N’est pas végétarien qui veut !

décembre 12th, 2024

Être végétarien c’est adhérer à une certaine idée de vie, mais c’est aussi manifester une appétence réelle pour le règne végétal peut-être pas dans son ensemble mais néanmoins pour un certain nombre de ses représentants au nombre desquels les légumes. « Plante potagère dont certaines parties peuvent entrer dans l’alimentation humaine« , dont la liste est longue : légumes tiges, légumes feuilles, légumes fleurs, légumes racines, secs ou frais, ils participent à l’alimentation humaine depuis l’antiquité peut-on lire, en réalité depuis si longtemps que la date plonge dans la nuit des temps. Pourtant tous les individus ne sont pas égaux devant le règne végétal en terme d’élément de nourriture. Si on évoque l’importance de leur introduction dans l’alimentation du jeune enfant, il n’en reste pas moins vrai que l’adulte qu’il deviendra en sera plus ou moins friand. Aujourd’hui il convient de ne pas stigmatiser ceux qui se refusent à en absorber quelques uns car l’explication en est scientifique (Greens and Genes: The Bitter Truth Behind Your Veggie Preferences), donc sans appel …. , l’expérience gustative reposant « sur un mélange de facteurs génétiques et individuels« . Les récepteurs du goût sont de deux types, et c’est essentiellement les récepteurs sensibles à l’amertume, type 2, qui sont en cause. Ainsi est-il possible de distinguer des super goûteurs en fonction des copies du gène que possède l’individu considéré, ce qui se traduit par une différence dans le ressenti du légume que l’on mange. Mais mise à part l’explication rationnelle du rejet alimentaire, cette explication peut permettre un élargissement de la palette nutritive. Si l’on modifie le goût de certains légumes, on augmentera leur absorption et donc on améliorera la nutrition de la population humaine. Malheureusement on se heurte là encore à la peur que génère l’acronyme OGM. Tout espoir n’est pourtant pas perdu, puisque contourner le problème reste néanmoins possible : il suffit de faire ce que l’humanité a toujours pratiqué  » les méthodes de sélection traditionnelle » puis ajouter une touche de modernité et « appliquer le dépistage génétique pour identifier les mutants naturels« .

Intéressant ?

décembre 10th, 2024

N’importe quel jardinier sait qu’après la pluie ce peut être le beau temps, mais qu’un temps pluvieux est aussi le meilleur moment pour vérifier la qualité de sa terre en comptant les vers de terre qui sortent de leur repère. Le lombric en effet est considéré comme le meilleur ami des jardins : c’est un fidèle témoin de la bonne qualité du milieu dans lequel il évolue et qu’il aère comme on l’apprenait aux petits écoliers des décennies passées. Une question d’importance se pose néanmoins aux plus curieux : pourquoi les vers de terre sortent-ils pendant qu’il pleut à moins que d’imaginer qu’ils aiment patauger dans un terrain détrempé ! (Why do worms come out in the rain) ! Nombreuses et pertinentes sont les hypothèses soulevées par les spécialistes en géodrilologie, parmi lesquelles : leur crainte d’une noyade, la teneur en oxygène, un stimulus nociceptif (prédateur, pluie acide), le besoin d’un déplacement accéléré …. En fait quand on croise phénomène vibratoire et sortie des vers de terre, on s’aperçoit qu’il existe bel et bien un point d’intersection : certains oiseaux « vermiphages » tapent sur le sol de de telle sorte que les vers en sortant se font dévorer par ceux des oiseaux qui en sont amateurs. Il existe donc deux interprétations possibles : les oiseaux ont appris mais pas les vers de terre !! Pour mémoire, Frank Herbert devait être au courant de ce phénomène puisque les Fremen de Dune tapent sur le sol de façon rythmée pour en faire sortir les vers de sable avant de les chevaucher !

Début du naufrage ?

décembre 7th, 2024

C’est un processus dont on ne connait ni le début ni la fin, sous entendu, la date du début tout autant que celle de la fin. S’il pourrait être intéressant de connaitre la première, la seconde serait cause de controverses à l’infini. La devinette est donc « Qui suis-je ? ». Je suis un processus inhérent à tout système biologique, consubstantiel au règne animal dans sa totalité, allant de paire avec la propriété de se reproduire, quand bien même ma vitesse n’est pas la même pour tous ! C’est du vieillissement dont il est question ici. Si à l’instar des signes extérieurs de richesse, il existe des signes extérieurs de vieillissement auxquels chacun essaie plus ou moins de pallier, il serait bon en effet d’en reconnaitre les premières manifestations pour y pallier. Mais pour ce faire se pose LA question : comment savoir reconnaitre le début du dit processus ? C’est cette question que traite l’article What is ageing? Researchers don’t agree en s’attaquant au problème de base, qu’est-ce que le vieillissement ? Hélas, trois fois hélas, les spécialistes eux-mêmes ne sont pas d’accord. Pour certains il n’est pas possible de trancher entre deux visions du processus, entre maladie ou pas maladie, ce qui semble particulièrement curieux dans la mesure où il s’agit d’un mécanisme qui peut sembler normal dans la mesure où les cellules des animaux supérieurs n’ont pas la capacité de revenir spontanément et normalement à leur état primitif : l’autoréparation ne fait pas partie de leur bagage. Quant à son début, pour d’autres, il serait déjà en marche avant la conception puisqu’il pourrait toucher les cellules germinales en propre ! De même que l’âge canonique n’est pas synonyme d’âge très avancé, puisque étant défini par le droit canon il varie en fonction de l’individu considéré, de même le vieillissement varie-t-il avec ceux qui s’y intéressent. Mathusalem aurait vécu 969 ans mais la recette a été perdue et ceux qui s’y intéressent ne sont pas prêts de remettre la mais dessus !

Rire pour réfléchir !

novembre 24th, 2024

Personne n’ignore l’existence du Prix Nobel tant l’honneur qui s’y rapporte s’il revient en premier lieu à l’heureux récipiendaire, éclabousse également ses paires voire la nation dont il est issu. Créé en 1901 par Alfred Nobel, inventeur de la dynamite, la récompense s’adresse à cinq disciplines différentes à l’exception des mathématiques et ce pour des raisons assez évasives, sur lesquelles Alfred Nobel n’a jamais voulu apporter de précisions. Mais pour faire mentir le dicton « pas sérieux, s’abstenir », en 1991 Marc Abrahams, éditeur et cofondateur du magazine scientifique humoristique Annals of improbable Research crée le prix Ig-Nobel pour Ignobel, une récompense parodique de son prestigieux frère sus nommé. Il semble que les titres en soient volontairement transgressifs comme en témoigne l’article The ‘silly’ science prize changing careers (https://www.nature.com/articles/d41586-024-03756-w) : ainsi Les chauffeurs de taxi londoniens ont un plus gros hippocampe ou bien, Premier cas documenté de nécrophilie homosexuelle chez les canards. Si leur lecture montre qu’il s’agit bel et bien de travaux originaux, ils sont également et peut-être surtout le point de départ d’études ultérieures probablement en rapport avec un regard différent et exempt d’a priori castrateurs. Ainsi peut-on voir dans le rire le bouton qui déverrouille une situation, qui ouvre une porte sur un inattendu, un nouveau type de rupture épistémologique !

Homo ratus est homini !

novembre 16th, 2024

L’homme un rat de laboratoire (Why we are all lab rats in the digital world) ? Il convient de choisir le sens que l’on donne à l’expression, car le rat de laboratoire est un petit rongeur bien particulier de l’espèce des ratus novergicus, issu d’une lignée choisie et élevée à des fin d’expérimentation, quand par ailleurs le rat de laboratoire est celui qui passe sont temps confiné dans son lieu de travail. Qu’est donc « l’homme, rat de laboratoire » des auteurs ? Un sujet devenu objet d’expérimentation tel le ratus norvegicus dans la mesure où il ignore parfaitement son état puisqu’il y a été mis à son insu ! Il ne s’agit ni plus ni moins que de l’utilisation des « mega/giga data » accumulées au grès de l’utilisation des réseaux sociaux par tous ceux qui les parcourent. Quelle que soit le recherche, qu’il s’agisse d’un particulier, d’une entreprise, cette utilisation des données affecte tout autant les travailleurs indépendants que des équipes de scientifiques. « Il existe ainsi trois régimes possibles d’expérimentation – explicite, caché et illimité – qui ont reconfiguré l’autonomie » des consommateurs. Ainsi créer un compte est-il synonyme d’abandon des données personnelles au profit de … ? Si le monde scientifique est plus impliqué dans une démarche éthique, il n’en est pas nécessairement de même pour tous ceux qui se situent en dehors. C’est la raison pour laquelle la loi sur l’intelligence artificielle de l’Union européenne (https://www.cyberguru.it/fr/2024/05/06/loi-sur-lia-leurope-est-la-premiere-au-monde-a-reglementer-lintelligence-artificielle/?) est d’une réelle importance et constitue une avancée responsable dans l’encadrement de l’utilisation des données et des algorithmes générés. Encore un exemple d’un détournement par destination !

Pourquoi l’écriture ?

novembre 13th, 2024

Les peintures pariétales de la préhistoire sont loin d’avoir livrer tous leurs secrets. Pourquoi les représentations animales y sont-elles si merveilleuses et pourquoi celles de l’homme sont-elles rares et si éloignées de leurs modèles ? Quelle est la signification des mains pariétales amputées d’un ou de deux doigts ? A coup sûr, il ne s’agit pas d’amputations chirurgicales ni de malformations ! L’homme préhistorique a pourtant donné à l’image une signification que l’homme actuel est incapable de totalement déchiffrer. L’écriture en tant que telle est intervenue bien plus tard, en fait relativement récemment et la question se pose toujours d’en connaître le pourquoi et le comment. On imagine volontiers que dans la mesure où les échanges se sont complexifiés, les besoins économiques en sont l’origine. Échanger une vache contre cinq chèvres ne devait pas poser de problèmes, mais des céréales contre des poteries rendait l’opération plus délicate. C’est probablement dans ce sens que va l’étude concernant des signes graphiques rapportés au commerce en Mésopotamie (Cylinder symbols hint to origins of writing), c’était déjà l’hypothèse que soulevait L.J. Calvet dans son ouvrage, Histoire de l’écriture (HACHETTE, Littératures, 1996). Dans le cas des sceaux cylindriques étudiés, l’intérêt vient de ce que les signes relevés pourraient constituer une étape antérieure à l’écriture cunéiforme, méritant donc le qualificatif de proto cunéiforme. Cette « première ébauche » d’écriture se situerait environ quatre mille quatre cents ans av. J.-C, soit mille ans avant l’écriture elle même, quand l’Iliade et l’Odyssée homériques dateraient du sixième siècle av. J.-C. Même s’il reste des interrogations sur l’interprétation de certains signes, il n’en reste pas moins vrai que la vie économique a du être un facteur puissant dans l’apparition de l’écriture et dans le passage du symbole au mot porteur de sa signification !

Plaidoyer pour la syntaxe

novembre 10th, 2024

Dans la fin des années cinquante, une éducatrice du nom d’Evelyn Wood, gagna sa popularité en créant et commercialisant un système censé augmenter la vitesse de lecture donnant le terme de lecture rapide ou dynamique au procédé. Peu de critiques alors se firent jour et la méthode fut facilement acceptée bien qu’elle reposât sur une impossibilité, à savoir l’élargissement du champ visuel. Evelyn Wood suggérait en effet qu’il était possible, en s’exerçant, de déchiffrer des signes disposés sur une surface supérieure à celle de la fovéa. Or physiologiquement en dehors de cette zone, la vision devient très imprécise (https://www.persee.fr/doc/prati_0338-2389_1986_num_52_1_1414). Et donc comment est-il possible qu’il existe des individus qui lisent beaucoup plus rapidement que d’autres, de même comment est-il possible de comprendre les messages SMS quand ils ne sont composés que de consonnes juxtaposées ? Ce qui est en l’occurrence une des caractéristiques des langues sémitiques triconsonantiques ou trilitères ! Quoiqu’il en soit, il est de fait que « le traitement du langage en un coup d’œil ne devrait pas fonctionner« , mais puisqu’il fonctionne, il doit exister une explication et c’est ce que propose l’article Humans comprehend sentences in a flash en s’appuyant sur ce qui devrait être un mantra universel : connaître la syntaxe de sa langue ! Car quand on connaît, on reconnaît : c’est aussi simple que ça ! Rien de plus élémentaire mais aussi de plus porteur de sens que l’ensemble sujet, verbe, complément. Pour tous ceux qui se jouent de la structure de leur langue mais aussi de leurs écrits il est particulièrement important de leur rappeler que cette dernière est essentielle s’ils veulent être vraiment bien compris.

Mithridatiser !

novembre 5th, 2024

Probablement parce que son père Mithridate V avait été assassiné et par ce que il avait tenu tête aux Romains, Mithridate VI usa de précautions pour éviter d’être empoisonné. A cet effet il eut recours à l’absorption réitérée de poison à doses filées (comme on le dirait aujourd’hui) et l’effet cherché fut obtenu puisqu’il ne réussit pas à se suicider et demanda à être aidé pour se faire. Aujourd’hui il s’agit bel et bien de se prémunir des effets particulièrement funestes que peuvent avoir sur la vie des individus en société, la nuée de fausses informations, dites encore fake news, qu’il est particulièrement difficile de débusquer pour les plus sophistiquées d’entre elles. C’est pourquoi un mode d’emploi à cet effet est le bien venu (Can we ‘inoculate’ against fake news?). On aurait envie de dire que persuader les individus de mettre en marche leurs capacités de réflexion et de les utiliser dans un temps long serait l’étape indispensable, nécessaire et suffisante. Pourtant, c’est elle qui pose déjà problème car la persuasion s’inscrit dans une démarche parallèle à celle qu’adopte la fausse information. Il convient donc d’être plus subtile, en préparant le terrain pour inoculer un vaccin qui tout en étant indolore sera efficace. Il est vrai que la méthode s’apparente à l’effet d’un message subliminal qui imprime déjà une information et qu’elle n’agit pas sur cette dérive sociétale qu’est le débordement incontrôlable d’informations. Comme le souligne l’article il n’existe pas une méthode mais des méthodes que l’on devrait pouvoir combiner. Pourtant toutes ont un socle commun, et c’est lui qui devrait être enseigné : savoir réfléchir ensemble en prenant son temps.

Arrêt sur image

novembre 2nd, 2024

Une boîte noire est un système dont le fonctionnement interne est soit inaccessible, soit omis délibérément. Pour le behaviourisme le cerveau est une boîte noire et seuls les comportements sont accessibles et peuvent servir de base à une étude scientifique. Aujourd’hui sans être devenue d’une totale transparence, la boite noire livre peu à peu les secrets de sa construction ce qui plus tard aidera peut-être à expliquer son fonctionnement. C’est ce que propose l’article The ineffable quality of the human brain en abordant l’étude comparative de plusieurs cerveaux de mammifères (ou pas) en s’attachant particulièrement au versant cytologique de l’étude, ce qui aurait plu aux morphologistes classiques, mais pour faire preuve de modernité, en lui adjoignant des données génétiques. Depuis Golgi et Ramon y Cajal, les images des neurones n’ont pas réellement été modifiées : on peut simplement s’accorder sur le fait qu’ils sont loin d’être aussi simples que les premières imprégnations argentiques ou colorations spécifiques le laissaient supposer. Exception faite de l’axone qui même s’il se bifurque reste unique, les dendrites se révèlent beaucoup plus nombreux et la forêt des synapses est inextricable. En résumé, c’est la même chose mais en mieux ! Par contre la perte cellulaire annoncée très précocement chez le petit humain se révèle être une duperie, car le cerveau n’atteint sa maturité que vers le tiers de la vie de son possesseur, ce qui est rassurant ! Quant au quotient d’encéphalisation il est largement en faveur de l’humain. Et si le nombre des cellules est supérieur chez l’homme, les types cellulaires sont comparativement moins différents que ce à quoi aurait pu prétendre son orgueil. En fait comme l’écrivent les auteurs « ce ne sont pas les ingrédients qui sont différents, mais la recette« . Si les instruments sont globalement identiques, ils sont plus nombreux et l’orchestre est capable d’un polyphonie plus riche.

Le zéro n’est pas rien !

octobre 30th, 2024

Il est de notoriété publique que le « zéro a été inventé tardivement dans l’histoire ». Son usage moderne est à mettre sur le compte d’un mathématicien italien, Leonardo Fibonacci, qui introduisit en Europe le système de notation indo-arabe avec en particulier sa notation sous la forme d’une figure simple fermée, 0. Mais si la figure se révèle effectivement simple, le symbole qui s’y rattache est très loin de l’être, comme on peut en juger. Il est à la fois chiffre et nombre, il représente quelque chose qui n’existe pas mais qui devient existant puisque l’on constate son absence, il prend place sur l’axe des abscisses et ordonnées avant le 1 : quant aux opérations auxquelles il participe, elles ont nécessité de nouvelles règles de calcul ! Ainsi le zéro est-il affecté d’une complexité extrême qui ne peut qu’échapper à celui qui le manipule quotidiennement en raison d’une représentation mentale comme pour tous les autres chiffres. Alors dans la mesure où il est devenu possible de réaliser des images du fonctionnement cérébral, il était intéressant de tester la représentation des chiffres et des nombres en portant une attention toute particulière au zéro. N’est-il pas amusant d’avoir une image d’une « absence [qui] devient objet mathématique » ? En effet pourquoi le zéro n’occuperait-il pas une place particulière dans le cerveau (How we get our heads around zero) ? Les auteurs ont donc cherché s’il existait une base neuronale pour le zéro. Fondamentalement il n’existe pas de différences spécifiques concernant sa représentation. Si le zéro allume plus de neurones, le cerveau le traite néanmoins comme tout autre nombre : « En tant que tel, le zéro est traité comme n’importe quel autre nombre formel« . Et donc, à l’image de « l’homme [qui est] une femme comme les autres », le zéro est un nombre comme les autres ! Reste pourtant cette propriété humaine (jusqu’à aujourd’hui du moins) de savoir différencier l’absence du rien.