Archive for juin, 2018

Absence ou quantité nulle ?

mardi, juin 12th, 2018

Le chiffre est un symbole mathématique de base : il n’en existe que dix dont le zéro fait partie. Ce sont pourtant ces éléments finis qui autorisent une infinité de nombres dont la valeur tient à la position relative des dits chiffres. Le zéro en tant que chiffre a signification d’absence au sein d’un nombre. Le zéro en tant que nombre est une quantité nulle mais qui peut également être séparation entre les valeurs réelles positives et les valeurs réelles négatives. La construction cognitive mathématique chez le jeune enfant est sujette à de nombreux débats depuis les théories de Jean Piaget. Elle repose essentiellement sur deux appréhensions distinctes : tardive elle serait le fruit de l’expérience sensible, précoce elle pourrait plutôt correspondre à une intuitivité. On retrouve ici la différence classique entre connaissance innée et acquise. Un récent article, Bees Appear Able to Comprehend the Concept of Zero (https://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/54776/title/Bees-Appear-Able-to-Comprehend-the-Concept-of-Zero/&utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=63612507&_hsenc=p2ANqtz-9B2514GB8HYBWnjQYatqSX0MSZs0Oz0fYQ-nwduD_3tPm563SGJ5_WU5HY1dMFqc882YygN-07YxSSsnHqwobQPRG70A&_hsmi=63612507) vient poser plus de questions qu’il n’en résout ! Les études menées par Aurore Avargues-Weber et son équipe montreraient que l’abeille serait capable de comprendre le concept du zéro ou même l’absence d’information ! Cet(te) auteur(e) avait déjà montré en 2014 que cet insecte hyménoptère analysait une image dans sa globalité, comme l’homme à la différence de nombreuses autres espèces qui analysent l’image en partant des détails (Perception visuelle : chez les abeilles l’arbre ne cache pas la forêt, http://www2.cnrs.fr/presse/communique/3833.htm?debut=16). Mais dans le cas présent le problème vient de ce qu’il existe une réelle difficulté au concept d’absence : celle-ci en effet pouvant être regardée, selon Bergson (in L’évolution créatrice, 1941) comme l’image homothétique de la présence d’un élément connu mais reconnu comme manquant. L’abeille aurait-elle dépasser cette étape ou bien l’homme se pose-t-il des questions dépourvues de sens ?

La solitude des grands espaces

dimanche, juin 10th, 2018

Si l’univers est bien réellement en expansion, le paradoxe de Fermi risque de se perdre dans le silence de l’espace. Son  prix Nobel de physique (1938) ne lui interdit pas de discuter de façon informelle avec des collègues sur le thème de civilisations extra terrestres. Sans être aussi vieille que le monde, cette question est néanmoins très ancienne et chemine de concert  avec l’idée des voyages que l’homme pourrait faire vers d’autres mondes en évitant de s’y brûler les ailes. Comme on s’adresse au domaine des conversations les rapports diffèrent sur ce qui fut réellement dit. Pourtant le sujet de la question ayant trait à un domaine où des propositions contradictoires se heurtent, l’expression du paradoxe de Fermi fut retenue. De quoi s’agissait-il ? De la (des) raison(s) pour laquelle (lesquelles) il ne pourrait pas exister une civilisation techniquement en avance sur celle des hommes. Subséquemment pourquoi n’en a-t-on pas connaissance ? Cette question est toujours d’actualité confer l’article,Aliens Are Real, But Humans Will Probably Kill Them All, New Paper Says (https://www.livescience.com/62715-first-in-last-out-fermi-paradox-answer.html). La question repose essentiellement sur le fait qu’il existe rien qu’au sein de la voie lactée, une infinité de planètes plus anciennes qui auraient pu/dû donner naissance à de nombreuses civilisations qui se devraient dès lors d’être plus avancées que la civilisation terrestre, d’où la question : ” Mais où sont-elles ?” Alexander Berezin opte pour une nouvelle réponse (L’hypothèse terrifiante qui permet d’expliquer l’absence de contact extraterrestre, https://www.minutenews.fr/technologie/lhypothese-terrifiante-qui-permet-dexpliquer-labsence-de-contact-extraterrestre-359807.html). La conclusion n’en est ni plus ni moins que la verbalisation du concept de colonisation : destruction sans intention de la donner !

Philosophie et Science

mercredi, juin 6th, 2018

A l’aube des temps, philosophie et science ne se distinguent pas, mais survient une séparation de corps qui met en place philosophie et science puis une nombreuse famille présidée par une philosophie des sciences qui elle même donnera naissance à autant de membres qu’il est de domaines en science. Parce que l’homme a son temps, lui-même englué dans un temps qu’il ne maîtrise pas, il se dit de temps en temps  qu’il est temps de faire le point. S’amarrer lui permet de se retrouver par la maîtrise de la réalité de son existence au sein d’un monde en perpétuelle évolution. Le grand mot est dit “réalité“, par excellence sujet philosophique s’il en fut. Ainsi la réalité peut être objet d’expérience, elle peut aussi être en soi et inaccessible et que devient-elle quand elle est qualifiée de virtuelle ou d’augmentée ? Serait-elle plus confortable si elle n’était que scientifique quand on sait qu’elle se transforme au grès des acquisitions. Peut-être justement le terme de transformation n’est-il pas le bon et il serait plus approprié de parler d’un processus d’incrémentation qui lui permet de viser la complétude. Quoiqu’il en soit, l’époque est sujette à ce type de réflexion quand de multiples perspectives scientifiques semblent ne pouvoir que venir se fracasser sur la recherche de la vérité (Michela Massimi: Scientific evidence and a plurality of perspectives, https://www.youtube.com/watch?v=aSUzhwPM8Fs). C’est ce dont traite l”article de Michela Massimi, professeur de philosophie à l’Université d’Edinbourg, Questioning Truth, Reality and the Role of Science (https://www.quantamagazine.org/questioning-truth-reality-and-the-role-of-science-20180524/). L’on y comprend combien il est impératif de continuer à faire cheminer de concert une science dynamique qui n’est déjà plus univoque et une recherche de la vérité-réalité qui le reste. C’est ce qui était pratiqué jusqu’au début du XX° siècle et qui doit être continué malgré les difficultés comme par exemple celle de traduire ce nouveau concept de “perspectival realism” dont parle l’auteur(e)