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Science et Urgence

mercredi, juin 20th, 2018

Il y avait-il urgence à apporter des modifications au tableau de la classification périodique des éléments établi en 1869 par le chimiste russe Dmitri Mendeleïev. Outre l’utilisation de la périodicité de leurs propriétés chimiques reposant (ultérieurement) sur leur configuration électronique, ce tableau brillait par cette qualité remarquable qu’un vide n’était pas signe de vide ! Ainsi se révèlent les deux facettes du découvreur : celui qui voit et celui qui prévoit. Le premier observe et décrit tandis que le second tire de ses observations des lois applicables avant la lettre. Comme le professait Henri Poincaré le fait scientifique préexiste au savant qui le rend compréhensible à la communauté après avoir fait sienne la rupture épistémologique chère à G. Bachelard.  Ainsi en fut-il de Mendeleïev quand il postula l’existence d’éléments encore inconnus à son époque. En juin 2016, quatre nouveaux éléments prennent leur nom et leur rang : le Nihonium (Ni, 113), le Moscovium (Mc, 115), le Tennessine (Ts, 117) et l’Oganesson (Og, 118). Bien qu’ils tirent leur légitimité du double parrainage de l’Union Internationale de Chimie Pure et Appliquée et de l’Union Internationale de Physique Pure et Appliquée, l’affrontement persiste en ce qui concerne on non la prématurité de cet ajout à la vénérable ancêtre (The battle behind the periodic table’s latest additions, https://www.nature.com/articles/d41586-018-05371-y?utm_source=briefing-dy&utm_medium=email&utm_campaign=briefing&utm_content=20180614). Ne s’agirait-il que d’un problème concernant la véritable vestale de ce temple chronologiquement chimique puis physico-chimique ? Aux siècles précédents ce sont les chimistes qui tenaient le haut du pavé, reconnaissant des éléments existants et leurs propriétés. Aujourd’hui ce sont les physiciens qui créent de nouveaux éléments dont le peu de stabilité rend la reproduction particulièrement difficile ! Mais si les cases préexistantes leur conviennent, ce pourrait-il qu’il ne s’agisses que d’une querelle d’ego(s) !

Comment se construit une loi ?

samedi, février 23rd, 2013

Passer de l’observation unique à la loi universelle sous-entend d’attribuer aux résultats obtenus le statut d’une vérité telle que sa reproduction à l’identique est acquise pour toujours. Ce qui est exceptionnel, c’est que pendant un certain temps il en fut ainsi comme en témoignent, par exemple,  les observations de Mendel sur ses petits pois ! Une revue même non exhaustive des modèles choisis en biologie montre à quel point ces modèles sont devenus nombreux (Variety Is the Spice of Life, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/34106/title/Variety-Is-the-Spice-of-Life/) ! Et cette richesse même amène à faire une remarque et à poser une question. Premièrement c’est très vraisemblablement l’éventail des modèles qui vont du Caenorhabditis_elegans (sans oublier la levure) aux primates qui fait que la recherche continue d’obtenir des résultats significatifs. Mais aussi, deuxièmement, comment peut-il se faire que des lois établies à partir d’un modèle sont et resteront valides pour l’homme, qui constitue l’un des buts que se sont fixés les chercheurs. En fait ce qui s’est modifié dans la recherche au fil des siècles ce sont essentiellement les questions que l’on se pose et les outils à la portée des chercheurs. La somme des résultats antérieurs a permis de dépasser l’idée de simplicité pour dégager la complexité de la biologie. Heureusement que concomitamment la technicité permettait de cibler des évènements d’une précision extrême au sein d’une chaîne de processus. Ainsi simplifie-t-on un évènement, mais au bout de la chaîne la complexification devient la règle. Comme le dit joliment le titre de l’article cité, Variety is the spice of life !