés. Cet article est donc pour eux. Si les interprétations proposées, d’empathie, d’optimisme, de conscience intéroceptive appartiennent au vocabulaire humain (il peut difficilement en être autrement ! ), la démarche témoigne d’une recherche de cet anthropomorphisme qui anime l’homme depuis bien longtemps. Dans le règne du vivant, l’animal a précédé l’homme et s’ils se sont d’abord côtoyés, ils ont fini par tisser des liens, au moins pour certains d’entre eux. Qu’ils y aient trouvé un avantage réciproque est presque une certitude et adoucir leurs conditions de vie n’est peut-être pas une attitude à rejeter. Alors, puisque n’est pas K. Lorenz qui veut, et qu’il n’y a pas d’autres façons de s’exprimer qu’avec des “mots” on peut se mettre d’accord sur le fait que les animaux ne sont pas indifférents les uns aux autres, qu’ils peuvent exprimer par leurs attitudes une compréhension de l’autre. Dès lors pourquoi ne pas imaginer qu’ils souffrent de l’incompréhension que l’homme manifeste à leur égard ?

Sujet à discussions

décembre 2nd, 2023

Ci après, deux articles parus respectivement le 21 novembre (AI could find research ‘blind spots’, in Nature briefing) et le 23 novembre (ChatGPT generates fake data set to support scientific hypothesis, in Nature). Tous deux volent sur les ailes de l’actualité puisqu’il y est question d’IA. Pourtant les chemins suivis divergent considérablement et l’on est même en droit d’y reconnaître quelques discordances. D’une part l’association robotique/intelligence artificielle est à même de procéder à la “découverte” de nouveaux matériaux susceptibles d’apporter des améliorations dans le domaine de la technologie. C’est ainsi que si des milliers de matériaux inorganiques ont été créés, des milliards pourraient également voir le jour. Cette création d’abord virtuelle doit franchir le cap de la réalisation pratique. Cette deuxième étape indispensable n’est pas nécessairement vouée à la réussite mais tel l’humain, l’IA apprend de ses erreurs et est en mesure de les corriger, d’où l’efficacité inégalée de l’association. Même s’il s’agit d’un domaine différent, la médaille a son revers puisqu’il s’agit également de l’utilisation de l’IA. A partir d’une affection cornéenne connue pour laquelle il existe deux traitements, il a été demandé de démontrer la supériorité de l’une de ces méthodes en s’appuyant sur l’analyse comparatives de deux séries. D’une façon tout à fait comparable à la réalisation d’une étude basée sur deux cohortes, l’IA a “construit” des ensembles de données plausibles mais “fausses”. Seule une analyse approfondie est à même de détecter qu’il s’agit de données générées par l’IA. Il est évident que l’on s’adresse là encore à des avancées techniques humaines dont la finalité répond à leur utilisation. Ainsi en est-il du marteau qui est une arme par destination et non pas par nature ! Ce qui atteste de la liberté de l’homme.

Ensemble, pour le meilleur et pour le pire

novembre 18th, 2023

Le pediculus capitis, vulgairement dénommé poux de tête, est présent probablement depuis environ deux millions d’années, et les traces les plus anciennes du genre Homo remontent à plus de deux millions d’années (Homo habilis 2Ma,8). Qu’on le croit ou non le premier accompagne le second depuis autant de temps ! L’action du premier sur le second ne devait pas être fondamentalement différente de son action actuelle et peut-être les Homines habiles cherchaient-ils les poux dans la tête de leur parentèle. Mais là n’est pas le propos. Cette association, à but non lucratif, se révèle particulièrement intéressante dans le domaine de recherche des migrations de populations (Head lice invaded the Americas alongside the 1st humans). Ainsi les analyses génétiques des poux d’Amérique du Nord et des poux d’Amérique Centrale ont montré des différences qui permettent d’interpréter les mouvements des populations primitives. Il est en effet possible de distinguer des déplacements depuis la Sibérie du Nord et l’Asie de l’Est vers le continent américain. Mais l’histoire du poux ne finit pas avec les premiers habitants puisque des phénomènes de colonisation peuvent être suivis jusqu’à la seconde guerre mondiale. Ainsi peut-on se poser la question de savoir s’il convient d’éliminer les poux étant donné leur importance scientifique ?

Subjectivité sensorielle

novembre 10th, 2023

Se méfier de ses perceptions est un étape indispensable à l’exercice du doute. Le monde dans lequel vit l’homme est-il ou non une réalité ? Cette question sans âge mais pas sans intérêt, est la première marche à la mise en place du doute rationnel. La perception du temps représente le paradigme de la subjectivité. D’expérience courante, l’attente dans des conditions différentes mais dans un temps d’horloge identique ne semble pas s’écouler de manière identique ! Ce qui porte à croire que le temps peut tout aussi bien ralentir que s’accélérer ce qui par ailleurs est du domaine courant au fur et à mesure du vieillissement humain : avec l’âge le temps court de plus en plus vite. La question est donc la suivante “Comment le cerveau traite-t-il le temps ? ” En fait la perception du temps est consubstantielle à la perception de l’environnement de l’individu en cause (Why does time slow down in near-death experiences?). Comme par ailleurs le cerveau a enregistré des faits antérieurs eux-mêmes inscrits dans un environnement sensoriel il ne s’agit jamais d’une perception première, entachée qu’elle est d’un avant. L’idée de l’auteur est que l’adaptabilité du temps s’inscrit dans une démarche d’amélioration de la survie de l’individu. Ainsi la sensation “subjective” d’un allongement du temps permettrait une meilleure prise en compte des informations permettant d’éviter des actions trop rapides et de ce fait inadaptées. Si l’on adhère à une vision finaliste de l’existence de l’être vivant il est logique d’imaginer que les processus adaptatifs se succèdent dans le but d’une amélioration progressive même si la finitude reste de rigueur !

Le locuteur et le linguiste

octobre 25th, 2023

Si le passage de l’oralité à la scripturalité a été largement investigué, l’apparition de la parole chez l’homme est un sujet particulièrement pauvre en données exploitables. Dans ce domaine les spéculations vont bon train. Rousseau avait quant à lui une théorie selon laquelle la parole est apparue après ce qu’il nommait “le cri de nature”, quand l’homme a rencontré l’homme, quand il devenait indispensable de comprendre son voisin autrement que par une gestuelle corporelle. Une deuxième étape dans ce processus de la parole se reproduit avec le nouveau né qui doit acquérir une expression orale compréhensible. Des théories modernes supposent que le babillement comparable à celui des oiseaux, signe la naissance du langage chez le petit d’homme. Outre les questions portées par l’apparition du langage, il en existe d’autres en particulier celles qui s’inscrivent dans le domaine de la linguistique. Même s’il s’agit d’une science descriptive elle n’est pas exempte d’interrogations. Et cerise sur le gâteau un article récent How grammar influences perception, pointe du doigt une nouvelle facette, l’exploration, les rapports entre la langue et la perception. C’est assez dire que l’on aborde un champ encore plus complexe puisque de la perception à la parole primitive on passe de la parole à la perception seconde ! On sait déjà qu’il existe une cinquantaine de mots pour parler de la neige chez les inuits, la neige qui tombe n’étant pas celle qui va tomber, il ne s’agit donc pas de la même neige et il n’est pas inexact de la nommer différemment ! Mais il s’agit encore dans l’article sus cité d’un autre aspect, à savoir l’influence de la grammaire sur la perception de celui/ceux qui utilise(nt) la dite grammaire. La question de fond étant de savoir si tous les hommes perçoivent le monde de la même façon ! En fait ce qui semble se détacher des enquêtes menées à partir des langages australiens indigènes (cf l’article cité) c’est l’existence de nombreuses boucles rétroactives liant pour le meilleur, la langue, la culture, le savoir. Ainsi serait-il illusoire de vouloir envisager séparément ce tout qui pourrait définir l’humanité.