Toute vulgate populaire demande à être décryptée, car attention, l’énoncé suivant « le ver est dans le fruit » est lourd de sous entendus. Vulgate, pour « traduction latine de la bible », populaire pour « commun, répandu » et donc une expression qui pourrait évoquer cet épisode où Eve aidée du serpent réussit à ce qu’Adam croque le fruit de la connaissance, une pomme est il rapporté. S’en suivit une dégradation progressive de la situation, non seulement un départ précipité de leur lieu de résidence mais aussi le fait que tout ver, qu’il soit ou non dans une pomme, transmet le stress qu’il a subi, ce qui devrait être le cas quand on croque dans un fruit véreux. Même si la preuve a été apportée par le C. elegans, qui n’en est pas homme pour autant, l’intérêt du phénomène vient de ce que ce sont les mitochondries du dit ver qui vont transmettre aux générations futures le stress ressenti par l’ancêtre (Mitochondrial Stress Is Passed Between Generations). On l’a appelé « stress mitochondrial » puisque la réaction concerne les mitochondries qui augment le nombre de leurs copies. Dans le même temps la modification de leur ADN entraîne l’activation de certains gènes qui vont induire des processus de résistance cellulaire, résistance bénéfique lorsque la cellule est saine, délétère quand il s’agit d’une cellule néoplasique (https://www.santelog.com/actualites/mitochondries-elles-sonnent-lalerte-en-cas-de-stress). Il existe donc un point positif : la transmission de ce processus d’alarme que l’on pourrait chercher à adapter en fonction de l’état cellulaire. Mais existe aussi une réflexion qui a trait à l’organite en cause. La mitochondrie est particulière en ce qu’elle est la seule à posséder un ADN d’origine exclusivement maternelle. Eve a peut-être également été en mesure de pallier à certains des dégâts dont elle aurait été la cause !
Le stress de mère en fille !
décembre 17th, 2021Mais qu’est-ce que c’est ?
décembre 10th, 2021
Ce jeu addictif sorti en Mai 1980 au Japon sous l’appellation Puckman, commercialisé en Octobre de la même année aux Etats Unis, fut connu sous le nom de Pac-Man, lui-même dérivé de l’onomatopée japonaise paku paku qui dénote l’action d’ouvrir et refermer la bouche pour manger avec gloutonnerie, action que ce charmant petit personnage jaune réalisait avec délectation pour le plus grand plaisir de ses joueurs. Dans le jeu des sept familles, on peut maintenant appeler plusieurs membres du groupe « robot » (https://www.intel.fr/content/www/fr/fr/robotics/types-and-applications.html) parmi lesquels les « cobots » sont les plus connus ainsi que les robots « médicaux » qui commencent également à faire parler d’eux dans le domaine de l’aide à la chirurgie. Aujourd’hui place au « xénobot »(“Xenobot” Living Robots Can Reproduce, htts://www.jim.fr/medecin/jimplus/hightech/e-docs/generation_pac_man__190247/document_jim_plus.phtml) le petit dernier de la famille. Xeno pour Xenopus laevis, amphibien de la famille des Pipidae. Il s’agit ni plus ni moins que d’agrégats de cellules souches provenant de l’amphibien sus cité et qui ont provoqué la stupéfaction des chercheurs par leur capacité à se reproduire d’une façon particulièrement originale et spécifique puisqu’aucun organisme vivant connu ne le peut. Après manipulations, il s’est avéré que la forme dite en « Pac-Man » était la plus apte à produire des « bébés xénobots » qui se sont eux-mêmes reproduits, ce qui n’était pas possible lorsqu’ils n’affichaient pas cette forme. De faibles et rapidement mortels ils devenaient résistants et aptes à se reproduire, selon un processus peu ordinaire mais tout à fait efficace : l’auto replication cinétique, déjà connue pour certaines molécules mais pas pour des organismes multicellulaires. On leur prédit un bel avenir et ce d’autant plus qu’il s’agit d’un système qui est hautement contrôlable. Il n’y aurait donc aucun danger en perspective !
Mais pas que …
novembre 21st, 2021
Le blob, organisme unicellulaire ni animal ni végétal, pourrait aisément passer pour une entité pensante dès qu’on lui attribue quelques qualités en usant du vocabulaire anthropomorphe dont raffole cette société qui l’admire. Ainsi est-il capable d’apprendre et de transmettre ses connaissances à d’autres blobs voisins ! Et pourtant personne n’ignore qu’il est dépourvu du moindre gramme de cerveau. De là à imaginer que le cerveau n’est en rien indispensable à tout le moins pour apprendre et transmettre il n’y a qu’un petit pas. Mais que serait ce cerveau livré à lui-même, dépourvu de ses connexions, de toutes ces liaisons avec l’extérieur tout autant qu’avec l’intérieur, émettrices tout autant que réceptrices ? De ce fait qualifié par certains de Boîte noire, cet organe reste un mystère aux confins de la morphologie macroscopique et microscopique, de la biochimie et de la biologie moléculaire, tout autant que de l’imagerie. Or le blob est capable de certaines des fonctions qu’on lui attribue, ce qui pose la question de savoir si le cerveau doit toujours être considéré comme l’indispensable TOUT. Le livre d’Antonio Damasio,Feeling & knowing: Making minds conscious dont il est fait un court rapport (Being, Feeling, and Knowing: Our Path to Consciousness) devrait apporter quelques éléments de réflexion dans la mesure où sans démystifier l’organe en tant que tel, il le replace dans une dimension spatio-temporelle qui peut expliquer l’acquisition depuis la simple conscience d’être à la connaissance. L’être nait à la conscience qu’il est, et acquiert la faculté d’envisager son intériorité dans l’extériorité de son environnement. Dès lors les termes utilisés pour les qualités du blob, apprentissage et de transmission, ne devraient-ils pas être accompagnés de certaines précisions ?
Quand le passé devient avenir !
novembre 15th, 2021
En 1991, Les U. Knight fonde le VHEMT, mouvement pour l’extinction volontaire de l’humanité : trente ans plus tard, il est temps de revenir sur cette utopie ou dystopie pour certains, mais qui quoiqu’il en soit ignore l’uchronie qui s’y rattache. Alors pourquoi ne pas lire l’article du Live Science, How would Earth be different if modern humans never existed? puisqu’il imagine en utilisant la méthode déductive ce qui aurait pu se passer si l‘Homo sapiens n’avait pas peuplé la terre. En fait les auteurs ne peuvent pas reconstituer exactement la situation d’une terre vierge d’humains puisqu’ils ne suppriment pas la présence des ancêtres du dit homo sapiens, pourtant quelques retro-projections (oxymore ?) sont proposées à la réflexion de chacun. Même en compagnie des néandertaliens, la nature et ses habitants auraient néanmoins été différents. Les animaux auraient pu conserver leur grande taille et leur impact sur la végétation en aurait été accrue ce qui aurait permis une biodiversité plus riche. Mais des changements climatiques se seraient malgré tout produits et les Dénisoviens, mieux adaptés que les Néanderthaliens, n’auraient pas été sans influencer cette nature encore primitive. Par ailleurs on ne peut pas ignorer la possibilité (quelle horreur !) qu’ils aient eu le temps d’évoluer pour emprunter un cheminement similaire à celui suivi par homo sapiens. Sur le papier, les plans étaient fort beaux mais tout à fait incomplets. Car comment imaginer qu’une nature rendue à elle-même pourrait mettre fin aux processus de l’évolution ? Que l’homme soit responsable de disparitions et de modifications climatiques est une certitude mais plusieurs extinctions de masse se sont déjà produites sans qu’il en soit aucunement responsable : chute d’astéroïde et dinosaures, glaciation et trilobites par hypo-oxygénation océanique. Il semblerait presque logique d’envisager des torts partagés …..
Quid novi de « cellula »
novembre 6th, 2021
En 1665, le microscope de Hooke grossit cinquante fois les structures observées et dix ans plus tard, le microscope de Leeuwenhoek atteint déjà un grandissement de soixante dix à deux cent cinquante fois, ce qui représente une amélioration subséquente et rapide quand on considère qu’il s’agit du XVII ème siècle ! L’utilisation de plusieurs lentilles provoquant des aberrations chromatiques en périphérie des objets étudiés, on lui préféra une seule lentille ce qui permit de décrire la brique indispensable à la théorie éponyme, à savoir la CELLULE. Mais c’est essentiellement la cellule végétale qui fut objet de description en raison de la « rigidité » de sa membrane externe. Le noyau est décrit en 1831 chez l’orchidée : son diamètre est de 5 à 10 microns. Golgi décrit en 1898 une nouvelle structure intra cellulaire, un empilement de sacs membraneux, de 100 nanomètres de diamètre, les dictyosomes auxquels sera attaché le nom de son « inventeur » en 1908. En 1969, Rambourg utilise les images de microscopie électronique tridimensionnelle pour préciser la structure en individualisant face trans et face cis. En 2021, c’est la microscopie cryo-électronique (Cells as you’ve never seen them before) qui porte un nouveau regard sur l’intimité cellulaire. Et les connaissances ne s’arrêtent pas là puisqu’il est possible d’associer microscopie électronique en 2D, modélisation en 3D et cerise sur le gâteau ajouter la 4D en répétant le processus à différents moments (New Studies Enable a Clearer View Inside Cells). Ainsi en trois siècles et demi, l’optique a-t-elle laissé place à l’électronique, la 2D à la 4D, la réalité simplifiée à la réalité augmentée, la statique à une modélisation dynamique ! Même si la progression technologique approche la vérité, il ne faut pas croire qu’elle l’a atteinte !
L’alien dans la nature
novembre 2nd, 2021
Nombreux sont les films alliant épouvante et science-fiction depuis le premier en 1910 paru sous le titre A trip to Mars. Alliant la technique de G. Melliès aux idées de H.G. Wells, Ashley Miller met en scène un scientifique qui échappant à l’attraction terrestre, est projeté sur un rocher de la planète Mars, rocher qui s’avère être la lèvre d’un Martien, à moitié humain, et attrape le voyageur par son immense main. Même si le retour dans son laboratoire n’est pas de tout repos, le Martien n’est pas totalement agressif. Mais progressivement ces créatures le deviennent et le sort qu’elles réservent aux humains ayant eu le malheur de les croiser est particulièrement peu enviable, tout ceci relèvant de la fiction. En 1979 Ridley Scott crée un alien particulièrement terrifiant et en 2012, Barry Levinson sous la forme d’un faux documentaire met en scène un être microscopique mais qui possède lui aussi la capacité de s’introduire dans le corps humain. Pour ce faire, il n’a eu qu’à explorer la nature qui propose un parasite pénétrant dans la bouche des poissons pour les dévorer, c’est le Cymothoa exigua, ou crustacé mangeur de langue ! Cet être vivant existe bel et bien et s’introduisant dans la cavité buccale du poisson, il prend la place de sa langue (‘Tongue-eating’ lice invade fish’s mouth in this year’s creepiest Halloween photo). Donc point n’est besoin d’inventer, la nature a déjà mis au point tout le matériel nécessaire quand l’homme veut faire peur à l’homme. La liste de parasites, plus terrifiants les uns que les autres surtout quand on considère toutes les voies qu’ils peuvent emprunter pour s’immiscer dans l’organisme laisse encore ouvertes de nombreuses portes aux aliens réels ! Autre exemple que le poisson qui n’est pas le seul à vivre des situations aussi catastrophiques, certains oiseaux « parasites » (Parasitic birds ‘exercise’ in their eggs, hatch … and then pulverize their nestmates) seraient particulièrement robustes dès leur éclosion pour éliminer rapidement leurs frères et soeurs « adoptifs ». Si l’homme est un loup pour l’homme, il en est de même dans le monde animal et végétal pour tous ceux qui y habitent. Et donc si la Nature n’est pas bonne elle n’en est pas mauvaise pour autant et ne mérite aucun qualificatif !
Le gnomon et la NASA
octobre 22nd, 2021
Le gnomon est un instrument astronomique, non pas dans son sens figuré, à savoir que son acquisition atteindrait des sommets, mais bien dans son sens littéral, à savoir son domaine d’utilisation, l’astronomie. Il s’agit le plus simplement du monde d’un bâton planté dans la terre, dont l’angle et la longueur de l’ombre portée apportent des indications sur les déplacements du soleil sur la voûte céleste. Utilisé en Chine tout autant qu’en Occident depuis l’Antiquité, il a servi un certain Pythéas le massaliote dans son exploration des Iles Britanniques au IV ème siècle av. J.-C (https://www.livescience.com/first-western-description-british-isles?). Ce que l’on ne sait pas avec précision, c’est s’il a lui même caboté en remontant le long des côtes après avoir franchi les colonnes d’Hercule, s’il a embarqué sur les côtes de la Manche, enfin s’il n’était que simple passager. Néanmoins il est l’illustre auteur de deux ouvrages le Ὠκεανοῦ et le Περίοδος γῆς dont il ne reste que quelques fragments. Hérodote et Thucydide considérés comme les premiers parmi les historiens/géographes n’ont malheureusement pas pu en parler pour cause d’antériorité. Et parmi ceux qui le site Strabon l’accuse de mensonge tandis que Pline l’Ancien lui accorde crédit. Quoiqu’il en soit, c’est bien grâce au gnomon qu’il a pu réaliser un certain nombre de calculs astronomiques. Peut-être commerçant, il n’en a pas moins fait preuve d’un esprit curieux et suffisamment scientifique pour donner des mesures de latitude, décrire les marées, apporter des preuves de la rotondité de la terre. C’est certainement la raison pour laquelle la Nasa l’a utilisé lors de la mission spatiale Apollo 17 en 1972, et en décembre 2018, lors d’une autre mission vers Mars. Certaines inventions ne prennent pas une ride et leur auteur n’en saura jamais rien !
Singularité temporelle
octobre 17th, 2021
Est-il possible de s’accommoder du concept de non commencement quand l’humanité vit avec celui de sa finitude depuis toujours ? Et si un temps circulaire s’enroulait sur lui-même perpétuellement, sans début et sans fin ? Cette question ne recouvre-t-elle pas la recherche du mouvement perpétuel, sujet si cher au Concours Lépine ? Pourrait-il y avoir enfin une réponse à l’aporie de la poule et de l’oeuf ? S’il n’y eu jamais de commencement (What if the universe had no beginning?) que vont devenir les collapsologues, c’est eux qui risquent de se trouver réellement en danger. Mais avant que de s’inquiéter de leur sort, que dire de cette idée « folle » d’un non commencement ? Pour ce faire il suffit de décomposer l’espace temps en morceaux discrets jusqu’à son unité fondamentale. C’est la théorie des ensembles causals qui implique que deux évènements ne peuvent pas se produire en de ça d’une certaine dimension, qui serait celle d’un atome. Deux conséquences non négligeables : le temps devient une grandeur physique, le Big-Bang disparaît pour cause de distance ! Voici encore une nouvelle approche du temps que les physiciens sont heureux porter à la connaissance des philosophes pour leur permettre d’aller plus avant dans leurs débats sur la théorie du temps qui passe !
Pas vu, pas pris
octobre 8th, 2021
Qui pourrait encore avoir l’audace de considérer l’animal comme une machine, lui dénier toute capacité de communication. Peut-on encore ne pas le reconnaître comme appartenant à une société dans laquelle ses relations avec ses congénères peuvent être d’une grande complexité. Comment ne plus accepter que nombreux sont ceux qui ont le concept de leur existence quand ils se reconnaissent dans un miroir et que d’autres doivent posséder celui de finitude. Certains d’entre eux seraient même capables de modifier leur façon d’agir lorsqu’appréciant l’environnement, ils sont convaincus qu’on ne les voit pas ! (Cleaner Fish Alter Behavior if Partners Can See Them “Cheating”). Ne pas effectuer une action qui leur est dévolue dans la société à laquelle ils appartiennent, parce qu’ils savent qu’ils ne sont pas vus est l’expression d’une modification comportementale qui pose question dans le processus de cognition du Labroides dimidiatus. Mais ce Labre, dit également nettoyeur a plusieurs cordes à son arc puisqu’il appartient également à ceux parmi les animaux qui se reconnaissent (The Mirror Test Peers Into the Workings of Animal Minds”). Malheureusement tout n’est pas bon chez ce poisson qui sait ruser et s’admirer ! Il fait montre d’une discrimination coupable ! C’est la femelle qui trompe et le mâle qui la corrige ! Il vaudrait mieux que cet état de fait ne s’ébruite pas chez les humains dont certains voudraient à coup sûr mettre en place au pire une élimination des mâles au mieux leur rééducation!
Savoir faire le mort
septembre 24th, 2021Même s’il s’agit d’un processus apparemment comparable, les éthologues différencient réflexe involontaire et comportement adaptatif chez les animaux qui pratiquent ce que l’on appelle « l’immobilité tonique » ou la « thanatose » (‘Playing possum’ shows animals know death, https://aeon.co/essays/animals-wrestle-with-the-concept-of-death-and-mortality?utm_source=Nature+Briefing&utm_campaign=b1e8359524-briefing-dy-20210921&utm_medium=email&utm_term=0_c9dfd39373-b1e8359524-43241421). Dans les deux cas il s’agit d’une technique de défense que va choisir la proie envers son prédateur. La thanatose est commune à de nombreuses espèces dont un mammifère marsupial, l’opossum, qui occupe une place de choix parmi les meilleurs comédiens. Il est ainsi parfaitement capable de berner son agresseur à condition toute fois que ce dernier n’appartienne pas à la famille des charognards auquel cas il en deviendrait plus attirant que repoussant ! Mais ce qui est particulièrement intrigant dans ce processus, c’est sa complexité. Et les éthologues se sentent en droit de (se) poser la question suivante : le prédateur est-il en possession du concept de mort ? En effet la supposée proie ne se contente pas de jouer l’immobilité flasque, elle y ajoute un certains nombre de manifestations physiques accompagnant normalement le processus de la mort. Si l’on considère que la thanatose exprimée par la proie est un réflexe de survie acquis au cours de l’évolution, il existe du côté du prédateur une interprétation de la situation dans laquelle il reconnaîtrait une impossibilité de retour à la vie, car si ce n’était pas le cas, il saurait faire fi de cette illusion ! Alors, même s’il n’a pas conscience de sa finitude le prédateur abusé aurait conscience de la mort de celui dont il voulait faire sa proie !

