La pollinisation est le processus indispensable à la reproduction sexuée des plantes à fleurs. Elle peut se faire par autopollinisation mais peut aussi requérir l’action d’un agent extérieur qui sera le transporteur indispensable à la fécondation. En 1761, le botaniste allemand Christian Konrad Sprengel met en évidence le rôle très prépondérant des insectes et montre également l’adaptation florale possible qui permet une attraction particulière de l’agent pollinisateur. Outre les insectes, les oiseaux ont leur part dans le phénomène ainsi que quelques mammifères parmi lesquels des chauve souris. Et voici qu’un nouvel acteur inattendu vient d’entrer en scène, un héros très discret du nom de Pseudocordylus subviridis (Rare lizard pollinator spotted in South Africa) qui apprécie tout particulièrement une fleur également très pudique la Guthriea capensis. Certains geckos pourraient également assumer la même fonction (Le rôle pollinisateur des lézards, https://www.clicanoo.re/Societe/Article/2008/10/30/Le-role-pollinisateur-des-lezards). Les insectes comme les reptiles ont une bonne vision des couleurs et il existerait des couleurs similaires entre les fleurs et les reptiles qui les visitent, couleurs aux quelles formes et parfums viendraient s’ajouter pour jouer aussi leur rôle. Ce qui est méconnu étant nécessairement protégé, qu’advient-il de ce qui est porté à la connaissance ? Est-ce par ce que la nature a perdu ses secrets quelle a du payé un tel tribut et donc doit-elle rester ignorée ? Malheureusement, la réponse dépend de celui qui la pose !
Dame Nature et ses secrets !
novembre 28th, 2020Après la dactyloscopie ?
novembre 21st, 2020Même si le nom de Bertillon reste attaché en criminologie à l’utilisation des empreintes digitales dès 1902, les papilles et crêtes dermiques étaient connues depuis 1678 et déjà utilisées en 1880. En réalité, Bertillon n’y croyait pas trop ! Pourtant leur valeur signalétique fut reconnue à la hauteur « de tout autre ensemble de caractères physiques ». Aujourd’hui les empreintes digitales restent utilisées dans différentes situations : ainsi celle de l’index gauche est indispensable pour l’établissement de la carte d’identité française, une autre peut servir de clef pour remplacer la saisie d’un mot de passe : c’est donc bel et bien une donnée biométrique. Alors qu’en est-il de cette nouvelle application de l’IA, à savoir l’utilisation de la reconnaissance faciale, toute nouvelle donnée biométrique. Car à cette donnée se rattache un questionnement éthique absent du recueil des empreintes digitales (Ethical questions confront facial recognition). La biométrie est selon la CNIL une « Caractéristique physique ou biologique permettant d’identifier une personne », c’est ce que permet l’empreinte digitale, l’ADN, la voix tout autant que les relevés de biométrie foetale indispensables aux études de datation ou de trophicité dans la surveillance d’une grossesse à risque. Quelles sont alors les conditions pour que le recueil de paramètres morphométriques interroge l’éthique ? Les conditions d’obtention et/ou les conditions d’utilisation ? Chacun sait qu’à la technique ne s’attache aucune qualité : elle n’est ni bonne ni mauvaise, c’est ce que l’homme en fait qui peut poser question. Ainsi en est-il de la finalité du marteau ! Avant que d’être traitées, les informations ont dû être obtenues : c’est le comment qui est en cause par exemple le volontariat de l’individu. Enfin le troisième point important est le paramètre lui-même et dans le cas présent, la reconnaissance faciale. Car si le visage est le médiateur à la relation d’autrui selon Levinas, cette capture subie le dépossède de sa qualité essentielle, sa responsabilité envers l’autre.
« Infodémie »
novembre 12th, 2020
Le 2 février dernier Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, crée un néologisme, le mot « infodémie« . Néologisme certes, mais bâti sur le modèle du mot valise : dans le cas présent à partir de information et de pandémie. Il en est question dans l’article To counter conspiracy theories, boost well-being et permet d’interroger la position du néologisme dans sa dimension temporelle. Le néologisme s’inscrit dans les mouvement d’une langue que l’on peut constater par exemple entre deux générations. L’apparition d’un nouveau mot fut longtemps contestée par les linguistes puristes même s’il pouvait se substituer à un mot préexistant. Dans le cas présent il n’en est rien : ce mot ne remplace rien, il est le reflet d’une nouvelle société dans laquelle des myriades d’informations relatives à un état sanitaire viennent se heurter les unes aux autres dans un présent qui interdit la réflexion. Selon L. Guilbert (Théorie du néologisme, https://www.persee.fr/doc/caief_0571-5865_1973_num_25_1_1020) il existerait plusieurs types de néologisme et infodémie appartiendrait au suivant : » La création du néologisme ne peut être dissociée du discours tenu par le créateur-individu intégré à une communauté, s’exprimant dans une situation donnée« . Le ton est donné : c’est essentiellement la situation qui est en cause : la situation sanitaire, la situation des informations portées par la technique. Dans ces conditions quel peut être le futur du mot ? Peut-il disparaître ou au contraire s’installer définitivement ? La technique peut-elle remédier à ce qu’elle a permis ?
Texte fondateur
novembre 5th, 2020
Qu’est-ce qu’un mythe ? Les auteurs n’étant pas d’accord la difficulté est grande pour répondre à la question. Parmi les propositions, on retrouve la notion de texte fondateur, l’absence d’auteur défini, la nécessité d’une adhésion collective, mais peut-être et surtout la reconnaissance de ce que l’oralité doit être reconnue comme culture antérieure à l’écriture : la parole entre dans l’histoire dès qu’elle s’inscrit sur un support. Ainsi en est-il du mythe des amazones qu’Héraclès a peut-être ou non combattues. En effet les versions diffèrent en ce qui concerne le héros et la reine Hippolyte : lui donna -t-elle sa ceinture ou bien lui fut-elle ravie ? D’Hippolyte il n’est pas question dans l’article Ancient burial of fierce female hunter (and her weapons) discovered in Peru, mais d’amazones, oui. On n’est pas en Cappadoce, mais au Pérou, en un temps préhistorique, au début du néolithique, quand coexistent chasseurs et cueilleurs, quand l’humanité est en voie de sédentarisation. A cette époque donc, il s’avère que tous les chasseurs ne sont pas de sexe masculin, et que ceux de sexe féminin n’aient rien eu à envier à leurs compagnons. D’où il ressort : un argument en faveur de ceux qui croient que les Mythes peuvent parfaitement reposer sur un socle réel ainsi, et ce n’est pas négligeable, un argument contre la théorie des genres !
Mon petit doigt m’a dit !
octobre 31st, 2020
Un polytechnicien attrape une puce. Il la pose sur la table en lui disant : « saute ». La puce saute. Il la rattrape et vérifie plusieurs fois la reproductibilité de son expérience. Puis, il lui coupe les pattes et la pose a nouveau sur la table en lui disant : « saute ». La puce ne saute pas. Il sort son carnet et écrit : « Quand on coupe les pattes à une puce , la puce devient sourde « . Si l’expérience semble bien menée, le résultat en est pourtant parfaitement loufoque puisqu’il établit une relation de cause à effet entre la disparition des pattes et la perception auditive : pour note, c’est ce qui caractériserait le raisonnement abscons des polytechniciens ! POURTANT des études récentes montrent que l’on obtiendrait des résultats identiques à ceux de cet insecte ptérygote holométabole si on réalisait une expérience identique chez des Araneae de la classe des Arachnides (This Ogre-Faced Spider Can Hear Prey Through Its Legs). En réalité, que les défenseurs des animaux ne s’émeuvent pas : aucun expérimentateur n’acceptera d’arracher les pattes d’une araignée même s’il s’agit de « l’araignée à face d’ogre ». En réalité le sujet abordé est loin d’être une plaisanterie : il y est question d’organe métatarsien, de trichobothria, de fréquences perçues, hautes et basses. Mais on serait pourtant tenté de dire qu’il s’agit surtout d’une question primordiale d’éthologie : l’araignée et son environnement ? En d’autres termes, ses perceptions sensorielles appartiennent-elles à des domaines différents ou bien s’inscrivent-elles dans un continuum de perceptions ? Si tel est le cas, l’homme est-il capable d’appréhender cette physiologie sensorielle exceptionnelle et il y a-t-il matière à réflexion ?
Indestructible !
octobre 26th, 2020
Pour Hésiode, le phénix aurait vécu neuf âges du corbeau, ce qui reste assez imprécis si l’on ne connaît pas la durée de vie du dit corbeau. Pour Hérodote, il s’agit d’un des oiseaux sacrés d’Egypte. Ses plumes auraient été d’un rouge flamboyant ce qui pourrait s’expliquer par l’un des sens du mot grec φοῖνιξ. Quoiqu’il en soit, l’animal aurait été remarquable en raison de la durée de sa vie et peut-être et surtout par sa capacité à renaître de ses cendres, ce qui on ne le dira jamais assez, est assez peu fréquent. Toujours peu fréquent mais plus fréquent néanmoins, parce que qualité confirmée d’un coléoptère qui n’a rien d’un animal mythique (You can’t squish this ‘iron’ beetle. Now, scientists know why. https://www.livescience.com/unbreakable-beetle.html?utm_source=Selligent&utm_medium=email&utm_campaign=9160&utm_content=LVS_newsletter+&utm_term=3192375&m_i=y_jDDyn%2BjgbE%2B2dS7QnCT2_vXNHcVTZWqowGkt3tmE96IjzsNQszGKtmNTuo2fyl9Q3QXPO06z9xkIN7Ehesb74mZJs%2Bg3P_WXqFAMmyym), la qualité d’indestructibilité du Phloeodes diabolicus. Appelé également le scarabée cuirassé, ce petit animal de deux centimètres de long résiste à des pressions d’écrasement trente neuf mille fois supérieures à son poids mais contrairement à ses cousins coléoptères, ne sait pas voler. Il est pourtant pourvu de deux paires d’ailes, mais il se trouve que ses élytres lui servent à se protéger et non pas à équilibrer son vol. Et pour se faire les pièces qui les composent, disposées en puzzle et rattachées à l’abdomen, peuvent s’écarter sous la pression en conservant leur intégrité structurelle. La nature toujours imitée mais jamais (?) égalée est appelée à servir une fois encore de modèle à la technique humaine.
Le monde intérieur
octobre 20th, 2020
Il y a une vie dans la vie et l’infiniment petit mène sa vie qui bien sûr a toute sa place dans la vie de l’hôte qu’il habite mais auquel également il donne vie ! Ce n’est pas pour ajouter à la complexité du vivant mais il est probable que la machine n’ayant pas encore affiché tous ses secrets, cette complexité se révèle encore plus complexe. Aujourd’hui il sera question de l’organite intra cellulaire qui n’est indispensable que chez les eucaryotes, à savoir le noyau. Dès 1674, Leeuwenhoek décrit de minuscules animalcules aquatiques et peut-être a-t-il même vu les noyaux des hématies de poissons (elles sont en effet nucléées) sous forme d’une petite structure sphérique intra cellulaire. Le noyau en tant qu’entité, ne fut décrit qu’en 1810 par un botaniste R. Brown et sa reconnaissance vint à point pour consolider la théorie cellulaire portée encore par un botaniste, MJ. Schleiden en 1838. Si une de ses grandes époques fut celle de la découverte de l’ADN, il s’y passe encore et toujours quelque chose puisqu’aujourd’hui le voilà impliqué dans « la cascade de signalisation qui conduit les cellules à se déplacer » (Nucleus Is Key to How Cells Sense Personal Space). Il s’agit d’une réponse adaptée à un stimulus perçu par le noyau permettant la mise en jeu de protéines contractiles du cortex cellulaire. Ces protéines étaient connues, mais on ne connaissait pas « le pourquoi du comment » ! Ce qui est montre/démontre que l’homme ne s’est toujours pas résolu à abandonner sa position centrale dans le monde, c’est le recours à une phraséologie du type « la cellule comprend et protège » . Ainsi les découvertes scientifiques les plus pointues restent elles associées à un besoin persistant d’anthropocentrisme dans une vision téléologique.
Attention, danger !
octobre 18th, 2020
On ne le dira jamais assez, mais l’homme se doit de faire très attention aux conditions climatiques ! Il se pourrait bien que ce concept de « collapsologie », n’en déplaise au néologisme, ne date pas de 2015 ! L’extinction des espèces Homo ayant précédé chronologiquement l’Homo sapiens, seul représentant actuel du genre, est probablement selon les résultats les plus récents, le fruit de refroidissements climatiques successifs (Climate Change Helped Drive Homo sapiens’ Cousins Extinct: Study). Cette redoutable participation des conditions climatiques interroge et « inquiète » sur le devenir de l’espèce humaine dans un environnement qui lui, se réchauffe. L’Homo a induit le réchauffement climatique depuis qu’il arpente la terre, et la découverte de la machine à vapeur a été considérée comme un point hypothétique de non retour absolu. Un tel réchauffement climatique, depuis cette époque, a conduit à qualifier d’anthropocène ce nouvel espace temps de l’holocène, pour bien insister sur le rôle prééminent de l’homme dans cette détérioration. Les résultats ne sont certainement pas fiables à 100% mais ils tendraient néanmoins à pointer du doigt une interrogation en ce qui concerne les capacités cognitives des espèces. Attention, danger, ce n’est pas parce que l’on est plus intelligent que l’on a plus de chance de traverser les époques pour arriver à bon port !
Voyage à Lilliput
octobre 15th, 2020
C’est en 1727 que le capitaine Lemuel Gulliver aborde à Lilliput située dans l’océan Indien, au sud de l’Australie. Ses habitants y mesurent environ quinze centimètres ce qui fait que Gulliver est un géant quand bien même il n’aurait pas mesuré plus de un mètre cinquante. Qualifié d’utopie le roman de J. Swift est à l’origine du terme lilliputien ce qui convient parfaitement au monde décrit dans l’article Pipsqueak animals show off Marvel-like superpowers in ‘Tiny World’ docuseries tout autant qu’à un article plus ancien Photos of the world’s smallest (and cutest) owl. Pas de découverte scientifique dans ces deux articles mais une vision très anthropomorphique de ce microcosme qui reste néanmoins visible à l’oeil nu. Comparaisons avec les animations récréatives dédiées aux enfants, analogies entre les performances animalières et humaines, qualificatifs féériques des acteurs de cette faune etc … Voici donc une nouvelle formulation de la phrase : « L’homme est la mesure de toute chose ». Protagoras ne l’a probablement pas pensé en ce sens , pourtant elle aurait fort bien pu faire partie du Théétète de Platon dans le regard qu’il portait sur la science !
Minority report
octobre 11th, 2020![Qui est la pythie ? [Partie1] | The temple of Apollo](http://lesveritesscientifiques.com/wp-content/uploads/2020/10/image.jpeg)
En 1956, Ph.K.Dick situe la dystopie de sa nouvelle en 2054 à Washington : des humains mutants sont capables de prédire des actions délictueuses en particulier criminelles. Il devient donc facile de remédier à ce non acte par l’arrestation réelle du criminel potentiel. Or il est parfois difficile d’expliquer les raisons de ses actes car de longues chaînes d’évènements, branchées les unes sur les autres, aboutissent à un résultat « rationnellement imprévisible ». Ce que l’on peut considérer comme faux depuis ce mois-ci puisque le monde de l’auteur précédemment cité est en passe de devenir réalité : Feature: Neurological Correlates Allow Us to Predict Human Behavior. Ce ne sont pas des « précogs », (https://fr.wikipedia.org/wiki/Minority_Report), mais une conjonction de facteurs hormonaux parmi lesquels l’ocytocine joue un rôle prépondérant. Cette hormone est connue depuis plus d’un siècle, et a même été qualifiée d’hormone des amoureux, ce qui prouve assez que son implication dans le comportement humain (et des mammifères) est connu en dehors de la sphère scientifique. La prédiction est une qualité recherchée de tous temps : les pythies en sont l’exemple parfait. Epouse du dieu Apollon, elle se doit d’être chaste durant sa vie terrestre. La pythie ne fait pas toujours l’unanimité, certaines mêmes comme Cassandre prêchent dans le désert. Leurs prédictions sont par ailleurs parfois difficiles à décrypter ce qui sera peut-être aussi le cas avec les prédictions basées sur les indicateurs hormonaux de l’investissement émotionnel !