Archive for septembre, 2025

Socrate et l’IA

mardi, septembre 30th, 2025

Parce que l’esclave du Ménon (qui n’a pas de nom !) ne connaît rien de la géométrie, Socrate démontre par le biais de la maïeutique que «  la vérité des choses est en nous « . La question qu’il lui a posé « comment faire pour doubler la surface d’un carré » il y a presque deux mille cinq cents ans est justement celle qui a été choisie pour être posée à l’IA, (Scientists asked ChatGPT to solve a math problem from more than 2,000 years ago — how it answered it surprised them). Si « Socrate parvient finalement à faire accoucher l’esclave de la connaissance des propriétés géométriques » qu’en est-il de la machine, quand on ne sait pas trancher entre l’inné et l’acquis ! Et imaginer que la machine pourrait apporter une réponse peut sembler assez cocasse ! Néanmoins il est vrai que la réponse de la machine exprime sa capacité à utiliser ses données, soit directement car elle a déjà la réponse, soit par un jeu de réseaux neuronaux. Réponse de la machine : il n’y a pas de solution géométrique à la question posée. S’il est ainsi prouvé que l’innéité n’est pas le propre de la machine, le résultat invite surtout à apprendre aux utilisateurs des différentes IA que savoir poser la question est le temps essentiel de la démarche, et qu’il faut ne jamais perdre de vue que ses réponses peuvent être fausses. Méfiance et circonspection !

Alfred n’y avait peut-être pas pensé !

dimanche, septembre 28th, 2025

Parce qu’il avait inventé la dynamite, il œuvra pour la paix, et s’il n’y a pas de récompense pour les mathématiques c’est qu’il en existait déjà une en Suède a cette époque, remise par le roi. Aucune femme en cause, il n’était pas marié ! Mais très bonne nouvelle, il n’est plus nécessaire d’être extrêmement sérieux pour espérer obtenir le prix Nobel (Zebra Cows Repel Flies and Win Ig Nobel Prize), il faut simplement (quand même) avoir quelques idées de celles qui flottent dans l’air du temps ! Quelques mots d’explication sur le Prix Nobel Ig : l’acronyme est déjà un jeu de mots entre « prix Nobel » et l’adjectif  « ignoble » en anglais. Le concept en est à retenir, puisque l’objectif déclaré de ces prix est de « récompenser les réalisations qui font d’abord rire les gens, puis qui les font réfléchir ». Dans l’article cité, les auteurs, qui n’imaginaient pas concourir pour le prix Nobel, ont découvert « que les vaches noires peintes de rayures blanches verticales étaient moins attirantes pour les mouches piqueuses que leurs congénères ne ressemblant pas à des zèbres ». A priori, le travail avait toutes chances d’être classé dans le domaine des espiègleries d’adolescents, sauf que les mouches ont bel et bien tendance à éviter les surfaces rayées ! S’il s’avère effectivement que la peinture n’altère pas la santé des vaches zèbres, le fait qu’elles soient moins attirantes pour les mouches piqueuses ajoute à leur bien être, sans compter que s’ouvre également la question de savoir si les zébrures de l’Hippotigris constituent une amélioration évolutive ?

χείρ : jeu de main !

vendredi, septembre 19th, 2025

Jeu de main mais pas jeu de vilain comme le dit une expression populaire datant du XVIème siècle. En effet il ne s’agit pas du jeu de paume auquel se référait la dite locution, mais de la particularité géométrique qui s’attache à cet organe si riche en fonctions dont la préhension n’est pas la moindre. Dans le monde dans lequel vit l’humanité, règne « la chiralité : caractéristique du vivant, propriété d’une molécule de ne pas être superposable à son image dans un miroir« . C’est la qu’intervient la main, χείρ, la main droite n’étant pas superposable à la main gauche. Le mélange en proportions égales des deux formes droite et gauche d’une molécule donne le mélange racémique et ces deux formes peuvent avoir des propriétés biologiques très différentes. Toujours capable du meilleur comme du pire, l’apprenti sorcier humain pourrait dans peu de temps « donner vie » à des molécules non chirales mais parfaitement symétriques. Le point d’achoppement réside dans le fait que l’univers ne connaît pas ce type d’élément ! Mais toujours prêt à plus, une partie de la communauté scientifique se pose la question de savoir ce qu’il en serait de microbes miroirs, tandis qu’une autre partie semble y être farouchement opposée ( Mirror Microbes: Understanding the How and Why of Hypothetical Life, Debate heats up over ‘mirror life’) ! Dans la mesure où deux énantiomères peuvent ne pas avoir les mêmes propriétés biologiques, qu’en serait-il de microbes miroirs inconnus de la nature ? Actuellement on débat encore de plusieurs problématiques : la faisabilité est en cours de solution, les effets bénéfiques vs les effets délétères sont en discussion. Dans ces conditions, écrira-t-on un monde utopique ou dystopique ? Ce dont on peut être certain, c’est que ce ne peut être une uchronie !

Il n’y a pas de secret !

dimanche, septembre 14th, 2025

Les sorcières sont aussi vieilles que le monde. Leurs pratiques, qui ont peu évolué au fil des siècles, s’appuient sur l’emploi de substances peu recommandables et s’accompagnent d’une phraséologie aussi obscure que possible. Pour être considérée comme efficaces, il faut et il suffit qu’elles répondent (quelque en soit la manière) aux souhaits humains, lorsque ceux-ci se trouvant dans des circonstances extrêmes, sont dans l’incapacité de leur apporter uns solution satisfaisante. Pourtant, parfois, il ne leur est pas interdit d’agir de leur propre chef. Quoiqu’il en soit si l’on fait abstraction des statuettes représentatives dans lesquelles il est de bon ton de planter des aiguilles, elles ont plutôt pour habitudes de concocter des breuvages qu’elles font ingérer à leurs victimes. L’article The forgotten chemistry behind historical witchcraft practices se plait à chercher et trouver (?) des correspondances entre ces substances « inconnues » et des substances « connues » au regard de leurs effets. Ce qu’a apporté l’avancée scientifique, c’est la possibilité d’analyser les substances en cause suite à quoi il a été possible de mettre en correspondance les composants et leurs effets sur les organismes vivants animaux et humains : les animaux ayant souvent servi de sujets d’expérience. Le cas de Circé est particulièrement remarquable dans la mesure où le texte donne à, la fois ue indication sur la substance responsable et sur l’antidote préconisé par Hermès en personne ! Mais si la sorcellerie reste l’activité principale des sorcières, ces plantes ont aussi fait partie de l’arsenal des guérisseurs et guérisseuses, qui savaient les utiliser à bon escient, c’est à dire en faire des thérapeutiques efficaces au cours des siècles. La seule différence vient de la connaissance des principes actifs dont les chimistes/pharmaciens ont fait des prescriptions médicamenteuses. Les différentes étapes de transformation des produits s’expliquent également par la nécessité d’extraire ces principes actifs pour qu’ils le deviennent réellement. Mais le point important dans l’article sus- cité est surtout la vision de la femme au moyen-âge qui ne pouvait que la faire plus sorcière et moins potentiellement scientifiques que l’homme !

La fête des mères

lundi, septembre 8th, 2025

Les fourmis, insectes hyménoptères, sont « mirabile visu » en premier lieu par leur organisation sociétale. Elles vivent en colonie de plus ou moins grande taille, pratiquent la division du travail, communiquent et résolvent des problèmes d’une certaine difficulté. Si toutes activités pourraient faire évoquer la société humaine, il n’en est pas de même pour celle traitée dans l’article « Almost unimaginable’: these ants are different species but share a mother » (https://www.nature.com/articles/d41586-025-02807-0), ainsi en est-il des Messor ibericus, mais dans des conditions bien particulières. En effet lorsqu’elles ont besoin de fourmis ouvrières robustes, elles « donnent naissance à des descendants mâles d’une espèce totalement différente« , ce qui va à l’encontre du dogme selon lequel une espèce donne naissance à une même espèce. Ce qui est commun aux hyménoptères, c’est que les œufs pondus sont ou non fécondés. Les premiers sont diploïdes, le seconds haploïdes. Les diploïdes donneront soit des ouvrières soit des reines, les haploïdes donneront des mâles. Mais chez les fourmis M. ibericus, les mâles sont de deux espèces différentes : ibericus et structor. Les mâles de la lignée M. ibericus n’ont que les génome nucléaire de leur mère, les mâles de la lignée M. structor ont le génome nucléaire du géniteur, la reine ayant éliminé son propre génome. On ne sait pas encore comment cette élimination est possible, ni à quel moment elle intervient, mais le mécanisme repose sur un stockage des spermatozoïdes du mâle lors de l’accouplement (https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/arthropodes_188038). Bien des questions posées par ce mode de reproduction n’ont pas encore trouvé de réponses, mais on peut facilement y voir un processus d’amélioration de l’espèce, et pourtant la fourmi n’est pas prêteuse …