Venu d’ailleurs !

octobre 28th, 2024

Il n’est pas inutile de le répéter, depuis Hésiode et sa Théogonie, parce que plus facile à déchiffrer que l’épopée de Gilgamesh en sumérien, l’apparition de l’homme sur terre constitue un problème majeur de la fondation de l’humanité. Si l’on excepte la création divine, ex nihilo, force est de se demander ce qui a bien pu présider à la survenue de la vie sur terre. Pour la finitude, les preuves existent, on peut simplement les trouver absurdes mais pour le point de départ pas la moindre trace du commencement d’une preuve ! Il est tentant de penser avec Aristote, « que rien ne nait de rien« , ce qui sous entend qu’il y toujours eu quelque chose, d’où l’hypothèse d’une succession de big bang et de big crush. Mais qu’en est-il de la vie, c’est à dire de son apparition ? Dans la mesure où même à l’œil nu, l’observation du ciel montre à l’évidence que la terre n’est pas la seule planète de l’univers, il a été tentant de postuler l’existence d’êtres extra terrestres qui auraient pu être à l’origine de la population terrienne, la science fiction regorge de ces élucubrations. Aujourd’hui les recherches évoquent une hypothèse moins farfelue, (Meteorite was ‘giant fertilizer bomb’ for life), mais qui s’inscrit néanmoins dans une démarche qui lui ressemble. Les météorites sont connues pour s’écraser sur terre et être cause de dégâts que l’on est en droit de qualifier d’extrêmes. Pourtant qui dit météorite sous entend phosphore et fer, excellents nutriments venant au secours d’organites unicellulaires procaryotes, et jouant le rôle d’un véritable engrais selon les auteurs de l’article. Il y a plus de trois milliards d’années la vie existait déjà, ce sont les stromatolithes. Mais la terre compte plus de quatre milliards d’années d’existence pendant lesquelles les impacts de météorites se sont succédé et si chaque collision était fatale à la vie antérieure, elle était aussi propice à un recommencement à l’image de la météorite géante dont parlent les auteurs.

Connaissance du passé/Destruction de l’avenir

octobre 20th, 2024

En fait la question n’est pas de savoir s’il faut choisir entre la connaissance de son passé et la destruction de son avenir parce que c’est la connaissance du passé de l’humanité qui est le signe de la destruction de son avenir. De quoi s’agit-il ? Le monde est maintenant largement averti que le dérèglement climatique dont l’homme est pour partie responsable, se traduit entre autre par un réchauffement global dont les conséquences sont multiples. Ce réchauffement qui affecte principalement les étendues océaniques se reflètent dans l’abondance et la violence des précipitations en général. Ces modifications affectent en particulier les étendues gelées jusqu’alors, glaciers, glace des montagnes, pergélisol (permafrost). Or il se trouve qu’un certain nombre de ces surfaces glacées pourrait l’être depuis des milliers d’années. Comme l’a révélé un cadavre célèbre, celui d’d’Ötzi, cette eau solidifiée avec laquelle des premiers hommes ont eu à vivre, peut en avoir gardé une certaine mémoire. C’est ainsi qu’en fondant elle instruit sur la saga humaine mais que se faisant elle témoigne de son impéritie et signe pour son avenir des jours moins heureux (The discoveries emerging from melting ice). En savoir plus sur le néolithique , c’est également en savoir plus sur les interactions homme/nature qui n’ont pas attendu l’anthropocène pour se manifester. Mais il existe des inconvénients, l’envers de la médaille. D’une part ces plaques glacées sont en voie de disparition et ce lien fragile avec le passé disparaitra à tout jamais, auront-elles livré tous leurs secrets avant leur effacement ? D’autre part, il se pourrait que se produise une libération de germes vieux de plus de cinquante mille et de ce fait parfaitement inconnus. L’homme d’aujourd’hui est-il prêt à apprendre les conditions de la vie au néolithique et à se défendre de ses vicissitudes ?

Et le Nobel est attribué à …

octobre 13th, 2024

Que les noms des différents récipiendaires des prix Nobel soient pour la plus part d’entre eux inconnus du public, n’est peut-être pas une raison suffisante pour ne pas discuter des deux dernières attributions. En effet, à y regarder de près l’IA semblerait bien être la gagnante, non pas encore toute catégorie, mais au moins dans deux disciplines, Physique et Chimie. Si les deux nominations concernent bel et bien des personnes physiques dont les noms ont été donnés, l’IA n’est pourtant pas absente et pour certains il devrait en être tenu compte. Quel est l’objet du débat ? La mise en concurrence de deux aspects de la recherche (AI wins two Nobels — sparking debate) : la théorie et la pratique dont il semble aujourd’hui que la séquence d’utilisation se soit inversée. L’hypothèse première, déterminant l’utilisation d’outils dédiés a été remplacée par l’utilisation première d’outils qui ne seront dédiés que secondairement en fonction des résultats qu’ils auront permis d’obtenir ! Ne serait-ce pas « mettre la charrue avant les bœufs ! » Il faut néanmoins reconnaître que cette nouvelle méthode de l’utilisation de l’IA n’est pas dénuée d’avantages et que même si le système enclanche de lui-même un auto processus réflexif et constructif, il repose bel et bien sur une démarche première dont l’humain n’est pas absent. Par ailleurs les recherches se révèlent être de plus en plus interdisciplinaires car il s’avère que la structure cause-conséquences n’est plus qu’exceptionnellement univoque. Enfin mais peut-être pas à la fin, l’IA peut donner à appréhender de façon plus large la réalité en permettant de comparer ce qu’elle est capable de construire et ce qui existe voire, pourrait exister. Ainsi l’intrusion de l’IA comme co-chercheuse n’exprime-t-elle que l’adéquation entre l’actualité sociétale et l’actualité scientifique.

N’est pas Mathusalem qui veut !

octobre 10th, 2024

Parler de l’espérance de vie au fil des siècles est sujet à de multiples interprétations tant sont nombreux les facteurs en cause. Si l’espérance de vie ne dépasse guère trente ans au moyen âge, il faut tenir compte de la mortalité périnatale, infantile, de l’absence e méddecine tant préventive que curative. Ces différents facteurs ayant progressivement disparu, on peut estimer être plus proche d’une donnée dépolluée quand on estime aujourd’hui que « entre 1900 à 2000, l’espérance de vie en France est passée de 48 à 79 ans, soit une hausse de 65 % en un siècle seulement« . De fait s’il existait une progression continue jusqu’à encore récemment, on s’aperçoit que se profile un réel ralentissement depuis le début du XXème siècle si l’on prend essentiellement en compte les pays « riches » (Life expectancy is increasing at a slower rate this century — and it may be because we’re reaching our human limit). Ainsi se pose la question angoissante de savoir si l’humanité ne se rapproche inexorablement du point limite possible de sa vie sur terre. Il y aurait-il malgré toutes les avancées médicales, sociétales, un buttoir inéluctable ( https://www.jim.fr/viewarticle/lesp%C3%A9rance-vie-elle-train-datteindre-plafond-verre-2024a1000ik2? ) La finitude humaine ne devrait-elle pas de nouveau être enseignée à l’homme pour qu’il ne se berçât point d’illusions ? Il est certain que vieillir plus longtemps n’entraine pas parallèlement un rajeunissement de ses cellules. Au contraire ces dernières accumulent tout a fait normalement les modifications physiologiques de la senescence. Tout se résume donc à l’horloge biologique dont on sait pas ailleurs qu’elle est spécifique de chaque individu : encore serait-il plus juste de parler des horloges biologiques car elles seraient plusieurs à régler avec précision la physiologie de l’organisme. C’est la raison pour laquelle la chronobiologie est capitale, son étude fut du reste couronnée par le prix Nobel de physiologie/médecine en1977.

Un vieux mystère mystérieux !

octobre 7th, 2024

La première loupe date probablement du XIème siècle, et fut utilisée à l’époque comme aide à la lecture d’où sa dénomination de pierre de lecture. Mais l’amélioration de la lecture ne doit pas être le seul bienfait à mettre sur le compte de ce système optique car celui-ci devait ouvrir des champs insoupçonnés d’observation : l’infiniment grand et l’infiniment petit. Pour de multiples raisons, c’est le monde végétal qui fut le premier à bénéficier de cette nouvelle échelle d’étude. En 1665, Robert Hooke fut le premier à se servir d’un microscope sur une tranche de liège végétal ce qui l’amena à inventer le terme de cellule. Avec l’amélioration progressive des moyens d’observation, il apparut que cette petite formation était loin d’être vide : elle renfermait (et renferme toujours !) en effet de nombreux organites. Celui dont il est question a fait l’objet d’innombrables études tant morphologiques que physiologiques et se révèle porteur d’une spécificité, celle de renfermer un ADN d’origine exclusivement maternelle. Mais il restait une incertitude, celle concernant son origine ! N’a-t-on pas été jusqu’à qualifier les mitochondries d’aliens ! On faisait, jusqu’à hier l’hypothèse que « les mitochondries étaient originellement une bactérie appartenant au groupe des protéobactéries » organisme qui aurait pénétré la cellule par endosymbiose pour s’y installer. Aujourd’hui cette hypothèse pourrait être confirmer mettant fin à un mystère savamment entretenu (Is this where mitochondria came from?). Des chercheurs « ont réussi à implanter des bactéries dans une cellule plus grande, créant une relation similaire à celle qui a déclenché l’évolution de la vie complexe« . Même s’il est difficile en pratique de créer une symbiose permanente et transmissible les résultats donnent du poids à une hypothèse qui date de la fin du XIXème siècle. S’il n’est pas non plus interdit d’imaginer des applications à la réalisation de différents types d’endosymbiose chez le vivant, on est en droit d’insister sur l’immuabilité et l’efficacité de la méthode expérimentale vieille de plus de cent cinquante ans, telle que Claude Bernard l’avait décrite en son temps.

Une brève histoire de la cellule

septembre 27th, 2024

Le mot cellule apparut au XVIIème siècle, fruit de l’observation du liège végétal par Robert Hooke, qui décrivit de petites cellules, parce que lui ayant évoqué de petites chambres régulières. Il fallut de nombreuses études pour qu’au XIXème siècle Schwann établissent la communauté d’organisation dans le règne animal et le règne végétal, celle-ci reposant sur UNE structure : la cellule. Celle-ci devient dès lors le pilier de la biologie : elle est l’Unité de base de la vie qui constitue tout organisme, animal ou végétal. En 2023, une estimation propose le chiffre de trente six mille milliards de cellules dans le corps humain parmi lesquelles on distinguerait deux cents types différents. D’où la question en 2024, comment définit-on la cellule : What is a cell type, really? Et alors se révèle toute la complexité de la question parce qu’elle repose sur le terme même de définition. Qu’est-ce que définir ? Selon le dictionnaire de l’Académie Française : « Déterminer avec précision et clarté l’ensemble des caractères d’une chose « . Il semble difficile d’être à la fois précis et clair tant le nombre des caractères cellulaires s’accroissent parallèlement au développement des techniques utilisées pour les étudier. Le chercheur biologiste va de découvertes en découvertes au fur et à mesure où ses instruments d’étude se complexifient. Quelques exemples seront convaincants en allant chronologiquement du plus simple au plus compliqué : la forme, les marqueurs moléculaires, la fonction, le séquençage d’ARN à cellule unique et dernière étape mais peut-être pas ultime, les marqueurs moléculaires fonctions de la place d’une cellule dans les tissus, ce qui fait passer le nombre de types différents de deux cents à plus de cinq mille ! Dès lors quelle est LA question à laquelle il n’a pas encore été répondu : produire un nouvel atlas, promouvoir des thérapeutiques adaptées, reconnaître quelle est l’unité de base de la vie ?

Hérédité et environnement

septembre 23rd, 2024

En 1866, Gregor Mendel permet au Pisum sativum d’acquérir une notoriété qui ne se démentira pas au fil des siècles. Choisissant fort à propos ce légumineuse, il va mettre en évidence, par une étude portant sur au moins quatre générations, la transmission de caractères simples : graines ridées et graines non ridées. A l’époque méiose et chromosomes sont inconnus, mais Mendel propose pour expliquer le phénomène de la transmission, l’existence d‘unités héritables. L’avenir devait montrer que la simplicité n’est pas de ce monde en particulier quand Conrad Hal Waddington s’aperçoit en 1942 qu’il existe une hérédité au delà des gènes ! Ainsi des caractères acquis peuvent-ils être transmis d’une génération à l’autre sans qu’il y ait mutation ce qui se traduit par la création d’un phénotype correspondant à cette acquisition. La méthylation de l’ADN est l’un des mécanismes le plus fréquent de l’épigénétique. On peut utiliser la mesure du taux de méthylation de l’ADN pour attribuer un âge, dit épigénétique plus précis que l’âge chronologique : cette horloge épigénétiqe pouvant ne pas correspondre à l’horloge chronologique d’un individu. Mais ce qui n’aurait pu être qu’une modification éphémère s’est révélée fonctionner sur plusieurs générations ce qui est d’une grande importance dans les processus évolutifs. Une récente étude Epigenetic Clocks Continue to Tick Over Multiple Lifetimes, confirme cette compétence au niveau d’une population cellulaire de première importance (mais en est-il qui ne le soient pas ?), les lymphocytes T. Cellules mémoires s’il en fut, ces cellules semblent se caractériser par une horloge épigénétique qui leur est spécifique. Considérablement plus âgés que l’horloge chronologique d’un individu jeune et souffrant d’un processus lymphoprolifératif, non atteints par une limite d’âge (chez la souris !), après plusieurs réinjections. On est encore loin d’expliquer ce comportement, mais la porte s’ouvre sur des applications insoupçonnées.

Pas de différence, vraiment ?

septembre 20th, 2024

N’en déplaise à tous ceux qui s’attachent à démontrer qu’il n’existe pas de différence entre la gente féminine et la gente masculine, force est d’en accepter quelques unes. La raison voulant simplement de n’accorder à ces différences aucune connotation qualitative ou quantitative. La dernière en date concerne un organe noble, s’il en fut : le cerveau. On a déjà glosé à l’infini sur la différence de taille qui existerait entre un cerveau femelle et un cerveau mâle. Cette différence existe pourtant mais dans une circonstance bien particulière la gestation, qui comme chacun en est bien conscient relève exclusivement de la gente féminine chez l’humain. Documents à l’appui, A portrait of pregnancy brain changes, il appert qu’il existe bel et bien des différences pendant la gestation et là, il ne s’agit pas d’une étude chez les murins ! Schématiquement il existe une diminution de la substance grise et un pic transitoire de connectivité neuronale. On connaissait des actions hormonales physiologiques périphériques mais elles n’étaient pas encore démontrées au niveau du cerveau. Certaines de ces modifications par ailleurs persistent au delà de l’accouchement puisqu’il en est qui se poursuivent au delà de deux ans. Si ces modifications démontrent à l’évidence la normalité d’une différence de genre elles seront peut-être également importantes dans l’étude de syndromes encore inexpliqués en rapport avec la gestation, l’accouchement et le post partum. Les différences existent et ne peuvent être niées car elles sont naturelles et donc normales.

C’est comment décider ?

septembre 16th, 2024

Pour procastiner, remettre à demain ce que l’on pourrait/devrait faire le jour même, comme pour précastiner, agir immédiatement, il doit exister un système apte à rendre la perception agissante : comprendre qu’il existe un futur réalisable, passer d’une sensation à son accomplissement. Encore une prérogative de la boîte noire qui vient d’être explorée (‘Brain-Wide’ Dynamics of Making Decisions Uncovered, https://www.labmanager.com/brain-wide-dynamics-of-making-decisions-uncovered-32812?). Le processus décisionnel est en effet loin d’être simple. Retirer rapidement sa main d’une source de chaleur ne rentre pas dans ca cadre, puisqu’il s’agit simplement d’un acte réflexe dont le trajet neuronal est connu depuis longtemps grâce aux sacrifices de nombreuses grenouilles dont le destin s’est brusquement interrompu. Dans l’étude sus citée, il s’agit d’actes décisionnels plus complexes s’appuyant sur la perception du changement de vitesse d’un motif visuel donnant lieu à une réponse spécifique. Il est heureux de constater une réelle différence avec la voie du reflexe médullaire puisque les auteurs ont en effet mis en évidence que de nombreux neurones dans des zones différentes étaient impliqués. Il existe néanmoins des différences selon que l’animal a ou n’a pas appris à répondre. Mais s’agit-il réellement d’une découverte, dans le sens où jamais on aurait pu imaginer le résultat obtenu ? Non seulement la réponse est NON mais encore elle reste particulièrement frustre par rapport à la question posée ! Peut mieux faire !

Pourquoi « liker » désinforme !

septembre 13th, 2024

Liker :

anglicisme : Indiquer que l’on apprécie (un contenu) sur Internet en cliquant sur le bouton prévu à cet effet. Rien de plus simple que d’appuyer sur le pictogramme proposé à cet effet quand on veut faire savoir que la lecture ou le visionnage d’un document satisfait celui qui l’a lu ou lui a simplement jeter un regard rapide. Mais que devient ce gentil pouce levé (How ‘likes’ fuel a spiral of misinformation) ? La question est loin d’être anodine dans la mesure où il échappe totalement à celui qui l’a utilisé, sans y apporter une attention particulière. Une fois envoyé par la machine, il va vivre sa vie en contribuant à augmenter le poids d’une affirmation, d’une négation, d’un jugement, d’une idée, d’une supposition, d’un concept, la liste en est sans fin. Le problème vient de ce que ce pouce virtuel est destiné à appartenir au réel ; comme le dit l’article « si vous en faites une tendance, vous en faites une réalité ». Grâce au biais cognitif qui fait que chacun a toujours tendance à tenir pour vrai ce à quoi il croit, il se crée des chemins préférentiels empruntés sans discussion par des lecteurs grégaires. Ces voies d’une information désinformative, sont enfant d’algorithmes mangeurs d’ approbations ou désapprobations envoyées dans un monde où la virtualité a comme qualité première d’être devenue réalité ! Autre facette de la réalité augmentée ? La complexité est à son comble et comme l’a si bien écrit MR de Beaumarchais « D’abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l’orage ….. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, … vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler … ». Rien ne changera jamais, seules les voies empruntées accélèreront encore les phénomènes.