Il est, aujourd’hui, devenu indispensable de pouvoir vérifier toute information surtout si elle semble « sensationnelle ». Il y a un certain temps, un siècle (!), la formule « Le poids des mots, le choc des photos » exprimait une réalité peu contestable car ancrée dans la réalité du temps et à peu près exempte de manipulation technique. Pourtant il existe des exemples d’influences exercées par le pouvoir en place pour imprimer sa marque. La plus connue, mais certainement pas la plus ancienne, a pour nom « Commentarii de Bello Gallico » (Commentaires sur la guerre des Gaules). Son auteur, Jules César, encore proconsul, y relate ses conquêtes mais sans implication personnelle évidente puisqu’il parle de lui à la troisième personne. La dépêche d’Ems est un autre exemple de modification voulue par le chancelier Bismarck d’un engagement de Guillaume Ier. L’article Fearmongering fuelled revolution in France, revient sur un épisode mondialement connu, celui de la révolution française de 1789, précédée de ce qui fut appelé La grande peur et cherche à identifier « scientifiquement » les facteurs en cause. Tout l’intérêt repose sur la traitement de la question posée et tient en un mot : épidémiologie. C’est ce qui permet aux auteurs de conclure que la propagations des rumeurs met plus en cause la classe éduquée que les paysans ignorants, contrairement aux idées reçus. Reste à savoir d’où sont parties les rumeurs !
Archive for août, 2025
Efficacité des fake news !
dimanche, août 31st, 2025Mais qu’est-ce que la mémoire ?
mardi, août 26th, 2025La question est d’autant plus importante qu’il semble bien exister plusieurs réponses et ce en fonction de la personne à laquelle la question est posée. Selon l’Académie Française elle » … désigne la faculté de l’esprit de conserver et de rappeler des idées, des situations, des personnes, etc. ». Pourtant un psychologue aura tendance à prolonger cette capacité de l’être vivant par son implication dans son adaptabilité. Ainsi la mémoire d’une situation antérieure permet-elle d’ajuster au mieux un comportement ultérieur. Un neurophysiologiste envisagera différentes mémoires parmi lesquelles la mémoire à court terme, et la mémoire à long terme. Quant aux littérateurs et philosophes, il n’est que lire Marcel Proust ou Henri Bergson. Mais ce ne sont là que quelques exemples qui concernent la mémoire envisagée comme potentialité du cerveau, c’est à dire d’un tissu cellulaire, d’un ensemble de cellules qui travaillent en réseau dans une communauté de finalité. La question posée par l’article ‘What does a cell know of itself?’, interroge une cellule, quand il ne s’agit pas d’une cellule du système nerveux. Qu’une cellule réagisse à un stimulus, est une évidence, de même qu’elle est capable d’adapter sa réponse au dit stimulus. Mais une seule cellule garde -t-elle en mémoire un stimulus et sa réponse pour devenir l’expérience dont elle tirera profit ultérieurement ? De nombreuses études menées sur des être unicellulaires montrent à l’évidence que leur conduite traduit l’existence d’un phénomène de mémorisation ; la question étant de distinguer une réponse de nature réflexe à une réponse élaborée. Néanmoins, il est conceptuellement possible d’imaginer qu’une faculté de mémorisation chez un être unicellulaire ancestral ait anticipé une complexification ultérieure tout en préservant cette faculté pour chaque cellule « ordinaire » prise séparément.
Tresse ou arbre ?
jeudi, août 21st, 2025La tresse a ceci de particulier qu’elle est un entrelac communément de cheveux, plus généralement de fils ou de faisceaux de fils réalisant un assemblage solide. En hydrologie on parle de structure en tresse lorsque un cours d’eau coule dans certaines conditions de pente et sur certains sols. Ces cours d’eau ont la propriété d’être très instables. A l’inverse un arbre donne une impression de stabilité : il se caractérise par un tronc de taille et de hauteur variables et une ramure plus ou moins étendue. En 1859, Charles Darwin explicite sa théorie de l’évolution dans son œuvre, De l’origine des espèces. Schématiquement, » … la diversité de la vie est apparue par descendance commune à travers un modèle d’évolution ramifié » . Depuis 1940, » … il est aujourd’hui devenu le concept unificateur des sciences de la vie » . Ecrira-t-on plus tard qu’à partir de 2025, l’arbre s’est transformé en une tresse (A braided stream, not a family tree: How new evidence upends our understanding of how humans evolved) ? Dans cet article, cette nouvelle vision de l’évolution concerne l’humanité et s’appuie sur une concept d’une simplicité biblique (!) : « Partout où nous avons des hominidés au même endroit, nous devrions supposer qu’il existe un potentiel d’interaction génétique ». C’est l’hypothèse que suggère la paléoprotéomique permettant d’explorer les échanges Homo sapiens et Néandertaliens, ceux entre Dénisoviens, Néandertaliens et Homo sapiens. Or certaines de ces hybridations peuvent être bénéfiques ce qui expliquerait à la fois la diversité et l’adaptabilité des populations humaines. Ces études permettent également tel le tableau de Mendeleïev, de mettre en place des populations fantômes qui devraient avoir exister mais dont des traces objectives n’ont pas (encore) été mises à jour. Quoiqu’il en soit, la tresse est une très belle image de l’indissociabilité des représentants d’une race humaine qui remonte à ……
Peur, panique…
dimanche, août 17th, 2025La peur n’évite pas le danger, certes, elle peut même être une étape préalable indispensable à la mise en place d’une stratégie de défense. Il existe néanmoins des peurs dont la cause se situe dans une temporalité antérieure mais dont l’empreinte est telle qu’elles se revivent à l’infini. La question est donc de savoir s’il est possible d’effacer cette trace. Et pour ce faire, il ne semble exister qu’une possibilité : en connaître le substratum. C’est le sujet de l’article The chemistry of fear (The chemistry of fear). Ainsi aujourd’hui distingue-t-on des neuropeptides neurotransmetteurs de faible poids moléculaire à action rapide et des neuromodulateurs, peptides de plus grande taille. Parmi ceux-ci le PACAP, dont la quantité augmente dans les neurones chez une souris en état de panique : ils sont déjà connus pour leur rôle dans l’éveil et le sommeil. Mais des études sont dans l’ensemble techniquement difficiles, du fait de leur grande diversité et des lieux de production. Plus les études avancent et plus il semblerait que la distinction entre neurotransmetteurs et neuromodulateurs soient moins tranchée qu’il n’y paraissait antérieurement. Enfin, récemment les endocannabinoïdes sont venus s’ajouter à la liste en raison de leur l’implication dans la mémoire des faits stressants. Ce qui devrait d’autant plus être étudié que les effets thérapeutiques du cannabis sont loin d’être univoques. Chimie ou alchimie de la peur, que de secrets encore non dévoilés !
Deux faces d’une même pièce !
jeudi, août 7th, 2025S’en réjouir ou le déplorer, la question a-t-elle un sens quand la réponse s’appuie sur la science comme par exemple la biologie. Ainsi en est-il, quoiqu’on en dise, de l’existence de seulement deux sexes, mâle et femelle, comme en témoignent les chromosomes sexuels. Il est vrai que d’autres possibilités existent, mais elles sont rares et résultent d’anomalies. Deux conduites humaines opposées, l’altruisme et l’égoïsme, ont donné lieu à de nombreuses affirmations antinomiques comme celles défendues par Plaute et Sénèque par exemple. Des études récentes plus « scientifiques » viennent de se pencher sur le sujet qui tendraient à prouver que altruisme et individualisme sont intimement liés, telles les deux faces d’une même pièce, l’un n’allant pas sans l’autre et inversement (The brain clocks sickness from a mile off ). Les connections entre le système nerveux et le système immunitaire sont suspectées depuis la théorie transactionnelle du stress et de l’adaptation selon Lazarus & Folkman en 1984. On sait aujourd’hui que « Le système nerveux est effectivement capable de suivre l’activité du système immunitaire, par l’intermédiaire des cytokines inflammatoires libérées par les cellules de l’immunité innée et agissant sur le cerveau par l’intermédiaire des nerfs afférents« . Mais l’article suscité va plus loin que cette auto boucle : il démontre le rôle que peut avoir un facteur externe même s’il ne s’agit que de l’image virtuelle d’une affection bactérienne (comme une maladie infectieuse) « Lorsque les gens regardaient des avatars virtuels avec de la toux ou des éruptions cutanées, leur cerveau déclenchait une réponse immunitaire« . Cette réponse peut être assimilée à la perception d’un risque tel qu’il induit une réponse appropriée, mais qui précède la réalité ! Si cette capacité peut être utilisée dans le domaine de la protection vaccinale, il se pourrait qu’il s’agisse d’un facteur ayant son rôle dans la conduite humaine, elle qui oscille depuis toujours entre altruisme et égoïsme sans pouvoir se décider !
La malveillance est partout !
vendredi, août 1st, 2025Isaac Asimov n’en finit pas de se retourner dans sa tombe ! Les lois de la robotique ont sombré dans un puits si profond qu’il est peu probable qu’elles refassent surface spontanément. C’est l’homme et lui seul qui pourrait y apporter remède grâce à la surveillance de tous les instants de ses créations qui sont en passe de devenir démoniaques. En cause ; la chaîne de pensée qui » guide les modèles d’IA pour qu’ils raisonnent étape par étape, ce qui les aide à résoudre des tâches complexes avec plus de précision que la simple prédiction du mot suivant ». Le problème vient, en ce qui concerne les systèmes les plus élaborés, que certaines des étapes empruntés par la machine peuvent échapper à la surveillance humaine (AI could soon think in ways we don’t even understand — evading our efforts to keep it aligned — top AI scientists warn). Dans la mesure où une IA sophistiquée est alimentée par d’innombrables données, elle peut fort bien sauter l’étape chaîne de pensée, tout autant que des étapes intermédiaires. Il ne faut pas non plus négliger le fait que en fonction de leur « alimentation », elles peuvent également générer des informations inexistantes et donc fausses, il s’en suit l’erreur de fin de course, erreur que rien n’empêche d’être préjudiciable à l’opérateur. Il est donc évident que si l’on ne peut pas avoir connaissance de toutes les étapes, il va être indispensable d’inclure dans le système lui-même un moyen de surveillance que l’IA ne sera pas en mesure de détecter ! Il ne s’agit encore que de suppositions de la part des concepteurs et des utilisateurs mais il semble bien que la vision humaine de la machine soit devenue particulièrement sombre quand il fut un temps où la technique était l’avenir de l’homme !





