Un article à garder de toute urgence pour le déguster lors des prochaines longues soirées d’hiver, If ‘disruptive’ science is waning, what next?. Les questions soulevées y sont multiples et comme les réponses n’en font pas partie, le lecteur peut y trouver matière à discussion. L’auteur n’hésite pas à aborder un concept fondamental celui de la « disruptivité » dans la recherche ce qui ouvre un immense champ d’interrogations. D’abord, concernant la recherche, terme général, terme cache-misère, qui aurait fait dire au General de Gaulle « « Des chercheurs qui cherchent, on en trouve ; des chercheurs qui trouvent, on en cherche ! Terme volontiers associé à celui de progrès qui, comme chacun le sait, va de paire depuis le XIXème siècle avec celui de maitrise du futur dans quelque domaine que ce soit. Mais qu’est-ce que la disruptivité et donc comment la reconnaitre ? La progression de la technologie a été telle qu’il en a résulté une accélération de l’acquisition des connaissances au fil des siècles qui dessine une courbe en S selon laquelle le processus, d’abord lent, s’accélère pour se ralentir dans un troisième temps. La disruptivité introduirait un saut dans la courbe, comme une « autre façon » de voir. Ce qui est à la fois vrai et faux dans la mesure où pour voir autrement il faut posséder totalement l’antériorité dont le chercheur fait son socle. Or sur une telle courbe, il n’existe pas d’accident, alors existe-t-il des outils qui permettraient de définir cette disruptivité ? Pas de réponse ! Deuxième devinette : pourquoi il y a-t-il déclin ? Là encore l’auteur évoque de nombreuses pistes parmi lesquelles l’environnement et son actualité, qui seraient un puissant frein s’exerçant à l’encontre des acteurs eux-mêmes. Peut-on être d’accord avec l’idée selon laquelle c’est la société qui sécrète ses propres entraves, mais alors c’est le choix d’une société en décroissance qui s’impose. Bienvenue dans l’aporie du XXIème siècle !
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Progrès et disruptivité !
mardi, mai 27th, 2025Candide ?
samedi, février 1st, 2025Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, dixit Panglosse (qui parle toutes les langues) adepte inconditionnel de Leibniz ! Dieu étant parfait n’aurait pas créé un monde imparfait, d’où il s’en suit que ce monde est le meilleur qui soit ou plutôt, qui puisse être, ce qui permet déjà d’introduire comme un « bémol » sur la qualité de la sus dite perfection ! Mais qui, et ce n’est pas la moindre de ses qualités, tente une explication de l’existence du Mal ! Néanmoins la facétieux Voltaire n’a pas insisté sur le rôle propre à l’homme dont il doit être tenu compte pour que la perfection dans ce bas monde soit réalisable. Et c’est là qu’intervient personnellement Leibniz comme artisan du progrès et donc acteur indispensable d’un perfectionnement sans fin. C’est par ce que sa démarche mécanistique risque de porter atteinte, en ce XVIIème siècle, au sacré encore terriblement en vigueur, que le philosophe-mathématicien va tenter rationnellement de combiner les deux approches à la façon de la démarche d’un Louis de Broglie théoricien de la mécanique ondulatoire. On peut donc y voir le canevas d’une vie sur lequel il a brodé d’innombrables applications pratiques. C’est toujours par cette adhésion sans faille à l’idée du meilleur des mondes que Leibniz achèvera son système par son concept de « monade » : cette unité parfaite qui est le principe absolu ! Si l’on croit dans le meilleur des mondes, iI n’est pas de meilleur exemple que Leibniz qui y œuvra tout au long de sa vie (Leibniz: the ultimate optimist).
Quel avenir pour la science fiction ?
vendredi, février 20th, 2015
Descartes, La Mettrie, même combat, mais surtout une façon pas si éloignée d’appréhender l’homme aujourd’hui dans l’espoir de savoir lui venir au mieux en aide. Si l’éthique est venue s’interposer entre le chercheur et son sujet pour éviter que ce dernier ne devienne objet, l’idée maitresse reste bien qu’il faut s’adresser à un système aussi proche que possible de ce que l’on tente d’étudier. La technique aidant, il n’est plus impossible de fabriquer des modèles réduits d’organes humains à partir desquels il n’est plus impossible de pratiquer tout type de réparation requise par tout type d’effet délétère obtenu par tout type d’apprenti sorcier (Biodefence researchers seek ‘Homo chippiens‘, http://www.nature.com/news/biodefence-researchers-seek-homo-chippiens-1.16936?WT.ec_id=NATURE-20150219). Ainsi « l’homo chippiens« , pourrait-il prendre place dans le genre homo, après l’homo sapiens. Aujourd’hui encore fractionné il ne remplira totalement sa fonction que lorsque tous les modèles réduits pourront être reliés en réseaux eux-mêmes interconnectés pour se rapprocher le plus possible de ce que des siècles d’une évolution « naturelle » ont mis en place. La grande question reste toujours de savoir si la Technique est indispensable pour nourrir le Progrès et nombreux sont ceux qui craignent tout de cette association qu’ils auraient plutôt tendance à qualifier de diabolique tel Fukuyama dans la « Fin de l’Homme ». Pourtant la créature de Frankestein a peut-être moins de beaux jours devant elle qu’elle n’en a eu !
Sous les pavés, la mer …..
dimanche, janvier 11th, 2015
Parmi tous les slogans proposés en mai 68, « l’imagination au pouvoir » montre aujourd’hui encore, toute son actualité comme en témoignent deux articles que chacun, selon son intime conviction, peut prendre ou non comme complémentaires. Mais quelque soit la position adoptée, l’intérêt réside en une prise de conscience de l’accélération sans limite des acquisitions scientifiques faisant de l’homme le double parfait de l’apprenti sorcier de Walt Disney où Mickey devant la progression probablement géométrique de ses balais devait avoir recours à plus fort que lui. Alors, que faut-il faire en l’absence d’un tel plus fort ? Les prévisions établies sont dépassées, Book Excerpt from The Creativity Crisis (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/41856/title/Book-Excerpt-from-The-Creativity-Crisis/), et les besoins deviennent immenses puisqu’ils suivent nécessairement les progrès techniques, Reasons to be cheerful (http://www.nature.com/news/reasons-to-be-cheerful-1.16657?WT.ec_id=NATURE-20150108). Comment dés lors peut s’exercer cette prudence si chère à Aristote ? Le principe de précaution souvent évoqué et trop appliqué, bride l’action et n’apporte aucune réponse puisqu’il évacue la question. Les lois établies pour une prévision spécifique se révèlent inadaptées puisqu’elles se voient rapidement dépassées par la réalité ? C’est l’expression même de l’aporie. L’imagination pourrait prendre alors tout son sens, et pourtant des apories persistent, puisqu’il se présente toujours une situation où l’impasse semble être la seule solution. Alors existera-t-il à jamais des champs où le réel reléguera l’imagination dans le domaine du virtuel ?
Une autre « manif pour tous »
dimanche, octobre 12th, 2014
Peut-être n’aurait on pas le droit d’utiliser le même slogan que celui qui fait la une des médias depuis 2012, puisqu’il s’agit d’un collectif déclarée en préfecture le 2 novembre 2012 avec publication au Journal officiel (loi de 1901) le 17 du même mois. Pourtant c’est bien ce à quoi invite à penser l’article de Amaya Moro-Martin (A call to those who care about Europe’s science, http://www.nature.com/news/a-call-to-those-who-care-about-europe-s-science-1.16086?WT.ec_id=NATURE-20141009). Dernièrement il était question de l’indéfectible besoin de l’Europe exprimé haut et clair par la communauté scientifique écossaise à l’occasion du référendum du 18 septembre 2014, fraction résolument opposée à une scission avec l’Angleterre. Aujourd’hui, c’est l’Espagne qui parle par la voix de Amaya Moro Martin ( From the Diary of a Spanish 21st Century Emigrant, http://newparadigm.schillerinstitute.com/media/amaya-moro-martin-from-the-diary-of-a-spanish-21st-century-emigrant/) alors que ce pays vit également une demande de séparation de la part de sa province catalane (http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/ecosse-catalogne-en-europe-les-separatistes-donnent-de-la-voix_1570274.html). C’est la phrase La recherche ne peut suivre les cycles politiques (Research cannot follow political cycles) qui doit faire consensus. Pourquoi même ne pas y introduire l’adverbe « aucunement » pour bien signifier qu’il ne s’agit pas d’un consensus mou. Dans la recherche comme dans d’autres domaines, il semble bien que les restrictions budgétaires ne soient pas le meilleur moyen d’une relance de l’activité, et en bout de chaîne du bien être de chacun. On peut ne pas être d’accord avec la thèse d’Orwell selon qui le progrès n’est pas synonyme de « bonheur », il n’en reste pas moins vrai que sa recherche ne peut être conditionnée au politique, puisqu’a priori mais aussi a posteriori l’amélioration de la vie en général est le but que tous doivent viser. Et ce bien passe par la recherche certes appliquée mais qui ne peut s’abstraire de l’étape antérieure, celle de la recherche fondamentale. Les maisons sont mieux assises sur des fondations ! Scientifiques de tous les pays unissez vous!
Science et Nature
mercredi, juin 25th, 2014
Depuis l’Homo Sapiens le bien nommé, Dame Nature ne cesse d’inspirer la Gente Humaine, et il ne se passe pas une semaine que de nouvelles applications ne voient le jour pour le plus grand plaisir du tandem théoricien/technicien. Tous les domaines peuvent être champs d’investigations ce qui ne surprendra personne étant donné l’infinité des modèles proposés. Deux exemples parmi tant d’autres, apparemment sans rapport de prime abord, mais qui méritent plus qu’un simple regard. L’un concerne la microrobotique (Insect-Inspired Sensors Improve Tiny Robot’s Flight, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/40278/title/Insect-Inspired-Sensors-Improve-Tiny-Robot-s-Flight/) , l’autre les champignons (Re-examining Rots, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/40319/title/Re-examining-Rots/). Dans ce dernier, il s’agit de tirer tous les profits possibles de deux sous classes du règne des champignons lignolytiques (Botryobasidium botryosum, Agaricomycetidae). Le premier s’intéresse à l’ocelle ( un œil simple de quelques arthropodes qui permet de capter les variations de luminosité) comme organe responsable de la stabilisation du vol rapide des insectes. Pourquoi les champignons lignolytiques : l’avenir de l’économie biotechnologique, mais pas uniquement, puisque l’étude s’ouvre une possible modification d’une classification dont les débuts remontent au XVI° siècle. Pourquoi l’ocelle : améliorer les performances de la macrorobotique grâce à la microrobotique en particulier en terme de cinétique, mais pas seulement, améliorer la compréhension de la stabilisation en vol de certains insectes comme le bourdon. Dans ces deux exemples, l’étude de la nature peut s’écrire dans un livre où le progrès humain profite à l’homme et à la nature.
