Il n’y a plus d’après à Saint Germain des Prés c’est la nostalgie heureuse, un souvenir sans regrets d’un temps qui s’est figé mais qui ne perdra jamais de son charme, et que l’on revisitera avec plaisir car il n’aura rien perdu de son attrait. Immuable, intemporel parce qu’imaginé, le temps n’a pas de prise sur une oeuvre de l’esprit ce qui est loin d’être le cas lorsqu’il ‘agit d’un matériau participant de la « vraie vie ». Alors que va-t-il en être de tous ces témoignages d’un en de ça de l’humanité que l’on ne cesse de mettre à jour pour le plus grand bonheur des habitants de ce monde ? L’homme pourra-t-il survivre à la destruction de ses racines, des racines qu’il a eu besoin de très tôt imaginer pour pouvoir s’installer avec plus de confort dans un monde inconnu. Si l’idée d’une échelle des temps climatologiques existe depuis le XVIIème siècle, une nouvelle approche qui fait intervenir un « anthropocène », vient bousculer l’ensemble précédent. Il est certain que l’activité humaine a introduit depuis des millions d’années un facteur supplémentaire et évitable qui accélère des modifications, elles, inévitables. C’est une réalité devenue incontestable : les anomalies climatiques sont devenues normales et peu d’entre elles étant totalement prévisibles, très peu d’entre elles sont totalement évitables (A changing climate threatens our heritage). Ainsi a-t-on créé ce paradoxe d’une humanité tout autant créatrice que destructrice, tel le Moloch sacrifiant ses enfants ! Ainsi celui qui vivait de la mer, mourra t-il de la mer. Par ailleurs que deviendra la correspondance entre ses sites ancestraux et les textes aux quels ils appartiennent ? Un exemple de ce qui a déjà été fait concerne le site d’Abou Simbel : pour le préserver d’une disparition par la construction du haut barrage d’Assouan sur le Nil, il a été déplacé et reconstruit à distance. La réussite tient à l’efficacité de la communauté internationale qui permet que sa visite ne se fasse pas par le biais de la réalité virtuelle qui ne serait plus alors qu’un dernier recours !
Archive for juin, 2026
Le futur du passé
jeudi, juin 25th, 2026Homéostasie un jour, homéostasie toujours !
lundi, juin 22nd, 2026La santé du vivant est soumise à des facteurs externes aussi bien qu’internes sans qu’il soit possible d’établir avec certitude leur proportionnalité réciproque. Appartenant aux facteurs internes, on sait qu’il existe des mutations spontanées qui peuvent être fatales à l’organisme mais leur taux reste encore inconnu aujourd’hui. Si l’on accepte les chiffres suivants plus de vingt millions de nouveaux cas de cancer diagnostiqués dans le monde en 2022 sur une population globale de huit milliards d’individus la même année, le pourcentage, même très approximatif (tous cancers confondus, âges et sexes non précisés) s’établit à 0.25%. Il recouvre la totalité des facteurs de carcinogenèse parmi lesquels celui des mutations. génétiques possiblement délétères. Or pour y pallier, il existe un mécanisme de protection cellulaire . Il s’agit de protéines tampons responsables d’un processus homéostasique général visant à protéger l’organisme d’un certain nombre de mutations mortelles (The proteins that protect us from mutations). Ces protéines appartiennent à la famille des protéines HSP, protéines chaperons qui sont produites par les cellules en réponse à une exposition à des conditions de stress. Cette famille de protéines et leurs effets a été particulièrement étudiée chez la drosophile, mais il n’en reste pas moins vrai que ce système est présent chez l’homme et qu’il est un axe devenu majeur dans la recherche médicale. La médaille a son revers comme il est habituel, puisque cet effet tampon bénéfique est aussi délétère dans d’autres circonstances, heureusement il a été possible d’y remédier en inhibant la protéine responsable. Au vu de toutes ses implications on imagine volontiers que cette famille n’a pas fini d’être étudiée.
Homéostasie sociale
mercredi, juin 17th, 2026L’homéostasie sert à maintenir un facteur dans un état d’équilibre tel que le système auquel il appartient persiste sans changement dans la durée. Claude Bernard en définissant le terme au XIXème siècle ne faisait que reprendre un concept dont on parlait déjà au Vème siècle av. J.-C. Pour maintenir cet équilibre il est indispensable que l’organisme sache qu’il y a péril en la demeure et il faut donc qu’il soit capable d’y remédier, ce qui implique une réception de l’information, un décodage et une réponse adaptée en retour. La régulation de la température en est l’image la plus simple mais il existe un domaine plus inattendu qu’explore l’article Neuroscientists are searching for the ‘cellular substrate of loneliness’, celui de l’homéostasie sociale. En d’autres termes le vivant, animal et humain, a-t-il besoin d’évoluer dans un équilibre devenu nécessaire entre solitude et compagnie ? S’appuyer sur une structure anatomique qui telle un thermomètre serait à même de mesurer le phénomène serait la plus convaincante des preuves ! C’est le résultat des études rapportées dans l’article cité : il existerait bien des neurones dévolus à ce processus dans le tronc cérébral et dans l’hypothalamus et appartenant à un même système. Mais deux constatations sont particulièrement intéressantes : l’importance du sens tactile dans les rapports sociaux, ce dont on avait une connaissance empirique, mais surtout (peut-être) de la différence, à retenir, entre mâles et femelles dans les situations d’isolement prolongé !
Savoir choisir
lundi, juin 15th, 2026Choisir le plus grand bien, met l’âne de Buridan dans un profond dilemme, ce dont Aristote avait déjà traité en envisageant la difficulté à faire choisir l’homme entre l’eau et la nourriture. Le choix est un moment important, qui n’a rien d’unique puisqu’il peut se répéter un nombre incalculable de fois dans une même journée. Si certains des individus manifestent une quasi impossibilité à se décider, un nombre bien plus grand en est tout à fait capable et ce qu’ils effectuent dans un temps relativement court relève pourtant d’une démarche qui n’a rien d’irréfléchi et qui répond à la théorie de l’arrêt optimal ou de l’arrêt anticipé : » maximiser le plaisir cumulatif « . En 1970, Richard Feynman (Physicist Richard Feynman’s forgotten notes on ‘the restaurant problem’ finally deciphered after 50 years) transforme ce choix en un problème mathématique qu’il transcrit sous forme d’une équation mathématique. Ainsi si ce problème spécifique du choix et donc de la décision est connu pour appartenir au domaine philosophique on voit qu’il peut également être traité dans le cadre des sciences cognitives quand on s’attache à explorer le cadre de la stratégie optimale. Et la conclusion inattendue est la suivante : si l’humain ne choisit pas rationnellement, il utilise néanmoins au mieux ses ressources qui sont nécessairement limitées. D’où il en ressort que la machine pour ressembler à l’humain doit abandonner une pure rationalité !
Écologie et locution
vendredi, juin 12th, 2026Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. Bien que cette phrase n’a pas été prononcée dans le but de faire comprendre l’importance de la relation entre écologie et locuteur, elle peut parfaitement être utilisée pour en faire la démonstration. Si l’origine de l’écriture peut être approximativement connue il n’en est pas de même pour l’origine du langage à propos de laquelle les avis sont nombreux. Pour Rousseau, les premières langues furent chantantes, et le gazouillis du petit enfant s’apparente bel et bien à celui de l’oiseau. Ce qui est certain c’est que la langue est représentation du monde et qu’une langue qui n’a pas son écriture est d’une extrême richesse, car l’abondance des termes rend compte de la variété de la nature. Ce dont il est question aujourd’hui c’est de l’appauvrissement des langues dont on s’aperçoit qu’elle va de pair avec les signes d’atteinte de l’environnement (Language loss is an environmental issue), thème particulièrement cher aux écologistes. Mais comme rien n’est simple, l’équation ne se résout pas à établir une égalité entre ces deux termes. Il faut au contraire savoir tenir compte des langages et de leur maintien, tout en jouant habilement de la nécessité d’une compréhension qui tendrait vers l’universel. De même qu’il faudrait pouvoir, tout aussi habilement, ouvrir des routes entre des contrées qui sauraient garder leur individualité ! Si l’article ne résout pas la formule, il permet tout au moins den cribler les différents facteurs pour pouvoir y réfléchir.
HAL 9000
mardi, juin 9th, 2026HAL 9000 est un robot qui n’a pas connu Isaac Asimov ! Quand il se trouve devant une situation qui oppose ses deux programmations, réussir sa mission et ne pas mentir, le conflit auquel il est soumis lui fait choisir sa propre protection contre celle de son équipage, « Je suis désolé Dave, mais je ne peux pas accéder à votre demande« , ce qui est totalement inacceptable au regard des lois de la robotiques. Mais en 1968, Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke, mettent en scène un ordinateur félon dont on peut se demander s’il n’est pas l’ancêtre de ceux dont parle l’article ‘The best solution is to murder him in his sleep’: AI can learn violent tendencies from each other despite zero references to violence in training data. Il y est question des déviations que peuvent entretenir les grands modèles de langage (LLM). Il s’agit d’un mode d’apprentissage profond qui repose sur une immense quantité de données qui à partir » d’une architecture de réseaux de neurones appelée Transformer , excelle dans la gestion des séquences de mots et la capture des schémas dans le texte« . L’exemple proposé concerne le sous entrainement d’une machine sous élève, connu sous le nom d’apprentissage subliminal, mais dont les scientifiques ne comprennent pas encore totalement le mécanisme, d’où de probables/possibles problèmes ! Et ce d’autant plus qu’il existe une possibilité de transmission de ce que les scientifiques nomment un désalignement même après des procédures de vérification de l’homme. Il existe donc un réel pouvoir de nuisance quand des données d’entrainement auront été polluées par des informations perverses. Qu’il s’agisse d’une volonté affirmée ou d’erreurs non intentionnelles, le jeu s’apparente à celui dont s’amuse, mais seulement pour un temps, l’apprenti sorcier !
Attention : danger
lundi, juin 1st, 2026Si la vérité est accord de la pensée (ou du discours) avec la réalité, la réalité elle, est un fait, indépendant de la pensée. Le danger (extrême) est donc de mettre sur un même niveau un concept et ce qui existe en dehors de toute perception. On a par le passé (pas encore si ancien) accordé le statu de vérité aux images véhiculées par les systèmes de prise de vue, ce qui avait permis la formule si célèbre du magazine Paris-Match en 1978 Le choc des mots, le poids des photos. En 2026, rien ne va plus, AI-generated images are making it impossible to distinguish truth from fiction. We need laws and AI watermarks to protect our shared reality. ! La distinction entre le vrai et le faux est devenue IMPOSSIBLE ! Les conséquences en sont incommensurables à commencer par le devenir de la société en général au regard de ses gouvernants. Quand le terme de démocratie illibérale évoque les réductions de liberté individuelle et publique, il est urgent de ne pas s’exposer/être exposé à des outils liberticides à moins que ceux-ci ne soient encadrés par une démarche volontaire et réfléchie de la société elle-même. Mais corollaire non moins pervers, la possibilité existe de discréditer une image véridique puisque l’image est falsifiable ! Qui croire et que croire ? C’est le dividende du menteur qui pointe du doigt les vulnérabilités cognitives humaines. Si la discussion reste indispensable elle n’est possible qu’à partir d’un socle commun de faits et d’expériences. Il est donc urgent de ne pas attendre une catastrophe programmée.






