Posts Tagged ‘vieillissement’

Interprétation

lundi, juin 22nd, 2015

2076348532_B972194553Z.1_20140311124440_000_G1S235UPT.1-0On peut, encore une fois, se poser la question de savoir comment nos ancêtres auraient  pu avoir connaissance des résultats d’une enquête récente (18 juin 2015, A Periodic Diet that Mimics Fasting Promotes Multi-System Regeneration, Enhanced Cognitive Performance, and Healthspan, http://www.cell.com/cell-metabolism/fulltext/S1550-4131(15)00224-7) résumée dans l’article,  Periodic Fasting Improves Rodent Health (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/43344/title/Periodic-Fasting-Improves-Rodent-Health/) dont le titre n’est peut-être pas, au premier regard, alléchant “Le jeûne périodique améliore la santé des rongeurs“. Il existe en effet dans la tradition des trois religions monothéistes, des recommandations (certes plus ou moins suivies) de périodes plus impératives que recommandées de jeûne. Plus ou moins longues dans leur durée, plus ou moins fréquentes dans leur périodicité, elles  ponctuent la vie des fidèles selon un calendrier qui se répète au fil de sa vie. Si ce jeûne est plus en rapport avec la spiritualité et la recherche d’une communion avec Dieu, le jeûne à visée médicale était connu depuis l’antiquité :  il s’imposait quand aucun traitement n’était efficace. Or qu’apprend-on aujourd’hui, qu’une restriction calorique réduit chaque mois les biomarqueurs de vieillissement et de certaines affections. L’échantillonnage est certes de petite taille, mais les résultats sont intéressants. A l’heure où les programmes de diététique fleurissent (en dehors de l’arrivée de la période estivale …) quand l’obésité est devenue un problème de société, deux possibilités pourraient être envisagées : que les croyants respectent les règles du jeûne édictées (chacun dans sa religion), trouver enfin les moyens de permettre à tous de manger correctement quand une nutrition équilibrée n’est pas encore le propre de tous!

La vieillesse est un naufrage

dimanche, mars 8th, 2015

Portrait_of_Dorian_Grey_by_LunasilenteApparemment Charles de Gaulle était d’accord avec Chateaubriand quand il se reportait  aux actions d’un Pétain vieillissant qui avait mené la France vers le naufrage. La gériatrie branche de la gérontologie rappelle également que le Géronte de Molière n’est pas un modèle à suivre, tant et si bien qu’il semble exister une adéquation inéluctable entre le vieillissement et le déclin des facultés. Alors que vieillir pourrait être synonyme de  l’acquisition de connaissances, on ne voit plus dans cet état que ce que le corps en montre, à savoir ce qu’il n’est plus. Si l’on s’extasie toujours devant le chêne centenaire, la beauté de celui qui atteint enfin cet âge s’est effacée à une vitesse proportionnelle à celle de la montée en puissance d’une cosmétologie mensongère. Mais si l’on veut lutter contre cette senescence programmée pour finir par mourir en bonne santé, il est indispensable d’en connaître les mécanismes à l’œuvre. Aussi une revue complète dédiée à ce sujet n’est-elle pas de trop ! (How We Age, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/42280/title/How-We-Age/, The Scientist, http://www.omagdigital.com/publication/?i=248289). Qu’il s’agisse d’un processus multifactoriel relève d’une évidence comparable à celle qu’énonce Lina Lamont, dans le film Chantons sous la pluie “Tout le monde parle, c’est une évidence”. Reste à colliger les dits facteurs et surtout à les faire jouer ensemble selon l’ordre que la nature suit sans état d’âme. En attendant que tous ces facteurs soient parfaitement dénombrés, en attendant que l’on sache les faire jouer ensemble, rien n’interdit d’essayer de  retarder  l’échéance fatale dans les meilleures conditions qui soient (Age-Old Questions, http://www.the-scientist.com//?, Nourishing the Aging Brain, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/42273/title/Nourishing-the-Aging-Brain/) pour  pouvoir dire selon Woody Allen ” … l’éternité c’est long surtout vers la fin …”

Méthylation vs télomère

lundi, octobre 28th, 2013

Vaut-t-il mieux dire : montrez moi vos télomères  et je vous dirai votre âge , ou bien : donnez-moi l’état de méthylation de votre ADN et je vous dirai votre âge ? Il paraît aujourd’hui que la réponse à la deuxième formulation serait plus juste  (Women’s breasts age faster than the rest of their body, http://www.newscientist.com/article/dn24439?cmpid=NLC%7CNSNS%7C2013-1010-GLOBAL&utm_medium=NLC&utm_source=NSNS&#.Um2NMHBdCSo). Et pour quel résultat ? La mise en évidence d’un vieillissement qui ne serait pas identique entre les différents tissus de l’organisme ! Un sein contre un coeur  débouchant sur une possible explication de la prévalence du cancer pour le premier chez la femme. Mais peut-être aussi cet espoir si solidement ancré bien que toujours déçu de la possibilité d’une action sur le vieillissement  humain. Quoi qu’il en soit voici encore une démonstration que le temps reste une dimension bien capricieuse. On se demandait déjà que pouvait signifier certaines expressions comme :  vivre avec son temps, prendre son temps,  donner du temps au temps  ! Mais aujourd’hui , de plus, que faudra-t-il penser  de l’expression  ne pas faire son âge sans parler de cette autre prendre de l’âge !

 

 

 

Qui croire ?

vendredi, juin 15th, 2012

Paraissent simultanément deux articles à propos du vieillissement : La méthylation de l’ADN diminue avec l’âge (DNA Methylation Declines with Age/http://the-scientist.com/2012/06/11/dna-methylation-declines-with-age/ )et Les pères plus âgés auraient des enfants en meilleure santé (Older Dads Have Healthier Kids?/http://the-scientist.com/2012/06/11/older-dads-have-healthier-kids/ ). La réduction de la méthylation de l’ADN serait impliquée dans le processus de vieillissement : on est à peu près certain qu’il en est de même en ce qui concerne la longueur des télomères. Ce qui n’est pas clair, c’est que dans un cas les résultats concernent le domaine de la génétique, dans l’autre celui de l’épigénétique. Et si le premier compte pour 10% dans l’expression de la longévité, alors le second compterait pour 90. Aujourd’hui, quelque soit le domaine dans lequel il évolue, chacun est mis en présence d’informations multiples et simultanées qui ne peuvent s’emboîter les unes dans les autres pour une meilleure compréhension, mais qui au contraire  se télescopent du fait du peu de temps dans lequel elles sont délivrées, d’où ce terme de temps réel. Ainsi, non seulement, il est devenu plus que déraisonnable d’imaginer tout savoir sur tout, mais encore il est peu raisonnable d’imaginer pouvoir, même dans un champ donné, appréhender pour les assimiler les données récentes qui s’y rapportent. La vulgate selon laquelle plus on sait, moins on sait s’avère une fois encore vérifiée.