Un article à garder de toute urgence pour le déguster lors des prochaines longues soirées d’hiver, If ‘disruptive’ science is waning, what next?. Les questions soulevées y sont multiples et comme les réponses n’en font pas partie, le lecteur peut y trouver matière à discussion. L’auteur n’hésite pas à aborder un concept fondamental celui de la « disruptivité » dans la recherche ce qui ouvre un immense champ d’interrogations. D’abord, concernant la recherche, terme général, terme cache-misère, qui aurait fait dire au General de Gaulle « « Des chercheurs qui cherchent, on en trouve ; des chercheurs qui trouvent, on en cherche ! Terme volontiers associé à celui de progrès qui, comme chacun le sait, va de paire depuis le XIXème siècle avec celui de maitrise du futur dans quelque domaine que ce soit. Mais qu’est-ce que la disruptivité et donc comment la reconnaitre ? La progression de la technologie a été telle qu’il en a résulté une accélération de l’acquisition des connaissances au fil des siècles qui dessine une courbe en S selon laquelle le processus, d’abord lent, s’accélère pour se ralentir dans un troisième temps. La disruptivité introduirait un saut dans la courbe, comme une « autre façon » de voir. Ce qui est à la fois vrai et faux dans la mesure où pour voir autrement il faut posséder totalement l’antériorité dont le chercheur fait son socle. Or sur une telle courbe, il n’existe pas d’accident, alors existe-t-il des outils qui permettraient de définir cette disruptivité ? Pas de réponse ! Deuxième devinette : pourquoi il y a-t-il déclin ? Là encore l’auteur évoque de nombreuses pistes parmi lesquelles l’environnement et son actualité, qui seraient un puissant frein s’exerçant à l’encontre des acteurs eux-mêmes. Peut-on être d’accord avec l’idée selon laquelle c’est la société qui sécrète ses propres entraves, mais alors c’est le choix d’une société en décroissance qui s’impose. Bienvenue dans l’aporie du XXIème siècle !
Archive for mai, 2025
Progrès et disruptivité !
mardi, mai 27th, 2025Lu et Approuvé !
lundi, mai 19th, 2025On peut dire, sans réellement se tromper, que la science est apparue dès que l’homme à porter toute son attention sur la nature ; il était en effet indispensable à sa survie qu’il en comprît tous les ressorts. La philosophie des sciences est postérieure à l’épistémologie qui, elle, concerne plus particulièrement la théorie de la connaissance : la première en effet est contemporaine de l’apparition des sciences dites modernes qui pourraient être nées dès le XVIème siècle en Europe. C’est plus récemment que s’est posée la question de la validité des « méthodes scientifiques », avec en particulier ce problème crucial de l’erreur. C’est à ce propos qu’en 1973, K. Popper, influencé par Th. Kuhn, proposait le « principe de réfutabilité« , selon lequel : »une théorie n’est scientifique que si elle est « falsifiable » » ou encore « la théorie a une possibilité de rentrer en contradiction avec l’expérience ». Or il s’agit d’un principe d’une redoutable complexité dans la mesure où à de multiples reprises si contradiction il y avait, elle n’était qu’apparente. Et selon la méthode syllogistique : en l’absence de contradiction, la théorie ne peut être que non scientifique ! C’est l’application pure et dure de ce principe qui est traitée dans Bad philosophy is hobbling physics. Ce que l’on pourrait résumer (de façon peut-être excessive) par trop c’est trop ! Outre les exemples cités, rappelons l’apport de Louis de Broglie sur le dualisme onde-corpuscule. L’idée géniale de celui qui obtint le Prix Nobel de Physique à 37 ans fut de dépasser mais en les associant la théorie ondulatoire et la théorie corpusculaire de la lumière. Prise séparément aucune n’était ni fausse, ni vraie, ensemble elles confirmaient les résultats expérimentaux. La rupture épistémologique de G. Bachelard n’est pas synonyme d’inventions échevelées, elle est simplement la vision différente de connaissances antérieures sur lesquelles il est indispensable de toujours s’appuyer et donc de les conserver.
Qui a peur du grand méchant loup ?
jeudi, mai 15th, 2025The Minority report est une nouvelle de Philip K. Dick, publiée en 1956, adaptée au cinéma en 2002, date à laquelle des prouesses techniques, réelles et virtuelles lui apportèrent un relief particulier. Il s’agit d’une dystopie, genre particulièrement apprécié de la science fiction, qui imagine plus volontiers un avenir sombre que rayonnant. Il est de fait que l’idée selon laquelle le progrès chemine obligatoirement de paire avec le bonheur n’est pas totalement validée. Quoiqu’il en soit, une fois encore, il s’avère que la fiction n’a précédé la réalité que d’une courte tête. En témoigne l’article ‘Murder prediction’ algorithms echo some of Stalin’s most horrific policies — governments are treading a very dangerous line in pursuing them. On ne peut qu’être effrayé d’apprendre qu’il pourrait être possible que la fiction devienne réalité quelques décennies après avoir fait l’objet d’une nouvelle écrite par un auteur reconnu pour ses problèmes psychiques et comportementaux ! Le projet britannique dont il est question ressemble comme deux gouttes d’eau au sujet abordé dans la nouvelle suscitée. Il ne s’agit ni plus ni moins que du ciblage des individus répondant au type de dangerosité définie par des algorithmes dédiés. Tout l’intérêt de lire cet écrit réside dans les questions que pose le sujet traité et l’impossibilité qu’il y aurait à ne pas y réfléchir !
Étonnante un jour, étonnante toujours !
jeudi, mai 1st, 2025Il est un organite intracellulaire qui n’en finira pas d’étonner la communauté scientifique. Mise en évidence par des colorations « appropriées » à la fin du XIXème siècle, la mitochondrie présente dans toutes les cellules (exception faite des érythrocytes et de quelques parasites), s’est vue attribuer le rôle de centrale énergétique. Parce qu’elle est conforme à un organisme procaryote, on a fait l’hypothèse qu’elle représentait un phénomène d’endocytose survenu il y a plusieurs milliards d’années. Il est vrai qu’elle a toutes les caractéristiques d’un procaryote : double membrane phospholipidique, ADN, division par scissiparité. Et aujourd’hui elle vient d’acquérir une mobilité, mais pas une mobilité intracellulaire, une mobilité extracellulaire. Elle se promène (Why do mitochondria move between cells?), un véritable « transfert mitochondrial » ! Est-ce leur origine qui explique leurs incroyables propriétés ? Si l’on peut répondre à la question du « comment » parce que trois voies possibles de cheminement ont été montrées, il n’en reste pas moins vrai que la question essentielle concerne le « pourquoi » de cette mobilité : besoin d’une aide extérieure, ou au contraire effet délétère ? Il est donc indispensable d’étudier ce transfert chez l’homme, ce qui s’avère être encore du domaine de la prouesse technique. Mais comme « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. »


