Posts Tagged ‘preuve’

Science : qu’es-tu devenue ?

jeudi, février 16th, 2017

Certaines histoires qui ont parcouru les siècles, sont devenues paradigmatiques des aléa de la science et de ses explorateurs. On peut y distinguer deux grands groupes : ceux qui n’ont pas été crus et ceux qui ont su utiliser le hasard à leurs fins. Parmi les premiers, Galilée qui n’aurait pu s’empêcher de prononcer “E pur si muove !”, parmi les seconds, Arthur Fleming qui su utiliser ce que Ernest Duchesne avait découvert trente ans auparavant. On éliminera les canulars du type Sokal et Bricmont. Tel Cicéron, il ne serait pas inapproprié de  se réclamer du  “O tempora, o mores”, à la lecture de l’article de Timothy D. Clark : Science, lies and video-taped experiments (http://www.nature.com/news/science-lies-and-video-taped-experiments-1.21432?WT.ec_id=NATURE-20170209&spMailingID=53380605&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1101425398&spReportId=MTEwMTQyNTM5OAS2).

On aurait pourtant du voir le mal venir avec Karl Popper et son critère de réfutabilité ! Il n’en reste pas moins vrai que si la vulgate ne s’étonne pas de l’existence de falsifications à quelque niveau que ce soit, elle avait plutôt tendance à en exclure le monde de la science qui jouit d’un préjugé globalement favorable d’honnêteté. De telle sorte que le scientifique rentre volontiers dans la case “présumé innocent” Ne serait-ce plus le cas ? A l’époque où ce n’est plus un problème de colliger des données qui devraient être transparentes, on est en droit de s’étonner qu’elles puissent être falsifiées de quelque façon que ce soit ! En dehors de toute référence morale, il existe une tradition dans le monde scientifique qui lie de façon impérative trois termes : induction, observation, déduction. A chacun de les utiliser dans l’ordre qui lui conviendra à condition de respecter la signification de chacun .

Platon, au secours !

samedi, novembre 5th, 2016

impassedessinLe monde du sensible et le monde des idées ne sont pas propriétés exclusives de Platon, c’est ce que démontre aujourd’hui encore les reproches que l’on adresse à ceux qui se sont éloignés du premier pour le second, l’inverse étant tout aussi vrai (Twitterstorm shows why scientific evidence matters, http://www.nature.com/news/twitterstorm-shows-why-scientific-evidence-matters-1.20910?WT.ec_id=NATURE-20161103&spMailingID=52679502&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1041399035&spReportId=MTA0MTM5OTAzNQS2) ! Cette dualité n’a pas attendu aujourd’hui pour s’exprimer et Max Weber en avait fait un brillant constat  dés le début du XX° siècle quand il interpellait le scientifique et le politique. Mais il s’agit d’une divergence qui a du s’accentuer au fil des siècles conjointement aux progrès techniques car il fut un temps où l’expérimentateur était aussi celui qui conceptualisait : le XIX° en fut un exemple abouti. Il devrait donc nécessairement exister un point de rencontre entre ces deux mondes au risque de porter préjudice à l’un comme à l’autre, au regard d’une société non informée. C’est en effet cette dernière, en bout de chaîne, qui va juger sur preuve, de telle sorte que finalement la question va se poser de savoir ce qu’est une preuve ! On pourrait dire que la preuve sensible valide l’idée et qu’elle représente donc de ce fait le point de rencontre évoqué ci dessus. Et dans ces conditions, cette preuve se doit d’être exacte, vraie, aboutie, définitive …. L’histoire est là pour démontrer que ce n’est pas le cas ! Qui a parlé d’aporie ?

Sens et extra sens ?

mercredi, septembre 28th, 2016

3843669003Après avoir envisagé les cinq sens ordinairement reconnus par les physiologistes, puis les 5+n sens du vivant en général quand on en diversifie certains, la quête serait incomplète si l’on n’envisageait pas l’étude d’un domaine que l’on qualifie tout simplement d’extrasensoriel. Parce qu’il se situe au delà du sensoriel, parce qu’il est mal défini il est loin de faire l’unanimité. Parce que  la science est garante de vérité, l’idée est venue qu’une preuve de son existence devait s’appuyer sur la dite science, partant de cette idée curieuse sinon absurde, à moins qu’il ne s’agisse de donner un simple exemple d’oxymore, que ce qui n’est pas scientifique peut s’expliquer par la science ! Toujours est-il que Joseph Banks Rhine,  botaniste de profession, fut le premier à appliquer à l’étude de la télépathie, une approche qui se voulait plus rigoureuse parce que basée sur l’utilisation de tests statistiques (ESP on Trial, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46814/title/ESP-on-Trial/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=34880620&_hsenc=p2ANqtz-9-hmxzwNxk-nEeI812itG3683-4Y7GCftGBHykKYzyxpMmnOLnBSt-mBbIAUbe0hAOi6EURFZ7l6_YRzVQeUDMqNFL7w&_hsmi=34880620). Si la transmission de pensée est un thème rebattu de la science fiction, elle fait aussi appel à l’idée selon laquelle il fut un temps où le règne du vivant n’était qu’un, chacun comprenant l’autre et s’en faisant comprendre, humain comme animal. Mais il est aussi supposé que cette extra perception pouvait soit appartenir au passé soit pourra appartenir au futur  ! Entre ces deux extrêmes, d’aucuns admettent l’existence d’individus qui posséderaient cette faculté. Et cette idée est si solidement implantée que nombre d’artistes s’en sont emparés avec succès. La question que l’on peut se poser n’est donc pas de chercher une preuve scientifique à l’existence de la télépathie mais plutôt la suivante : pourquoi la télépathie est-elle si attractive qu’il faille prouver sa réalité et donc à quel besoin humain intemporel correspond-elle ? Peut-être l’humanité ne s’est-elle pas encore débarrassée de son désir fondamental d’irrationalité d’où l’ambiguïté de prouver scientifiquement l’irrationnel !