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Mission spatiale

mardi, juin 6th, 2023

Nombreuses sont les oeuvres imaginant les voyages extra terrestres humains avant que ceux-ci ne deviennent réalité. Lucien de Samosate au deuxième siècle ap. J.-C voyage dans l’espace dans un bateau que meut une violente tempête, Cyrano de Bergerac au XVII ème siècle utilise la rosée, et le bateau à moins que ce ne soit un boulet de canon, sert un siècle plus tard au baron de Münchhausen. Plus proche de la réalité du XX ème siècle, Jules Vernes met en scène une fusée que Méliès plante dans l’oeil de l’astre d’argent. Le premier vol habité date de 1957 et la chienne Laïka en profite pour décéder dans l’espace. Puis c’est le chimpanzé Ham qui précéde l’homme de seulement quelques mois. Aujourd’hui, la conquête de l’espace est confiée à un nouvel “organisme vivant” , un organoïde cérébral (Time Traveling Mini-Brains on a Mission to Conquer Space). Peu encombrant, assez peu prolixe sur ses impressions de voyage, il devrait pourtant être riche d’enseignements. Parce que le voyage spatial entraine un vieillissement accéléré des cellules de l’organoïde, elle servent à étudier les effets de la microgravité en l’absence de toute manipulation génétique. En fait, l’idée est d’utiliser les voyages spatiaux comme incubateurs de vieillissement ! L’homme a en effet un trop long cycle de vie pour pouvoir être étudié sur plusieurs générations comme la mouche ou la souris ! Néanmoins, ces organoïdes cérébraux, deviennent de plus en plus “élaborés” : ils peuvent fournir des ondes cérébrales et percevoir des stimuli, visuels en particulier ! Et donc se pose le problème de l’existence de leur “possible” conscience ! Pour l’Académie de Médecine (16 mai 2023) “les activités cellulaires observées dans ces organoïdes cérébraux ne peuvent être assimilées aux processus cognitifs, sensoriels ou moteurs propres au cerveau humain”. Il n’est donc pas utile de leur demander leur avis avant de les envoyer sur Mars !

Comme un air de déjà lu !

mercredi, mai 9th, 2018

Si l’on ne désire pas se lancer dans la technique d’étude basée sur l’organoïde pour choisir ce que l’on pense être plus proche de la réalité on peut faire mieux voire mieux faire comme le détaille l’article, Researchers Succeed in Keeping Disembodied Pig Brains Alive (https://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/52469/title/Researchers-Succeed-in-Keeping-Disembodied-Pig-Brains-Alive/&utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=62563182&_hsenc=p2ANqtz-9spTV_olgyliWPkwsnyzEePyBuT1L6x-c6GV3u7C8BrSkTSMTKHonPcQ9nDkXFuuTWVjRJok-D1Qz8hSse5o58mSOa6Q&_hsmi=62563182). Beaucoup plus simple en effet serait de recueillir un cerveau de porc (chez le cochon tout est bon !) et de le maintenir en vie, seule la durée de ce maintien pouvant poser un petit problème. C’est ce qui vient d’être réalisé pour une durée de trente six heures selon une technique qui semble si simple qu’elle serait à la portée de tous et de chacun. Coïncidence quand paraissait l’article du MIT (ci dessus), Nita A. Farahany et ses collègues se livraient à une réflexion sur les problèmes éthiques posés par les différentes techniques qui peuvent être appliquées à l’étude du fonctionnement cérébral (https://www.nature.com/articles/d41586-018-04813-x?utm_source=briefing-dy&utm_medium=email&utm_campaign=briefing&utm_content=20180426) . Que l’on fasse fonctionner un organoïde rénal tout autant que digestif et la voix qui pose des questions reste basse , un organoïde rétinien puis cérébral et la conscience se réveille. Pourquoi ? Sinon parce que persiste dans l’imaginaire la suprématie des cinq sens humains comparés aux fonctions d’épuration ou de digestion. L’âme a en effet été localisée dans le cerveau plus précisément dans l’épiphyse pour Descartes et ce temps n’est pas si loin puisque l’éthique semble ne réapparaitre qu’au regard de l’organe étudié ! Ce qui tendrait à conforter l’idée que l’homme peut toujours être être démonter et que les pièces qui le composent seraient redevables de deux éthiques l’une philosophique et l’autre scientifique ?

Silence, ça pousse !

dimanche, septembre 1st, 2013

Dans la série “essayons de construire pour mieux comprendre”, voici enfin venir l’étape  de la construction cérébrale après d’autres réussites (Lab-Grown Model Brains, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/37262/title/Lab-Grown-Model-Brains/). Fini le règne des cerveaux de souris, qu’il s’agisse de  souris  knock-out, knock-in ou au pire non modifiées, rien ne vaudra jamais le cerveau humain. Prendre quelques cellules souches, les faire baigner dans des nutriments appropriés, les enrober dans un gel jouant le rôle de support, elles se regrouperont pour former des structures organoïdes de type cérébral dans lesquelles se différencieront divers tissus spécifiques, comme de la substance grise (cortex,  hippocampe) ou de la rétine. Il s’agit de tissus complexes du fait de leur organisation en plusieurs couches avec leurs cellules associatives. Ainsi si l’on prélève des cellules chez un sujet porteur d’une anomalie du développement cérébral, on peut après retour de ces cellules à l’état de cellules souches reproduire ladite anomalie pour l’étudier. Ce modèle offre la possibilité d’étudier les premiers stades du développement d’un organe noble humain et donc de certaines des anomalies qui surviennent très précocement dans un environnement proche (?) de la normale. Il ne s’agit en aucun cas de prouver/démontrer comment pense le cerveau, on est encore bien loin de cette étape. Par contre mettre le doigt sur un gène responsable d’un type de microcéphalie comme dans l’étude rapportée représente déjà un beau succès. Il est toujours tentant d’associer pour le meilleur et non pour le pire, l’anatomie, la physiologie, l’imagerie, et maintenant la génétique à la psychologie, voire aux concepts philosophiques. Mais qui a réellement besoin de qui ?