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De l’utilité de se faire comprendre !

mardi, mars 17th, 2020
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Nombreux sont les problèmes concernant la communication et même en ne tenant pas compte du mode de transmission, orale, verbale ou corporelle, on distingue schématiquement trois postes : l’émetteur, le message, le récepteur. On s’intéressera ici à un des deux volets du terme message : son expression dans son environnement et très partiellement au récepteur. Il faudra donc chercher à définir comment se faire comprendre dans un espace, toujours parasité, par un récepteur lambda. Il semblerait que la première étape doive être dominée par l’accessibilité au message délivré. Malheureusement cette étape première est déjà en elle-même loin d’être simple puisque entrent en ligne de compte le contenu du message et le véhicule employé. Qu’ils soit oraux ou verbaux, les outils que tout émetteur utilise sont des mots, en gardant en mémoire que leur signification est loin d’être univoque et dépend à la fois de celui qui les émet et de celui qui les reçoit, ce qui on en sera volontiers d’accord est très loin de simplifier la situation et ce d’autant plus que l’on peut y ajouter un coefficient de variabilité fonction de l’environnement ! Les mots expriment le message mais sa réception continue d’être parasitée par le récepteur qui connaît ou non les mots employés. C’est alors qu’intervient l’article, Words matter: jargon alienates readers ( https://www.nature.com/articles/d41586-020-00580-w?WT.ec_id=NATURE-20200312&utm_source=nature_etoc&utm_medium=email&utm_campaign=20200312&sap-outbound-id=4EC919763C340692A3EF16288FE4F981755C1F54&mkt-key=005056B0331B1EE888EF831BEF037191 ). Que l’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas du “néoparler” dit encore novlangue que G. Orwell utilise en 1949 dans son pays fictif l’Océania. Ici ce n’est pas d’une langue réduite dont il est question mais d’un language abscons. En 1905, La valeur de la science reprend des articles que H. Poincaré a fait paraître depuis 1897 pour le plus ancien et repris pour certains : ils abordent les sciences mathématiques et les sciences physiques dont on conviendra qu’elles sont spontanément difficiles à comprendre sans une culture adaptée ce dont est parfaitement conscient celui que l’on considère comme le dernier savant “universel”. C’est sans doute ce statut qui lui fit écrire ” Le fait scientifique n’est que le fait brut traduit dans un langage commode” (La valeur de la science, Champs, Flammarion, 2003, p 161)

Voir ou comprendre, ne pas choisir

mercredi, août 21st, 2013

Dans son ouvrage Matière et Mémoire en 1891, H. Bergson, s’inspire d’études cliniques portant sur les aphasies de type sensoriel interprétées selon certaines théories de l’époque (Charcot, Broadbent, Kussmaul et Lichtheim), pour revenir sur l’existence de ce que l’on nommait  alors “centre idéationnel“. On aurait aimé croire à l’existence d’une sorte de centre supérieur auquel aurait été dévolu un rôle d’intégration. Mais la diversité des aphasies sensorielles vint rapidement contrecarrer ce schéma en incitant les cliniciens à dissocier ce centre intellectuel unifié en centres imaginatifs de multiplicité croissante, centre des représentations visuelles, centre des représentations tactiles, centre des représentations auditives. Puis devant une théorie qui se compliquait de plus en plus, sans arriver pourtant à étreindre la complexité du réel, il fut de plus en plus difficile voire illusoire de croire à l’existence de ces centres qui devinrent problématiques. Ce qui intéressait le philosophe Bergson, c’était ce problème de la (les) mémoire(s ) qu’il tenait  à séparer d’un centre anatomiquement et physiologiquement défini “…  il n’y a pas, il ne peut y avoir dans le cerveau une région où les souvenirs se figent et s’accumulent». Aujourd’hui le problème reste entier malgré les améliorations techniques apportées qu’elles soient macroscopiques aussi bien que microscopiques : les différentes imageries avec reconstructions, les circuits neuronaux décryptés. L’analyse n’a toujours pas débouché sur la synthèse. Il persiste une étape encore inconnue entre la réalité élémentaire du démontage et la réalité complexe d’un remontage réussi. On peut encore aller plus loin dans la difficulté en lisant attentivement (le sujet est difficile) l’ article Language Makes the Invisible Visible (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/37012/title/Language-Makes-the-Invisible-Visible/) expliqué par ce second Words prompt us to notice what our subconscious sees (http://www.newscientist.com/article/dn24035-words-prompt-us-to-notice-what-our-subconscious-sees.html#.Ug1JF7u88Ec.email) où l’on aborde “en toute simplicité” les rapports entre la perception visuelle et le langage ! Ce thème n’aurait certainement pas déplu à Bergson puisque l’un comme l’autre ne peuvent être dissociés des processus de mémorisation ce que les auteurs n’abordent aucunement !

De quelle langue parle-t-on ?

samedi, janvier 28th, 2012

Après la langue de Molière, nous venons d’entrer dans le temps du langage des vers ronds encore dits némathelminthes, espèce dont fait partie le Caenorhabditis elegans. Ce tout petit organisme a été introduit par Sydney Brenner en 1970, et est devenu célèbre par un prix Nobel en 2002 qu’il a fait obtenir à  Sydney Brenner, John Sulson et Robert Horvitz. Cet infiniment petit parle par “sentences” (How worms use chemicals to communicate, http://www.digitaljournal.com/article/318538). Que l’on se comprenne bien, il s’agit d’un langage de nature chimique qui organise le fonctionnement biologique et social du dit vers. Ainsi, après avoir comparé des individus sauvages et des individus de laboratoire, il est devenu évident que ces vers étaient en mesure de construire des “sentences” ayant au moins trois significations : “rassemblement, dispersion, ordre “. Pour les chercheurs il devient maintenant de première importance de “comprendre” comment ces vers se “comprennent” ! Ensuite ils deviendra urgent de comprendre comment/si les humains se comprennent !