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Savoir choisir ses mots

dimanche, septembre 13th, 2015

Ceci-nest-pas-une-pipeLa sémiologie est ancienne et le terme est largement toujours utilisé en médecine, puisqu’il s’agit de l’analyse des signes, analyse indispensable à l’établissement du diagnostic.  La sémiotique pourrait être sa mère  puisqu’elle porte en elle l’idée d’une science générale des signes, tandis que la linguistique serait une petite soeur dévolue au domaine des signes du langage. Quoiqu’il en soit il s’agit d’une famille dont le but avoué est l’interprétation des signes tant est important le message qu’ils véhiculent. Ferdinand de Saussure a été considéré comme le premier à avoir proposé une interprétation de la langue sur la base d’ “… un système de signes exprimant des idées …”. Bien sur, dans l’oralité, il existe plus que le symbole des mots : l’environnement, l’attitude tout ce dont se pare la vie en société par ses signes accompagnant qui ont toute leur valeur. Le mot écrit est plus sobre quand il est distingué de l’image (Martine Joly, L’image et son interprétation, https://questionsdecommunication.revues.org/7557). Plus sobre, certes, mais son choix est signifiant comme le souligne l’article,Loaded language (http://www.nature.com/news/loaded-language-1.18338?WT.ec_id=NATURE-20150910&spMailingID=49508451&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=761206452&spReportId=NzYxMjA2NDUyS0), les hommes politiques le savent parfaitement et le pratiquent fort bien dans leur rédaction des questions que posent les consultations du type référendum. S’il faut tourner cent fois sa langue dans sa bouche avant d’énoncer une vérité première, il faudrait aussi  tremper cent fois sa plume dans son encrier avant de coucher un texte sur le papier ce qui dans cette ère d’immédiateté va rendre la vie très difficile. C’est sans doute pourquoi, ces conseils ne sont et ne seront jamais suivis !

De l’utilté de la neutralité ….

mardi, décembre 16th, 2014

09-10-Ileana3-Le-poids-des-motsOn n’insistera jamais assez sur l’importance des mots ! Au XVII° siècle, Boileau peut encore écrire ” … Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément …” Aujourd’hui la chose est plus complexe ! Et ce pour une raison à deux têtes: des techniques dont la nouveauté fait qu’elles n’ont pas encore été dénommées. Ce que l’on peut également énoncer de la façon suivante “A nouveauté, nouveau mot”. Ne sera pas envisagé ici ce domaine si controversé de la “novlangue” actuelle, encore que la novlangue définie par George Orwell pourrait être considérée comme le reflet inversé de ce vocabulaire que la technique oblige à créer. Quoiqu’il en soit, il est manifeste que les mots utilisés se conduisent comme des freins à la bonne compréhension du concept qu’il recouvrent ou pire comme des raisons de refuser les applications de ces concepts en en détourant le sens (Loaded Words, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/41502/title/Loaded-Words/). Il n’est pas inutile de rappeler ici que biomédecine est un terme introduit en 1960 et concernait à cette date le domaine des fonctions vitales des astronautes (!). Il est également intéressant de noter qu’à cette époque Jean Bernard s’était élevé contre son utilisation car il imaginait déjà un possible détournement. Ainsi les néologismes, quelque soit leur domaine d’implication (la médecine est lourdement frappée) traînent-ils derrière eux des batteries de casseroles si bruyantes qu’elles assourdissent le badaud qui voulant faire croire qu’il a compris, invente ! On n’insistera jamais assez sur le poids des mots …….