Archive for mars, 2026

Il y a robot et robot !

samedi, mars 28th, 2026

Darwin et sa théorie évolutionniste n’en ont pas fini d’irriguer la science comme le démontrent les nouveaux robots modulaires dont il est ici question : AI compressed billions of years of evolution into seconds to create ‘Lego-like robots’ that can recover even when they lose . Peu élégants mais particulièrement performants, ils sont une nouvelle espèce, construits comme un jeu de Lego® et ne souffrant pas d’être endommagés, ils poursuivent sans état d’âme ce pour quoi ils ont été programmés. Mais là n’est pas ce qui constitue l’exception de ces « machines » : elles utilisent un algorithme évolutif, dont fait partie l’algorithme génétique. C’est là qu’intervient le concept de sélection naturelle selon Darwin : « En pratique, cet outil informatique génère des milliers de configurations virtuelles, teste leur capacité de déplacement dans un simulateur, conserve les plus performantes et élimine les moins efficaces. Les survivantes sont ensuite croisées ou mutées pour engendrer une nouvelle génération de designs. » (Science et Vie, Ariane Polge). Ainsi ces robots sont-ils à même d’intégrer les milliards d’années d’évolution pour en dégager les meilleures des solutions, comme leur déambulation dans des conditions extrêmes et la perte de leur intégrité. Et en raison même de leurs qualités, dont la plus impressionnante reste l’expression de la théorie de l’évolution, il n’est pas interdit de penser qu’ils pourront modifier la vision de l’évolution qui prédomine à ce jour.

Prométhée

mardi, mars 24th, 2026

On le sait depuis longtemps déjà, Prométhée était celui qui voyait loin, très loin : on peut même dire sans se tromper « qu’il en savait des choses ! ». Ainsi en fut il de quelques esprits novateurs, parmi lesquels, on ne citera qu’Archimède (le plus connu) et Leonard de Vinci (non moins connu) tandis que plus récemment, Jules Vernes ne fut pas en reste. Les visionnaires s’accomplirent lorsqu’ils se doublèrent de scientifiques véridiques comme Isaac Asimov. Ce domaine plut tellement qu’il s’accapara le cinématographe avec pour premier représentant, Georges Méliès, et ses effets spéciaux magiques. Aujourd’hui la technique a rendu facile la conjugaison de la science et des images donnant crédibilité ce qui, il y a encore peu d’années, appartenait au pur domaine de l’imagination. Si l’on fait abstraction du thème du héros solitaire sauveur de la vie sur terre, il n’en reste pas moins que la science est à l’œuvre dans le film Project Hail Mary (Science to the rescue in Project Hail Mary). Il est bon que le divertissement quel qu’il soit permette de rendre compte auprès de tous de la réalité de la science. Que celle-ci devienne compréhensible, qu’elle se démystifie, qu’elle fasse jaillir des appétences pour les domaines qu’elle arpente et qu’elle permette de poser DES questions qui deviendront LES questions à propos desquelles il sera possible de débattre parce qu’elle aura apporté les arguments manquants aux néophytes. Ce pourrait être le cheminement vers le démantèlement de la pseudoscience et l’abord rationnel de l’inconnu. En quelque sorte, allier l’utile à l’agréable.

Les enfants de Jenner

dimanche, mars 15th, 2026

On a su depuis longtemps, mais sans en comprendre le processus, qu’un premier contact avec certaines maladies évitait qu’une personne soit touchée deux fois par la même affection. Toujours sans plus d’explication, au XVIIIème siècle pour la première fois, on pratiqua sur plusieurs individus d’une même société une variolisation en mettant en contact un sujet sain avec le pus des pustules de la variole d’une vache : c’était la naissance officielle de la vaccination (variola vaccīna). Les fées semblaient bien s’être penchées sur cet acte de médecine préventive car son futur devait montrer toute sa richesse au fil des siècles. Mais, peu à peu, peut-être du fait même de cette richesse, le doute s’insinua faisant le lit du complot, attirant toujours plus d’individus, nécessairement éclairés, vers le côté noir de la force … A tel point qu’il ne se trouvent dans le monde des groupes persuadés de l’inefficacité au mieux, du danger au pire de cette pratique. On ne peut choisir de meilleur moment pour apprécier l’article Vaccine-carrying mosquitoes inoculate bats, puisqu’il ne s’agit ni plus ni moins que de vacciner non pas l’humain mais le vecteur de la maladie envers l’homme. Mais avant même que d’institutionaliser la vaccination des chauves-souris, un vrai problème se pose quant à la méthode elle-même. Le moustique modifié n’a pas pour unique but de ne piquer que les chauves-souris ! Et par ailleurs comment vacciner tous ces chiroptères dont certains sont certainement porteurs des virus incriminés ! On peut sans trop faire d’erreur considérer qu’il s’agit d’une étude préliminaire !

Mea culpa !

vendredi, mars 13th, 2026

Battre sa coulpe :  » L’expression évoque la faute (culpa) aussi bien que les moyens de s’en repentir (se battre la poitrine). Battre sa coulpe c’est faire son mea culpa, reconnaître ses torts« . Lorsqu’il s’agissait d’un pénitent à l’expression verbale venait s’ajouter une repentance publique, dont l’effet n’était pas le moindre. Aujourd’hui le public a pris une importance dont il est difficile d’apprécier la réalité puisqu’il a largement dépassé l’environnement immédiat du pénitent. Néanmoins le cadre reste le même : toute erreur se doit d’être rectifiée, même si l’erreur par méconnaissance peut sembler moins répréhensible que la faute qui mène à l’erreur. Il n’est pas douteux que les scientifiques qui reviennent sur une publication en raison d’erreurs involontaires ne devraient pas avoir à subir les foudres de leurs collègues outrés mais au contraire les remerciements de ceux-ci (There’s no shame in the right retraction) pour cette remise dans le droit chemin utile à la communauté car elle est l’exacte réplique de la méthode essai-erreur indispensable à un apprentissage raisonné. C’est la raison pour laquelle même si on se félicite de la création du « Prix ​​Ctrl-Z  : Récompensant le courage de corriger ou de retirer un travail publié » (https://retractionwatch.com/ctrl-z-award/), on est également en droit de s’étonner qu’il faille encourager celui qui travaille à apporter des réponses aux questions que tous se posent quand il doit reconnaître ses erreurs Chaque parution d’article est un passage dans le domaine public puisqu’aucun chercheur n’espère et ne veut que son travail reste totalement inconnu de ses paires. Le mystère n’est pas son but au contraire de la vérité qui s’inscrit dans le temps.

Zénon d’Elée

dimanche, mars 8th, 2026

Qu’est-ce que l’infini ? Une question mathématique ou bien une question philosophique ? Dans quelle mesure Dieu est-il impliqué dans cette problématique qui n’a pas d’âge puisque seule l’apparition de l’écriture pourrait témoigner de la première question. Zénon d’Elée dans une des premières approches, le paradoxe de la flèche, y apporte une première réponse : son impossibilité physique. Par définition, l’infini étant ce qui n’a pas de limite, la question pouvait tout naturellement s’intégrer au domaine de la théologie. Dieu en effet est seul à pouvoir être infini puisque sa finitude serait sa propre négation. Dans ces conditions, la notion d’infini ne pouvait être maitrisée par ces simples mortels que sont et ont toujours été les mathématiciens ! Cette idée ayant été abandonnée, dans sa version simpliste, on peut choisir de se tourner vers le domaine des mathématiques, ce qui autorise de se poser de nouvelles questions comme celle qui aborde l’existence possible de plusieurs infinis et donc d’infinis différents ? Cette question est l’objet de l’article, The Man Who Stole Infinity (https://www.quantamagazine.org/the-man-who-stole-infinity-20260225/). S’il est difficile de maîtriser parfaitement le cheminement ayant conduit au questionnement sur la pluralité des infinis, parce qu’il repose sur les nombres entiers et les nombres réels « Les nombres entiers sont constitués de chiffres négatifs, positifs et nuls, alors que les nombres réels sont constitués uniquement de chiffres positifs et nuls. », l’histoire n’en est pas moins didactique. Des mathématiciens complémentaires, une appropriation éthiquement contestable, un conteur aimant raconter pour ne jamais oublier l’indispensable apport de l’épistémologie !