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Elles n’ont pas fini de faire parler d’elles !

lundi, avril 10th, 2017

Elles ne datent pas de leur découverte il y a 160 ans mais  proviennent probablement de l’endosymbiose d’une alpha-protéobactérie il y a environ 2 milliards d’années selon la théorie développée et argumentée par Lynn Margulis  dès 1966. En 1980, on les voient s’enrichir d’un ADN spécifique d’origine maternelle puisque la quasi totalité des mitochondries après fécondation provient de la mère ; les mitochondries paternelles étant pour la plus part d’entre elles localisées au flagelle qui lui, ne pénètre pas l’ovocyte. Ce qui entraîne une certaine part de responsabilité maternelle : côté pile de la médaille  le concept d‘Eve mitochondriale (il y aurait cent cinquante mille ans …), côté face ce que l’on a appelé les mitochondropathies  dont le dénominateur commun est un déficit de la chaîne respiratoire mitochondriale (Maladies mitochondriales, http://campus.cerimes.fr/genetique-medicale/enseignement/genetique9/site/html/1.html). La presse s’est récemment intéressée à une nouvelle manipulation ayant donné lieu à des publications au titre provocateur que l’on pourrait résumer par “Un bébé, trois parents“. Cet enfant, maintenant âgé de un an, continue (et risque de continuer)  de poser des questions certaines ayant été provisoirement résolues, d’autres auxquelles on croyait avoir répondues, d’autres enfin auxquelles on n’aurait pas pensé ! (Genetic details of controversial ‘three-parent baby’ revealed, http://www.nature.com/news/genetic-details-of-controversial-three-parent-baby-revealed, http://www.nature.com/news/genetic-details-of-controversial-three-parent-baby-revealed-1.21761?WT.ec_id=NATURE-20170406&spMailingID=53784341&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1140784154&spReportId=MTE0MDc4NDE1NAS2). Il est certain que si l’on excepte la description du procédé employé (Live birth derived from oocyte spindle transfer to prevent mitochondrial disease, http://www.rbmojournal.com/article/S1472-6483(17)30041-X/fulltext) qui s’adresse à la communauté scientifique, l’horizon n’est pas nécessairement dégagé en particulier en raison de ce problème essentiel qu’est le refus des parents de faire suivre leur enfant. Si l’on veut établir une comparaison avec la définition du “consentement éclairé”  sensé effacer l’asymétrie entre le médecin qui sait et le patient qui ignore on se trouve devant une situation bien plus angoissante puisqu’aucune des deux parties en présence ne sait quoi que ce soit ! A quelle aune devient-il aujourd’hui possible de juger le savant ?

Pourquoi elle et pas lui ?

jeudi, juin 30th, 2016

rman9544lOn n’en est pas certain mais il n’est pas impossible que ce ver ait été créé pour apporter des réponses  aux interrogations nombreuses ( peut-être pas toutes néanmoins) que se pose l’homme. Le Caenorhabitis elegans vient encore de frapper fort. S’il ne résout pas toutes les questions se rapportant à l’ADN mitochondrial, il en résout pourtant quelques unes. Il est de notoriété publique que les mitochondries ont ceci de particulier c’est de renfermer un ADN d’origine exclusivement maternelle, ce qui a été de première utilité dans l’étude des populations. Aujourd’hui les chercheurs ont mis en évidence chez le célèbre ver, un gène codant pour une enzyme impliquée dans la dégradation de l’ADN mitochondrial paternel après fertilisation de l’œuf (Why Paternal Mitochondria Aren’t Passed On to Offspring, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46414/title/Why-Paternal-Mitochondria-Aren-t-Passed-on-to-Offspring/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=31024464&_hsenc=p2ANqtz–16Pt0u2eTPmYHViE3PZXpK3kQSjhm7MBIKPL1XMz3Rs6EHsBjGv4Fz8t1ILNZ8Y4dG0uGBaAHU-K–vFaSHLd8K4UrA&_hsmi=31024464). L’absence de ce processus serait fatale au développement ultérieur.  Comme chez le ver, la première étape déterminante chez l’homme, intervient au moment de la fécondation,  selon le chromosome sexuel du spermatozoïde fécondant . S’il s’agit d’un chromosome Y, la différenciation se fera vers la masculinisation. S’il s’agit d’un chromosome X et en l’absence de chromosome Y, la différenciation s’orientera vers la féminisation. Les deux exemples suivants ne nécessitent peut-être pas d’être portés à la connaissance des groupes se revendiquant de la gender theory. Rappelons que pour Judith Butler c’est le genre qui construit le sexe et donc on voit  mal comment intégrer les deux éléments suivants :  premièrement le développement ultérieur de l’œuf du Caenorhabitis elegans  nécessite la disparition de l’ADN mitochondrial chez le mâle, deuxièmement chez l’homme, c’est l’absence du chromosome Y qui autorise le développement de tractus urogénital femelle après un stade d’indifférenciation. Ce qui procurerait d’une part à certains/certaines des arguments à propos de l’idée de compétition et d’autre part de relancer un débat d’une importance capitale à savoir le remplacement du terme séminaire par celui d’ovarium !

Tic Tac, Tic Tac

dimanche, novembre 15th, 2015

lapin-blanc-alice-merveillesLe vieillissement tel que chacun le vit dans son extériorité, c’est aussi le vieillissement de l’ADN cellulaire qui au fur et à mesure que le temps s’écoule, s’altère et dont les réparations sont de moins en moins performantes. Par ailleurs des phénomènes de mutation interviennent à un cadence que des éléments extérieurs peuvent accélerer. Le problème majeur vient du fait que la survenue de ces détériorations loin d’avoir des avantages n’a, au contraire, que des désavantages. Jusqu’à présent, on ne possédait que peu d’éléments concernant la temporalité de leur survenue . L’existence d’un système équivalent à celui d’une horloge à propos du vieillissement de l’ADN vient d’être prouvé. Or qui dit horloge,  sous entend ipso facto possibilité d’agir sur la dite horloge  comme par exemple la possibilité de la remettre à l’heure (‘Death clock’ in cells could tell you when you’ll get cancer, https://www.newscientist.com/article/mg22830475-100-death-clock-in-cells-could-tell-you-when-youll-get-cancer/?cmpid=NLC%7CNSNS%7C2015-1211-GLOBAL&utm_medium=NLC&utm_source=NSNS) ! Il vient alors immédiatement à l’esprit l’idée selon laquelle il serait possible de retarder la survenue de certaines mutations, et par voie de conséquence la survenue de certains cancers. L’idée suivante étant bien évidemment de ratarder le vieillissement lui-même et pourquoi pas de s’attaquer ensuite à l’échéance ultime ! L’homme, conscient de sa finitude, serait-il en passe d’envisager d’en modifier l’inéluctabilité !

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Happy Birthday !

vendredi, avril 26th, 2013

On peut probablement rattacher un des moments forts de la biologie du XX° siècle à la découverte de la structure en double hélice de la molécule d’ADN. Cette découverte se place en effet, comme la mise en place du concept de la cellule, dans une perspective de l’unicité du monde vivant.  Au lendemain du décès de François Jacob, Prix Nobel de Médecine ou Physiologie, en 1965 avec André Wolff et Jacques Monod, cet anniversaire (Happy birthday DNA, http://www.the-scientist.com/TheScientist/emails/daily/2013/04/25a.htmlsemble tomber à point comme un rappel indispensable de cette avancée dans la connaissance de ce que Jacques Monod a également appelé dans “Le Hasard et la Nécessité”  l’invariant universel. On touche là à deux notions essentielles : celle qui place le vivant et le fait scientifique dans le temps. Chaque nouvel individu est ainsi vieux de plusieurs millions d’années du fait de son ADN, tandis que le fait scientifique n’est que la révélation en termes devenus compréhensibles de ce qui est inscrit dans la nature depuis son origine (R. Poincaré). On devra prendre son temps pour lire tous les articles du TheScientistDaily qui, s’ils ne peuvent pas être exhaustifs, présentent néanmoins plusieurs points de référence sur le sujet. 

Nobel de Physiologie et Médecine, 2012

vendredi, octobre 12th, 2012

A tous ceux qui veulent vraiment se tenir au courant mais pas uniquement pour briller dans les cercles de conversations parisiens, il faut conseiller deux lectures et trois conférences. La première lecture colle à l’actualité sous le titre Reprogrammed Cells Earn Nobel Honor (http://news.sciencemag.org/sciencenow/2012/10/physiology-or-medicine-nobel.html). On y traite rapidement des deux heureux lauréats et non moins rapidement de leurs travaux. La seconde est un texte plus ancien (2005) de N. le Douarin sur Les ARN interférents: une nouvelle clé pour comprendre le génome, (http://www.academie-sciences.fr/activite/prix/S151105_ledouarin.pdf). Mais pour compléter et élargir le débat, tout en revenant aux lauréats, il n’est pas inutile d’écouter les trois conférences qu’elle a données à la Cité des Sciences (2008) à propos des cellules souches (http://www.cite-sciences.fr/fr/conferences-du-college/programme/c/1239026846457/les-cellules-souches/p/1239022827697/). Depuis l’époque des chimères caille-poulet dont elle est “l’inventeur“, N. Le Douarin ne cesse d’explorer les domaines qui s’attachent au développement en général tout en le dépassant. Comme G. Canguilhem, elle aborde Le normal et le Pathologique, mais c’est son approche qui lui permet d’expliquer le premier par le second. La science est belle quand elle est riche d’espoirs.

Infalsifiabilité ?

jeudi, juillet 28th, 2011

Le journal “Science” (impact factor élevé), vient de publier un “rectificatif” à un article récemment paru et concernant des gènes relevants dans des populations dites âgés.

Il semble que des erreurs se soient glissées en particulier en ce qui concerne des vérifications par des puces à ADN.

Certains s’étonnent qu’une revue aussi prestigieuse ait accepté un article dont on ne saurait dire selon K. Popper qu’il était ou non “infalsifiable”.

N’oublions jamais le canular-pastiche de Sokal, publié dans la revue Social Text, et n’ayant lui, subi aucune vérification d’un quelconque comité de lecture !