Affirmer qu’il fait chaud peut relever de deux attitudes que l’humain pratique sans modération : l’opinion vs la science. L’opinion ne fait appel à aucune rationalité, elle traduit le ressenti de celui qui l’exprime. La science s’appuie sur la réalité d’une mesure. Le thermomètre est un instrument fiable qui a fait ses preuves depuis son invention en 1612. Pourtant la science est révisable dans la mesure où s’appuyant sur la technique humaine, elle suit son évolution en gravissant pas à pas, chaque marche depuis le socle indispensable à toute avancée ultérieure. Aujourd’hui il est de bon ton d’ignorer la révisibilité de la science pour la transformer, l’instrumentaliser en jouant sur sa perpétuelle dynamique ce qui permet à ses détracteurs de la transformer comme « n’étant jamais tranchée » (https://www.livescience.com/human-behavior/politics/there-is-such-a-thing-as-settled-science-anyone-who-says-otherwise-is-trying-to-manipulate-you-opinion). Or accorder à la science la caractéristique de « n’être jamais tranchée » la transforme en « inexacte ». Et donc, puisqu’elle est inexacte, on ne peut pas lui accorder la moindre valeur ! Le monde est-il en mesure de percevoir toute la négativité de ce syllogisme ? Il n’y a en effet qu’un pas pour pénétrer dans le monde du complotisme Ce qu’il est important de saisir c’est la différence entre le sceptique antique et le complotiste actuel. C’est la démarche propre du sceptique qui lui permet d’atteindre la tranquillité ultime, ce qui est loin d’être le cas du complotiste ! C’est pourquoi l’enseignement de l’épistémologie constitue le dernier rempart contre le complotisme !
