Qui n’a pas rêvé, peut être dans des conditions bien particulières, qu’il lui soit accordé la faculté de pouvoir remonter le temps ? Mais il est établi que pour le commun des mortels la flèche du temps ne peut pas s’inverser. Seul le cinématographe par un effet spécial dit « de marche arrière », permet au verre qui s’est cassé en tombant de remonter sur la table tel qu’il était au commencement. Il peut s’agir d’une envie de revivre les moments jugés comme les plus agréables, d’une envie de modifier un schéma décisionnel dont la portée ne pouvait être prévisible, mais aussi d’effacer « l’irréparable outrage des ans » ! En un mot mot, remonter à la source ce qui pourrait avoir un double avantage : tout effacer, tel un reset, mais aussi (et surtout ?) échapper à l’ultime étape celle de la mort. Il ne s’agit pas de discuter du bien fondé de ces trois éventualités mais de se poser la question de savoir si l’homme est en capacité d’aborder ces trois problématiques. Comme il en a l’habitude, c’est vers la nature qu’il se tourne. Celle dernière n’aurait-elle pas une solution à lui proposer ? Peut-être comme l’envisage l’article An “Immortal” Jellyfish Offers Clues into Biological Aging. A l’évidence les différences sont flagrantes entre la Turritopsis dohrnii et l’humain, mais chez cette très petite méduse de seulement un cm de diamètre « les adultes reviennent au stade juvénile en cas de stress pour éviter le vieillissement et la mort ». Ce n’est pas le stress qui serait à rechercher, chez l’homme il est consubstantiel, mais les processus génétiques et moléculaires responsables, dans l’idée que leur connaissance permettrait une application à l’homme. Mais comme on le sait, il n’y a pas de manipulation génétique sans conséquence, et depuis Thomas d’Aquin la doctrine du double effet n’a toujours pas de solution.
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La machine à remonter le temps
vendredi, octobre 10th, 2025Socrate et l’IA
mardi, septembre 30th, 2025Parce que l’esclave du Ménon (qui n’a pas de nom !) ne connaît rien de la géométrie, Socrate démontre par le biais de la maïeutique que « la vérité des choses est en nous « . La question qu’il lui a posé « comment faire pour doubler la surface d’un carré » il y a presque deux mille cinq cents ans est justement celle qui a été choisie pour être posée à l’IA, (Scientists asked ChatGPT to solve a math problem from more than 2,000 years ago — how it answered it surprised them). Si « Socrate parvient finalement à faire accoucher l’esclave de la connaissance des propriétés géométriques » qu’en est-il de la machine, quand on ne sait pas trancher entre l’inné et l’acquis ! Et imaginer que la machine pourrait apporter une réponse peut sembler assez cocasse ! Néanmoins il est vrai que la réponse de la machine exprime sa capacité à utiliser ses données, soit directement car elle a déjà la réponse, soit par un jeu de réseaux neuronaux. Réponse de la machine : il n’y a pas de solution géométrique à la question posée. S’il est ainsi prouvé que l’innéité n’est pas le propre de la machine, le résultat invite surtout à apprendre aux utilisateurs des différentes IA que savoir poser la question est le temps essentiel de la démarche, et qu’il faut ne jamais perdre de vue que ses réponses peuvent être fausses. Méfiance et circonspection !
Alfred n’y avait peut-être pas pensé !
dimanche, septembre 28th, 2025Parce qu’il avait inventé la dynamite, il œuvra pour la paix, et s’il n’y a pas de récompense pour les mathématiques c’est qu’il en existait déjà une en Suède a cette époque, remise par le roi. Aucune femme en cause, il n’était pas marié ! Mais très bonne nouvelle, il n’est plus nécessaire d’être extrêmement sérieux pour espérer obtenir le prix Nobel (Zebra Cows Repel Flies and Win Ig Nobel Prize), il faut simplement (quand même) avoir quelques idées de celles qui flottent dans l’air du temps ! Quelques mots d’explication sur le Prix Nobel Ig : l’acronyme est déjà un jeu de mots entre « prix Nobel » et l’adjectif « ignoble » en anglais. Le concept en est à retenir, puisque l’objectif déclaré de ces prix est de « récompenser les réalisations qui font d’abord rire les gens, puis qui les font réfléchir ». Dans l’article cité, les auteurs, qui n’imaginaient pas concourir pour le prix Nobel, ont découvert « que les vaches noires peintes de rayures blanches verticales étaient moins attirantes pour les mouches piqueuses que leurs congénères ne ressemblant pas à des zèbres ». A priori, le travail avait toutes chances d’être classé dans le domaine des espiègleries d’adolescents, sauf que les mouches ont bel et bien tendance à éviter les surfaces rayées ! S’il s’avère effectivement que la peinture n’altère pas la santé des vaches zèbres, le fait qu’elles soient moins attirantes pour les mouches piqueuses ajoute à leur bien être, sans compter que s’ouvre également la question de savoir si les zébrures de l’Hippotigris constituent une amélioration évolutive ?
χείρ : jeu de main !
vendredi, septembre 19th, 2025Jeu de main mais pas jeu de vilain comme le dit une expression populaire datant du XVIème siècle. En effet il ne s’agit pas du jeu de paume auquel se référait la dite locution, mais de la particularité géométrique qui s’attache à cet organe si riche en fonctions dont la préhension n’est pas la moindre. Dans le monde dans lequel vit l’humanité, règne « la chiralité : caractéristique du vivant, propriété d’une molécule de ne pas être superposable à son image dans un miroir« . C’est la qu’intervient la main, χείρ, la main droite n’étant pas superposable à la main gauche. Le mélange en proportions égales des deux formes droite et gauche d’une molécule donne le mélange racémique et ces deux formes peuvent avoir des propriétés biologiques très différentes. Toujours capable du meilleur comme du pire, l’apprenti sorcier humain pourrait dans peu de temps « donner vie » à des molécules non chirales mais parfaitement symétriques. Le point d’achoppement réside dans le fait que l’univers ne connaît pas ce type d’élément ! Mais toujours prêt à plus, une partie de la communauté scientifique se pose la question de savoir ce qu’il en serait de microbes miroirs, tandis qu’une autre partie semble y être farouchement opposée ( Mirror Microbes: Understanding the How and Why of Hypothetical Life, Debate heats up over ‘mirror life’) ! Dans la mesure où deux énantiomères peuvent ne pas avoir les mêmes propriétés biologiques, qu’en serait-il de microbes miroirs inconnus de la nature ? Actuellement on débat encore de plusieurs problématiques : la faisabilité est en cours de solution, les effets bénéfiques vs les effets délétères sont en discussion. Dans ces conditions, écrira-t-on un monde utopique ou dystopique ? Ce dont on peut être certain, c’est que ce ne peut être une uchronie !
Il n’y a pas de secret !
dimanche, septembre 14th, 2025Les sorcières sont aussi vieilles que le monde. Leurs pratiques, qui ont peu évolué au fil des siècles, s’appuient sur l’emploi de substances peu recommandables et s’accompagnent d’une phraséologie aussi obscure que possible. Pour être considérée comme efficaces, il faut et il suffit qu’elles répondent (quelque en soit la manière) aux souhaits humains, lorsque ceux-ci se trouvant dans des circonstances extrêmes, sont dans l’incapacité de leur apporter uns solution satisfaisante. Pourtant, parfois, il ne leur est pas interdit d’agir de leur propre chef. Quoiqu’il en soit si l’on fait abstraction des statuettes représentatives dans lesquelles il est de bon ton de planter des aiguilles, elles ont plutôt pour habitudes de concocter des breuvages qu’elles font ingérer à leurs victimes. L’article The forgotten chemistry behind historical witchcraft practices se plait à chercher et trouver (?) des correspondances entre ces substances « inconnues » et des substances « connues » au regard de leurs effets. Ce qu’a apporté l’avancée scientifique, c’est la possibilité d’analyser les substances en cause suite à quoi il a été possible de mettre en correspondance les composants et leurs effets sur les organismes vivants animaux et humains : les animaux ayant souvent servi de sujets d’expérience. Le cas de Circé est particulièrement remarquable dans la mesure où le texte donne à, la fois ue indication sur la substance responsable et sur l’antidote préconisé par Hermès en personne ! Mais si la sorcellerie reste l’activité principale des sorcières, ces plantes ont aussi fait partie de l’arsenal des guérisseurs et guérisseuses, qui savaient les utiliser à bon escient, c’est à dire en faire des thérapeutiques efficaces au cours des siècles. La seule différence vient de la connaissance des principes actifs dont les chimistes/pharmaciens ont fait des prescriptions médicamenteuses. Les différentes étapes de transformation des produits s’expliquent également par la nécessité d’extraire ces principes actifs pour qu’ils le deviennent réellement. Mais le point important dans l’article sus- cité est surtout la vision de la femme au moyen-âge qui ne pouvait que la faire plus sorcière et moins potentiellement scientifiques que l’homme !
La fête des mères
lundi, septembre 8th, 2025Les fourmis, insectes hyménoptères, sont « mirabile visu » en premier lieu par leur organisation sociétale. Elles vivent en colonie de plus ou moins grande taille, pratiquent la division du travail, communiquent et résolvent des problèmes d’une certaine difficulté. Si toutes activités pourraient faire évoquer la société humaine, il n’en est pas de même pour celle traitée dans l’article « Almost unimaginable’: these ants are different species but share a mother » (https://www.nature.com/articles/d41586-025-02807-0), ainsi en est-il des Messor ibericus, mais dans des conditions bien particulières. En effet lorsqu’elles ont besoin de fourmis ouvrières robustes, elles « donnent naissance à des descendants mâles d’une espèce totalement différente« , ce qui va à l’encontre du dogme selon lequel une espèce donne naissance à une même espèce. Ce qui est commun aux hyménoptères, c’est que les œufs pondus sont ou non fécondés. Les premiers sont diploïdes, le seconds haploïdes. Les diploïdes donneront soit des ouvrières soit des reines, les haploïdes donneront des mâles. Mais chez les fourmis M. ibericus, les mâles sont de deux espèces différentes : ibericus et structor. Les mâles de la lignée M. ibericus n’ont que les génome nucléaire de leur mère, les mâles de la lignée M. structor ont le génome nucléaire du géniteur, la reine ayant éliminé son propre génome. On ne sait pas encore comment cette élimination est possible, ni à quel moment elle intervient, mais le mécanisme repose sur un stockage des spermatozoïdes du mâle lors de l’accouplement (https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/arthropodes_188038). Bien des questions posées par ce mode de reproduction n’ont pas encore trouvé de réponses, mais on peut facilement y voir un processus d’amélioration de l’espèce, et pourtant la fourmi n’est pas prêteuse …
Efficacité des fake news !
dimanche, août 31st, 2025Il est, aujourd’hui, devenu indispensable de pouvoir vérifier toute information surtout si elle semble « sensationnelle ». Il y a un certain temps, un siècle (!), la formule « Le poids des mots, le choc des photos » exprimait une réalité peu contestable car ancrée dans la réalité du temps et à peu près exempte de manipulation technique. Pourtant il existe des exemples d’influences exercées par le pouvoir en place pour imprimer sa marque. La plus connue, mais certainement pas la plus ancienne, a pour nom « Commentarii de Bello Gallico » (Commentaires sur la guerre des Gaules). Son auteur, Jules César, encore proconsul, y relate ses conquêtes mais sans implication personnelle évidente puisqu’il parle de lui à la troisième personne. La dépêche d’Ems est un autre exemple de modification voulue par le chancelier Bismarck d’un engagement de Guillaume Ier. L’article Fearmongering fuelled revolution in France, revient sur un épisode mondialement connu, celui de la révolution française de 1789, précédée de ce qui fut appelé La grande peur et cherche à identifier « scientifiquement » les facteurs en cause. Tout l’intérêt repose sur la traitement de la question posée et tient en un mot : épidémiologie. C’est ce qui permet aux auteurs de conclure que la propagations des rumeurs met plus en cause la classe éduquée que les paysans ignorants, contrairement aux idées reçus. Reste à savoir d’où sont parties les rumeurs !
Mais qu’est-ce que la mémoire ?
mardi, août 26th, 2025La question est d’autant plus importante qu’il semble bien exister plusieurs réponses et ce en fonction de la personne à laquelle la question est posée. Selon l’Académie Française elle » … désigne la faculté de l’esprit de conserver et de rappeler des idées, des situations, des personnes, etc. ». Pourtant un psychologue aura tendance à prolonger cette capacité de l’être vivant par son implication dans son adaptabilité. Ainsi la mémoire d’une situation antérieure permet-elle d’ajuster au mieux un comportement ultérieur. Un neurophysiologiste envisagera différentes mémoires parmi lesquelles la mémoire à court terme, et la mémoire à long terme. Quant aux littérateurs et philosophes, il n’est que lire Marcel Proust ou Henri Bergson. Mais ce ne sont là que quelques exemples qui concernent la mémoire envisagée comme potentialité du cerveau, c’est à dire d’un tissu cellulaire, d’un ensemble de cellules qui travaillent en réseau dans une communauté de finalité. La question posée par l’article ‘What does a cell know of itself?’, interroge une cellule, quand il ne s’agit pas d’une cellule du système nerveux. Qu’une cellule réagisse à un stimulus, est une évidence, de même qu’elle est capable d’adapter sa réponse au dit stimulus. Mais une seule cellule garde -t-elle en mémoire un stimulus et sa réponse pour devenir l’expérience dont elle tirera profit ultérieurement ? De nombreuses études menées sur des être unicellulaires montrent à l’évidence que leur conduite traduit l’existence d’un phénomène de mémorisation ; la question étant de distinguer une réponse de nature réflexe à une réponse élaborée. Néanmoins, il est conceptuellement possible d’imaginer qu’une faculté de mémorisation chez un être unicellulaire ancestral ait anticipé une complexification ultérieure tout en préservant cette faculté pour chaque cellule « ordinaire » prise séparément.
Tresse ou arbre ?
jeudi, août 21st, 2025La tresse a ceci de particulier qu’elle est un entrelac communément de cheveux, plus généralement de fils ou de faisceaux de fils réalisant un assemblage solide. En hydrologie on parle de structure en tresse lorsque un cours d’eau coule dans certaines conditions de pente et sur certains sols. Ces cours d’eau ont la propriété d’être très instables. A l’inverse un arbre donne une impression de stabilité : il se caractérise par un tronc de taille et de hauteur variables et une ramure plus ou moins étendue. En 1859, Charles Darwin explicite sa théorie de l’évolution dans son œuvre, De l’origine des espèces. Schématiquement, » … la diversité de la vie est apparue par descendance commune à travers un modèle d’évolution ramifié » . Depuis 1940, » … il est aujourd’hui devenu le concept unificateur des sciences de la vie » . Ecrira-t-on plus tard qu’à partir de 2025, l’arbre s’est transformé en une tresse (A braided stream, not a family tree: How new evidence upends our understanding of how humans evolved) ? Dans cet article, cette nouvelle vision de l’évolution concerne l’humanité et s’appuie sur une concept d’une simplicité biblique (!) : « Partout où nous avons des hominidés au même endroit, nous devrions supposer qu’il existe un potentiel d’interaction génétique ». C’est l’hypothèse que suggère la paléoprotéomique permettant d’explorer les échanges Homo sapiens et Néandertaliens, ceux entre Dénisoviens, Néandertaliens et Homo sapiens. Or certaines de ces hybridations peuvent être bénéfiques ce qui expliquerait à la fois la diversité et l’adaptabilité des populations humaines. Ces études permettent également tel le tableau de Mendeleïev, de mettre en place des populations fantômes qui devraient avoir exister mais dont des traces objectives n’ont pas (encore) été mises à jour. Quoiqu’il en soit, la tresse est une très belle image de l’indissociabilité des représentants d’une race humaine qui remonte à ……
Peur, panique…
dimanche, août 17th, 2025La peur n’évite pas le danger, certes, elle peut même être une étape préalable indispensable à la mise en place d’une stratégie de défense. Il existe néanmoins des peurs dont la cause se situe dans une temporalité antérieure mais dont l’empreinte est telle qu’elles se revivent à l’infini. La question est donc de savoir s’il est possible d’effacer cette trace. Et pour ce faire, il ne semble exister qu’une possibilité : en connaître le substratum. C’est le sujet de l’article The chemistry of fear (The chemistry of fear). Ainsi aujourd’hui distingue-t-on des neuropeptides neurotransmetteurs de faible poids moléculaire à action rapide et des neuromodulateurs, peptides de plus grande taille. Parmi ceux-ci le PACAP, dont la quantité augmente dans les neurones chez une souris en état de panique : ils sont déjà connus pour leur rôle dans l’éveil et le sommeil. Mais des études sont dans l’ensemble techniquement difficiles, du fait de leur grande diversité et des lieux de production. Plus les études avancent et plus il semblerait que la distinction entre neurotransmetteurs et neuromodulateurs soient moins tranchée qu’il n’y paraissait antérieurement. Enfin, récemment les endocannabinoïdes sont venus s’ajouter à la liste en raison de leur l’implication dans la mémoire des faits stressants. Ce qui devrait d’autant plus être étudié que les effets thérapeutiques du cannabis sont loin d’être univoques. Chimie ou alchimie de la peur, que de secrets encore non dévoilés !









