Posts Tagged ‘thérapeutique’

Une nouvelle cocotte qui n’est pas en papier !

samedi, février 17th, 2018

Il n’est pas d’enfant qui ne connaisse le mot “origami” et sa signification sans aucunement pratiquer la langue de l’Empire du Soleil Levant. A la question “qu’est-ce qu’un origami”, la réponse se doit d’être “pliage de papier”. Rien de plus simple en apparence, mais en apparence seulement car certaines figures obtenues relèvent de l’œuvre d’art.  Mais cet art vieux de plusieurs siècles sait aussi faire preuve d’adaptation en choisissant un nouveau domaine d’application, celui de la biologie. Akira Yoshizawa  serait le créateur d’au moins 50 000 pliages différents ainsi que du système international Yoshizawa-Randlett (1950), qui permet de coder les différents plis de l’origami à partir de  symboles et diagrammes représentant  le processus de création d’un pliage. Paul Rothemund, nouveau maitre en origami (2006) modèle des structures bi- ou tridimensionnelles en utilisant une longue chaîne d’ADN viral. Origamiste un jour, origamiste toujours, on est en droit d’écrire qu’il n’y a aucune différence entre maitre Akira Yoshizawa et Paul Rothemund puisque les œuvres de ce denier ont fait l’objet d’une exposition au MOMA (https://www.scientificamerican.com/article/dna-origami/). Mais un artiste a plusieurs domaines d’expression et le support conditionne la finalité de l’objet composé. Ainsi en est-il des pliages d’ADN que Yan et ses collègues, à la suite des travaux de Paul Rothemund, ont utilisés pour mettre au point un nano robot tubulaire destiné à cibler un site tumoral (DNA Robots Target Cancer, https://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/51717/title/DNA-Robots-Target-Cancer/&utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=60643722&_hsenc=p2ANqtz-81hoCW1sTkkz1uBjLG-49sP0jiu7R1Si5_wANCSbvdGT-skw5zZ1iGM-VnV8t1WVcW6fna9y8zIiRKhin_O0N0bYEbbQ&_hsmi=60643722/). Quelques vérifications avant embarquement sont peut-être encore nécessaires mais les spectateurs du Voyage Fantastique ne risquent pas d’être étonnés, ils vont simplement échanger le Proteus (https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Voyage_fantastique_(film,_1966) contre un moyen plus moderne de locomotion !

Brevets et innovation pour tous

dimanche, juin 19th, 2016

debatsLes Sybarites auraient-ils été les premiers à vouloir breveter, en se basant sur le concept de la propriété intellectuelle ? Certains ont franchi ce pas en proposant comme point de départ, la loi de Sybaris, selon laquelle ” si un cuisinier inventait de nouvelles et succulentes recettes, nul autre de ses confrères n’était autorisé à les mettre en pratique pendant une année, lui seul ayant le privilège de confectionner librement son plat : le but avoué de la chose était d’encourager les autres cuisiniers à se concurrencer dans la confection de mets toujours plus raffinés » (Phylarque de Naucratis, livre 12, chapitre 20, https://fr.wikipedia.org/wiki/Sybaris#Propri.C3.A9t.C3.A9_intellectuelle). Que faut-il comprendre : premièrement, l’invention est propriété de son inventeur pour un temps donné, deuxièmement, elle n’appartient au domaine public que dans la mesure où elle doit être améliorée. Le domaine faisant objet de la publication, Do Patents Promote or Stall Innovation? (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46126/title/Do-Patents-Promote-or-Stall-Innovation-/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=30623356&_hsenc=p2ANqtz–oInFQNA4Oi8AOyYrL-XI0hI2vheZ6Qr9hzOnReDXExb-EzNUPTPWQt9B4LHNtypn4n8N6HZzTgufpCeCA7SchnlRQdQ&_hsmi=30623356) représente en fait un cas particulier du droit à la propriété , celui de la prise de brevet dans  le domaine médical appliqué à l’amélioration en diagnostic et thérapeutique. Ce qui est certain, c’est que le gène n’est pas de fabrication humaine et qu’il semble conceptuellement difficile de breveter ce que la nature a mis en place par les processus propres à l’évolution. Ce qui tout aussi certain c’est que les possibles utilisations de chacune de ces découvertes seront toujours le fruit du génie de l’homme et de ce fait susceptibles d’être commercialiser, spécialement lorsqu’une technique suffisamment éprouvée passe dans le domaine de la routine. Le dernier point, tout aussi certain, est que le premier doit par définition se dépasser, et que le second ne peut/doit pas freiner le précédent. On le voit, la voie est étroite pour atteindre et maintenir cet équilibre et comme il n’existe encore aucune démarche commune, ces multiples législations désavantagent aussi bien les chercheurs que les patients.

Réfléchir pour réfléchir

samedi, octobre 24th, 2015

reflet-miroirMiroir naturel de Narcisse, miroir arme de guerre contre la Gorgone, miroir magique de Blanche Neige, miroir poétique de Cocteau, les miroirs appartiennent depuis toujours à tous les domaines  de la vie et sont, peut-être de ce fait, devenus source de nombreuses oeuvres d’art. Mais on doit également leur reconnaître une autre fonction  car celui qui appréhende son extériorité par son image réfléchie est nécessairement amené à réfléchir. L’enfant prend conscience de l’intégralité de son corps lorsqu’il se reconnaît dans le miroir, et plus tard bien souvent, l’image que ce miroir donnera risque d’étonner celui qui s’observe puisqu’elle est lui mais pas exactement tel qu’il se voit. Certains sont des virtuoses du miroir, comme Leonard de Vinci et son écriture spéculaire. Et il arrive même que  l’utile se joigne à l’agréable,  quand le miroir devient thérapeutique (Cognitive Neuroscience Lurking in Art, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/44265/title/Cognitive-Neuroscience-Lurking-in-Art/) ! Cette thérapie mise au point en 1996 grâce à Vilayanur Ramachandran avec l’aide, en 1999, d’Eric Lewin Altschuler a été appliquée aux patients atteints du syndrome du membre fantôme ainsi qu’aux patients souffrant d’une hémiplégie. De quelle façon un miroir est-il donc capable d’avoir une action ? En fait il s’agit d’une duperie, d’une illusion, puisque l’image donnée ferait croire au cerveau que le membre absent ne l’est plus, pas plus que le membre paralysé! C’est de cette illusion que peut naître un nouveau seuil de la douleur, une douleur amoindrie pour le patient. Alors toutes ces oeuvres qui mettent en scène sujet<–>miroir<–>image doivent-elles être étudiées du point de vue des auteurs ou du point de vue du spectateur ? Pour répondre à cette question on ne pourra pas faire autrement que de mener une étude exhaustive par des spécialistes à la fois fins connaisseurs dans l’art et la neurologie (voire la psychiatrie), avec le risque que les résultats se fassent attendre !

Un grimoire si non rien !

lundi, avril 6th, 2015

klimt-hygieDans la médecine occidentale, si la connaissance du médecin tire ses origines du divin, elle va s’en affranchir progressivement en  interprétant le sensible aux dépens du mysticisme et des superstitions. Dans le même temps, la prévision deviendra diagnostic et des règles fixant devoir , risques, peines et honoraires  se devront d’être fixées dans la pierre, code d’Ammunabi  (1800 ans avant JC), ou sur un support moins solide comme le Papyrus d’Ebers (1600 avant JC). Les principes de la phytothérapie sont anciens, Hippocrate (ca 450 ans avant JC) professe que la nature possède un pouvoir guérisseur et l’on est donc peu interventionniste, il ne s’agit que d’aider un processus naturel. Le Bald’s Leechbook est un livre de médecine en vieil anglais datant d’environ mille ans, dont le seul manuscrit existant est conservé à la British Library de Londres  (référence Royal 12, D xvii.). C’est lui qui vient d’être soumis à expertise aujourd’hui (Anglo-Saxon remedy kills hospital superbug MRSA, http://www.newscientist.com/article/dn27263?cmpid=NLC|NSNS|2015-0402-GLOBAL&utm_medium=NLC&utm_source=NSNS#.VSJEt12JhYc). Et que croyez-vous qu’il advint ? La recette, encore que relativement difficile à reproduire exactement, se révéla néanmoins parfaitement efficace dans le traitement d’une affection oculaire fréquente, l’orgelet. En fait il s’avère que cette mixture est parfaitement efficace contre les germes de type Staphylococcus aureus résistants à la  méticilline (SARM). Même s’il est vrai que ce germe est en cause dans un nombre croissant de septicémies hospitalières au Royaume Uni, on se pose la question de savoir pourquoi avoir cherché dans un vieux grimoire la réponse à une résistance bactérienne aux antibiotiques actuels ? Il est vrai également qu’il ne s’agit pas de la première et unique utilisation d’une ancienne prescription à avoir fait ses preuves. On aimerait connaître le cheminement allant de la question à la solution. Se peut-il que le hasard seul soit à la fois responsable du choix de l’affection et responsable du choix du livre ? La réponse à cette nouvelle question serait tout aussi intéressante pour l’avenir.