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Solution en vue ?

samedi, novembre 10th, 2018

 

C’est une question à la mesure, peut-être même à la démesure, de l’humanité : Trouver une définition de l’Intelligence. Nombreux sont ceux à s’y être attelés et il faut bien le reconnaître le succès n’était pas encore au rendez-vous jusqu’à ce jour où survint, The Biological Roots of Intelligence (https://www.the-scientist.com/features/the-biological-roots-of-intelligence-64931?utm_campaign=TS_eTOC_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=67169279&_hsenc=p2ANqtz-9ZX0CCLvxqxKnlmBBEIYb1x1FzIpZiXXZ2lDNnp8IjyfWKjaiKIsZJ1M2z_IZdwNvE-qiVYCQsVdbCdJ47SUAbjvXyeA&_hsmi=67169279) ? L’auteur n’a pas choisi la facilité, mais le sujet lui-même le laissait entrevoir. Car il s’agit à la fois, la tâche est titanesque, de découvrir les racines de l’intelligence sans oublier de, simultanément, la définir ! C’est bien sûr l’occasion de reparler du QI, mais alors pourquoi ne pas avoir également evoquer le QI amélioré (?), test de Wechsler connu sous l’acronyme de WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale, https://fr.wikipedia.org/wiki/Wechsler_Adult_Intelligence_Scale). Les différentes études portant sur l’anatomie, la physiologie, l’imagerie fonctionnelle, les circuits, la génétique n’apportant pas la réponse, c’est alors que s’impose la question princeps, celle qui concerne la définition de la dite intelligence. En effet quand la technique est insuffisante à la démonstration, il se pourrait que les outils  ne soient pas adaptés ! D’où la question: “Qu’est-ce que l’intelligence ? Pourquoi ne serait-il pas raisonnable de penser qu’il ne s’agit pas d’un trait particulier, mais bien de la sommation de plusieurs traits humains. Alors comme le  conclut l’article  Notre intelligence est-elle suffisante pour comprendre la base de notre propre intelligence ? Que deviennent alors les recherches en cours sinon des coups d’épée dans l’eau sombre d’une boite noire qui n’a pas fini de faire parler d’elle ! Heureusement la mesure du QI,  contrairement à ce que de mauvais esprits laisseraient entendre, semble bel et bien s’améliorer ce qui constitue in fine le point positif de cette enquête.

 

Action dite à double effet

mardi, octobre 30th, 2018

Philippa Foot en 1967, avait-elle imaginé proposer le dilemme qui l’a rendue célèbre  directement à un engin auto mobile quand le choix appartenait à l’époque au conducteur du dit véhicule alors seulement mobile (The Problem of Abortion and the Doctrine of the Double Effect, in Virtues and Vices, Oxford: Basil Blackwell, 1978 originally appeared in the Oxford Review, Number 5, 1967). Cette question est en fait plus ancienne que ne le laisse supposer le dilemme du tramway (à noter que de nombreuses variantes en sont possibles). En réalité, la question a été posée il y a bien plus longtemps puisque Tomas d’Aquin s’était déjà penché sur le problème de l’action dite à double effet : peut-on choisir une action comportant à la fois de bons et de mauvais effets et ce dans quelles circonstances ? Toujours d’actualité, la question s’est déjà posée aux concepteurs de la voiture sans chauffeur (Self-driving car dilemmas reveal that moral choices are not universal, https://www.nature.com/articles/d41586-018-07135-0?utm_source=briefing-dy&utm_medium=email&utm_campaign=briefing&utm_content=20181025). En vue de répondre à la machine placée en mode interrogation, une plateforme dénommée Moral Machine a déjà vu le jour et il se pourrait que sa  tâche relève de l’impossible quand on se réfère à cette partie du titre de l’article sus cité : les choix moraux ne sont pas universels ! Loin de Kant et de son impératif catégorique comment gérer cette constatation  que des  choix qui s’inscrivent dans le champ de la morale subissent des variations selon les pays et donc les cultures et leur histoire ! Serait-on en face de la démonstration qu’il n’existe pas une humanité, que l‘humanité est un vain mot, une idée pieuse, voire une idée creuse  ? Peut-on se satisfaire de la remarque selon laquelle les situations proposées ont peu de chances de survenir d’où la faible probabilité que la machine se trouve confrontée à l’une d’entre elles. Quoiqu’il en soit, on relèvera toujours l’existence de deux versants, l’un en amont l’autre en aval dans l’action morale : ses motivations et des conséquences , les premières devant être indépendantes des secondes.

Mirabile factu

mercredi, octobre 24th, 2018

La question n’est pas de savoir si l’on y croit mais plutôt de savoir s’étonner devant un état de fait contre lequel il risque d’être difficile de s’opposer à moins que de trouver plus de désavantages que d’avantages à la situation. De quoi s’agit-il donc ? Comme le décrit l’article Biohackers Are Implanting Everything From Magnets to Sex Toys (https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-10-19/biohackers-are-implanting-everything-from-magnets-to-sex-toys). Quand on choisit d’ignorer les bienfais des sex toys sous contrôle bio ionique il reste néanmoins suffisamment d’autres domaines d’utilisation à explorer. Progressivement l’appareillage réparateur a envahi l’humanité et si l'”Homme qui valait trois milliards” (d’après le roman Cyborg, 1972) n’est pas encore abouti, il est en voie de réalisation. Les implants sont maintenant légion et il ne viendrait à l’idée de personne de s’élever contre la pose d’une valve cardiaque artificielle, d’une lentille torique à la place d’un cristallin. Si l’implantation cochléaire précoce chez le jeune enfant a posé lui plus de questions que dire des implants que présente l’article sus cité. Armé de cette application bio technologique, point n’est besoin de clef pour ouvrir sa porte, plus n’est besoin de carte vitale, et chaque compte bancaire est devenu partie intégrante de son propriétaire.  Ainsi le cyborg n’appartient-il plus à la science fiction. Si les exemples précédents peuvent faire sourire c’est en raison d’une exploitation mercantile des applications des nanotechnologies. C’est le choix d’une course aux profits qui occulte le versant positif de toutes les possibilités offertes par ce champ de recherche. Ainsi quelles seraient les critiques que l’on pourrait faire à la nanotechnologie appliquée à la santé dans le diagnostic tout autant que la thérapeutique. Tel Ulysse qui se fit attacher au mât de son navire et rendit ses marins temporairement sourds, il faut se souvenir que le chant des sirènes  n’est qu’une “offre en apparence séduisante, mais pouvant se retourner contre celui qui l’accepte“.

“Voyage au centre de la terre”

jeudi, octobre 18th, 2018

L’édition originale de l’œuvre de Jules Verne, Voyage au centre de la terre par Pierre Jules Hetzel , parait le 25 novembre 1864 en un volume in-18. La traduction d’un message codé par un professeur de minéralogie aidé de son neveu, va conduire les deux aventuriers à découvrir pour le parcourir un monde souterrain inconnu. Jules Verne fut coutumier du fait puisque l’éditeur créa à son propos la collection des Voyages extraordinaires dont les versions de luxe se paraient de gravures en noir et blanc, œuvres d’artistes différents. Cent cinquante quatre ans plus tard, l’homme continue d’explorer les mondes qui lui sont inconnus qu’ils soient souterrains ou célestes. En témoignent : Life Thrives Within the Earth’s Crust (https://www.the-scientist.com/features/life-thrives-within-the-earths-crust-64805) augmentée d’une Video: How Deep Have We Drilled? (https://www.the-scientist.com/multimedia/video–how-deep-have-we-drilled–64884). Quarante ans plus tôt, Champollion s’était illustré en publiant  son Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens et il n’est pas impossible que le parchemin codé initial n’en soit une réminiscence mais l’œuvre de Jules Vernes s’inscrit totalement dans ce XIX° siècle féru des beautés de la science et de la grandeur de ceux qui la pratiquent, à la base du développement du positivisme philosophique.  Mais faut-il s’en réjouir ou le déplorer, fondamentalement la quête reste  la même au fil des âges : l’origine de la vie et de ses multiples expressions. Si l’on sait que certains voyages imaginés ne sont pas (encore/jamais ?) possibles, la technicité en autorise d’autres tout aussi instructifs et l’on aurait envie de s’imaginer plus proche de l’extrémité du tunnel.

Pour laver plus blanc que blanc

mercredi, octobre 10th, 2018

Si la détection de la fraude scientifique a pris une importance considérable on ne peut pourtant pas, en théorie, s’en offusquer. Un récent article soulève pourtant plusieurs questions à son propos (Fourberie des cookies, c’est pas du gâteau !, https://www.jim.fr/medecin/jimplus/e-docs/fourberie_des_cookies_cest_pas_du_gateau__174041/document_jim_plus.phtml). En ce qui concerne les publications dans le domaine scientifique on reconnaît aujourd’hui plusieurs types d’inconduites. Il peut s’agir  de falsification,  de fabrication ou de plagiat de données mais en aucun cas de ce que l’on qualifie d’erreurs scientifiques car si ces dernières sont légions elles sont aussi indispensables à la culture de la science et sont largement prises en compte dans l’épistémologie scientifique. Les demandes et obtentions de rétractation sont devenues une épreuve sportive très courue, donnant lieu à leur tour à publications comme en témoignent quelques exemples  parmi les plus récents : The Top 10 Retractions of 2015 (https://www.the-scientist.com/news-opinion/the-top-10-retractions-of-2015-34319), Top 10 Retractions of 2016 (https://www.the-scientist.com/news-opinion/top-10-retractions-of-2016-32329) Top 10 Retractions of 2017 (https://www.the-scientist.com/research-round-up/top-10-retractions-of-2017-29834), le Top 10 2018 étant très vraisemblablement en cours de rédaction. Quand on reprend les falsifications stricto sensu, une revue systématique de 2009 et une méta-analyse des données d’enquêtes ont révélé qu’environ 2% des scientifiques avaient admis avoir falsifié, fabriqué ou modifié des données au moins une fois. Le cas de l’auteur du blog Perruche met en cause le logiciel de détection du plagiat. Depuis une petite dizaine d’années, ces outils se multiplient et leur comparaison devient dès lors possible. Qu’ils soient anglophones ou francophones selon leurs zones d’exploitation il sont basés sur un processus de comparaison d’une (de) référence(s) stockée(s) parmi les bases de données des développeurs, ce qui constitue déjà une certaine limitation. Si la connaissance par l’intéressé de son utilisation a entrainé des améliorations, elle lui a aussi donné envie de contourner l’obstacle. Mais ce qui courrouce particulièrement ce responsable du travail censuré et rejeté c’est l’emploi d’une intelligence artificielle, IA,  manifestement non intelligente, IANI. Pourquoi alors, ne pas imaginer opérer en deux temps : en première ligne une IA en deuxième ligne une IH (intelligence humaine) qui vient nuancer la première pour la valider, une IAA (intelligence artificielle augmentée) en quelque sorte ! Comme l’a écrit si bien Le Monde de l’Education (https://www.lemonde.fr/education/article/2014/03/12/universites-les-limites-des-logiciels-contre-la-fraude_4381590_1473685.html), le logiciel ne doit être considéré que comme un surligneur.

 

 

 

 

Connaissance et conscience

mercredi, octobre 3rd, 2018

D’un côté : “L’homme a naturellement la passion de connaître; et la preuve que ce penchant existe en nous tous, c’est le plaisir que nous prenons aux perceptions des sens.” Métaphysique d’Aristote, Livre premier, Chapitre Premier, de l’autre ” « De tous les arbres du jardin tu peux manger. Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement » (Genèse 2,16). Il se trouve aujourd’hui  que les avancées de la technique sont telles qu’elles remettent l’homme devant ce choix que l’on peut qualifier de cornélien comme peut l’être un dilemme entre raison et passion. C’est dans ce sens qu’il faut lire l’éditorial  Genes and Blues (https://www.the-scientist.com/editorial/genes-and-blues-64824?utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=66358907&_hsenc=p2ANqtz-986CU1-rfpUPyLLdCTV35sXsmUj5RLI8BlaWlF2DbMkDTDupJtb2pFH4NuiEsIdeRH3z102ZV6oPnJGnGVMFAJFi7EWA&_hsmi=66358907) de la revue The Scientist de ce mois d’Octobre. Faut-il savoir pour agir ou savoir pour réfléchir ? Peut-on agir sans réfléchir ? Si à la deuxième question la réponse est OUI sans nul conteste, à la première la réponse rejoint le dilemme précédemment évoqué. Si l’auteur a choisi un exemple, il n’en reste pas moins vrai que la connaissance pose plus de questions qu’elle n’en résout ce qui laisse à penser que la connaissance peut être un des moteurs de la conscience avec ce point positif : le choix qui s’en suit devient alors le reflet de la liberté de l’homme.

Un curieux nouveau concept

dimanche, septembre 23rd, 2018

Dans la série Vérités et Mensonges ( (Why False Beliefs Are Hard to Shake, https://www.livescience.com/63554-why-false-beliefs-stick.html) il faudra maintenant demander un daxxy. Sous ce néologisme anglais, encore dépourvu de traduction à l’heure actuelle, se cache une question importante posée dans un article de la revue Open Mind (aout 2018) sous le titre Certainty Is Primarily Determined by Past Performance During Concept Learning (in abstract : https://www.mitpressjournals.org/doi/abs/10.1162/opmi_a_00017), idée reprise dans l’article : Pourquoi nous en tenons-nous aux fausses croyances? ( http://news.berkeley.edu/2018/09/04/certaintystudy/). C’est là une question à laquelle on ne peut échapper et ce d’autant plus irritante que certaines circonstances laissent sans voix. Ainsi les données scientifiques peuvent-elles n’être d’aucun secours devant un individu qui acquis à  l’idée de la platitude de la terre ! D’autant que pour  l’individu en question il n’existe aucun désaccord entre cette théorie et le phénomène des équinoxes qui s’explique parfaitement (How Do Flat-Earthers Explain the Equinox? We Investigated., https://www.livescience.com/63648-flat-earth-explanation-for-the-equinox.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20180922-ls). Si l’interlocuteur troublé ne peut faire tomber les barrières de ces fausses croyances au moins est-il en mesure d’en comprendre leur pourquoi ! Et c’est là où intervient le daxxy : A “daxxy” was defined as a structure with a particular color, shape and size, but the participants had no idea which color, shape and size were right. Il s’agit donc d’une structure que le sujet de l’expérience doit reconnaître  sans la connaître tandis que l’expérimentateur lui, la connaît puisqu’il l’a définit (concept paradoxal?) ! Même si la définition semble déconcertante, le résultat de l’étude est partiellement intéressant puisqu’il s’agit  d’un essai de démonstration du processus des fausses croyances :  il se pourrait que l’accumulation de preuves ne conforte aucunement la certitude de la véracité d’un fait ! Mais il convient d’insister sur le fait que le résultat est biaisé car il ne s’agit que d’une partie du problème. Les auteurs prennent en effet le problème en cours de route. Si les bases sont bonnes, pas d’inquiétude à avoir c’est dans le cas où elles sont inexactes, que tout est à craindre ! D’où la question suivante : pourquoi l’avènement du règne des “fake news” ?

 

 

 

Preuves à l’appui

jeudi, septembre 13th, 2018

L’anthropométrie ne connut pas que des heures glorieuses, la phrénologie en est un exemple patent. Basée dés le XVIII° siècle sur la théorie du neurologue autrichien Franz Joseph Gall, elle répond au concept selon lequel aux multiples fonctions cérébrales correspondent des zones cérébrales différenciées. Sur le papier le plan était fort beau mais l’enthousiasme aidant et l’inaltérable besoin humain de trouver une explication à chaque chose, firent que des chemins de traverse ne se firent pas attendre  comme  celui dévolu à l’anthropométrie criminelle selon Eugène Vidocq mais aussi pour prendre une très mauvaise direction comme celle mise au service des théories nazies. Plus glorieuse fut l’application qu’en fit Bertillon reposant sur l’utilisation de nombreux facteurs, mensurations, particularités physiques auxquelles vint s’ajouter plus tard la dactyloscopie. Dans leurs enquêtes policières les pédiatres furent grandement aidés lorsque fut mise au point la détermination radiologique de l’âge osseux. Sa connaissance s’avérait en effet indispensable par exemple au regard de possibles  anomalies de croissance. Ainsi l’anthropométrie était-elle particulièrement compétente dans deux domaines l’un judiciaire, l’autre médical. Aujourd’hui cette détection radiologique vient de laisser sa place à une autre méthode probablement plus exacte, basée sur  la  méthylation de l’ADN et relevant du domaine de l’épigénétique (étude des changements d’activité des gènes — donc des changements de caractères — qui sont transmis au fil des divisions cellulaires ou des générations, sans faire appel à des mutations de l’ADN). Mais étant donnée la modification des flux migratoires, la détection de l’âge osseux s’est déplacée du domaine médical vers le domaine sociétal du fait de l’importance de l’âge des jeunes demandeurs d’asile (Molecular test of age highlights difficult questions, http://www.nature.com/articles/d41586-018-06165-y?WT.ec_id=NATURE-20180906&utm_source=nature_etoc&utm_medium=email&utm_campaign=20180906&spMailingID=57316706&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1480796497&spReportId=MTQ4MDc5NjQ5NwS2, Can epigenetics help verify the age claims of refugees?, https://www.nature.com/articles/d41586-018-06121-w). Si cette nouvelle technique consiste en une amélioration dans le domaine du diagnostic médical il n’en reste pas moins que son intrusion dans le domaine politique l’implique différemment. Quand au fil des temps, on se souvient combien médecine et politique ont  fait plus que flirter, il n’est pas inutile de faire preuve d’une vigilance sans faille dans les domaines d’utilisation de cette avancée technique. Ce ne serait pas la première fois que l’utilisateur détournerait un outil de sa fonction initiale dans un but peu recommandable !

Genèse d’une question

lundi, septembre 3rd, 2018

 Sujet de nombreux propos, Schrödinger peut être considéré à juste titre comme l’un de ceux qui posent des questions insolubles pour le commun des mortels mais également celui qui tel Prométhée voit avant. Pour commencer, chacun sait que l’animal préféré de ce scientifique, a savoir le chat, n’a pas fini d’intriguer par sa capacité à être sous plusieurs états simultanément. Bien sûr, pour ce faire,  il existe un impératif : considérer le monde à l’échelle quantique ce qui n’est, à l’évidence, pas celui dans lequel vit le tout un chacun. Intrigant certes, mais certains sont néanmoins à même de comprendre ce “paradoxe”. Par contre, poser une question à laquelle personne n’a encore pu répondre depuis la nuit des temps :”Qu’est-ce que la vie ?” est encore plus stimulant par la provocation quelle suscite   (Schrödinger’s cat among biology’s pigeons: 75 years of What Is Life?, https://www.nature.com/articles/d41586-018-06034-8?WT.ec_id=NATURE-20180830&utm_source=nature_etoc&utm_medium=email&utm_campaign=20180830&spMailingID=57273680&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1464018327&spReportId=MTQ2NDAxODMyNwS2). C’est en effet régulièrement que sa formulation s’impose comme une évidence et l’on est en droit de s’interroger sur le pourquoi de l’occurence de l’évènement.  Quand Schrödinger pose “ingénument” la question , l’époque, 1944, est aux remises en question scientifiques qu’elles relèvent de la biologie,  de la physique quantique, de la chimie tandis que concomitamment  s’agrègent les bouleversements que subit l’humanité. Ainsi en un temps t différents cheminements viennent ils à se télescoper de telle sorte que l’acuité de la question peut être comparée au phénomène de nucléation qui fait apparaître de premiers germes cristallins présentant une structure ordonnée dans un milieu non organisé. Aujourd’hui  pas plus l’un que l’autre ne sont encore parfaitement expliqués ! D’où la question ” Comment nait une question ?”

Hors d’âge

lundi, août 27th, 2018

“Les conseilleurs ne sont pas les payeurs” Pourtant  lorsqu’un conseil repose sur le bon sens ce pourrait probablement ne pas être le cas. C’est la réflexion qui vient  à l’esprit quand on lit les deux articles suivants (l’ordre importe peu, encore que !): Longevity examined: an ancient Greek’s very modern views on ageing (https://www.nature.com/articles/d41586-018-05986-1?utm_source=briefing-dy&utm_medium=email&utm_campaign=briefing&utm_content=20180820) et Impact of Healthy Lifestyle Factors on Life Expectancies in the US Population (https://www.ahajournals.org/doi/abs/10.1161/CIRCULATIONAHA.117.032047). C’est en lisant le second que l’on ne peut que reconnaître la justesse des propos du natif de Pergame, à tel point que l’on ne peut que s’étonner de l’affirmation selon laquelle c’est un ancien grec qui aurait eu des idées modernes sur le vieillissement ! Pourquoi ne seraient ce pas les secondes qui devraient être qualifiées d’anciennes ? Qu’est-ce qu’une idée moderne ? Une idée qui romprait avec l’époque à laquelle elle est exprimée ? Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une des formes que peut prendre la rupture épistémologique chère à G. Bachelard. Par ailleurs les idées ne sont pas modernes quand elles sont reprises plusieurs siècles plus tard ! En fait il ne s’agit ni plus ni moins que d’idées qui se situent en dehors du temps. Inaccessibles aux découvertes, transcendantes et non immanentes, elles tendent à toucher au plus près ces vérités dont la quête est l’un des moteurs de vie de l’homme. Et quand il s’agit du vivre mieux on ne peut qu’applaudir et œuvrer à les propager car le mieux vivre ne peut que s’inscrire dans la recherche d’une vie bonne au sens des anciens.