La première loupe date probablement du XIème siècle, et fut utilisée à l’époque comme aide à la lecture d’où sa dénomination de pierre de lecture. Mais l’amélioration de la lecture ne doit pas être le seul bienfait à mettre sur le compte de ce système optique car celui-ci devait ouvrir des champs insoupçonnés d’observation : l’infiniment grand et l’infiniment petit. Pour de multiples raisons, c’est le monde végétal qui fut le premier à bénéficier de cette nouvelle échelle d’étude. En 1665, Robert Hooke fut le premier à se servir d’un microscope sur une tranche de liège végétal ce qui l’amena à inventer le terme de cellule. Avec l’amélioration progressive des moyens d’observation, il apparut que cette petite formation était loin d’être vide : elle renfermait (et renferme toujours !) en effet de nombreux organites. Celui dont il est question a fait l’objet d’innombrables études tant morphologiques que physiologiques et se révèle porteur d’une spécificité, celle de renfermer un ADN d’origine exclusivement maternelle. Mais il restait une incertitude, celle concernant son origine ! N’a-t-on pas été jusqu’à qualifier les mitochondries d’aliens ! On faisait, jusqu’à hier l’hypothèse que « les mitochondries étaient originellement une bactérie appartenant au groupe des protéobactéries » organisme qui aurait pénétré la cellule par endosymbiose pour s’y installer. Aujourd’hui cette hypothèse pourrait être confirmer mettant fin à un mystère savamment entretenu (Is this where mitochondria came from?). Des chercheurs « ont réussi à implanter des bactéries dans une cellule plus grande, créant une relation similaire à celle qui a déclenché l’évolution de la vie complexe« . Même s’il est difficile en pratique de créer une symbiose permanente et transmissible les résultats donnent du poids à une hypothèse qui date de la fin du XIXème siècle. S’il n’est pas non plus interdit d’imaginer des applications à la réalisation de différents types d’endosymbiose chez le vivant, on est en droit d’insister sur l’immuabilité et l’efficacité de la méthode expérimentale vieille de plus de cent cinquante ans, telle que Claude Bernard l’avait décrite en son temps.
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Un vieux mystère mystérieux !
lundi, octobre 7th, 2024Un commencement à tout
vendredi, août 16th, 2019
A l’heure où se pose la question de la définition de l’Anthropocène (Humans versus Earth: the quest to define the Anthropocène, https://www.nature.com/articles/d41586-019-02381-2?WT.ec_id=NATURE-20190808&utm_source=nature_etoc&utm_medium=email&utm_campaign=20190808&sap-outbound-id=CEA2A3270602AEAF7EE5AE4E677D86D5D9C1CFC2&utm_source=hybris-campaign&utm_medium=email&utm_campaign=000_CKN6573_0000013755_41586-Nature-EAlert-08-08-2019&utm_content=EN_internal_30753_20190808&mkt-key=005056B0331B1EE888EF831BEF037191), se pose encore et toujours la question du commencement de tout. Parce que s’il est infiniment intéressant de savoir quelles sont les étapes (et comment les définir) de l’avancée de l’humanité, il n’est pas moins intéressant de savoir comment tout a débuté. Or sur ce point précis, les informations se faisaient attendre jusqu’à (peut-être) la parution de cette récente étude Elusive Asgard Archaea Finally Cultured in Labqui (https://www.the-scientist.com/news-opinion/elusive-asgard-archaea-finally-cultured-in-lab–66264) qui lèverait un coin du voile concernant le passage du procaryote à l’eucaryote. On imaginait depuis longtemps que la mitochondrie était le résultat d’une endosymbiose entre archée et bactérie et il se pourrait qu’un même mécanisme explique la présence du noyau caractéristique chez l’eucaryote car des gènes de type eucaryote existent chez ces archées d’Asgard (Prometheoarchaeum). Si le succès de la culture de ce procaryote réputée impossible apporte un argument en faveur de l’acquisition par symbiose, elle n’est pourtant pas preuve absolue car l’origine intrinsèque des composants cellulaires est aussi défendue. Comment doit-on faire pour départager deux théories aussi possibles l’une que l’autre ?
