Posts Tagged ‘doute’

Et apres vinrent les questions

jeudi, août 9th, 2018

Là encore, pour cette situation, il existait un dicton (l’utilise-t-on encore ?) selon lequel, l’enfer serait pavé de bonnes intentions. Et actuellement, de bonnes intentions le monde n’en manque pas ! On peut même affirmer sans se tromper qu’il croule sous le nombre a tel point qu’objectivement le peu de resultat est confondant. Pire ou mieux, quel est le qualificatif adapté quand premièrement de l’ébauche d’une réponse apportée à la question initiale en nait une seconde avant même que la première ne soit résolue, et que secondairement cette ébauche de réponse révèle son inutilité voire sa nuisance plutôt que son utilité ! Il existe une chaine d’évènements que nul ne peut contester mais dont les différentes étapes ne supportent pas le désordre. Si le questionnement est premier, la prise de décision ne devrait intervenir qu’après une estimation des risques qu’apportera la réponse choisie. L’acte décisionnel est loin d’être univoque et le temps est un facteur qui rentre largement en ligne de compte. Parmi les théories les plus récentes M. Weber a distingué l’éthique de responsabilité de l’éthique de conviction, Ph. Foot a argumenté entre l’éthique de la vertu et le conséquentialisme, et pour finir en février2005, le Parlement réuni en Congrès a inscrit dans la constitution  la Charte de l’environnement le Principe de Précaution installant par là même le principe de précaution. Les débats restent virulents sur le concept du principe de précaution, mais ce qui est vrai c’est qu’il ne doit pas être l’équivalent d’un principe de non action mais au contraire donner toute sa valeur à la science qui est là pour lever le doute. Et les doutes fleurissent sur le terreau des bonnes intentions comme celui évoqué dans l’article Umbrella Species: Conservation’s Poster Children (https://www.the-scientist.com/features/umbrella-species–conservations-poster-children-64507) à l’origine de ce nouveau, nouveau concept, celui de l’espèce parapluie ou de l’espèce paravent qui pourrait à son tour s’avérer tout sauf sain et l’on en revient alors à cet autre concept de l’épée à double tranchant ! Reste possible le retour en arrière pour effacer une erreur que la décision prise par ignorance de certaines conséquences a rendu possible ! D’où encore l’ultime question : que fallait-il faire ?

Il y aurait-il doute et doute ?

vendredi, janvier 29th, 2016

ConsciouslyCompententPeople4-300x101Doute fondateur ou doute destructeur, voila la question que l’on est en droit de se poser à la lecture de l’article, Found out (http://www.nature.com/news/found-out-1.19232?WT.ec_id=NATURE-20160128&spMailingID=50563385&spUserID=MjA1NTExOTM5MgS2&spJobID=843636789&spReportId=ODQzNjM2Nzg5S0). Le doute fondateur serait plutôt la version cartésienne tandis que le doute destructeur serait plutôt celle du mythe de l’imposteur. Mettre en doute toutes les connaissances en commençant par douter des perceptions sensibles permet d’installer le cogito. Ainsi la preuve de sa propre existence fonde-t-elle la possibilité d’une certitude à partir de laquelle la reconstruction devient possible. Mais selon son concepteur, la recherche et la pratique du doute ne sont peut-être pas à mettre entre toutes les mains ” … Épistemon : Je pense qu’il est très dangereux de s’avancer trop loin dans cette manière de raisonner …” (Œuvres de Descartes, éd. Cousin, tome XI.djvu/362, https://fr.wikisource.org/wiki/Page:%C5%92uvres_de_Descartes,_%C3%A9d._Cousin,_tome_XI.djvu/362)  certains esprits fragiles  pourraient y laisser toute leur raison. C’est à ce point qu’intervient le syndrome de l’imposteur (IMPOSTOR PHENOMENON (IP) , Pauline Rose Clance, http://paulineroseclance.com/impostor_phenomenon.html), qui exprime la peur de la réussite (pourrait être rattacher au fantasme masochiste) imposant au sujet l’idée d’une escroquerie qu’il se doit de masquer à l’inverse de l’effet de surconfiance (effet de Dunning Kruger, Unskilled and unaware of it: how difficulties in recognizing one’s own incompetence lead to inflated self-assessments, http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/10626367), ce que l’on pourrait traduire par : l’incompétent se surestime, le compétent se sous estime, d’où la prescription  suivante :  sachez et vous pourrez raisonnablement douter !

Découvrir

jeudi, avril 16th, 2015

6a00d8341c622e53ef00e54f05a7998833-800wiDécouvrir : ôter ce qui couvre, montrer à la vue (il ne s’agit pas là du dévoilement heideggerien). Ainsi en est-il des découvertes, qui peuvent être fruit du hasard comme, vraie solution à fausse question ou à l’inverse fausse solution à vraie question, mais dans tous les cas, d’une acquisition à prendre en compte.  Quelques exemples fameux ont marqué l’histoire parmi lesquels deux viennent immédiatement à l’esprit : l’Amérique de Christophe Colomb, la pénicilline de Flemming. D’autres sont moins connus qui appartiennent pourtant au domaine du quotidien : le four à micro ondes, le Post-it, le téflon, le velcro …. Ce que l’on sait encore moins, c’est qu’il existe un terme la sérendipité qui est le fait de « trouver autre chose que ce que l’on cherchait” (http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rendipit%C3%A9). On peut, à l’évidence, utiliser ce concept à l’encontre de la p53 comme le montre de façon particulièrement instructive parce qu’universelle, l’article Setbacks and Great Leaps (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/42463/title/Setbacks-and-Great-Leaps/). Faut-il pour autant cesser de chercher comme l’évoque de façon humoristique le dessin ci dessus ? La réponse est à l’évidence non. Depuis Aristote, l’accent a toujours été mis sur la recherche des causes premières et Descartes ne l’a certes pas contredit, lui qui a mis le doute comme démarche première avec le Cogito, ergo sum, première certitude à partir de laquelle le doute peut être utilisé comme méthode. Et donc, s’il existe une scientifique attitude,  elle ne peut résulter que d’une combinaison  équilibrée entre rigueur et doute, doute et rigueur, chacun à tour  de rôle et en refusant que le terme conclusion devienne synonyme de vérité absolue et définitive, en d’autres termes que le débat n’y trouve plus sa place.

C’est le doute qui est constructif !

mardi, septembre 24th, 2013

 Il n’échappe à personne que la vérification des étapes successives d’une expérience est cruciale. C’est ce qui aujourd’hui pourrait être assimilé à la déjà très fameuse bien qu’encore jeune traçabilité. Mais il se peut aussi qu’il ne s’agisse pas du déroulement de l’expérience en propre, mais d’autre chose qui peut se situer en amont de sa réalisation même. C’est ce dont traite l’article Lab Tubes Contaminated with Virus, (www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/37562/title/Lab-Tubes-Contaminated-with-Virus/). Dans le cas cité, le facteur en cause ne concerne pas la méthode rapide d’extraction de l’ADN sur colonne utilisée mais la fabrication de la colonne elle-même ! Et pour en arriver à cette conclusion, il faut étendre le champ des investigations au delà de ce qui est habituel. Lorsque les auteurs parlent d’une véritable enquête policière le terme est approprié. Mais ce qui est plus important encore, c’est de savoir ce qui peut déclencher une telle enquête : une discordance à laquelle il faut toujours être attentif et qu’il faut savoir non seulement rechercher mais accepter pour la dépasser. Ainsi seul le doute est capable d’initier une telle démarche. Le cogito conserve toute son actualité