Posts Tagged ‘prédateur’

Peur ou pas peur ?

mardi, mars 1st, 2016

fear-manipulationUn long article (Fear of large carnivores causes a trophic cascade, http://www.nature.com/ncomms/2016/160223/ncomms10698/full/ncomms10698.html) résumé dans, Just the fear of big predators can alter an entire ecosystem (https://www.newscientist.com/article/2078511-just-the-fear-of-big-predators-can-alter-an-entire-ecosystem/?cmpid=NLC%7CNSNS%7C2016-2502-GLOB&utm_medium=NLC&utm_source=NSNSAL) traitant de l’influence de la peur sur un écosystème, est-ce réellement l’idée du siècle ? Lorsqu’il s’agit de préserver la nature, pourquoi choisirait-on de faire la part belle à certaines espèces plutôt qu’à d’autres ? On aurait alors une idée assez peu orthodoxe de ce qu’est un équilibre, ce qui justement est le but recherché ! Aussi préserver les grands carnivores ne semble-t-il pas une idée extraordinaire mais plutôt une idée parfaitement ordinaire quand on considère la cascade des événements depuis les grands prédateurs jusqu’à leurs proies. Par contre, ce qui est peut-être plus intéressant, c’est l’étude du sentiment de peur et sa traduction en terme de comportement chez l’animal. La méthodologie est simple et repose essentiellement sur la perception et l’interprétation par certaines espèces de sons émis par d’autres espèces animales ; les secondes étant des prédateurs des premières. Car il s’agit en fait de l’étape qui précède la mise à mort, celle qui avertit et permet à l’hypothétique proie de modifier son comportement afin d’échapper à son triste sort. Ainsi le contrôle au sein d’un écosystème relève-t-il peut-être tout autant de la dissuasion que de l’exécution, l’une comme l’autre exercées par les prédateurs. Mais cette aire de la peur, n’est pas la découverte en propre des auteurs Justin P Suraci et al, puisqu’ils n’ont fait que reprendre un concept déjà défini et étudié dés 2010 par sous le terme de The Landscape of Fear (The Landscape of Fear: Ecological Implications of Being Afraid , http://connection.ebscohost.com/c/articles/58601246/landscape-fear-ecological-implications-being-afraid). La peur n’est pas toujours mauvaise conseillère en tout cas chez nos amis les bêtes !

« Si ce n’est toi, c’est donc ton frère … »

samedi, décembre 6th, 2014

droits-animal-lezard-doigt-543poAujourd’hui ce se serait tout autant « …. Car vous ne m’épargnez guère … » que « …  Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés … » Hommes et/ou bêtes dans une même galère, c’est ce dont traite  une courte revue (certainement incomplète),  A Race Against Extinction, (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/41532/title/A-Race-Against-Extinction/), que l’on pourrait également sous titrer par « Où l’on apprend que … ». Depuis longtemps l’homme sait qu’il doit se méfier de certains animaux porteurs de germes et virus pour lesquels il existe une transmission inter espèce. Le plus connu de tous, peut-être, le virus de la rage, maladie mortelle contre  laquelle Pasteur a totalement ignoré le principe de précaution….( » Mais je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… ») Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, si des espèces peuvent être en voie de disparition, elles ne sont pas les seules à être vectrice, l’homme est tout à fait apte à faire de même. Mais là aussi, il ne s’agit pas réellement d’une nouveauté. Il est pratiquement certain que l’homme en introduisant des germes pathogènes ignorés de certaines populations du continent américain a non seulement soumis mais aussi éliminé les populations indigènes. Entre l’homme et l’animal les liens tissés sont anciens, plus ou moins harmonieux selon les époques. Mais l’un ne va pas sans l’autre, et à celui qui est capable d’apporter des remèdes revient le devoir de protéger l’autre. Sans professer l’idée selon laquelle l’homme serait le seul vrai prédateur, il convient qu’il soit celui qui doit réparer parce qu’il sait le faire.

Prédateur, vous avez dit prédateur ?

samedi, janvier 7th, 2012

Qu’est-ce qu’un prédateur ? Deux articles en ce debut d’année 2012 vont certainement donner  à réfléchir sur ce sujet. Le premier constitue un démenti flagrant à tous ceux qui ont affirmé à leurs enfants que  « Les petites bêtes ne mangeaient pas  les grosses » (http://the-scientist.com/2012/01/01/animal-mind-control/). A le lire, on reste confondu devant la sophistication de certains des comportements des infiniment petits : ou, comment se défendre quand on n’est pas de taille ! Encore qu’il s’agisse non pas de défense mais plutôt d’une stratégie de survie, en dehors de laquelle point de salut.  Le second constitue un démenti flagrant à tous ceux qui n’ont jamais cru aux chimères mythologiques, puisque viennent de naître en parfait état « de marche » cinq primates obtenus à partir de cellules d’embryons âgés de quatre jours mais prélevées sur six macacus resus différents (http://the-scientist.com/2012/01/05/worlds-first-chimeric-). Les premières chimères datent des années 1980, mais aucune n’avait encore été obtenue à partir de primates ce qui invite à de nouveaux  champs d’investigation. En effet des tests effectués chez trois des foetus obtenus ont montré que tous les tissus et organes renfermaient un mélange de cellules portant les différents génomes. Il y avait eu coopération cellulaire sans jamais de fusion. S’il ne s’agit pas de la chimère mythologique, tête de lion, corps de chèvre et queue de dragon, on peut néanmoins s’interroger sur la symbolique. Si la première crachait du feu et dévorait les humains et dut être anéantie par Bellérophon, qu’en sera-t-il de la dernière née ? Serait-on, comme d’aucuns le prédisent en chemin vers l’homme auto-prédateur !