Archive for février, 2020

Chercher le bon côté des choses

mercredi, février 12th, 2020

A l’heure où les articles à charge concernant les effets délétères de la technologie numérique sur la santé mentale plus particulièrement celle des “jeunes têtes blondes”, trouver un dossier à décharge n’est pas une mince affaire. Ce n’est pourtant pas mission impossible cf Scrutinizing the effects of digital technology on mental health ( https://www.nature.com/articles/d41586-020-00296-x?utm_source=Nature+Briefing&utm_campaign=bb8588fcdb-briefing-dy-20200211&utm_medium=email&utm_term=0_c9dfd39373-bb8588fcdb-43241421 ). Il s’agit en particulier d’explorer les méfaits de ces réseaux sociaux qui ne cessent d’être dénoncés à grand renfort d’exemples on ne peut plus convaincants. Pourtant la médaille aurait bel et bien une autre face qu’il est indispensable de connaître et ce pour deux raisons qu’il est difficile de différencier en terme de priorité. Donc non pas la première, mais l’une d’entre elle qui met en évidence l’effet contraire à celui qu’il est habituel de souligner. Quant à l’autre elle se réfère à la démarche adoptée par l’auteur : celle de ne pas se satisfaire du dossier à charge. Explorer l’intégralité d’un problème relève de la dialectique. En philosophie depuis Zénon d’Elée et Platon (plus connu !) c’est l’art du dialogue, de la discussion, mouvement de pensée qui autorise la confrontation et mène plus sûrement à la vérité. La vulgate populaire pratique parfaitement cet exercice et parle simplement du pour et du contre. Ce ne devrait pas être si difficile de faire pareil !

Le doute détourné

dimanche, février 9th, 2020

Pour faire simple, on peut schématiquement envisager deux faces au doute : celui de Pyrrhus d’Elis et celui de René Descartes. Le premier est un philosophe sceptique enseignant que l’homme ne peut atteindre la Vérité. Le second est un philosophe scientifique enseignant que l’homme atteint la Vérité en se basant sur le doute méthodique. Mais qu’est le doute qui trompe ? C’est ce dont traite l’article, Truth decay: when uncertainty is weaponized ( https://www.nature.com/articles/d41586-020-00273-4?utm_source=Nature+Briefing&utm_campaign=35053716f5-briefing-dy-20200207&utm_medium=email&utm_term=0_c9dfd39373-35053716f5-43241421 ) : rien de moins que la Double pensée, inventée par George Orwell et qui n’a d’autre but que de supprimer tout esprit critique. Les tenants de cette option ne manquent pas politiciens, économistes, scientifiques (liste non exhaustive). Leur travail est d’autant plus facile qu’ils sont naturellement servis par une prédisposition reconnue qu’a l’homme de croire plus volontiers ce qui conforte un a priori de ses opinions. Point n’est besoin de forcer le trait : que le doute aille dans le sens ou a rebours de ce que pense l’individu ciblé ce dernier se verra renforcer dans ses idées premières. On pourrait imaginer l’utilité et la bienveillance de cette “boîte à outils” dans le cadre d’une information qui éduque. Malheureusement les exemples sont plutôt en faveur de l’inverse, attitude d’autant plus malveillante qu’elle cible deux niveaux : la fausseté de la communication et la destruction de l’esprit critique. En vue l’anéantissement de l’exercice de la liberté ?

Le nouveau “Cogito”

dimanche, février 2nd, 2020

Sans doute ne sera-t-il “jamais” possible de quitter cet amour qu’a l’humanité pour la scientifisation. Si Aristote en fut l’un des premiers piliers, il n’en fut pas et de loin le dernier. La science du XVII° siècle est triomphante et Descartes appuie sa recherche de certitude sur le doute méthodique. Ce n’est pas un septique car c’est justement ce doute qui prouve son existence. Est-ce bien vrai ? Aujourd’hui certains pensent autrement et s’appuient pour ce faire sur la branche quantique de la physique (What is quantum cognition? Physics theory could predict human behavior. https://www.livescience.com/quantum-like-model-of-decision-making-proposed.html?utm_source=Selligent&utm_medium=email&utm_campaign=9160&utm_content=LVS_newsletter+&utm_term=3192375&m_i=5VZMgR5tnrzQ%2B0tkjsrJSol6er4NOTZ6m6hhsTJT1aueHvgtkXOZrjNIBN1u9a7KBOlX%2Bfrg13E7K3OTrKb4jp780rwxo8GZ1YBDT7o55G ). Pour aborder plus simplement la cognition quantique on se réfèrera au chat de Schrödinger dont on a bien compris qu’il peut être à la fois mort et vivant .. Si l’expérience montre combien la décision finale d’un individu est imprévisible et inconnue, la cognition quantique pourrait à terme être capable d’expliquer l’irrationalité du comportement humain ! C’est la raison pour laquelle il devient urgent de changer le “cogito ergo sum” pour le concept d’enchevêtrement (intrication) quantique !