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« Ils ont des yeux et ne voient point »

lundi, octobre 2nd, 2017

Regarder sans voir ou voir sans regarder ? Là est la question. Aujourd’hui un neurone vient s’intercaler dans ce processus pour expliquer que l’on pourrait voir sans voir  ! On pourrait en effet voir sans être conscient que l’on voit ce qui est l’opposé de regarder sans voir mais pourrait se rapprocher de voir sans regarder ! Dans l’article Your Brain Sees Faces, Even When You Don’t (https://www.livescience.com/60477-your-brain-sees-faces-even-when-you-dont.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20170922-ls) les auteurs cherchent à montrer qu’ un neurone pourrait être mis en corrélation avec le phénomène de la conscience. Ces cellules qui s’illuminent par le biais d’une image spécifique se localisent dans une zone qui n’était pas connue comme impliquée dans les processus de conscience et de perception. De là à imaginer que l’on va pouvoir mettre le doigt sur le rapport entre perception et mémoire il n’y a qu’un pas (de géant!). Que disait H. Bergson quand il parle du sensible et de son corps ?  Il existe deux systèmes d’images : « l’un appartient à la science, chaque image n’est rapportée qu’à elle même et garde valeur d’absolu, l’autre qui est dans le monde de la conscience où toutes les images se règlent sur une image centrale, notre corps » (Matière et Mémoire, 1939) et deviennent de ce fait relatives. Pour lui qui s’intéressa aux schémas élaborés par les différents neurologues tout au cours du XIX° siècle et qui prédisaient « …qu’il n’y a pas, il ne peut y avoir dans le cerveau une région où les souvenirs se figent et s’accumulent » (Matière et Mémoire) une vrai remise à niveau va devoir être engagée ! Mais surtout il est évident que l’homme ne peut s’empêcher de continuer à découper l’homme en menus morceaux pour qu’à un élément matériel ne corresponde qu’un seul élément immatériel ! Ce serait si simple !

Un peu excessif !

mardi, juillet 8th, 2014

enquete-terrainS’agit-il vraiment d’un pas de plus-en avant à propos de cet endroit magique qu’est la conscience, celui que scientifiques aussi bien que philosophes cherchent, pour les premiers à localiser pendant que  les seconds aimeraient bien définir exactement ce que ce terme recouvre. Le cerveau est une telle machine, que l’homme a toujours cherché à y dessiner les aires impliquées dans ses différentes activités en allant des plus simples aux plus complexes et c’est bien à cette dernière catégorie qu’appartient la conscience et dont parle l’article » Consciousness on-off switch discovered deep in brain » (http://www.newscientist.com/article/mg22329762.700-consciousness-onoff-switch-discovered-deep-in-brain.html?full=true#.U7q-ol3lpYc). Il est certes intéressant de montrer du doigt une structure particulière, le claustrum, pour ne pas le nommer, comme étant le lieu où la conscience pourrait se faire jour. Il s’agit d’une fine lame de substance grise, située entre la capsule extrême et la capsule externe,   faisant ou non partie, selon les auteurs, du système des corps striés. Cette structure est déjà rapportée comme servant de relais entre les régions corticales dans l’ouvrage  » Psychopathologie et Neurosciences » au chapitre 2 traitant de la neurophysiologie clinique et au chapitre  7 traitant des processus intégratifs (De Boeck Supérieur, 2008) Mais en ce qui concerne le présent article, le résultat présenté provient d’une seule et unique expérimentation. On a connu mieux comme échantillon ! Par ailleurs, le sujet n’est pas à proprement parler un sujet représentatif de la population en général, dans la mesure où il souffre d’épilepsie, ce qui on en conviendra, laisse planer un doute sur la reproductibilité, sans parler de l’absence partielle d’une autre structure, non moins importante l’hippocampe ! Si l’on est en droit de se poser des questions sur la fiabilité d’un résultat obtenu à partir d’un seul test, on doit également faire un arrêt sur le choix du terme utilisé.  Considérer la conscience comme un chef d’orchestre est une façon restrictive de définir le terme, ne prenant en compte que l’état de perception qu’a le sujet vis à vis du monde sans que l’on sache exactement s’il s’agit de l’extériorité et/ou de l’intériorité du dit monde en excluant totalement toute notion d’éthique qui peut également lui être  rattachée. Beaucoup de bruit pour rien ?