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De l’importance du faux sens

lundi, janvier 22nd, 2018

La version consiste à traduire une langue étrangère dans sa propre langue et le système français distingue pour cet exercice trois fautes possibles selon un ordre croissant : le faux sens, le contresens et le non sens. Le faux sens est une simple  erreur de traduction, le contresens propose une signification exactement contraire, le non sens est une absurdité. Il semble bien que l’article de Diana Kwon, Fake News: Mars Edition, circa 1877 (https://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/51162/title/Fake-News–Mars-Edition–circa-1877/&utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=59803855&_hsenc=p2ANqtz-9kbFM-q9cHxe1-qdeTVqXonmEVzniUzGNTbcN0xBDOpYmSVlV-nzkJ307OGGf75qUwuNo8lGaz6YIgOx29SpWXpYGi1g&_hsmi=59803855) ait le privilège de cumuler au moins deux de ces fautes ! L’auteur(e) se présente comme une journaliste scientifique “free lance” plutôt spécialisée dans les neurosciences, la psychologie mais aussi dans des sujets aussi éloignés que les ouragans. A quoi faut-il s’attendre à la lecture du titre “Fake news” ? si ce n’est à une information délibérément fausse rattachée à une tentative de désinformation véhiculée par différents types de médias. Les canaux martiens décrits par Giovanni Virginio Schiaparelli en 1877, puis repris en 1879, n’ont rien d’une information malveillante et la traduction qui a été faite du terme  canali par « canaux » ne peut être qualifiée au pire que de faux sens sans que l’on puisse une fois encore y associer une intention malveillante. Etablir une différence fondamentale entre “vérité scientifique relative” et “fake news” est devenu un acte civique indispensable quand on sait que d’innombrables informations naviguent sur les réseaux sociaux. Mais il est tout aussi important de savoir ce qu’est l’épistémologie pour se convaincre de son importance. Si l’on doit qualifier de “fake news” toutes les erreurs d’interprétation dans le monde scientifique en particulier, l’étude critique du processus de la connaissance disparaîtra à tout jamais ce qui dans le cas particulier de l’article sus cité aurait interdit toute discussion ! C’est plutôt la question de la prégnance des “fake news dans la société qui devrait se poser.

PISA : Program for International Student Assessment

lundi, décembre 21st, 2015

254px-Pensee_UniqueMis en place dans les années 2000 par l’OCDE, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves donne régulièrement des nouvelles du “système éducatif ” au sein de soixante cinq pays en s’attachant “aux compétences  des élèves de 15 ans dans le cadre de leur scolarité obligatoire “( http://www.education.gouv.fr/cid75515/communication-en-conseil-des-ministres-les-resultats-de-l-enquete-pisa.html). Si ce rapport préoccupe, c’est parce qu’il pointe du doigt le recul des élèves français principalement dans le domaine des mathématiques, mais il serait également bon de se préoccuper du sens accordé au terme “compétence” utilisé comme mètre étalon de l’étude. C’est une des raisons pour lesquelles on lira avec intérêt l’article Critical thinking is needed throughout life, not just in science (https://www.newscientist.com/article/mg22830513-600-critical-thinking-is-needed-throughout-life-not-just-in-science/?cmpid=NLC|NSNS|2015-1712-GLOBAL&utm_medium=NLC&utm_source=NSNS). Il n’est en effet jamais inutile de vérifier que tout discours doit s’appuyer sur une question bien posée, s’inscrire dans la rationalité et l’objectivité,  fuir (comme la peste) le dogmatisme. Ce sont quelques unes des vertus reconnues comme indispensables à la pratique de l’esprit critique qu’il serait bon de toujours mettre en oeuvre lorsque l’on aborde un sujet quelconque en expliquant pourquoi, de telle sorte qu’aucun élève ne puisse plus jamais dire “A quoi cela me servira-t-il plus tard ?” C’est pourquoi également l’approche épidémiologique est-elle aussi importante. Elle seule est capable de montrer le cheminement d’une idée, son va et vient d’erreurs en succès, puis de succès en erreurs,  marches sans lesquelles il n’y a pas de progression vers la vérité. Pourquoi donc invoque-t-on la démarche scientifique comme un outil performant dans la vie en général ? Parce que même le domaine de l’intuition y est soumis à des tests rigoureux, que l’irréfutabilité a conquis son droit à exister. Dans cette optique il n’est pas inutile de rappeler au moins trois grandes noms de la démarche scientifique objective : Claude Bernard (La médecine expérimentale) Gaston Bachelard (Le nouvel esprit scientifique) et Karl Popper (Théorie de la vérité/correspondance).