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Les enfants de Jenner

dimanche, mars 15th, 2026

On a su depuis longtemps, mais sans en comprendre le processus, qu’un premier contact avec certaines maladies évitait qu’une personne soit touchée deux fois par la même affection. Toujours sans plus d’explication, au XVIIIème siècle pour la première fois, on pratiqua sur plusieurs individus d’une même société une variolisation en mettant en contact un sujet sain avec le pus des pustules de la variole d’une vache : c’était la naissance officielle de la vaccination (variola vaccīna). Les fées semblaient bien s’être penchées sur cet acte de médecine préventive car son futur devait montrer toute sa richesse au fil des siècles. Mais, peu à peu, peut-être du fait même de cette richesse, le doute s’insinua faisant le lit du complot, attirant toujours plus d’individus, nécessairement éclairés, vers le côté noir de la force … A tel point qu’il ne se trouvent dans le monde des groupes persuadés de l’inefficacité au mieux, du danger au pire de cette pratique. On ne peut choisir de meilleur moment pour apprécier l’article Vaccine-carrying mosquitoes inoculate bats, puisqu’il ne s’agit ni plus ni moins que de vacciner non pas l’humain mais le vecteur de la maladie envers l’homme. Mais avant même que d’institutionaliser la vaccination des chauves-souris, un vrai problème se pose quant à la méthode elle-même. Le moustique modifié n’a pas pour unique but de ne piquer que les chauves-souris ! Et par ailleurs comment vacciner tous ces chiroptères dont certains sont certainement porteurs des virus incriminés ! On peut sans trop faire d’erreur considérer qu’il s’agit d’une étude préliminaire !

Est-ce une question d’actualité ou pas ?

jeudi, décembre 3rd, 2020
ETHIQUE DE CONVICTION, ETHIQUE DE RESPONSABILITE. - saint-lô citoyens

N’en déplaise aux anti-vaccins, les vaccins sauvent des millions d’individus de par le monde, nombre heureusement en progression constante depuis la vaccination anti variolique au XVIIIème siècle par Jenner. Depuis l’antiquité on avait pris conscience du fait que les individus ayant souffert de certaines maladies, qui se sont révélées être de nature infectieuse, ne présentaient plus les mêmes symptômes. Edward Jenner inocule la vaccine des vaches et les sujets ainsi traités préventivement ne contractent pas la variole lors des épidémies. Pasteur met au point le premier vaccin atténué et les vaccins de nature différente vont ainsi se succéder au fil des décennies. Sans l’expliciter, on se sert bel et bien depuis le début de ce que l’on appelle une population témoin. Sans témoin, pas de comparaison possible et donc pas de résultat, mais il est certain que la notion même de témoin peut poser éthiquement question. En effet, pour le bien de tous, ne met-on pas en place un possible sacrifice de quelques uns, même s’il est choisi ? On pourrait de plus se poser des questions quant au choix lorsque ce dernier repose sur une rémunération du sujet d’expérience. Aujourd’hui vient s’ajouter un espace temps qui d‘incompressible devient » par la force des choses « compressible (Why emergency COVID-vaccine approvals pose a dilemma for scientists, https://www.nature.com/articles/d41586-020-03219-y?WT.ec_id=NATURE-20201203&utm_source=nature_etoc&utm_medium=email&utm_campaign=20201203&sap-outbound-id=187E851760EC1E3FAF86DFDAEBCD5B88A04F8705). Cette urgence dans l’obtention du résultat obère peut-être sa validité même puisque dans le même temps il existerait une autre urgence un taux de mortalité statistiquement prévu. Lorsque deux temporalités s’entrechoquent, c’est le processus décisionnel qui s’en ressent. Le fait qu’il s’agisse dans le cas présent d’une décision collective et non individuelle est un autre bras de la réflexion. Mais ce n’est pas un arbre décisionnel, il n’y a toujours que deux options, Max Weber l’avait parfaitement exprimé : l’éthique de responsabilité, celle de l’homme d’action, et l’éthique de conviction, celle du respect d’une valeur.