Qu’est-ce que l’attraction entre deux individus et en quoi consiste-t-elle ? Les hypothèses restent encore nombreuses et comme il s’agit d’une question qui se situe dans un domaine plus immatériel que matériel, pas d’autre possibilité que d’utiliser au fur et à mesure des époques, les progrès de la technique. Partant de l’hypothèse qu’il doit nécessairement exister une base solide à tout ce qui existe, il doit donc en exister une à cet état particulier comme il devrait tout autant en exister une à son contraire. On doit donc pouvoir avoir accès à des éléments d’explication par le biais d’examens spécifiques quantifiables, fiables, reproductibles, robustes tels que la science s’enorgueillit d’en être détentrice. Ainsi, aujourd’hui, c’est à l’image que l’on fait confiance parce qu’elle « rend accessible une réalité antérieurement inaccessible » et dans le cas présent c’est une image du cerveau, tel qu’en lui même, que propose la technique (Visualizing Interpersonal Connection, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/45720/title/Visualizing-Interpersonal-Connection/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=28059011&_hsenc=p2ANqtz–lXBwJkdQQY_fKvT2iXDBjuwy6vrlBdBSuPaPQGBictMyp7tRt7CR5dN2PU7OxBBnglEvaX-JDZZtp6LNRJIwgyniDlg&_hsmi=28059012). Voir c’est permettre une croyance raisonnable, c’est la raison qui s’exprime, c’est donc l’ultime preuve. Mais il s’agit d’une image ce qui introduit une étape de médiation indispensable à l’accessibilité. Si l’on fait abstraction de la théorie platonicienne selon laquelle l’image est forcément imparfaite sinon il y aurait identité et il ne s’agirait pas d’une image, il restera toujours l’étape interprétative de la dite image qui n’est pas autre chose qu’une traduction comme il est indispensable d’en utiliser une entre deux langues différents. Ces deux étapes franchies, il ne serait pas impossible que le striatum ventral et le cortex orbito-frontal médian soient impliqués dans ce phénomène « inexplicable » de l’attraction chez l’homme. Mais comme ces plages appartiennent à un circuit dit de récompense, on en revient au problème de l’acte gratuit !
L’Attraction expliquée ou inexpliquée ?
avril 14th, 2016D’où viens-tu ?
avril 11th, 2016
Qu’il y ait eu d’une part des rencontres explosives entre la terre et des météorites ou des astéroïde ne constitue pas le scoop de l’année, pas plus que celui de l’année précédente et encore moins de celle à venir ! Mais que d’autre part on se pose la question de l’apparition de la vie sur terre et l’on entrevoit comme un rapport avec l’affirmation précédente, car il se pourrait bien qu’il n’existe que deux possibilités : soit la vie appartient à la nature terrestre, soit la vie est venue d’ailleurs. C’est alors que se fait jour tout l’intérêt de la première proposition. C’est dans ce sens que va un article » Origines de la vie : un composant-clé de l’ADN possiblement importé par les comètes ! (http://www.lepoint.fr/astronomie/origines-de-la-vie-un-composant-clef-de-l-adn-possiblement-importe-par-les-cometes-07-04-2016-2030773_1925.php). Petit article de vulgarisation ? Pas tout à fait puisqu’il permet de tracer pour les retrouver plusieurs autres articles, tous arguments en faveur de cette possible origine extra terrestre, Aldehydes and sugars from evolved precometary ice analogs: Importance of ices in astrochemical and prebiotic evolution (http://www.pnas.org/content/112/4/965.abstract), Apparition de la vie sur Terre : des sucres produits à partir de glaces interstellaires simulées en laboratoire (http://www.insu.cnrs.fr/node/5140). Ainsi les scientifiques n’arrêtent-ils pas de construire et la cellule, la plus simple qui soit (cf http://lesveritesscientifiques.com/2016/04/que-lui-manque-t-il/ ) se trouverait bien d’être la suite de ce ribose apparaissant sur une micro-planète artificielle. On pourrait se dire que rien n’arrête le progrès, mais alors comment interpréter ce concept de panspermie (Anaxagore, – 500 , – 428) selon lequel la Terre aurait été fécondée de l’extérieur, par des moyens extraterrestres. Il est vrai qu’à l’époque le cosmos est primordial et son harmonie un pilier de la vie bonne. Platon aurait-il eu raison quand il enseignait l’innéité de la connaissance, qui plus est en le démontrant dans son dialogue entre Socrate et Ménon !
Que lui manque-t-il ?
avril 8th, 2016
Il n’existe pas une boite à outils mais plusieurs puisque tout dépend de ce que l’on veut faire avec. D’emblée on peut distinguer deux actions : réparer, construire. Dans le domaine dont parle l’article, Artificial cell designed in lab reveals genes essential to life (https://www.newscientist.com/article/2082278-artificial-cell-designed-in-lab-reveals-genes-essential-to-life/?cmpid=NLC%7CNSNS%7C2016-3103-GLOB&utm_medium=NLC&utm_source=NSNSAL) il s’agit de celle qui construit, et quand on est un adorateur de la novlangue (c’était hier un néologisme) on pourrait l’appeler, la bioboite. Encore assez simple mais destinée à un brillant avenir, elle renferme un matériel de base, du type outils de référence, indispensables à la construction d’une entité certes sommaire mais qui appartient au monde du vivant. La cellule ainsi réalisée est plus simple que la plus simple de toutes celles existantes dans la nature. Elle renferme en effet un génome conçu par ordinateur comportant quatre cent soixante treize gènes (le Mycoplasma genitalium en possède cinq cent vingt cinq). Mais ce qui retient l’attention c’est en fait la réflexion qu’induit la démarche en elle-même permettant de reconnaître pour indispensables des gènes quand on ne le pensait pas et inversement ! De telle sorte que les auteurs n’hésitent pas à parler de matière noire de la biologie mettant ainsi en rapport l’existence d’une matière hypothétique que l’on évoque pour rendre compte d’observations sans explications objectives. Ce n’est pas anodin en effet de reconnaître que l’on ne sait pas tout ! Ce qui conduit tout naturellement et heureusement à cette autre affirmation : Breakthrough in synthetic biology is far from ‘playing God’ (https://www.newscientist.com/article/mg23030672-700-breakthrough-in-synthetic-biology-is-far-from-playing-god/).
Intimidation
avril 5th, 2016
Quand on parle avec une certaine inquiétude des avancées de l’intelligence artificielle on devrait également considérer avec au moins la même inquiétude l’évolution des réseaux sociaux. Aujourd’hui ce qualificatif de social ne reste adapté qu’à condition d’y inclure une connotation autrement plus péjorative que le terme lui même ne pourrait le laisser à penser. En fait les réseaux sociaux, comme l’intelligence artificielle, ne sont que l’expression de leurs concepteurs mais ils leurs échappent et évoluent selon leurs règles. Malheureusement ces règles proviennent d’utilisateurs indifférenciés dont le nombre ne fait que croitre sans distinction de leurs motivations ni de leurs environnements . Ainsi des voies qui n’avaient certainement pas été envisagées lors de la conception du système, se sont elles manifestées. On peut distinguer trois grandes directions : l’une est vertueuse, c’est celle de la connaissance, tandis que deux autres le sont beaucoup moins puisqu’elles s’inscrivent dans le voyeurisme et l’emprise : mettre en lumière sous couvert d’une certaine obscurité, dévoiler sans être vu. On peut imaginer en amont une gestion des risques, mais quelles n’auraient pas été les critiques virulentes du même type que celles qui fustigent toute atteinte à la liberté, de telle sorte que pas plus avant qu’après il n’est possible de mettre un frein à cette « scriptorrhée » dont on ne soupçonnait même pas l’ampleur. Si la parole est un agir difficile parce qu’il y a visibilité de son expression, l’écriture qui peut se cacher ne présente aucune difficulté. Elle peut s’affranchir de tout code éthique et c’est ce que dénonce aujourd’hui enfin certaines prises de position avec l’idée que finalement d’un mal puisse naitre un bien (Play nicely, http://www.nature.com/news/play-nicely-1.19639?WT.ec_id=NATURE-20160331&spMailingID=51037895&spUserID=MjA1NTExOTM5MgS2&spJobID=883880186&spReportId=ODgzODgwMTg2S0). Il est de fait que la culture et l’appétence pour la connaissance ont été les premiers acquis de la toile lorsqu’elle était encore confidentielle, mais pourquoi justement ne pas essayer de tirer partie de son succès par l’analyse même des comportements qui s’y dévoilent ! Les jeux en ligne, tout particulièrement, peuvent être à la fois objet et sujet d’étude comportementale (Can a video game company tame toxic behaviour? http://www.nature.com/news/can-a-video-game-company-tame-toxic-behaviour-1.19647?WT.mc_id=SFB_NNEWS_1508_RHBox) ce qui est le cas pour League of legends, le seul jeu en ligne du groupe Riot Games (2006) qui regroupe aujourd’hui 80 millions de comptes actifs et, chaque jour, plus de 8 millions de joueurs connectés simultanément. L’avenir dira si oui ou non tout est » pourri au royaume du Danemark ».
Si belle en ce miroir
mars 31st, 2016
Qu’est-ce qu’un miroir ? Il ne s’agit pas uniquement d’un objet qui réfléchit depuis l’antiquité, mais depuis plus récemment de l’objet indispensable à la réalisation d’un test d’auto reconnaissance mis au point en 1970 par Gordon G. Gallup, psychologue américain investi dans le domaine animal et humain. Auparavant le test du miroir avait été utilisé par différents psychologues et psychanalistes et avait permis de définir plusieurs étapes de la reconnaissance du soi devant une image d’abord sans signification. L’éthologie qui s’intéresse au comportement des animaux dans différents environnements ne pouvait pas ignorer cette question de savoir si l’animal a conscience de lui même. En d’autres termes, le test du miroir appliqué à l’animal permet de se faire une idée quant à sa possibilité d’une auto-reconnaissance. Plusieurs mammifères et quelques oiseaux auraient réussi ce test et aujourd’hui la raie Manta (Manta birostris, famille des Mobulidae) pourrait également faire partie du groupe des heureux élus, ayant conscience d’eux-mêmes (Behavior Brief, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/45665/title/Behavior-Brief/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=27734285&_hsenc=p2ANqtz-_Ux3kyrPT2I8-POJOyv1kd9A3-Ehd5dH6lRFZdz4PRhQA6asQ9f-e4cj4C0n5bLR1SRSb57l4MWvDpbcoG_F8zyYIwLQ&_hsmi=27734285,Contingency checking and self-directed behaviors in giant manta rays: Do elasmobranchs have self-awareness?doi:10.1007/s10164-016-0462-z) . Les Elasmobranches, sous branche des Chondricthyes, rassemblent les raies et les requins. Pour le requin les informations manquent mais de compétents éthologues animaliers affirment que la raie mise en présence d’un miroir modifie son comportement. Qu’elle possède le plus gros cerveau parmi les poissons ne signe pas nécessairement la conscience de soi, ses circonvolutions sont au moins aussi importantes sinon plus, mais elle en a . Par contre la vision n’étant pas peut-être pas le seul sens requis dans la reconnaissance de l’animal, l’olfaction qui en fait également partie n’est pas sollicitée dans le test du miroir. Quoiqu’il en soit, s’il semble assez facile (vidéo, Animals in Mirrors Hilarious Reactions, https://www.youtube.com/watch?v=GaMylwohL14) d’apprécier certains changements de comportement, celui dela raieManta semble d’interprétation plus difficle (Mantas mirror test2, https://www.youtube.com/watch?v=LQ1KErB_2oU). Il n’en reste pas moins vrai que l’animal machine a bel et bien disparu et heureusement !
De utilitate plombi
mars 26th, 2016
Chacun sait que le saturnisme doit son nom à la planète Saturne, symbole du plomb en alchimie. Pourtant le métal plomb se traduisant par plombum (i, n) en latin, il convient d’écrire de utilitate plombi si l’on veut décliner au moins un intérêt du plomb quand il ne s’agit pas du domaine de la santé. Si au XV° siècle, J. Gutenberg met au point les caractères mobiles d’imprimerie, l’encre qu’il utilise comporte du colorant (il en existe différents types), un support qui lui permet de le transporter et de le fixer aux lettres et un optimisant. Les supports sont souvent à bas d’huile et l’optimisant peut renfermer du cobalt ou du manganèse. Le plomb n’entrait pas dans la composition de l’encre mais dans celle des caractères que ce génial inventeur avait mis au point en lui ajoutant de l’étain et de l’antimoine. L’encre des papyrus peut comporter un sulfure de mercure, l’encre des moines copistes était soit constituée d’un pigment noir issu de produits calcinés ou de noir de fumée avec un support, soit métallo-galliques (noix de galle) et sel métallique (sulfate de fer ou sulfate de cuivre). Mais heureusement pour les amateurs de vieux, très vieux textes, les curieux, les érudits et les autres bien sûr, l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C n’a finalement pas eu raison de ces rouleaux pourtant bel et bien carbonisés (Lead ink from scrolls may unlock library destroyed by Vesuvius, https://www.newscientist.com/article/2081832-lead-ink-from-scrolls-may-unlock-library-destroyed-by-vesuvius/?cmpid=NLC%7CNSNS%7C2016-2403-GLOB&utm_medium=NLC&utm_source=NSNSAL). Ayant échappé depuis trop longtemps à tout examen, il est devenu possible grâce au plomb contenu dans l’encre et à une technique innovante dans ce domaine [la tomographie X en contraste de phase (XPCT) avec amplification de contraste] de déchiffrer déjà quelques mots et un alphabet grec dans sa totalité. Pour ceux que ces travaux pluridisciplinaires intéresseraient, il convient de lire également la publication du CNRS, Voir à l’intérieur des rouleaux carbonisés d’Herculanum (http://www2.cnrs.fr/presse/communique/3871.htm) qui n’évoquent pas la présence de plomb, mais ne parle que d’une encre à base de noir de fumée ! Quoiqu’il en soit, ce texte aurait pu à coup sûr venir enrichir la bibliothèque de l’abbaye bénédictine d’Umberto Eco, si celle ci n’avait fort malencontreusement été détruite (encore et toujours) par le feu !
Où il est encore question de sommeil
mars 24th, 2016
On connaissait l’expression « manger pour deux » que les futures grands mamans ne pouvaient s’empêcher de susurrer à l’oreille des futures mamans, aujourd’hui c’est de leur sommeil dont elles devront se préoccuper (Sleeping for Two, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/45339/title/Sleeping-for-Two/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=27549787&_hsenc=p2ANqtz-8znyhdRSzE4LZkvGoi-wg38lE4fwNJQ5ghMYFQSQ8WbkhTh1h3VKxSiIJW0ggrKZJYFTa1McZVWwMsuk9OrM97KtAEjg&_hsmi=27549787). Comme il est facile de comprendre qu’un pédiatre comme une équipe (du reste) peuvent difficilement suivre une cohorte d’individus depuis leur naissance sur un intervalle de temps suffisant pour voire apparaître des troubles corrélés au anomalies du sommeil de leur génitrice, quoi de plus tentant que de recourir à la souris dont on est à même de suivre la descendance sur plusieurs générations. Ainsi fut fait et si l’on considère qu’interrompre à plusieurs reprises le sommeil du sujet de l’expérience suit les prescriptions du bien être qui lui est indispensable, selon la charte du droit des animaux, on va obtenir des informations que par le raisonnement analogique habituel on transposera à l’homme. Mais si les résultats de l’expérimentation donnent au lecteur une information, celle d’une insulino résistance apparaissant à la vingt quatrième semaine, pour ce qui est de l’humain, l’auteur n’offre que des pistes dont aucune n’est aboutie. Et pour clore le tout, la gestation pourrait bien, par les remaniements qu’elle induit, ne pas être un état aussi physiologique que ce que l’on croyait ! On en reste bouche bée, en somme une certaine forme d’apnée comme celle dont il est question plus haut !
Le cerveau et Petri
mars 21st, 2016
Lorsqu’en 1887, Julius Richard Petri inventa la boîte éponyme, il y a très peu de chance pour qu’il ait imaginé que la dite boite servirait de lit à deux types de co-cultures glio-neuronale, l’une dans le rôle de la belle endormie, et l’autre dans celui de la belle éveillée ! Et pourtant, on vient de mettre au point une nouvelle et prometteuse technique pour étudier le sommeil dans un plat ! Le sommeil reste en effet un état physiologique parfaitement intriguant, en témoigne ce numéro qui lui a été dédié dans son intégralité (http://www.omagdigital.com/publication/?i=291897#{« issue_id »:291897, »page »:0}, cité dans « O temps suspends ton vol) ). Exception faite de l’IFF (insomnie fatale familiale, appartenant aux maladies à prion), il n’existe pas de lésion qui se traduise par une agrypnie. On a pu avoir tendance à imaginer que chacune des fonctions cérébrales devait se loger dans une aire qui lui était spécifiquement dédiée, mais il peut sembler difficile de parler de centre du sommeil quand aucune lésion provoquée n’est en mesure d’éteindre cet état. L’idée que différentes zones du cerveau peuvent montrer séparément des signes électriques de sommeil trouve une résonnance particulière dans ces co-cultures que l’on peut activer ou au contraire déprimer. Ainsi a-t-on d’une certaine façon, modélisé de petites unités d‘un sommeil, UN par ce qu’il s’agit exclusivement de sa composante électrique (Sleep’s Kernel, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/45394/title/Sleep-s-Kernel/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=27393475&_hsenc=p2ANqtz-9krlfFbF8cN23LUn567XEks_yIj8HYByLKHNXAZ2q4Gaceiv4BNl-qaqTT1R43UY66P6vXRft0mhP-B3-2x8ouTD2WPg&_hsmi=27393476). Il n’empêche, une hypothèse se fait jour : le cerveau ne dort pas d’emblée dans sa totalité. Le sommeil progresse par synchronisation de petites unités. Alors plus angoissante est la question de savoir comment qualifier réellement cette chose qui dort ou pas dans la boîte de Petri. Et que s’est-il passé quand la Belle au bois dormant en se piquant le doigt a plongé tout les êtres vivants habitant le château de ses parents dans un profond sommeil !
Urbs/urbis ….
mars 19th, 2016
» … On devrait construire les villes à la campagne car l’air y est plus pur ! … Sous les pavés, la plage ! …. La ville a une figure, la campagne a une âme …. » Quand des citations concernant les lieux d’habitation s’accordent sur un point celui de l’opposition entre la ville et la campagne on est tenté de croire qu’il existe un solde négatif aux dépends de la première. C’est parce que le phénomène de l’urbanisation, vieux de plusieurs « millénaires », subit une accélération progressivement croissante qu’ il convient de repenser le pourquoi et le comment. Les préoccupations qui se font jour dépassent en effet la somme de chacun de ses composants, voirie, découpage du sol, densités, usages … de telle sorte que se met en place un domaine à part entière, celui qui a pris le nom de morphologie urbaine. Cette dernière qui étudie le tissu urbain cherche à tenir compte de structures sous jacentes comme s’il s’agissait de reconnaître à la ville une extériorité et une intériorité. Si la description par Charles Dickens du Londres de 1837 était particulièrement sombre, celle de Fritz Lang ne l’est pas moins quand il imagine en 1927 ce que pourrait être la ville de 2026. Quand on remplace dans le futur la mégapole par le moloch, c’est qu’un certain équilibre a été rompu tandis que s’est mis en place la démesure. Dés lors peut-on identifier un facteur sur lequel on pourrait agir pour faire de la ville du XXII° siècle un lieu à vivre (Metropolis now, http://www.nature.com/news/metropolis-now-1.19559?WT.ec_id=NATURE-20160317&spMailingID=50933004&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=882060414&spReportId=ODgyMDYwNDE0S0) ? Il existerait une voie n’empruntant pas le chemin des idées reçues, celle qui prendrait en compte l’urbanus ambulans, celui qui se déplace dans sa ville, en considérant les pourquoi et comment de ces déplacement pour qu’il ne s’agisse pas de pérégrinations désordonnées. » … En ce qui me concerne personnellement, je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne … » disait Pierre Dac !
Comment ne pas perdre son temps !
mars 13th, 2016
S’il est un sujet qui occupe, dans ce monde grands et petits, c’est bien celui de la préservation de la biodiversité. Pourtant le peu de résultats obtenus depuis qu’il en est question prouve à l’évidence que toutes les raisons invoquées ne sont pas suffisantes pour entrainer l’adhésion de la communauté des nations. A moins que ces raisons ne se répartissent en fait en deux groupes qui s’opposent sans trouver de terrain d’entente ce qui fait que l’on ne porte pas le débat sur la place publique ! Sans que l’on en ait vraiment parlé, il vient naturellement à l’esprit que la nature ne pourra se réapproprier sa qualité première, la biodiversité, que par la remédiation humaine et c’est alors que l’on se trouve face à l’éthique environnementale, terme apparu dans les années soixante dix. Il s’agit d’un questionnement concernant la morale et son domaine d’implication, soit exclusivement restreint à homme ou tenant compte plus largement du monde naturel. C’est une question ancienne et sans remonter jusqu’aux philosophes grecs, la maitrise cartésienne de la nature en est une forme d’expression. On retrouve un débat plus proche : c’est celui qui a opposé Heidegger et Jonas. Chez les deux philosophes, c’est la technique qui en occupe le centre. Pour le premier l’arraisonnement de la nature passe par la technique de telle sorte que la seconde somme la première de fournir à l’homme ce dont il a besoin. Pour le second, la technique est destructrice : pour y pallier l’homme n’a d’autre possibilité que de recourir à une technique plus performante. Le principe de précaution est là pour mettre un terme à cette escalade infernale. Il n’est pas impossible que ces deux attitudes soient le résultat des deux positions suivantes. D’un côté, la conservation de la nature est un impératif moral (impératif kantien) et tout discours de monétisation la chosifie , de l’autre, la conservation de la nature ne peut entrer en conflit ave le progrès humain qui tire sa valeur de ce que l’homme a construit. Peut-on les réconcilier ? C’est le sujet de l’article Reasons to Conserve Nature (http://www.cell.com/trends/ecology-evolution/fulltext/S0169-5347(16)00050-1) : montrer qu’il n’est pas antinomique de réconcilier utilité et valeur intrinsèque à condition de définir des espaces et des niveaux d’organisation biologique. Bien sûr, on peut se poser la question » pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué », mais on doit aussi se demander « comment savoir sans essayer ». Mais un tel choix implique de savoir prendre son temps et d’aucuns diront que l’on n’a plus le temps !