Archive for janvier, 2019

On ne saurait penser à tout !

dimanche, janvier 27th, 2019

Prométhée était celui qui pensait “avant” , il était donc prévoyant (jusqu’à un certain point !). Epiméthée son frère, à l’inverse, pouvait être qualifié d’étourdi (plusieurs faits en attestent !). C’est ainsi qu’il se trouva que des poissons ne manifestaient pas la même vélocité en fonction des eaux dans lesquels ils évoluaient. C’était il y a bien longtemps et depuis, si l’on peut dire que de l’eau a coulé sous les ponts, on doit aussi reconnaître que cette eau se réchauffe ce dont alertent les écologistes qui en sont parfaitement conscients. La vitesse de déplacement d’un animal est un point non négligeable pour sa survie par rapport à la vitesse de son prédateur ! Au froid se rattache une certaine lenteur que le réchauffement inverse (Warming Weather Could Make Arctic Fish Faster, https://www.the-scientist.com/news-opinion/warming-weather-could-make-arctic-fish-faster-65382?utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2019&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=69289185&_hsenc=p2ANqtz-_87HOtdkZNptcCPCFpzw-O5_TSIV9CDOR-cNtJonYPdrqftwdg9G6DWmHbMCgLnEUxMNXhko_OeBwAsmOS2n_NzBy0Zg&_hsmi=69289185 ) (Why Whales, Seals, and Penguins Like Their Food Cold, https://www.theatlantic.com/science/archive/2019/01/why-whales-seals-and-penguins-thrive-cold/581149/). L’explication est simple : le prédateur protégé du froid par sa physiologie même attrape facilement sa subsistance qui va lui échapper quand cette dernière bénéficiant du réchauffement pourra se déplacer plus vite ! Ainsi la richesse des récits mythologiques peut elle être prise en défaut en ce qui concerne la prévisibilité ou bien ne serait-ce pas plutôt que l’homme a franchi le cadre qui lui avait été attribué ?

L’invention de la Mythologie

mardi, janvier 22nd, 2019

Reprendre le titre d’une publication de Marcel Detienne (tel gallimard, 2012, 252 pp), ne constitue pas la provocation d’un détracteur du sujet, pas plus que l’affirmation péremptoire d’un savant fou. Cet auteur a ouvert une sorte de boîte de Pandore en dévoilant la polysémie du terme même de Mythe auquel se rattache celui  de mythologie tout autant que celui de mythologue. Sa signification a évolué au fil des siècles et ce n’est pas son étymologie qui l’éclaircit totalement. Les auteurs grecs classiques insistaient sur la différence entre le logos, emprunt de vérité et le muthos beaucoup plus mensonger. Quant aux exégètes du XIX° siècle, ils insistaient sur ces invraisemblances qui ne pouvaient que bafouer la rationalité des pères de la philosophie. Une récente publication va ajouter une nouvelle signification à ce mot, celui de prédiction. En effet l’article Mini-Monsters with Multiple Heads Created in the Lab (https://www.livescience.com/64536-hydra-with-multiple-heads-created.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190118-ls) rapporte ce que la science vient d’être capable de créer : une hydre miniature ! De toutes les têtes du monstre qu’Héraclès eut à affronter (quelqu’en fut le nombre !) une seule était immortelle. Ce que viennent de trouver les modernes c’est ce qui empêche cette régénération : non pas un enfouissement (cf le Héros) mais un équilibre entre activation et répression de certains gènes dont Wnt3 fait partie. Quelques millénairs auront suffi à expliquer le phénomène !

Rien de nouveau depuis 1931

dimanche, janvier 20th, 2019


Peut-être cette découverte sera-t-elle en mesure de rassurer les opposants à l’IA augmentée. En effet ceux qui actuellement s’y intéressent de près, viennent de se heurter de nouveau à une aporie formulée il y a déjà près de quatre vingt dix ans. En 1930, Gödel, mathématicien autrichien âgé de 25 ans à l’époque, énonce deux théorèmes dits “théorèmes d’incomplétude”, dont seul le premier sera détaillé (!!) : “il existe des énoncés mathématiques vrais, mais indémontrables” ! (Le théorème d’incomplétude de Gödel, https://sciencetonnante.wordpress.com/2013/01/14/le-theoreme-de-godel/). La question est d’importance : tout ce qui est vrai est-il forcément démontrable mais aussi, ce qui n’est pas démontrable est-il faux ? Dans l’article, Mathematicians Discovered a Computer Problem that No One Can Ever Solve (https://www.livescience.com/64469-unsolvable-math-problem.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190113-ls) il s’agit de traiter du problème de l’apprenabilité. Or comme celle ci repose sur la quantité de données fournies, elle se situe donc dans le cadre de l’hypothèse du continu (voir la théorie des ensembles). Attention, si l’hypothèse du continu ( Hypothèse du continu, https://www.techno-science.net/definition/6080.html) n’est pas reconnue par tous les mathématiciens et si elle est particulièrement difficile a comprendre pour un béotien en la matière, il n’en reste pas moins vrai qu’il est intéressant de savoir qu’il existe encore des barrières à la progression de l’IA. Pour autant quelle(s) est (sont) la(les) différence(s) entre les barrières humaines et celle(s) des machines à l’apprenabilité ?

Un ressenti sexué ?

mercredi, janvier 16th, 2019
Résultat de recherche d'images pour "égalité des sexes"

A l’ère de la mise en place (imposée ?) de l’égalité des sexes, que doit-on penser de l’article paru dans Current Biology (Male-Specific Conditioned Pain Hypersensitivity in Mice and Humans, https://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(18)31496-9?_returnURL=https%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS0960982218314969%3Fshowall%3Dtrue) et résumé dans TheScientist (Men React to Repeated Painful Experiences Differently than Women Do, https://www.the-scientist.com/news-opinion/men-react-to-repeated-painful-experiences-differently-than-women-do-65320?utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2019&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=69001885&_hsenc=p2ANqtz-_uPaQPM4-gZNufLJjbuhPTMTkScJGyOIfNKXnJVi-PZXydMjviqpEPpAXGzA26vZghxT-K6X8TjQuyQXkMzJ9ecankcg&_hsmi=69001885). Une fois écarté le conditionnement pavlovien quels sont les éléments en présence : le ressenti douloureux, le processus de mémorisation, le dosage de testostérone. Quels sont les hypothèses proposées : mémoire et ressenti douloureux, testostérone et mémoire. D’où : la femme qui fabrique moins de testostérone que l’homme éprouve une ressenti moindre mais parce qu’elle aurait moins de mémoire ! Donc avant que l’une des parties ne se réjouisse trop vite de sa suprématie, on peut bien sûr décider de compléter l’étude ou plutôt et bien plus simplement de n’en pas tenir compte !

Délit de face !

dimanche, janvier 13th, 2019

La prédiction a toujours été au menu des quêtes humaines, et l’art divinatoire a pu être pratiqué à partir de tout et de n’importe quoi. Les anciens pouvaient tirer de multiples informations des viscères animales, de la direction du vol des oiseaux, le plus difficile restant l’interprétation des signes observés. Malgré les risques que l’on connaît comme celui de n’être jamais cru comme le vécut Cassandre, la prédiction reste un sport largement pratiqué. L’un des derniers en date concerne la possibilité d’établir un diagnostic reposant sur un algorithme facial. La société FDNA (FDNA was incorporated with a mission to give hope to chidren with rare diseases and their families, https://www.face2gene.com/fdna) s’est donnée pour but d’aider les cliniciens (ceux qui ne seraient pas suffisamment avertis !) dans leur diagnostic de maladies rares. C’est le sujet de l’article : With just a photo, this algorithm can do more than spot a possible genetic condition – it can suggest a cause ( https://www.statnews.com/2019/01/07/algorithm-spot-genetic-mutation-photo/?utm_source=STAT+Newsletters&utm_campaign=03601aafa5-Daily_Recap&utm_medium=email&utm_term=0_8cab1d7961-03601aafa5-150897645), sujet repris par ailleurs pour analyse dans d’autres publications, ce qui peut témoigner soit de l’intérêt de la découverte soit de l’existence d’un questionnement sous-jacent non exprimé. Si à la technique en soi ne se rattache aucune valeur morale, l’attribution d’une finalité change totalement la vision que l’on peut en avoir. Peut-on être certain que l’algorithme ne sera dévolu qu’au diagnostic de maladies orphelines ? Le faciès reste un sujet sensible !

La bosse des maths

jeudi, janvier 3rd, 2019

C’est en se référant au développement du cerveau qui influerait sur la forme du crâne que Franz Joseph Gall proposa le crâne phrénologique éponyme. Même si François Magendie osa l’épithète de pseudo science, il n’en reste pas moins vrai que les idées développées à partir de cette théorie vécurent leur heure de gloire au XIX° siècle, irriguèrent la littérature de Balzac et furent à l’origine d’expressions telles que la bosse des maths ou celle du commerce. Si aujourd’hui cette référence semble entachée d’une certaine puérilité elle n’a pas perdu de son actualité en vertu du principe bien connu de causalité, comme en témoigne l’article : Are the Brains of Transgender People Different from Those of cisgender People? (https://www.the-scientist.com/features/are-the-brains-of-transgender-people-different-from-those-of-cisgender-people-30027). Si l’homosexualité a été incluse dans le DSM III de 1987 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux promulgué par l’Association Américaine de Psychiatrie) elle en a disparu dans la version V et le fait que la dysphorie de genre n’y soit pas répertoriée signe l’acceptation d’une vision différente de cet état de fait. Pourtant même si le terme de dysphorie exprime qu’il existe un malaise douloureux, une souffrance clinique qui s’oppose au sentiment d’euphorie, il n’en reste pas moins vrai que le clinicien cherche à l’aide de la biologie et de l’imagerie neuro anatomique une/des cause(s) à cet effet. Trouvera-ton simultanément la/les cause de l’homosexualité et celle(s) de la dysphorie de genre ? On ne peut s’empêcher de constater que quelque soit l’époque le déterminisme reste la règle, imprimé qu’il est dans le raisonnement humain ! Pourquoi ?

en témoigne.