Archive for juin, 2019

Du nouveau en épigénétique

jeudi, juin 13th, 2019

L’épigenèse remonte à Aristote, le terme d’épigénétique à
 l’embryologiste Conrad Hal Waddington ( 1942). Mais voici une définition qui sans en être une ( in Valeurs de la vie, Frédéric Mathieur, 2014) rend plus compréhensible ce terme vieux de plus de soixante quinze ans et toujours porteur d’un certain degré d’obscurité “Si le génome était le texte l’épigénome en serait en quelque sorte la ponctuation” ( https://books.google.fr/books?id=IgmQAwAAQBAJ&pg=PA58&dq=Thomas+Jenuwein&hl=fr&sa=X&ei=7Sz4VOqRO4T7UMWCg6AO&ved=0CEgQ6AEwBQ#v=onepage&q=Thomas%20Jenuwein&f=false ). L’article Worm Parents Pass on Behaviors Epigenetically to Offspring (
https://www.the-scientist.com/news-opinion/worm-parents-pass-on-behaviors-epigenetically-to-offspring-65988?utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2019&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=73557337&_hsenc=p2ANqtz–Jo-AzKjSHmskqQ0VQiTFYqlKPjE5wrGERhsTm2XwhnCT8xOPlA-U986ANZhqv-c9Wd2nkzqsovfmSCkB54saYzYGfYg&_hsmi=73557337 ) dévoile un nouvel aspect de l’implication des micro ARN régulateurs ce qui n’est pas sans poser question parce qu’il s’agit de la transmission d’informations du système nerveux aux cellules germinales. Cette découverte ajoute s’il en est besoin un nouvel élément à l’encontre de la théorie d’August Weismann (1834-1914). Ce biologiste plus darwinien que Darwin lui même excluait absolument toute hérédité des caractères acquis. Or comme rien n’est simple, et que tout est compliqué il est normal premièrement que les processus régissant l’hérédité se complexifient et que deuxièmement le degré ultime de cette complexification ne soit pas encore atteint.

Appel à témoignage

mardi, juin 11th, 2019

Qu’est-ce que la “trypophobie” ? Tout réponse indiquant qu’il s’agit d’une phobie ne serait pas la bonne puisque le trouble que le terme recouvre n’est pas répertorié comme tel dans la Classification internationale actuelle des maladies. Pourtant il s’agit bien de l’expression d’une peur irraisonnée : Phobos étant celui qui inspire une peur panique quoique peu irrationnelle à l’époque puisqu’il accompagne son père Arès, dieu de la guerre. Donc, dans le cas présent il ne s’agit ni plus ni moins que de la peur
qu’une simple photographie peut déclencher lorsqu’elle montre des trous (Why This Image of a Woodpecker Is Creeping People Out,
https://www.livescience.com/65667-woodpecker-image-trypophobia.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190608-ls ). La particularité consiste en ce que celui qui en souffre n’a pas peur des trous mais de leur image ! Mise en jeu du Système nerveux sympathique ou parasympathique, là n’est pas réellement l’affaire quand on ne connaît pas encore à quoi renvoie l’image du trou ! Peur ou dégoût ne sont probablement pas les responables, aussi évoque-t-on le rôle de l’histoire évolutive de l’espèce. Si l’apprentissage est action, le terrain sous jacent pourrait être miné par des siècles d’humanisation que chacun en tant qu’individu ne peut maîtriser !

Envisager autrement !

mercredi, juin 5th, 2019

Où comment la tolérance est résistance (Could Tolerating Disease Be Better than Fighting It?,
https://www.the-scientist.com/features/could-tolerating-disease-be-better-than-fighting-it–65864?utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2019&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=73282293&_hsenc=p2ANqtz-_6sYcoERuYh57NuckhV47cw0iQMvQcDR77H44aV1fD-mfsVIFkIIfBETOJTokm_OX8HnREL7ssxMLTCOSz5CcGzW_Jqw&_hsmi=73282293 ). Aulus Cornelieus Celsus (26 av JC-50 ap JC) écrivit dans le marbre les quatre signes cardinaux de l’inflammation : Rubor, Calor, Tumor, Dolor. C’est une façon qu’a l’organisme d’exprimer ses défenses à l’encontre d’un agent pathogène venu de l’extérieur. Tant que l’organisme reconnait le soi et le non soi, il n’y a aucun problème, mais c’est l’inverse qui se produit lorsque ce n’est pas le cas. Une nouvelle voie est en cours d’exploration qui utilise comme défense, la tolérance. Il ne s’agit pas vraiment d’une révolution, puisque le règne végétal était déjà connu pour utiliser cette stratégie. Pourquoi donc s’étonner qu’il puisse en être de même dans le règne animal ? Parce qu’il s’agit ni plus ni moins que d’accepter le concept selon lequel nourrir son ennemi pourrait le terrasser. Que ce processus soit rendu possible par le biais du métabolisme du glucose en particulier n’enlève rien à ce qui pourrait apparaitre comme un paradoxe. Il existera certainement un long cheminement avant que de transformer cette découverte en une thérapeutique, mais l’importance d’emprunter des chemins hors des sentiers battus n’échappera à personne.

Une affaire brûlante !

samedi, juin 1st, 2019

Lorsque les résultats d’une expérimentation ne peuvent être reproduits doit on faire appel à K. Popper et à son concept de réfutabilité. Dans le cas de la fusion froide il se peut comme il ne se peut pas en être question ce qui ne simplifie absolument pas le problème posé. D’une part c’est le terme même de fusion froide qui est loin d’être reconnu par l’ensemble de la communauté scientifique peu encline à accepter le concept même, d’où le recourt possible à la réfutabilité de Popper. Mais comme d’autre part l’expérience n’a pas pu être reproduite point n’est besoin de recourir au dit théorème, ce que l’on peut également exprimer par comment faire naître une aporie ! Trente ans plus tard, le problème toujours non résolu reste d’actualité : Google revives controversial cold-fusion experiments (
https://www.nature.com/articles/d41586-019-01683-9?utm_source=Nature+Briefing&utm_campaign=9689e5ff2e-briefing-dy-20190528&utm_medium=email&utm_term=0_c9dfd39373-9689e5ff2e-43241421 ), A Google programme failed to detect cold fusion — but is still a success (
https://www.nature.com/articles/d41586-019-01675-9?WT.ec_id=NATURE-20190530&utm_source=nature_etoc&utm_medium=email&utm_campaign=20190530&sap-outbound-id=E272D46A8FB0BD366D33D0FE1D4152157A1236C6&mkt-key=005056B0331B1EE888EF831BEF037191 ). Peut-on pour autant compter ces années comme inutiles voire de parler de victoire à la Pyrrhus, certes non. Les tests ont gagné en rigueur, les appareillages ont gagné en performance tant est si bien que c’est la science qui bénéficie de ces doutes et reste maîtresse du champ de bataille.