C’est en 1920, que JosephČapek, crée le terme de « robot » pour la pièce de science fiction de son frère Karel, R.U.R (Rossum’s Universal Robots). Dans cette œuvre il s’agit déjà de machines biologiques d’apparence humaine, mais dépourvues de sentiments, sentiments qu’ils acquerront plus tard. Les auteurs de science fiction ont parfaitement accepté ce nouvel arrivant et les scientifiques leur ont emboité le pas en allant de plus en plus loin dans leur sophistication. Ainsi la famille s’est-elle agrandie depuis les robots industriels, avec des robots domestiques, médicaux, militaires : tous construits sur le modèle (très schématique) d’un dispositif alliant mécanique, électronique et informatique. Mais la recherche ne s’est pas interdit d’aller plus loin, c’est ainsi que vient de naitre le robot biologique ou xénobot (Neurobots: Biological Robots with A Simple Nervous System). Cette grenouille qui a spontanément et largement donné son corps à la science depuis des décennies est remarquable par ses pieds étranges d’où son qualificatif de xénope (ξένος : étranger) : de ce fait on peut raisonnablement affirmer sans se tromper que le xénobot est doublement étrange ! Cette entité est assurément remarquable puisqu’il s’agit d’un neurobot, c’est à dire, comportant des structures neuronales : »les neurobots affichaient un profil avec un nombre significativement plus élevé de gènes différentiellement exprimés, dont beaucoup étaient liés au développement du système nerveux« . Bienvenue à ce nouveau né dans le monde des robots puisqu’il a pour fonction essentielle d’avancer dans la compréhension des mécanismes fondamentaux du développement normal et des pathologies neurodégénératives.
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Une nouvelle parentèle ?
lundi, avril 13th, 2026Il y a robot et robot !
samedi, mars 28th, 2026Darwin et sa théorie évolutionniste n’en ont pas fini d’irriguer la science comme le démontrent les nouveaux robots modulaires dont il est ici question : AI compressed billions of years of evolution into seconds to create ‘Lego-like robots’ that can recover even when they lose . Peu élégants mais particulièrement performants, ils sont une nouvelle espèce, construits comme un jeu de Lego® et ne souffrant pas d’être endommagés, ils poursuivent sans état d’âme ce pour quoi ils ont été programmés. Mais là n’est pas ce qui constitue l’exception de ces « machines » : elles utilisent un algorithme évolutif, dont fait partie l’algorithme génétique. C’est là qu’intervient le concept de sélection naturelle selon Darwin : « En pratique, cet outil informatique génère des milliers de configurations virtuelles, teste leur capacité de déplacement dans un simulateur, conserve les plus performantes et élimine les moins efficaces. Les survivantes sont ensuite croisées ou mutées pour engendrer une nouvelle génération de designs. » (Science et Vie, Ariane Polge). Ainsi ces robots sont-ils à même d’intégrer les milliards d’années d’évolution pour en dégager les meilleures des solutions, comme leur déambulation dans des conditions extrêmes et la perte de leur intégrité. Et en raison même de leurs qualités, dont la plus impressionnante reste l’expression de la théorie de l’évolution, il n’est pas interdit de penser qu’ils pourront modifier la vision de l’évolution qui prédomine à ce jour.
Mon petit doigt m’a dit
vendredi, juin 17th, 2022
En fait plus qu’Agatha Christie, c’est à William Shakespeare qu’il faut penser. En effet c’est bien de sorcellerie dont il est question dans le texte de Macbeth, quand s’exprime la deuxième sorcière « By the pricking of my thumbs, » (Acte IV, Scène 1), mais également d’un type plus moderne de sorcellerie dans l’article Robot Finger’s Living Skin Stretches, Heals Like the Real Thing. L’illustration choisie par le Scientist Daily est à la fois explicite et terrifiante par son ambiguïté. Un doigt dont l’aspect est suffisamment proche de la réalité MAIS qui baigne dans ce qui ressemble au liquide nutritif d’une boîte de Pétri. L’image est d’autant plus irréelle que s’ajoutent à l’opposé de ce qui ressemble fort à un ongle, plusieurs fils branchés sur le dit doigt. Diverses manipulations ont permis de réaliser un revêtement cutané sur un doigt artificiel, revêtement doué de plusieurs propriétés caractéristiques de la peau humaine dont l’élasticité et la réparation après une blessure. Il ne manque à ce « doigt » que la sensation du toucher. Cette fonction, le tact, a déjà été obtenue sous la forme d’une « peau » électronique qui permet au robot qui en est revêtu de détecter un contact lorsqu’il se saisit d’un objet, ne restant que le problème de l’interprétation ! L’expression science fiction a-t-elle encore du sens quand les « hubots » de la série Real Humans n’ont jamais été aussi proches !
Petri n’aurait plus la cote
mercredi, juin 1st, 2022
En 1887, Julius Richard Petri met au point un petit dispositif promu à un grand avenir, la boite éponyme. A cette époque les milieux de culture souffrent de leur manque de solidité : ils se liquéfient trop facilement. Il faut donc les solidifier ce qui devient possible grâce à une recette de cuisine. En utilisant de l’agar agar il est possible de conserver la forme de certaines préparations culinaires comme le pudding. Fiat lux, il n’en fallait pas plus pour mettre au point la trop fameuse boite, qui de verre devient en plastique mais renferme toujours une préparation de gélose adaptée. La culture est longtemps celle de germes, mais aujourd’hui il existe des domaines totalement différents comme en particulier celui des bioréacteurs dévolus à l’ingénierie tissulaire. Dans l’exemple donné par l’article Humanoid robots to mechanically stress human cells grown in soft bioreactors (https://www.nature.com/articles/s44172-022-00004-9?utm_source=Nature+Briefing&utm_campaign=e7c09a3d22-briefing-dy-20220530&utm_medium=email&utm_term=0_c9dfd39373-e7c09a3d22-43241421, et https://www.youtube.com/watch?v=wd4YPsIh7h0), il ne s’agit ni plus ni moins que de cultiver des cellules qui dans la « vraie vie » sont soumises de façon subintrante à des pressions, tractions, étirements en tous genres. Les cultiver dans l’équivalent d’une boite de Pétri serait peu porteuse d’informations pertinentes et donc pourquoi ne pas les mettre en conditions réelles ? Aucun problème, le cyborg est là pour ça et c’est Roboy 2.0, projet de l’Université Technique de Munich, qui est l’heureux élu (https://redshift.autodesk.fr/robot-humanoide/). Ce fut successivement, la machine et l’homme, puis la machine pour l’homme et maintenant la machine humaine ? Mais il ne faut pas voir que le mauvais côté des choses !
Agents moraux artificiels
lundi, décembre 21st, 2020
- Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger, 2 : Un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi : 3) Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi. Il s’agit là des trois lois de la robotique selon I. Asimov. En 1942, tous les robots à cerveau « positronique « se doivent d’obéir impérativement à ces principes qui s’apparentent à une conscience en fait assez proche de celle des humains. Aujourd’hui certains se posent la question de savoir s’il n’existe pas un biais de recrutement à visée thérapeutique en raison de l’utilisation d’algorithmes. Ce biais se traduit par un choix défavorisant la population noire au regard d’une donnée biologique affectée d’un « facteur de correction basé sur la race » (Is a racially-biased algorithm delaying health care for one million Black people?, https://www.nature.com/articles/d41586-020-03419-6) . Et c’est alors qu’intervient le concept d’algorithme équitable (What Does a Fair Algorithm Actually Look Like?, https://www.wired.com/story/what-does-a-fair-algorithm-look-like/). Or l’algorithme, un des piliers de l’intelligence artificielle, a pour finalité un acte décisionnel qui doit être le plus juste, voire plus juste que celui qu’un homme pourrait prendre. Une éthique de l’intelligence artificielle a donc vu le jour : elle doit répondre à des agents moraux artificiels en fonction des quels la machine deviendrait responsable mais comment ?
Ἥρων ὁ Ἀλεξανδρεύς
samedi, mai 2nd, 2020
Héron d’Alexandrie, dont on sait pas grand chose (il aurait vécu au I° siècle ap J.-C) aurait créé des automates mus par l’eau. Il aurait en particulier réalisé une machine qui pouvait ouvrir automatiquement les portes d’un temple. Qu’une machine reproduise une action humaine sans participation active de l’homme et c’est la signature de la toute puissance de l’esprit sur la matière. Depuis la techné s’est considérablement améliorée mais le concept est rigoureusement identique : se faire remplacer par une machine. Ces dernières sont de plus en plus performantes d’autant que, qualité suprême, elles ont été dotées de la capacité d’apprentissage. Maintenant la question est la suivante : « Que va-t-on leur faire faire ? » Voici deux applications possibles : l’une aide, Social Cognition in the Age of Human–Robot Interaction (https://www.cell.com/trends/neurosciences/fulltext/S0166-2236(20)30073-4?dgcid=raven_jbs_aip_email) , l’autre espionne, Robot ‘spy’ gorilla records wild gorillas singing and farting, because nature is beautiful (https://www.livescience.com/singing-gorillas-uganda-pbs.html?utm_source=Selligent&utm_medium=email&utm_campaign=9160&utm_content=LVS_newsletter+&utm_term=3192375&m_i=bj_Yswk%2BokwJvVaxzogDnwxYdjAJZ1cg7xFHnW3Gq4TxqbXASiwHQgke8_Scuc6bvpL74wxZH844RSbUUuD77tQ8Wkp%2Bs1Qbe6K4%2BrIbbx). Comme le précise le premier article « …des robots dotés de capacités sociales de plus en plus sophistiquées… » et dans le second « …ce merveilleux moment magique où il y avait ce beau va-et-vient entre notre gorille espion et le bébé gorille… ». Versant utopie, on dira donc que « Tout est bien dans le meilleur des mondes », versant dystopie on demandera « Quelle sera la prochaine étape de leur autonomisation ? »
L’autonomie en question
mercredi, juin 26th, 2019
Le sang est un mileu complexe dont l’existence n’a jamais pu être remise en question depuis les temps les plus anciens du fait même de sa visibilité comme c’est le cas lors d’un saignement. Il en a été tout autrement en ce qui concerne ses propriétés parmi lesquelles son trajet, sa composition et ses rôles, les explications venant au fil des ans. Depuis que les transfusions sont devenues réalisables et sans danger, un autre problème s’est fait jour celui de son obtention car le don de ce liquide biologique indispensable résulte de l’altruisme sociétal ce qui explique de facto sa pénurie endémique ! D’où cette idée déjà ancienne de mettre au point une forme synthétique de ce tissu. Que l’on ne s’y trompe pas, malheureusement ce n’est pas encore exactement ce dont il s’agit dans cet article ‘Robot blood’ powers machines for lengthy tasks (
https://www.sciencedaily.com/releases/2019/06/190620153437.htm ) dont le titre « robot blood » pourrait être source d’erreur. S’il s’agit bien de l’équivalement d’un système circulatoire, ce qui est en cause c’est l’amélioration de l’efficacité des tâches que le robot-poisson peut accomplir grâce à son « système sanguin ». Le « robot blood » est constitué d’électrolytes et le stockage d’énergie que permet ce système, qualité majeure, autorise une augmentation du temps de son travail. Il est évident que ce système sera appliquable moyennant adaptations à tout robot amené à travailler dans des conditions « extrêmes » : dépollution spatiale tout autant que maritime puisque la pollution est partout et comme de plus il sera infatigable il ne sera plus nécessaire de faire attention!
C’était il y a soixante quinze ans …
samedi, mai 11th, 2019
En 1944, Erwin Schrödinger, qui depuis dix ans s’amusait déjà beaucoup avec son chat, commet un ouvrage de vulgarisation dans lequel il pose une question essentielle : Qu’est-ce que la vie ? La question semble tout aussi difficile à résoudre que la question de la définition du temps à laquelle Saint Augustin avait apporté la réponse suivante : « Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne m’interroge, je le sais ; si je veux répondre à cette demande, je l’ignore « . Et c’est un peu en le paraphrasant que François Jacob avait répondu sans répondre » ..chacun de nous sait ce qu’est la vie ». C’est avec plus d’acuité encore que se pose de nouveau la question au regard des robots et autres dérivés de l’Intelligence Artificielle (Opinion: How to Define Life, https://www.the-scientist.com/news-opinion/opinion–how-to-define-life-65831 ), cette dernière n’arrêtant pas de s’améliorer. La question est d’autant plus prégnante que l’industrie en cause se mobilise pour définir à son profit des lois à propos de la robotique, autres que celles d’Isaac Asimov ! (Don’t let industry write the rules for AI,
https://www.nature.com/articles/d41586-019-01413-1?WT.ec_id=NATURE-20190509 ). Un robot ne s’est-il pas vu attribué une nationalité ? Parmi tous les critères proposés, il en est certains auxquels répondent les produits de l’IA et on pourrait poser comme indispensable qu’ils répondent à tous. Il en est pourtant deux qui jusqu’à aujourd’hui sont encore spécifiquement humains : l’évolution darwinienne mais aussi la connaissance qu’a l’homme de sa finitude. Mais il ne peut s’agir là que d’une réponse à l’aune des connaissances actuelles. L’expression « Demain est un autre jour » reste on ne peu plus pertinente !
Robot trop humain vs humain trop robot !
samedi, mars 10th, 2018
La distinction entre robot humanoïde et androïde n’est pas rigoureusement claire quand il peut être question aussi bien de l’un que de l’autre en particulier dans la littérature de science fiction. On pourrait dire que : le robot humanoïde est une machine dont l’apparence se rapproche de celle de l’homme, tandis que l’androïde est un robot à forme humaine comme l’atteste le qualificatif « androïde » quand l’enveloppe est masculine, et « gynoïde » quand l’enveloppe est féminine (Humanoïdes et androïdes : Définitions, http://ia-2011tpe.e-monsite.com/pages/les-robots/humanoides-et-androides-definitions.html). En réalité le problème ne vient pas tant de la forme que du fond de ces presque nouveaux personnages et en particulier de la présence ou de l’absence d’une qualité, si peu partagée qu’elle ne peut être qualifiée de commune, l’empathie. Les androïdes de Ph K. Dick ont-ils la capacité de « se mettre à la place de l’autre » : c’est ce que Rick Deckard recherche dans sa quête destructrice. S’il utilise le test imaginaire dit de VOIGT-KAMPFF, ce denier repose néanmoins sur un test lui bien réel, le test de TURING (1950) utilisé dans un débat prémonitoire, à cette date, de la possibilité d’une Intelligence Artificielle (IA). Si ce test « simple » a été depuis sa description largement critiqué (http://www.artificiel.net/test-de-turing), il n’en reste pas moins le témoin d’une question majeure concernant dualisme et matérialisme de l’esprit humain. C’est pourquoi cette question se pose aujourd’hui avec d’autant plus d’acuité que l’IA en envahissant la société crée une nouvelle interface entre deux entités ontologiquement différentes, homme vs machine. C’est aussi la raison pour laquelle l’article Where Blade Runner began: 50 years of Do Androids Dream of Electric Sheep? (http://www.nature.com/articles/d41586-018-02695-7?WT.ec_id=NATURE-20180309&spMailingID=56151484&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1361248578&spReportId=MTM2MTI0ODU3OAS2) mérite d’être lu. Il introduit en effet une nouvelle dimension : celle qui considère ces nouveaux liens que l’homme pourrait tisser avec sa machine pouvant modifier le statut de chacun des protagonistes. Ce qui se traduit in fine par le problème de la robotisation humaine, problème évoqué en son temps et à sa façon par Chaplin !
Une nouvelle cocotte qui n’est pas en papier !
samedi, février 17th, 2018
Il n’est pas d’enfant qui ne connaisse le mot « origami » et sa signification sans aucunement pratiquer la langue de l’Empire du Soleil Levant. A la question « qu’est-ce qu’un origami », la réponse se doit d’être « pliage de papier ». Rien de plus simple en apparence, mais en apparence seulement car certaines figures obtenues relèvent de l’œuvre d’art. Mais cet art vieux de plusieurs siècles sait aussi faire preuve d’adaptation en choisissant un nouveau domaine d’application, celui de la biologie. Akira Yoshizawa serait le créateur d’au moins 50 000 pliages différents ainsi que du système international Yoshizawa-Randlett (1950), qui permet de coder les différents plis de l’origami à partir de symboles et diagrammes représentant le processus de création d’un pliage. Paul Rothemund, nouveau maitre en origami (2006) modèle des structures bi- ou tridimensionnelles en utilisant une longue chaîne d’ADN viral. Origamiste un jour, origamiste toujours, on est en droit d’écrire qu’il n’y a aucune différence entre maitre Akira Yoshizawa et Paul Rothemund puisque les œuvres de ce denier ont fait l’objet d’une exposition au MOMA (https://www.scientificamerican.com/article/dna-origami/). Mais un artiste a plusieurs domaines d’expression et le support conditionne la finalité de l’objet composé. Ainsi en est-il des pliages d’ADN que Yan et ses collègues, à la suite des travaux de Paul Rothemund, ont utilisés pour mettre au point un nano robot tubulaire destiné à cibler un site tumoral (DNA Robots Target Cancer, https://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/51717/title/DNA-Robots-Target-Cancer/&utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=60643722&_hsenc=p2ANqtz-81hoCW1sTkkz1uBjLG-49sP0jiu7R1Si5_wANCSbvdGT-skw5zZ1iGM-VnV8t1WVcW6fna9y8zIiRKhin_O0N0bYEbbQ&_hsmi=60643722/). Quelques vérifications avant embarquement sont peut-être encore nécessaires mais les spectateurs du Voyage Fantastique ne risquent pas d’être étonnés, ils vont simplement échanger le Proteus (https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Voyage_fantastique_(film,_1966) contre un moyen plus moderne de locomotion !

