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Robot trop humain vs humain trop robot !

samedi, mars 10th, 2018

La distinction entre robot humanoïde et androïde n’est pas rigoureusement claire quand il peut être question aussi bien de l’un que de l’autre en particulier dans la littérature de science fiction. On pourrait dire que : le robot humanoïde est une machine dont l’apparence se rapproche de celle de l’homme, tandis que l’androïde est un robot à forme humaine comme l’atteste le qualificatif  “androïde” quand l’enveloppe est masculine, et “gynoïde” quand l’enveloppe est féminine (Humanoïdes et androïdes : Définitions, http://ia-2011tpe.e-monsite.com/pages/les-robots/humanoides-et-androides-definitions.html). En réalité le problème ne vient pas tant de la forme que du fond de ces presque nouveaux personnages et en particulier de la présence ou de l’absence d’une qualité, si peu partagée qu’elle ne peut être qualifiée de commune, l’empathie. Les androïdes de Ph K. Dick ont-ils la capacité de “se mettre à la place de l’autre ” :  c’est ce que Rick Deckard recherche dans sa quête destructrice. S’il utilise le test imaginaire dit de VOIGT-KAMPFF, ce denier repose néanmoins sur un test lui bien réel, le test de TURING (1950) utilisé dans un débat prémonitoire, à cette date, de la possibilité d’une Intelligence Artificielle (IA). Si ce test “simple” a été depuis sa description largement critiqué (http://www.artificiel.net/test-de-turing), il n’en reste pas moins le témoin d’une question majeure concernant dualisme et matérialisme de l’esprit humain. C’est pourquoi cette question se pose aujourd’hui avec d’autant plus d’acuité que l’IA en envahissant  la société crée une nouvelle interface entre deux entités ontologiquement différentes, homme vs machine. C’est aussi la raison pour laquelle l’article Where Blade Runner began: 50 years of Do Androids Dream of Electric Sheep? (http://www.nature.com/articles/d41586-018-02695-7?WT.ec_id=NATURE-20180309&spMailingID=56151484&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1361248578&spReportId=MTM2MTI0ODU3OAS2) mérite d’être lu. Il introduit en effet une nouvelle dimension : celle qui considère ces nouveaux liens que l’homme pourrait tisser avec sa machine pouvant modifier le statut de chacun des protagonistes. Ce qui se traduit in fine par le problème de la robotisation humaine, problème évoqué en son temps et à sa façon par Chaplin !

Une nouvelle cocotte qui n’est pas en papier !

samedi, février 17th, 2018

Il n’est pas d’enfant qui ne connaisse le mot “origami” et sa signification sans aucunement pratiquer la langue de l’Empire du Soleil Levant. A la question “qu’est-ce qu’un origami”, la réponse se doit d’être “pliage de papier”. Rien de plus simple en apparence, mais en apparence seulement car certaines figures obtenues relèvent de l’œuvre d’art.  Mais cet art vieux de plusieurs siècles sait aussi faire preuve d’adaptation en choisissant un nouveau domaine d’application, celui de la biologie. Akira Yoshizawa  serait le créateur d’au moins 50 000 pliages différents ainsi que du système international Yoshizawa-Randlett (1950), qui permet de coder les différents plis de l’origami à partir de  symboles et diagrammes représentant  le processus de création d’un pliage. Paul Rothemund, nouveau maitre en origami (2006) modèle des structures bi- ou tridimensionnelles en utilisant une longue chaîne d’ADN viral. Origamiste un jour, origamiste toujours, on est en droit d’écrire qu’il n’y a aucune différence entre maitre Akira Yoshizawa et Paul Rothemund puisque les œuvres de ce denier ont fait l’objet d’une exposition au MOMA (https://www.scientificamerican.com/article/dna-origami/). Mais un artiste a plusieurs domaines d’expression et le support conditionne la finalité de l’objet composé. Ainsi en est-il des pliages d’ADN que Yan et ses collègues, à la suite des travaux de Paul Rothemund, ont utilisés pour mettre au point un nano robot tubulaire destiné à cibler un site tumoral (DNA Robots Target Cancer, https://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/51717/title/DNA-Robots-Target-Cancer/&utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=60643722&_hsenc=p2ANqtz-81hoCW1sTkkz1uBjLG-49sP0jiu7R1Si5_wANCSbvdGT-skw5zZ1iGM-VnV8t1WVcW6fna9y8zIiRKhin_O0N0bYEbbQ&_hsmi=60643722/). Quelques vérifications avant embarquement sont peut-être encore nécessaires mais les spectateurs du Voyage Fantastique ne risquent pas d’être étonnés, ils vont simplement échanger le Proteus (https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Voyage_fantastique_(film,_1966) contre un moyen plus moderne de locomotion !

Mirabile auditu visuque

jeudi, décembre 21st, 2017

Quand on évoque les progrès de la robotique (sous toutes ses formes), on n’envisage communément que le monde sur lequel règne jusqu’à présent l’homme. Il faudra désormais voir plus grand et considérer que l’animal, lui aussi, est en droit d’en bénéficier. Tous ne sont pas encore les heureux élus : ceux dont on parle et qui donc n’ont plus lieu d’être jaloux, sont des oiseaux et plus particulièrement la Grallina cyanoleuca (la gralline pie, famille des Monarchidae ). Il s’agit d’un oiseau, à la fois rural et citadin, originaire  d’Australie. Pourquoi donc ce charmant représentant de l’ordre des passériformes a-t-il fait l’objet d’une publication ? Multimodal duetting in magpie-larks: how do vocal and visual components contribute to a cooperative signal’s function? [(http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0003347216300446),version résumée accessible, Robotic Birds Help Decode Avian Deception, https://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/50945/title/Robotic-Birds-Help-Decode-Avian-Deception/&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=59532232&_hsenc=p2ANqtz-9REO12mZWfhhVaVFDIODcVWLxGYp7WXYuGr1zS5zU6gOn8lkaOnpAmLNIHPotwXIckbYl3mu3vLmiecLV__9kJRpM_LQ&_hsmi=59532232). Tout simplement parce qu’il est (lui aussi) un grand artiste dans le domaine de la tromperie ! Car il s’y entend à abuser ses rivaux, un seul partenaire étant capable de chanter deux partitions ! Si l’on tient compte du fait que ces duos trompeurs sont plus fréquents en période de nidification, on entrevoit une réelle finalité. Maitre Goupil n’a plus qu’a se bien tenir ! 

Bientôt prêt ?

vendredi, septembre 22nd, 2017

Si l’on excepte le sens commun de Kant proche du bon sens de Descartes ayant valeur universelle,  le système perceptif humain se caractérise par cinq sens : audition, gustation, olfaction, vision, tact. Pour appréhender n’importe quel objet dans son environnement, un seul d’entre eux pourrait sembler suffisant. Mais il s’agit là d’une croyance erronée, car les quatre autres sans être requis sont néanmoins présents. Ainsi dans un premier temps, l’observateur applique à la reconnaissance de l’objet offert, l’un d’entre eux plus particulièrement. Si la vision semble dans un premier temps la première sensation pour la majorité, il n’en reste pas moins vrai qu’il existe un autre système perceptif qui fait appel à plus que le seul sens concerné  dans la mesure où viennent s’ajouter les acquisitions par les autres sens lors d’une expérience antérieure. Or donc, si I. Asimov n’a pas exactement décrit les système perceptif de ses robots, leurs différents gestes et actions laissent à supposer qu’ils sont bel et bien pourvus des cinq sens humains. A la lecture de l’article Stretchy Artificial ‘Skin’ Could Give Robots a Sense of Touch (https://www.livescience.com/60386-robots-artificial-skin-stretchy-semiconductor.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20170913-ls), une fois encore la réalité vient de confirmer la fiction puisque l’on peut doter ces objets d’une peau électronique. Bien que parfaitement artificielle, cette enveloppe externe va être capable d’acquérir et de transmettre une information qui sera interprétée pour être secondairement reconnue. S’il existait déjà des systèmes doués d’une certaine reconnaissance tactile, il semble que celui mis au point par Yu et son équipe (Rubbery electronics and sensors from intrinsically stretchable elastomeric composites of semiconductors and conductors, http://advances.sciencemag.org/content/3/9/e1701114.full) conjugue à la fois, efficacité et  petit prix, d’où un double attrait. Il faudra bientôt faire très attention en serrant la main d’un robot !

Le sexe des anges

vendredi, juillet 14th, 2017

On pourrait dire de l’ange qu’il a bel et bien pris la place d’Hermès,  puisque ce dernier, comme son homologue Mercure, était messager des dieux, de Zeus en tout premier lieu mais aussi passeur vers l’au delà entre autres fonctions. Il appartient aux trois religions monothéistes et apparaît très tôt dans les textes sacrés. Il est plutôt aimable dans l’Annonce faite à Marie, mais il peut aussi se battre avec Jacob toute une nuit. Enfin il peut aussi désobéir et être puni, déchu à l’image du plus célèbre d’entre eux, Lucifer. Le problème, c’est que normalement invisible il peut se laisser voir et que la question se pose de savoir à quelque sexe il appartient. En fait il se pourrait bien que n’ayant pas réellement de corps il ne puisse pas plus avoir d’attributs. Si cette querelle byzantine sur le sexe des anges s’acheminait plutôt vers l’extinction, elle reprend de l’actualité avec le sexe des robots ce qu’Asimov n’avait jamais évoqué (Let’s talk about sex robots, http://www.nature.com/news/let-s-talk-about-sex-robots-1.22276?WT.ec_id=NATURE-20170713&spMailingID=54477173&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1201858239&spReportId=MTIwMTg1ODIzOQS2) ! Si l’on excepte la sexualisation du robot version intelligence artificielle en réponse à une situation différemment gérée selon celui ou celle qui est concerné,  ce qui est en cause aujourd’hui c’est l’importance que peut prendre une autre application du robot dans ce domaine aussi vieux que le monde, celui de la sexualité. Quand la poupée gonflable est dépourvue d’une réelle interactivité, il n’en est pas de même avec le “robot sexuel” de telle sorte que tous les problèmes inhérents à la sécurité informatique devront être pris en compte et viendront s’ajouter à l’éthique et à l’économie de ce marché. Il ne s’agit donc plus de reprendre le chemin de ces discussions interminables vouées à l’échec mais de faire en sorte que l’intelligence artificielle bien qu’artificielle soit intelligente !

Ce chemin est-il le meilleur ?

vendredi, août 12th, 2016

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Depuis l’antiquité (Héron d’Alexandrie), de grandes améliorations ont été apportées aux automates en témoigne Le Canard digérateur  créé par Jacques de Vaucanson en 1738. Il s’agissait d’une machinerie très complexe qui reproduisait les processus de la digestion de l’animal et dont les rouages étaient visibles. La robotique mise en  place par Isaac Asimov (1941/1942, Menteur, Runaround) en s’intéressant  à un domaine un peu différent se rapproche pourtant plus des humanoïdes artificiels dont Ephaistos fut le premier promoteur. Aujourd’hui si l’on continue à imaginer et à réaliser des humanoïdes artificiels  la robotique a envahi de nombreux autres domaines : industriel, domestique, médical, militaire, scientifique. Celui dont on parle abondamment actuellement concerne la robotique de transport avec la voiture autonome, c’est à dire la voiture sans conducteur. Si l’on passe outre les problèmes liés à  la réalisation même de ce type d’engin, à propos duquel on sait que toutes les réponses n’ont pas encore été apportées, il reste une question primordiale, celle du rapport de l’homme à la machine (Steer driverless cars towards full automation, http://www.nature.com/news/steer-driverless-cars-towards-full-automation-1.20390?WT.ec_id=NATURE-20160811&spMailingID=52032459&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=981769299&spReportId=OTgxNzY5Mjk5S0).  L’homme est-il prêt à ce que la machine prenne totalement en charge l’action de conduire transformant l’objet en sujet et inversement  ?  Cette inversion des rôles pouvant être interprétée comme une dépossession, action liberticide s’il en fut, même si l’on imagine que le conducteur ainsi dépossédé devient apte à choisir une autre action. Parmi les autres questions, celle du conditionnement qu’une telle machine risque d’entraîner sur l’environnement dans lequel elle va se déplacer. Et à l’heure où l’écologie prône le respect de l’environnement, la voiture autonome risque d’installer l’homme dans un nouvel univers, qui ne pourra plus être celui de ses ancêtres, d’où une réelle aporie qu’il conviendrait peut-être d’éviter. Qui gouvernera la route ?

Éthique et robotique

lundi, septembre 22nd, 2014

westworld (2)En 1942, Isaac Asimov élaborait les trois lois de la robotique : 1 : Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger, 2 : Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la Première loi, 3 : Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la Première ou la Deuxième loi. On peut se poser la question de savoir où se situent aujourd’hui les rapports qui unissent l’homme et sa créature le robot, à la lecture du récent article,  Ethical trap: robot paralysed by choice of who to save (http://www.newscientist.com/article/mg22329863.700?cmpid=NLC%7CNSNS%7C2014-0918-GLOBAL&utm_medium=NLC&utm_source=NSNS&#.VB_Lc11xlYc), écrit par Alan Winfield (http://www.ias.uwe.ac.uk/~a-winfie/) . Le problème est celui de la prise de conscience d’un processus tout à fait particulier, celui d’un choix entre deux situations identiques mais qui peuvent s’exclure l’une l’autre ? Si le robot dans près de la moitié des cas, prend tellement de temps pour faire son choix que l’action lui échappe, qu’en est-il lorsque la même expérimentation est  proposée à l’homme ? Dans quelle mesure ce dernier réussira-t-il  cent fois sur cent sa mission : effectuer le sauvetage des deux individus en position dangereuse ? Le particularité du problème posé par la situation décrite, est  d’insister sur le faire, pour lequel  l’homme,  ne peut faire l’économie du  jugement puis de la justification. Se pourrait-il que ce qui est encore une spécificité humaine, devienne par le miracle des algorithmes une qualité supplémentaire des robots ? Où comment on peut retrouver cette question engendrée par le scientisme du  XIX° siècle :  le progrès est-il synonyme d’amélioration du futur ?