Archive for avril, 2015

L’individualité peut être un exemple !

lundi, avril 27th, 2015

12-02-19-Gaussienne-1Probablement assez nombreux sont ceux qui ont entendu parler de Gauss et par voie de conséquence de la loi éponyme. Mais sont-ils aussi nombreux ceux qui connaissent la signification d’une loi normale ? Pour arriver à ce concept de distribution d’un événement biologique issu de plusieurs événements aléatoires, la route fut relativement longue ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_loi_normale), mais l’utilisation courante de cette courbe témoigne assez de sa robustesse.  Dite en cloche, la courbe montre qu’un événement survient chez un maximum d’individus tandis qu’un petit nombre d’entre eux situés aux deux extrémités semblent s’en échapper. Ce sont ces individus remarquables qui prennent aujourd’hui toute leur importance comme le montre l’étude Mining the Outliers (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/42442/title/Mining-the-Outliers/).  Ainsi les individus qui sortent de la normalité, c’est-à-dire des résultats attendus deviennent-ils objet de toutes les attentions dans la mesure où ils sont source de connaissances nouvelles, ces dernières en effet, ne pouvant plus être acquises à partir de la majorité. Ainsi cette expression de la normalité est-elle  un frein à l’approfondissement de la connaissance. Seuls ceux qui s’en échappent sont capables d’apporter un plus à l’ensemble. A partir de quoi on peut affirmer sans se tromper qu’il est bienheureux d’être unique. sont D’autant que les études les plus récentes sur la génomique des tumeurs confirment l’individualité de chacun des processus par rapport à son voisin (The Challenges of Precision, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/42443/title/The-Challenges-of-Precision/). Ainsi si chaque individu reste bien unique, il semble en être de même avec le processus néoplasique. On remarque donc que le cheminement des connaissances, en tout cas dans le domaine médical, est passé de la recherche de signes communs à la recherche de signes distinctifs. La première démarche a permis le diagnostic la seconde va permettre d’affiner la thérapeutique.

Découvrir

jeudi, avril 16th, 2015

6a00d8341c622e53ef00e54f05a7998833-800wiDécouvrir : ôter ce qui couvre, montrer à la vue (il ne s’agit pas là du dévoilement heideggerien). Ainsi en est-il des découvertes, qui peuvent être fruit du hasard comme, vraie solution à fausse question ou à l’inverse fausse solution à vraie question, mais dans tous les cas, d’une acquisition à prendre en compte.  Quelques exemples fameux ont marqué l’histoire parmi lesquels deux viennent immédiatement à l’esprit : l’Amérique de Christophe Colomb, la pénicilline de Flemming. D’autres sont moins connus qui appartiennent pourtant au domaine du quotidien : le four à micro ondes, le Post-it, le téflon, le velcro …. Ce que l’on sait encore moins, c’est qu’il existe un terme la sérendipité qui est le fait de « trouver autre chose que ce que l’on cherchait” (http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rendipit%C3%A9). On peut, à l’évidence, utiliser ce concept à l’encontre de la p53 comme le montre de façon particulièrement instructive parce qu’universelle, l’article Setbacks and Great Leaps (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/42463/title/Setbacks-and-Great-Leaps/). Faut-il pour autant cesser de chercher comme l’évoque de façon humoristique le dessin ci dessus ? La réponse est à l’évidence non. Depuis Aristote, l’accent a toujours été mis sur la recherche des causes premières et Descartes ne l’a certes pas contredit, lui qui a mis le doute comme démarche première avec le Cogito, ergo sum, première certitude à partir de laquelle le doute peut être utilisé comme méthode. Et donc, s’il existe une scientifique attitude,  elle ne peut résulter que d’une combinaison  équilibrée entre rigueur et doute, doute et rigueur, chacun à tour  de rôle et en refusant que le terme conclusion devienne synonyme de vérité absolue et définitive, en d’autres termes que le débat n’y trouve plus sa place.

Une Chimère pas du tout chimèrique

mardi, avril 14th, 2015

decoration-mosaique-fresque-animal-08Difficile de s’entendre sur l’aspect de la chimère sinon à reconnaître qu’il s’agit d’un être extraordinaire mais surtout malfaisant appartenant à la famille des monstres que le héros antique se doit de faire disparaître pour que règnent ordre et beauté du cosmos, tels que Zeus les initia. Pourtant les chimères existent, et si les cliniciens n’en rencontrent que rarement, il semble bien que les biologistes en  décèlent un beaucoup plus grand nombre. Ainsi si le chimérisme phénotypique reste rare (lignes de Blaschko, http://textes.easybayes.org/mosaicisme/lignes-de-Blaschko.php), il n’en est pas de même pour le chimérisme génotypique (From Many, One, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/42476/title/From-Many–One/). Si ce dernier n’a pas d’expression phénotypique, on peut affirmer qu’il a d’autres qualités : ses origines sont multiples, et ses conséquences touchent de nombreux domaines : celui des greffes, celui des processus immunitaires, celui de la survenue de processus néoplasiques essentiellement dans le cadre du microchimérisme. Les pistes de recherche sont sinon infinies du moins nombreuses, dans la mesure où intervient également le moment où il se met en place au décours de la vie embryonnaire, fœtale et même adulte et ce serait également sans compter avec un autre type de chimère, la chimère épigénétique, ce qui porte à croire que l’on n’a pas fini de recenser les chimères humaines. Si la science confirme l’existence d’individus peu ordinaires crées par la mythologie, elle en a néanmoins modifié le caractère exclusivement maléfique. Mais comme le souligne en conclusion l’article cité, ces chimères invitent à insister sur la notion de singularité de  l’individu.

En terme d’évolution

dimanche, avril 12th, 2015

Guide16p.inddA l’heure de la fécondation in vivo, et donc à l’heure où la fécondité peut s’exprimer différemment de la façon dont elle s’est toujours exprimée, voici que surgit une question particulièrement embarrassante. En effet les interruptions de grossesse pour cause d’aneuploïdie méiotique précoce pourraient être interprétées comme bénéfiques (A Benefit of Failed Pregnancy? http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/42635/title/A-Benefit-of-Failed-Pregnancy-/) ! Quel profit l’humain peut-il donc tirer du fait qu’une grossesse n’est pas menée normalement à son terme puisqu’à priori il semble n’en exister aucun. Explication : cette aneuploïdie précoce survient chez des femmes qui présente une variante d’un nucléotide, SNP rs2305957, sur le chromosome 4 maternel. Or il se trouve qu’à son voisinage se trouve également le gène codant pour l’enzyme PLK4, critique dans l’organisation du fuseau mitotique : il joue donc comme  facteur impliqué dans la survenue de l’aneuploïdie. Cette variante existe dans 45% de la population actuelle, mais est absente dans la population néandertalienne. Conclusion : dans la mesure où l’évolution se fait vers une amélioration de l’espèce, la possibilité de survenue de l’aneuploïdie responsable d’une interruption de grossesse dans la population moderne et pas chez les néandertaliens doit signer à tout le moins un certain type de profit au niveau de l’espèce humaine … Cette première conclusion qui bien que déductive, reste encore à vérifier,  s’agrémente d’une seconde  totalement hypothétique et difficile à vérifier puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de l’hypothèse suivante : dans les communautés humaines primitives, il y aurait eu tout intérêt pour les pères à ne pas savoir avec certitude quels étaient leurs propres descendants de telle sorte que tous étaient traités de façon similaire pour le bien du groupe ! Il va effectivement, être difficile de vérifier cette hypothèse mais il est plaisant de constater que l’on n’hésite pas à mettre en rapport la présence/absence d’une enzyme avec une conduite sociétale !

Pourquoi l’un et pas l’autre !

vendredi, avril 10th, 2015

FACTEU~1Dans le domaine médical, il existe plusieurs sujets rémanents : l’un d’entre eux concerne le processus néoplasique ce qui régulièrement donne lieu à des annonces faisant référence à des plans qualifiés de cause nationale mais dont la répétition même exprime l’inefficience. Ce qui pourtant serait plutôt de bonne augure, c’est que les recherches effectuées  convergent vers une constatation qui s’impose : le processus néoplasique n’étant  pas univoque ! D’autres constatations relèvent tout simplement du bon sens. Parmi elles, on peut noter : que le cancer n’affecte pas tous les individus (heureusement !), que si le nombre de sujets touchés augmente, il faut tenir compte du vieillissement de la population et des performances du dépistage, que la résistance au processus tout autant que la réponse au(x) traitement(s) sont loin d’être homogènes. Ainsi peut-il parfaitement se dégager cette idée à la fois simple et complexe que le dit processus peut être attaqué sur plusieurs fronts ((Resisting Cancer, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/42469/title/Resisting-Cancer/). Il devient dés lors impératif de se débarasser d’idées classiques, pour en faire naître de nouvelles comme celles qui ont trait aux processus de défense et dont la force vient de ce qu’elles viennent en complément des premières. Dans ces conditions, le recensement des  facteurs impliqués est une nécessité en se gardant de croire avoir atteint définitivement le but, d’une part parce que de nouveaux prétendants viennent toujours compléter la liste des précédents responsables, et d’autre part parce chacun d’entre eux n’agit pas séparemment de son voisin. Les logiciels de modélisation trouvent là des applications particulièrement utiles  ! Pourtant Descartes serait très déçu : l’homme n’est toujours pas maitre de la anture.

Un grimoire si non rien !

lundi, avril 6th, 2015

klimt-hygieDans la médecine occidentale, si la connaissance du médecin tire ses origines du divin, elle va s’en affranchir progressivement en  interprétant le sensible aux dépens du mysticisme et des superstitions. Dans le même temps, la prévision deviendra diagnostic et des règles fixant devoir , risques, peines et honoraires  se devront d’être fixées dans la pierre, code d’Ammunabi  (1800 ans avant JC), ou sur un support moins solide comme le Papyrus d’Ebers (1600 avant JC). Les principes de la phytothérapie sont anciens, Hippocrate (ca 450 ans avant JC) professe que la nature possède un pouvoir guérisseur et l’on est donc peu interventionniste, il ne s’agit que d’aider un processus naturel. Le Bald’s Leechbook est un livre de médecine en vieil anglais datant d’environ mille ans, dont le seul manuscrit existant est conservé à la British Library de Londres  (référence Royal 12, D xvii.). C’est lui qui vient d’être soumis à expertise aujourd’hui (Anglo-Saxon remedy kills hospital superbug MRSA, http://www.newscientist.com/article/dn27263?cmpid=NLC|NSNS|2015-0402-GLOBAL&utm_medium=NLC&utm_source=NSNS#.VSJEt12JhYc). Et que croyez-vous qu’il advint ? La recette, encore que relativement difficile à reproduire exactement, se révéla néanmoins parfaitement efficace dans le traitement d’une affection oculaire fréquente, l’orgelet. En fait il s’avère que cette mixture est parfaitement efficace contre les germes de type Staphylococcus aureus résistants à la  méticilline (SARM). Même s’il est vrai que ce germe est en cause dans un nombre croissant de septicémies hospitalières au Royaume Uni, on se pose la question de savoir pourquoi avoir cherché dans un vieux grimoire la réponse à une résistance bactérienne aux antibiotiques actuels ? Il est vrai également qu’il ne s’agit pas de la première et unique utilisation d’une ancienne prescription à avoir fait ses preuves. On aimerait connaître le cheminement allant de la question à la solution. Se peut-il que le hasard seul soit à la fois responsable du choix de l’affection et responsable du choix du livre ? La réponse à cette nouvelle question serait tout aussi intéressante pour l’avenir.

 

 

Jamais assez de mots pour le dire !

vendredi, avril 3rd, 2015

eadeBeaucoup à lire, beaucoup à apprendre et beaucoup à réfléchir, c’est ce à quoi invitent les articles cités ci après (My Mighty Mouse, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/42470/title/My-Mighty-Mouse/, Resisting Cancer, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/42469/title/Resisting-Cancer/, From Many, One, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/42476/title/From-Many–One/,Change the cancer conversation, http://www.nature.com/news/change-the-cancer-conversation-1.17236?WT.ec_id=NATURE-20150402, Opinion: Upgrading Cancer Prevention, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/42582/title/Opinion–Upgrading-Cancer-Prevention/). Que l’on ait enfin admis que le terme de cancer était polysémique, que l’on ait enfin reconnu que les réponses différaient d’un individu à l’autre,  que l’on se mette d’accord sur l’accent à mettre sur les recherches étiologiques se réfèrent presque à un “bon sens médical”, peut-être pas si bien partagé que l’on pourrait le croire. Par contre saisir que la personnalisation de la thérapeutique représente un axe de recherche est une voie plus récente  et c’est ce qu’explore le premier article et c’est là qu’intervient une nouvelle reflexion pas tant sur le but qui est la suite logique des options précédentes mais qui porte plus sur le moyen utilisé. En faisant abstraction des problèmes techniques, deux volets sont à considérer : le premier concerne la façon de faire : greffer chez un être vivant (la souris) des cellules tumorales humaines pour faire mieux que la boite de Pétri. Le second qui pointe du doigt le coût économique de cette approche, soulignant ipso facto l’impossibilité d’offrir cette  opportunité à tous, d’où ce que l’on nomme une perte de chance pour le malade. La technique n’est peut-être pas encore fiable, robuste, et reproductible  mais l’améliorer c’est aussi la rendre accessible parce que meilleur marché. Toutes ses améliorations acquises emporteront alors l’adhésion des derniers septiques.