Archive for octobre, 2025

Un précieux auxiliaire

lundi, octobre 20th, 2025

Depuis l’utilisation de la loupe, on sait qu’il existe de petites unités universelles appelées « cellule » dans le règne du vivant, qu’il s’agisse du monde végétal comme du monde animal. Tant que l’on ne procède pas à des colorations, cette cellule est difficile à individualiser. Mais au gré des colorations et dès que celles-ci deviennent spécifiques, il devient possible de les distinguer les unes des autres et de les classer en fonction des tissus. En 1852, Ramon y Cajal met au point presque par hasard une coloration argentique qui dessine comme pourrait le faire un artiste, les contours cellulaires et certaines des formations intracellulaires. C’est de cette époque que date la première distinction de deux types cellulaires du parenchyme nerveux : les neurones et les autres qualifiées de glie parce que telle la glue, le rôle de colle leur est attribué. C’est peu de dire que ce qualificatif est peu « glamour » au regard du neurone, la cellule noble s’il en fût ! De la colle, certes, mais pas que ! Sans s’appesantir sur leur rôle de barrière filtrante au niveau des capillaires du parenchyme cérébral, voilà qu’elles joueraient un rôle non négligeable dans certains de processus de mémorisation. Il est vrai que la distinction de plusieurs types de mémoire n’a pas facilité la connaissance du déroulement des différentes étapes ni les structures en rapport. Néanmoins, il semblerait aujourd’hui qu’on ne puisse s’affranchir du rôle de ces cellules qui non contentes de servir de support seraient également indispensables à la mémorisation à long terme des souvenirs ‘Support’ cells lock in long-term memories. Il est intéressant pour l’avenir de la prise en charge des troubles de la mémoire, de comprendre que la seule prise en compte du neurone est insuffisante. La solution nécessite au moins la prise en compte simultanée des astrocytes.

La machine à remonter le temps

vendredi, octobre 10th, 2025

Qui n’a pas rêvé, peut être dans des conditions bien particulières, qu’il lui soit accordé la faculté de pouvoir remonter le temps ? Mais il est établi que pour le commun des mortels la flèche du temps ne peut pas s’inverser. Seul le cinématographe par un effet spécial dit « de marche arrière », permet au verre qui s’est cassé en tombant de remonter sur la table tel qu’il était au commencement. Il peut s’agir d’une envie de revivre les moments jugés comme les plus agréables, d’une envie de modifier un schéma décisionnel dont la portée ne pouvait être prévisible, mais aussi d’effacer « l’irréparable outrage des ans » ! En un mot mot, remonter à la source ce qui pourrait avoir un double avantage : tout effacer, tel un reset, mais aussi (et surtout ?) échapper à l’ultime étape celle de la mort. Il ne s’agit pas de discuter du bien fondé de ces trois éventualités mais de se poser la question de savoir si l’homme est en capacité d’aborder ces trois problématiques. Comme il en a l’habitude, c’est vers la nature qu’il se tourne. Celle dernière n’aurait-elle pas une solution à lui proposer ? Peut-être comme l’envisage l’article An “Immortal” Jellyfish Offers Clues into Biological Aging. A l’évidence les différences sont flagrantes entre la Turritopsis dohrnii et l’humain, mais chez cette très petite méduse de seulement un cm de diamètre « les adultes   reviennent au stade juvénile en cas de stress pour éviter le vieillissement et la mort ». Ce n’est pas le stress qui serait à rechercher, chez l’homme il est consubstantiel, mais les processus génétiques et moléculaires responsables, dans l’idée que leur connaissance permettrait une application à l’homme. Mais comme on le sait, il n’y a pas de manipulation génétique sans conséquence, et depuis Thomas d’Aquin la doctrine du double effet n’a toujours pas de solution.