Posts Tagged ‘cellules de grille’

L’Homme et sa Machine

vendredi, mai 18th, 2018

A propos de l’IA les articles se suivent et se succèdent à un rythme tel qu’une intelligence non artificielle peine pour se maintenir à niveau. Et pour atteindre le niveau supérieur de l’intelligence artificielle, celui dit de l’ apprentissage profond, le chemin semble plus escarpé encore. Mais il existe aussi un autre obstacle (probablement pas le dernier) à franchir celui du sujet lui même que l’on aimerait bien décrypter. Aujourd’hui, il ne s’agit ni plus ni moins que de celui qui fut récompensé par le Prix Nobel de physiologie ou médecine attribué en 2014 à Edvard Moser, May-Britt Moser et John O’Keefe : soit sous une forme extrêmement simplifiée, le comment du positionnement dans l’espace. A ce propos, deux articles analysent une lettre parue dans Nature (pour les plus avertis), Vector-based navigation using grid-like representations in artificial agents (http://www.nature.com/articles/s41586-018-0102-6.epdf?referrer_access_token=_lWNU8gc6P54Xyucs60zx9RgN0jAjWel9jnR3ZoTv0OEfySMT4t78PpPpCS7uExWqGH8Y85zx5sxUAfevtKBQhbJLTAeVlbUdZL1p8FMUwKd4qZMsU8gbExV1eNrCWgjyC9yqW3vQfcsml21Pu27QUUA4UjZLGUDRiLLfbcuOzknt2kNcLH672UsJIqltTUIk9mhOv-Mh5mx6OXvkjXf_Ue2UA6fDm55IYYG__qEH2enmCI3iGBsf8rZW9MhvmmfS10vUQ2DfmQzxiFZ7xlDj_iRfVtWBHdZb2YYkd3Q81IUDDdoRjX6ovQghMzXIctvzKkTQD7c0WSLCz9F6mFgUb5SqbTLcSX2eNdVTo180wC4VWMaxdunMcF0bH9EoyKk5JxKrDVp750hNsfG8ygqHgU6Ms_WYLql7geeoCD5gH_9WNORVT_XozsaqXSRdvIoy4jlgJqSAe7dbYOpG3KhBjPj-HTYs7T6u0nAUjJRZW2pvP9qWv-VGLzOtD4eYE0ZYH_jhewQ4WAHvjZGtw2_zvwQ4m54gyIx-3tQsZF1j_Sa1JgSJF20PQ2ZMdRk98yUgBqGpmqJVAOoqxVeq3CrzIAytJyAdiaCLJfxSir3K0F00MRJXr2wLELvk9eSbQREiJTIA5V3h3E2R6cmH2fqZA%3D%3D&tracking_referrer=www.the-scientist.com ). Pour les moins avertis, voici une des deux analyses parues récemment et qui s’y rapportent  : AI recreates activity patterns that brain cells use in navigation (https://www.nature.com/articles/d41586-018-05133-w?utm_source=briefing-dy&utm_medium=email&utm_campaign=briefing&utm_content=20180510). Aujourd’hui, la puissance des algorithmes va plus loin que les succès obtenus au jeu de Go  puisqu’ils réalisent des circuits neuronaux complexes comme ceux que suivent les cellules de grille (cf plus haut) permettant le cheminement de rats virtuels avec des performances supérieures à celles obtenues par des humains. En dehors de toute explication, ces prouesses pourraient s’apparenter à une magie moderne, magie qui devrait pourtant aider à la compréhension de certains fonctionnements neuronaux humains. Alors pour insister sur la pluralité des domaines embrassés par l’IA pourquoi ne pas se pencher sur cet  article parce qu’il envisage une autre facette, La bêtise de l’IA est révolutionnaire  (https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/la-betise-de-l-intelligence-artificielle-est-revolutionnaire_2008927.html). Comme quoi avant de participer en société à ce débat controversé,  il faut savoir de quoi on parle !

GPS pour tous

lundi, novembre 5th, 2012

Comme l’appareil photographique n’est jamais qu’une pâle copie de l’œil humain, avec son diaphragme, sa lentille, son récepteur sensible, il se trouve qu’un des derniers nés de notre technologie, le GPS, ne serait qu’une pâle copie de la mémoire spatiale dont les cellules de grille seraient l’élément de base. Plus encore, cette mémoire ne serait pas l’apanage de l’espèce humaine. A partir d’une hypothèse lancée en 1948, différentes études menées ont démontré depuis que plusieurs espèces animales en seraient également pourvues. On est bien loin de l’animal machine de Descartes, du chien de Pavlov, du béhaviorisme de Skinner, et si l’écureuil retrouve ses provisions, c’est peut-être sa mémoire spatiale qui le lui permêt. Ces cellules sont dites de grille, en raison de leur mode de fonctionnement. En bâtissant une “carte cognitive” de l’espace, elles pourraient être comparées aux repères qu’offrent la longitude et la latitude sur les cartes habituelles. Ces cellules viennent donc d’être retrouvées chez le Macaca mulatta [monkey rhesus] in Scientists identify grid cells in the brains of rhesus monkeys, (http://www.news-medical.net/news/20121029/Scientists-identify-grid-cells-in-the-brains-of-rhesus-monkeys.aspx)], ce qui pourrait permettre d’avancer dans la compréhension de certaines pathologies humaines. Mais le versant humain ne devrait pas occulter le versant animalier. Si l’homme ne REparle pas encore aux animaux qu’il côtoie comme le racontait la mythologie, il est en train de mieux les comprendre en changeant le regard qu’il portait sur eux. Pour terminer on peut sans déplaisir lire un article plus ancien de Bruno Poucet dont le titre “Mémoires de rat…” est on ne peut plus évocateur !(http://histoire-cnrs.revues.org/7472)